Fonctions exécutives

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En psychologie, les fonctions exécutives désignent un ensemble assez hétérogène de processus cognitifs de haut niveau permettant un comportement flexible et adapté au contexte. Cela regroupe des capacités liées à l'anticipation, la planification, l'organisation, la résolution de problème, le raisonnement logique, la mémoire de travail, le contrôle cognitif, la pensée abstraite, l'apprentissage de règles, l'attention sélective, la sélection de réponses motrices, la motivation, l'initiative, etc. Les fonctions exécutives sont principalement associées au fonctionnement des lobes frontaux du cerveau, mais les structures sous-corticales y contribuent aussi.

Les précurseurs de la notion de fonctions exécutives[modifier | modifier le code]

Alexandre Luria[modifier | modifier le code]

Pour Luria[Où ?], toute activité de résolution de problèmes suppose quatre choses : une analyse de la situation, une élaboration d'un plan de résolution, une résolution séquentielle et organisée de ce plan et une vérification en comparant l'objectif de départ avec le résultat obtenu.

Il définit[Où ?] trois fonctions :

  • la volition : c'est la volonté d'agir, l'initiation
  • la planification des étapes
  • le contrôle

Il insiste sur l'importance des lobes frontaux dans ce types de fonctions.

Dubois[Qui ?][modifier | modifier le code]

Dubois définit[Où ?] ces fonctions comme étant l'ensemble des processus qui contrôlent et régulent les autres activités cognitives.

Rabbit[Qui ?][modifier | modifier le code]

Rabbit définit[Où ?] 5 fonctions :

  • l'adaptation aux situations nouvelles (qui peut être rapprochée de la notion d'intelligence fluide)
  • la planification et la mise en œuvre de stratégies nouvelles (qui peuvent aussi être liées à l'intelligence fluide)
  • le contrôle et la régulation de l'action
  • la capacité à tenir compte de l'information en retour pour ajuster sa réponse
  • la capacité à inhiber des informations non pertinentes pour la réalisation de la tâche

Le modèle de Miyake[modifier | modifier le code]

Grâce à une analyse de régression, Miyake et al. (2000) ont pu mettre à jour trois fonctions exécutives spécifiques, qui sont à la fois indépendantes et faisant partie d'une certaine unité (corrélées entre elles).

la flexibilité mentale (shifting)[modifier | modifier le code]

Cette fonction définit la capacité à changer de tâche ou de stratégie mentale et à passer d'une opération cognitive à une autre. Elle pourrait requérir le désengagement d'une tâche pour se réengager dans une autre. Il existerait à ce jour trois sous-classes de flexibilité : la flexibilité des informations en mémoire de travail (interne), la flexibilité externe (pour des stimuli environnementaux) et la flexibilité de source (Rochat & Van der Linden, 2012).

la mise à jour (updating)[modifier | modifier le code]

Cette fonction permet la mise à jour des informations dans la mémoire de travail (modèle de Baddeley et Hitch)

L'inhibition[modifier | modifier le code]

Elle définit la capacité du sujet à inhiber une réponse automatique, routinière, pregnante, mais non pertinente pour la tâche en cours.

Les épreuves mesurant les fonctions exécutives[modifier | modifier le code]

le Trail Making Test (test des tracés)[modifier | modifier le code]

Cette épreuve [1] mesure la flexibilité mentale et se déroule en deux temps. Dans un premier temps, le sujet doit relier des chiffres dans l'ordre croissant le plus rapidement possible (1-2-3-4; etc), et dans un second temps il doit procéder de la même manière mais en alternant des chiffres et des lettres (1-A-2-B-3-C, etc). Le "coût de shifting" est calculé en faisant la différence entre la deuxième et la première tâche.

le Plus-Minus[modifier | modifier le code]

Ce test est aussi une mesure de la flexibilité mentale. Dans un premier temps, le sujet est entraîné à faire une série d'addition sur des nombres à deux chiffres (+3), puis il est entraîné à faire une série de soustraction (-3), et enfin, il doit alterner les additions et les soustractions (+3;-3;+3, etc).

le N-Back[modifier | modifier le code]

Cette épreuve (n-back (en)) mesure la mise à jour. On présente oralement au sujet une suite d'items (chiffres ou lettres) La tâche du participant est alors de détecter si le dernier item entendu faisait partie des trois précédents. Il doit ainsi « effacer » les premiers items de sa mémoire de travail pour ne retenir que les trois précédents.

Le Stroop[modifier | modifier le code]

Cette épreuve permet de mesurer l'inhibition. Dans un premier temps, le sujet doit dénommer la couleur de rectangles colorés. Il doit ensuite lire des noms de couleur imprimés sous encre noire. Enfin, on inclut une interférence: le participant doit dénommer la couleur de l'encre dans laquelle les mots sont écrits et inhiber la lecture de chaque mot. [voir articles "Effet Stroop"]

Le Wisconsin Card Sorting Test[modifier | modifier le code]

Cette épreuve ne permet pas de mesurer spécifiquement l'une des fonctions exécutives, mais elle permet une bonne évaluation globale des fonctions exécutives. On présente au sujet 4 cartes qui diffèrent de par leur couleur, la forme des items présentés sur chaque carte (ronds, carrés, triangles, etc.) et de par le nombre de ces items. La personne a, dans sa main, le paquet du reste des cartes. Sa tâche est de catégoriser une à une les cartes restantes en les posant sur l'un des 4 tas. On ne lui donne pas de critère pour organiser ses cartes, il peut, à sa guise les classer par couleurs, formes ou nombres de formes mais l'examinateur lui signifie uniquement par oui ou pas non si le critère choisi est le bon. On laisse alors le sujet organiser ses cartes selon le premier critère choisi pendant quelques cartes, puis à un moment, l'examinateur décide de changer de critère et le sujet doit retrouver le nouveau critère de classification.

La mesure principale de cette tâche est alors les erreurs persévératives (c'est-à-dire si le sujet persévère dans le critère qui lui est devenu routinier). Cela permet de voir si le sujet est capable de tenir compte de l'information en retour, mais aussi s'il est capable d'inhiber une réponse qui lui est devenue routinière.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ralph M. Reitan, « VALIDITY OF THE TRAIL MAKING TEST AS AN INDICATOR OF ORGANIC BRAIN DAMAGE », Perceptual and Motor Skills, vol. 8, no 3,‎ 1958-12, p. 271-276 (ISSN 0031-5125, 1558-688X, DOI 10.2466/pms.1958.8.3.271, lire en ligne)

Miyake, A.,Friedman, N. P., Emerson, M. J., Witzki, A. H., Howerter, A., Wagner, T. D.(2000). The unity and diversity of executive functions and their contributionsto complex 'frontal lobe' tasks: A latent variable analysis. CognitivePsychology, 41, 49-100.