Fonction phatique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

En linguistique, la fonction phatique d'un énoncé est le rôle que joue cet énoncé dans l'interaction sociale entre le locuteur et le locuté, par opposition à l'information effectivement contenue dans le message.

Un énoncé phatique sert souvent à assurer que la communication « passe » bien, par exemple, lorsqu'un orateur demande « Vous me suivez ? ». La notion de fonction phatique a été définie par Roman Jakobson comme l'une des cinq grandes fonctions du langage : « Il y a des messages qui servent essentiellement à établir, prolonger, ou interrompre la communication, à vérifier que le circuit fonctionne (« Allô, vous m'entendez ? »), à attirer l'attention de l'interlocuteur ou à s'assurer qu'elle ne se relâche pas… » [réf. souhaitée]. Jakobson précise aussi que la fonction phatique désigne « la tendance à communiquer (qui) précède la capacité d'émettre ou de recevoir des messages porteurs d'information » [réf. souhaitée].

La linguiste Marina Yaguello indique[1] qu'il faut faire entrer dans cette catégorie les discussions mondaines, tous les artifices de langages (anecdotes, histoires drôles) utilisés pour « maintenir le contact verbal sans défaillance » et éviter que s'installent une gêne, un silence. Le silence n'est acceptable que dans les relations avec les proches, dans les relations de travail ou officielles.

Les anglophones utilisent le terme small talk, que l'on pourrait traduire par « bavardage », « papotage » ou « banalités », pour désigner les conversations phatiques (temps qu'il fait, résultats sportifs, etc.).

Historique[modifier | modifier le code]

Étymologiquement, l'adjectif « phatique » est issu du grec ancien φάτις (phatis, « parole »). Le terme a d'abord été utilisé par l'anthropologue Bronisław Malinowski (1884–1942) avant d'être repris en linguistique par Roman Jakobson. C'est dans ce dernier sens qu'il continue d'être utilisé.

Une autre interprétation envisagée par des linguistes français du milieu du XXe siècle, et notamment Émile Benveniste, consiste à relier le terme au proto-indo-européen poid ou poi, à l'origine du vocable anglophone fat, gras, enrobé. Il désignerait ainsi ce qui habille le sens de l'énoncé, lui donne une épaisseur supplémentaire.[réf. nécessaire]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marina Yaguello, Alice au pays du langage, Pour comprendre la linguistique, Seuil, Paris, 1981, p. 27.