Femme piquée par un serpent

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Femme piquée par un serpent
Image dans Infobox.
Artiste
Auguste Clésinger
Date
Commanditaire
Type
Statue en marbre
Dimensions (H × L)
56,5 × 70 cm
Propriétaire
Collection
N° d’inventaire
RF 2053Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation
Musée d'Orsay, Paris (France)
Inscription
A. Clésinger 1847Voir et modifier les données sur Wikidata

Femme piquée par un serpent est une statue en marbre de 1847 du sculpteur français Auguste Clésinger (1814-1883), conservée au musée d'Orsay à Paris.

Historique[modifier | modifier le code]

Ce marbre, est commandé par l'industriel Alfred Mosselman, comme hommage à sa maîtresse Apollonie Sabatier qu’il a connu alors qu’elle avait 16 ans [1]. La sculpture est l'objet d'un double scandale artistique et mondain au Salon de peinture et de sculpture de 1847, où elle est avec Les Romains de la décadence de Thomas Couture, l’œuvre la plus commentée du Salon.

D’une part, l’image suggestive d'une femme nue se tordant sous la piqûre d'un serpent symbolique enroulé autour de son poignet choque les contemporains[2]. En effet, n’est ce pas la représentation de la jouissance d’une femme qui a un orgasme ? Pour la Revue des deux Mondes, c’est bien le cas « le titre et le serpent sont des concessions faites au jury ! De qui se moque-t-on ! Cette femme ne souffre pas, elle jouit ! » [1].

D’autre part, cette œuvre Clésinger a utilisé un moulage sur nature du corps de la demi-mondaine Apollonie Sabatier (1822-1890), maîtresse de Mosselman, puis passagèrement de Charles Baudelaire dont elle fut la muse. L'utilisation directe du moulage sur nature (gain de temps et de réalisme, comme en atteste la reproduction de la cellulite en haut des cuisses) pour une sculpture était violemment contestée au XIXe siècle. Ami de Clésinger, Théophile Gautier orchestre le scandale mondain, lui valant ainsi un beau succès[2].

Clésinger exécute, à la fin de 1847, une variante intitulée “Bacchante couchée”, légèrement plus grande afin de répondre à ses détracteurs sur sa maitrise technique, qu'il expose au Salon de 1848. Elle se trouve en salle 4 du musée du Petit Palais. Critique d’art proche de Madame Sabatier et romancier, Théophile Gautier en dit « c’est le pur délire orgiaque, la Ménade échevelée qui se roule aux pieds de Bacchus, le père de liberté et de joie […] Un puissant spasme de bonheur soulève par sa contraction l’opulente poitrine de la jeune femme, et en fait jaillir les seins étincelants »… » et conclut son article en l’appelant « un des plus beaux morceaux de la sculpture moderne[3]. »

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Femme piquée par un serpent 1.jpg

Hommages[modifier | modifier le code]

Le peintre américain Kehinde Wiley s'inspire de l'œuvre de Clésinger dans son tableau Femme piquée par un serpent (2008), tout en remplaçant la femme par un jeune Afro-américain noir habillé[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Quand une piqûre de serpent se transforme en orgasme
  2. a et b « Femme piquée par un serpent », musee-orsay.fr (consulté le 28 mars 2016)
  3. « Bacchante couchée », petitpalais.paris.fr (consulté le 28 mars 2016)
  4. (en) « Kehinde Wiley - Important Art », sur theartstory.org, (consulté le 22 juin 2019)

Liens externes[modifier | modifier le code]