Estrapade (supplice)

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L'estrapade, détail d'une estampe de Jacques Callot
Poulie pour la corde du mécanisme servant à infliger l'estrapade à la Tours des sorciers à Sion, Suisse

L'estrapade est une méthode de torture où le bourreau attache les bras de la victime à des cordes, le plus souvent dans le dos, puis la hisse jusqu'à la suspendre et la laisse tomber brusquement, mais sans laisser le corps toucher terre. Cela provoque une dislocation des épaules accompagnée d'une intense douleur. Des poids sont parfois fixés aux pieds de la victime pour intensifier la traction.

Cette méthode de torture fut largement utilisée par l'Inquisition[1].

Plusieurs variantes existent (bras dans le dos, corde attachée à un seul poignet, etc.). Une variante utilisée par les marins est le « supplice de la cale » où le condamné est précipité dans l'eau depuis une vergue du navire.

À Paris, ce supplice est infligé place de l'Estrapade aux soldats déserteurs et à des protestants lors de leur persécution[2]. Il fut aboli par Louis XVI en 1776[3].

Exemples de victime[modifier | modifier le code]

Pierre de Torrenté a subi cette torture avant d'être brulé pour sorcellerie en 1481.

Michée Chauderon (lavandière savoyarde ayant la réputation de guérisseuse) a également subi cette torture avant d’être pendue puis brûlée pour sorcellerie à Genève en 1652.

Le détenu Manadel al-Jamadi décède dans la prison d'Abou Ghraib après un interrogatoire durant lequel il a été torturé par des agents de la CIA et un entrepreneur privé en [4]. Il est physiquement agressé puis torturé par estrapade. Sa mort est considérée comme un homicide par l'armée américaine[5],[6], mais aucun des deux hommes n'a été poursuivi devant les tribunaux. L'entrepreneur, quant à lui, bénéficie d'immunité[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) A. L. Maycock et Ronald Knox (contributeur), Inquisition from Its Establishment to the Great Schism : An Introductory Study, Kessinger Publishing, , 316 p. (ISBN 0-7661-7290-2 et 978-0-7661-7290-6, présentation en ligne), p. 162, lire en ligne la page 162 de la première édition de 1927, ouvrage re-édition 2013.
  2. « estrapade » (version du 9 janvier 2012 sur l'Internet Archive) dans le Littré.
  3. Alexandre Gady, La Montagne Sainte-Geneviève et le Quartier Latin, Paris, éditions Hoëbecke, , 326 p. (ISBN 2-84230-067-X), p. 188.
  4. (en) Tom Head, « The Crucifixion of Manadel al-Jamadi », sur about.com (consulté le 1er mai 2005).
  5. (en) Philip Gourevitch et Errol Morris, « Exposure: the woman behind the camera at Abu Ghraib », New Yorker: Annals of War, (consulté le 16 mars 2008) : « [We] kind of realized right away that there was no way he died of a heart attack [...] », p. 10–12.
  6. (en) « Reports detail Abu Ghraib prison death; was it torture? », sur MSNBC (consulté le 22 avril 2014).
  7. (en) « Jane Mayer, "A Deadly Interrogation: Can the C.I.A. legally kill a prisoner? », sur New Yorker, (consulté le 10 septembre 2010).

Voir aussi[modifier | modifier le code]