Emballement fisherien

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R. A. Fisher.

L'emballement fisherien[1],[2],[3] est un modèle de sélection sexuelle avancé pour la première fois par le biologiste britannique Ronald Aylmer Fisher en 1915[4] et développé en 1930 dans son livre The Genetical Theory of Natural Selection[5]. Ce modèle apporte une explication à la sélection sexuelle de caractères qui manifestement n'augmentent pas la valeur sélective de survie, à partir d'un feedback positif, un mécanisme d'« emballement ».

Explication[modifier | modifier le code]

Le paon illustre la théorie d'emballement fisherien.

L'explication de Fisher est que la sélection de ces caractères est le résultat d'une attirance sexuelle, les membres du sexe opposé trouvant un caractère attirant. Cette attirance rend le caractère avantageux, et donc avoir ce caractère avantageux rend attirant. Le processus est désigné sous le terme d'"emballement", car au fil du temps, il faciliterait le développement d'une plus grande attirance pour des caractères encore plus prononcés, et ce jusqu'à ce que l'énergie permettant de produire ce caractère s'équilibre avec l'avantage reproductif de le posséder[3],[1].

Ainsi, la queue du paon a besoin de beaucoup d'énergie pour croître et être entretenue, plus elle est grande, plus l'agilité de l'oiseau diminue et plus elle est colorée, plus la visibilité de l'animal vis-à-vis de ses prédateurs augmente. Pourtant, le paon n'a pas évolué vers une réduction de sa queue, montrant que les oiseaux avec des queues longues et colorées avaient quelque avantage.

L'emballement fisherien explique que si la paonne sélectionne un mâle avec une queue plus longue et plus colorée, alors sa progéniture mâle aura plus de chances d'avoir une queue longue et colorée et elle aura de fait plus de chances elle aussi d'avoir des partenaires sexuelles, car les autres paonnes auront la même attirance pour les longues queues colorées[6]. Compte tenu de ce modèle préexistant, avoir une attirance pour les queues longues et plus colorées donne un avantage aux femelles, comme l'est pour les mâles le fait d'avoir une queue longue et colorée. Cependant, tous les membres de l'espèce ne sont pas égaux comme cela serait le cas si aucune paonne (ou seulement un petit nombre) n'avait une attirance pour une queue longue et plus colorée, car en l'absence d'une telle attirance, détenir ces caractères inadaptés, qui diminuent la mobilité et augmentent la visibilité face aux prédateurs, ne devrait plus être privilégiée.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b https://papyrus.bib.umontreal.ca/jspui/bitstream/1866/6598/1/Drullion_Dominique_2008_these.pdf
  2. http://ethologie.unige.ch/etho2.03/par.date/2004_01_23.htm
  3. a et b http://jo.irisson.com/teaching/agreg/outline-Comportement_reproducteur.pdf
  4. Fisher, R.A. 1915 The evolution of sexual preference, Eugenics Review 7: 184-192
  5. Fisher, R.A. 1930 The Genetical Theory of Natural Selection, Clarendon Press, Oxford
  6. http://sarah.leclaire.free.fr/these.pdf