Ronald Aylmer Fisher

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Ronald Aylmer Fisher
Description de cette image, également commentée ci-après
Ronald Aylmer Fisher en 1957.
Naissance
East Finchley (Angleterre)
Décès (à 72 ans)
Adélaïde (Australie)
Domicile Angleterre et Australie
Nationalité Drapeau de Grande-Bretagne Britannique
Domaines Statistiques
Biologie de l'évolution
Génétique
Institutions Rothamsted Experimental Station
University College de Londres
Université de Cambridge
CSIRO
Diplôme Université de Cambridge
Renommé pour Information de Fisher
Maximum de vraisemblance
Analyse de la variance
Théorème de Fisher-Tippett-Gnedenko
Distinctions Médaille royale (1938)
Médaille Guy (or) (1946)
Médaille Darwin (1948)
Médaille Copley (1955)
Médaille Darwin-Wallace de la Société linnéenne de Londres (1958)

Compléments

Il est le beau-père de George E. P. Box.

Sir Ronald Aylmer Fisher, est un biologiste et statisticien britannique, né à East Finchley le et mort le .

Il est considéré par Richard Dawkins comme « le plus grand des successeurs de Darwin »[1] et par Anders Hald comme l'homme qui a – « presque à lui seul – fondé les statistiques modernes »[2]. Bradley Efron le considère comme le statisticien le plus important du XXe siècle[3].

Dans le domaine des statistiques, il a introduit de nombreux concepts clés tels que le maximum de vraisemblance, l'information de Fisher et l'analyse de la variance, les plans d'expériences ou encore la notion de statistique exhaustive[4].

En génétique, sa théorie dite de l'emballement fisherien permet d'expliquer la présence de traits n'augmentant pas de manière évidente les chances de survie ou succès de l'organisme.

Bien qu'il y ait une convergence entre l'information de Fisher et l'information de Shannon, rien n'indique que Claude Shannon ait utilisé les résultats de Fisher pour élaborer sa théorie[5].

Il est également un des fondateurs de la génétique moderne et un grand continuateur de Darwin, en particulier grâce à son utilisation des méthodes statistiques, incontournables dans la génétique des populations. Il a ainsi contribué à la formalisation mathématique du principe de sélection naturelle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ronald Fisher en 1913.
Ronald Fisher.

Il est d'abord attiré par la physique et obtient en 1912 une licence d'astronomie à l'université de Cambridge[6].

De 1915 à 1919, il enseigne les mathématiques à Londres dans des écoles privées[6].

En 1919, il est engagé à la station expérimentale de Rothamsted pour analyser l'effet des précipitations sur le rendement du blé[6]. Il y reste jusqu'en 1933[7].

Dans son article de 1922 « On the mathematical foundations of theoretical statistics »[8], il définit une quinzaine de notions fondamentales en statistiques dont la notion de convergence, d'efficacité, de vraisemblance et de statistique suffisante[9].

Il propose l'estimateur du maximum de vraisemblance en 1922 après avoir présenté une première version en 1912[6],[10],[11]. Dans la version de Fisher 1912 la méthode est appelé critère absolu et la justification de la méthode est ambiguë[11]. Un malentendu a laissé croire que le critère absolu pouvait être interprété comme un estimateur bayésien avec une loi a priori uniforme[11]. Fisher 1921 réfute cette interprétation[11]. Fisher 1922 utilise la loi binomiale pour illustrer son critère et montrer en quoi il est différent d'un estimateur bayésien[11].

Il introduit aussi en 1924 l'analyse de la variance[6]. Fisher 1925 inclut des innovations en séries temporelles et en analyse des corrélations multiples.

En 1933, Karl Pearson le fondateur du département de statistique appliqué de l'University College de Londres part à la retraite et le département est alors divisé en deux parties. Le département d'eugénisme est confié à Ronald Fisher et le département de statistique à Egon Pearson, le fils de Karl Pearson. Le département confié à Fisher disparaît au début de la Seconde Guerre mondiale en 1939 et ce n'est qu'en 1943 que Fisher retrouve une place de professeur de génétique à Cambridge. Il y reste jusqu'à sa retraite en 1957[7],[6].

En 1936, reprenant les données de Mendel, il affirme que les nombres ont été retouchés[12]. Les analyses et interprétations de Fisher sont encore débattues aujourd'hui.

Il a notamment dirigé la thèse du statisticien indien Calyampudi Radhakrishna Rao soutenue en 1948[13].

Après son départ à la retraite en 1957, il passe les dernières années de sa vie à Adélaïde en Australie. Il y meurt en 1962[7].

Engagement et convictions[modifier | modifier le code]

D’après Yates et Mather dans leur mémoire biographique [14], il était conservateur, convaincu de l’inégalité des hommes et profondément croyant :

« His respect for tradition, and his conviction that all men are not equal,inclined him politically towards conservatism, and made him an outspokenand lasting opponent of Marxism. Although he did not subscribe to the dogmas of religion, he saw no reason to abandon the faith in which he had been brought up, and believed that the practice of religion was a salutary and humbling human activity. »

« Son respect de la tradition, et sa conviction que tous les hommes n’étaient pas égaux, l’ont orienté politiquement vers le conservatisme, et ont fait de lui un adversaire farouche du marxisme. Bien qu’il n’adhérait pas aux dogmes de la religion, il ne voyait pas de raison d’abandonner la foi dans laquelle il avait été élevé et considérait la pratique religieuse comme salutaire et permettant de garder à l’homme son humilité »

Il a milité activement pour l'eugénisme, qu’il considérait comme une pratique découlant rationnellement de la génétique des populations[15],[16]. Dans les derniers chapitres de The Genetical Theory of Natural Selection [17], il attribue la chute des civilisations à la baisse de fertilité des classes supérieures. Il montre en Angleterre la corrélation inverse entre revenu et fertilité et propose de rendre les allocations familiales proportionnelles aux revenus du père de famille.

Il a également pris fermement position contre l’«UNESCO Race Statement» [18] de 1950 destiné à nier le fondement scientifique de la notion de race, du moins au sens de groupe ethnique. Ainsi dans les commentaires publiés en 1951 [19] il est écrit :

« Sir Ronald Fisher has one fundamental objection to the Statement, which, as he himself says, destroys the very spirit of the whole document. He believes that human groups differ profoundly “in their innate capacity for intellectual and emotional development” and concludes from this that the “practical international problem is that of learning to share the resources of this planet amicably with persons of materially different nature, and that this problem is being obscured by entirely well intentioned efforts to minimize the real differences that exist”. »

Distinctions[modifier | modifier le code]

Ses travaux sur les statistiques lui valurent la médaille Darwin en 1948, la médaille Copley en 1955 et la médaille d’argent Darwin-Wallace en 1958.

Il a été élu à la Royal Society en 1929[20]. Il a été fait Chevalier en 1952[21].

Publications[modifier | modifier le code]

  • (en) Ronald Fisher, « On an Absolute Criterion for Fitting Frequency Curves », Messenger of Mathmatics,‎
  • (en) Ronald Fisher, « On the "probable error" of a coefficient of correlation deduced from a small sample », Metron, no 1,‎
  • (en) Ronald Fisher, « On the mathematical foundations of theoretical statistics », Philosophical Transactions of the Royal Society, no 222,‎ , p. 309-368 (lire en ligne)
  • (en) Ronald Fisher, « The influence of rainfall on the yield of wheat at Rothamsted », Philosophical Transactions of the Royal Society,‎
  • (en) Ronald Fisher, « Theory of Statistical Estimation », Mathematical Proceedings of the Cambridge Philosophical Society, vol. 22, no 5,‎ , p. 700-725 (lire en ligne)
  • (en) Ronald Fisher, Statistical Methods for Research Workers, Edinburgh, Oliver and Boyd, , 1re éd. (lire en ligne)
  • (en) Ronald Fisher, The Design of Experiments, Oxford, England, Oliver and Boyd, , 1re éd., 251 p.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Richard Dawkins (1995), River out of Eden, p. 38, « Sir Ronald Fisher, the formidable English geneticist and mathematician, could be regarded as Darwin’s greatest twentieth-century successor as well as the father of modern statistics… »
  2. Anders Hald, A History of Mathematical Statistics, New-York, Wiley, (ISBN 0471179124)
  3. (en) Bradley Efron, « R. A. Fisher in the 21st Century », Statistical Science, vol. 13, no 2,‎ , p. 95-122
  4. a et b (en) Daniel Wright, « Ten Statisticians and Their Impacts for Psychologists », Perspectives on Psychological Science, vol. 4, no 6,‎ , p. 587-597 (lire en ligne)
  5. [www.math.harvard.edu/~ctm/home/text/others/shannon/entropy/entropy.pdf A Mathematical Theory of Communication]
  6. a b c d e et f (en) Harold Hotelling, « The impact of R. A. Fisher on statistics », Journal of the American Statistical Association, vol. 46, no 253,‎ , p. 35-46 (lire en ligne)
  7. a b et c Lehmann 2011, p. 2
  8. Fisher 1922.
  9. Lehmann 2011, p. 8
  10. (en) John Aldrich, « R.A. Fisher and the making of maximum likelihood 1912-1922 », Statistical Science, vol. 12, no 3,‎ , p. 162-176 (lire en ligne)
  11. a b c d et e (en) Stephen Stigler, « The Epic Story of Maximum Likelihood », Statistical Science, vol. 22, no 4,‎ (lire en ligne)
  12. (en) Ronald Aylmer Fisher, « Has Mendel's work been rediscovered », Ann. Sci., vol. 1,‎ , p. 115–137
  13. (en) Julian Champkin, « C.R. Rao », Significance, vol. 8, no 4,‎ (lire en ligne)
  14. F. yates et K. Mather, « Ronald Aylmer Fisher 1890–1962 », Biographical Memoirs of Fellows of the Royal Society, vol. 9,‎ , p. 91–129 (DOI 10.1098/rsbm.1963.0006)
  15. Ronald Fisher, « Eugenics, academic and practical », Eugenics Review 27 (1935), p. 95-100
  16. Stephen Jay Gould, The structure of evolutionary theory, Harvard University Press, 2002, p. 512-514.
  17. Ronald Fisher, « The Genetical Theory of Natural Selection » Modèle {{Lien web}} : paramètre « titre » manquant. https://archive.org/details/geneticaltheoryo031631mbp/page/n237
  18. « Déclaration d'experts sur les questions de race » [PDF], sur unesco.org, (consulté le 10 octobre 2017)
  19. http://unesdoc.unesco.org/images/0007/000733/073351eo.pdf "The Race Concept: Results of an Inquiry", p. 27. UNESCO 1952
  20. (en) [PDF] List of Fellows of the Royal Society, 1660-2007. A-J, p. 122
  21. London Gazette : no 39 555, p. 3 008, 5 juin 1952.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]