Paradisier superbe

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Lophorina

Lophorina est un genre de passereaux appartenant à la famille des Paradisaeidae. Il regroupe trois espèces de paradisiers.

Répartition et habitat[modifier | modifier le code]

Répartition[modifier | modifier le code]

Discontinue, en taches plus ou moins importantes, à travers toute la Nouvelle-Guinée, du nord-ouest au sud-est, essentiellement le long de la ligne orogénique[2]. L'espèce superba se rencontre dans l'ensemble de l'île alors que l'espèce nidda est limitée à la partie ouest, comme l'espèce minor qui est répandue au moins jusqu'à la chaîne Wharton.

Habitat[modifier | modifier le code]

Le paradisier superbe habite les forêts de montagnes moyennes et supérieures, les forêts dégradées et les lambeaux forestiers à proximité de jardins et d’autres zones éclaircies entre 1 000 et 2 300 m et surtout entre 1 650 et 1 900 m. Les crêtes de montagnes arborées donnant sur des versants escarpés et offrant des postes de chant constituent les territoires privilégiés des mâles[3].

Éthologie[modifier | modifier le code]

Alimentation[modifier | modifier le code]

Beehler a comptabilisé[4] 23 individus se nourrissant sur Chisocheton weinlandii, 17 sur Homalanthus novoguineensis, 9 sur Endospermum medullosum, 8 sur Ficus sp., 2 sur Pandanus conoideus, 2 sur Sloanea sogerensis, 2 sur Elmerrillia papuana et 1 sur Aporusa sp. donc avec une prépondérance (45) pour les fruits à capsules sur un total de 65 spécimens observés.

Mœurs[modifier | modifier le code]

Il évolue à tous les étages de la végétation, recherchant les fruits dans les arbres et les arthropodes sur les branches couvertes de mousse et les formations de plantes épiphytes. Il se tient généralement seul et se mêle à des groupes d’oiseaux (y compris d’autres espèces de paradisiers) en nourrissage dans des arbres portant des fruits[3].

Parade nuptiale[modifier | modifier le code]

La parade nuptiale a été observée en octobre 1985 à 1500 m d’altitude dans les monts Adelbert[5]. Dans leur article, les auteurs ont déterminé, dessins à l’appui, deux phases dans la parade du mâle : la phase initiale de parade et la phase de haute intensité. Dans la phase préliminaire, le mâle adopte une attitude particulière en affinant son plumage brillant, le corps selon un axe oblique avec la tête vers le haut et la queue vers le bas. Il se tient ainsi pendant quelques secondes puis imprime de brefs sursauts à la collerette, au plastron et aux touffes nasales. Il garde les côtés du plastron rabattus contre les flancs, la collerette serrée et tenue en arrière, le bec légèrement pointé vers le haut, les yeux fixés sur la femelle et les touffes nasales vers l’avant. Dans cette posture, il imprime des mouvements répétés au plastron qui s’entrouvre et à la collerette qui s’écarte en V, de chaque côté du cou. Puis il déploie le plastron au maximum de chaque côté de la poitrine, rentre la tête contre la poitrine et relève en même temps la collerette vers l’avant pour la présenter à la femelle. L’alternance des extensions du plastron et des agitations de la collerette s’accélère à mesure que cette phase progresse. Dans la phase de haute intensité, il maintient le plastron écarté au maximum, gonfle les plumes nasales et projette violemment la collerette en avant qui forme alors comme un entonnoir englobant la tête au milieu et le plastron à la base. Au-dessus des yeux, deux ronds bleu-vert à reflet métallique forment de faux yeux par le jeu de la lumière réfléchie par les plumes iridescentes du front séparées en deux taches par la touffe nasale noire et par l’inclinaison de la tête. Le bec fermé n’est pas visible et les yeux sont également invisibles ou à peine perçus en dessous des faux yeux. Ce phénomène des faux yeux a été décrit pour la première fois par Crandall[6].

Des claquements, comparables à des coups de fouet, sont produits par les ailes[7] mais on ne connaît pas le fonctionnement exact. C’est Morrison-Scott[8] qui, le premier, a constaté ce phénomène d’après un mâle en captivité mais sans le décrire précisément. Il remarqua aussi que ce spécimen levait et baissait la queue en même temps qu’il produisait ces claquements d’ailes. Ottaviani[9] en passant différentes vidéos au ralenti, a pu constater que l’ouverture et la fermeture très rapide des rémiges sont bien à l’origine de ces claquements et non le fait qu’elles soient frappées contre le tronc comme on l’a cru longtemps. Il a également remarqué que le mâle nettoie le tronc de parade en retirant divers débris végétaux pour le rendre plus lisse.

Nidification[modifier | modifier le code]

Le nid consiste en une coupe grossière de fibres et de radicelles moelleuses et lâchement entrelacées avec quelques feuilles mortes, des frondes de fougères de type Polydodium et des tiges d’une plante grimpante rappelant Selaginella. Il est généralement construit dans des palmiers ou des plantes du même type à 1,5 m ou plus de hauteur, contiennent un ou deux œufs (Frith & Frith 2009).

Biologie de reproduction[modifier | modifier le code]

Les mâles sont polygames ; ils attirent des femelles et paradent de façon solitaire. Ils sont territoriaux, défendant une aire assez réduite (1,5 ha de moyenne) à l’intérieur de laquelle ils recherchent leur nourriture. Un mâle peut posséder plusieurs territoires adjacents (entre 1,19 et 1,71 ha), les femelles nichant probablement dans le territoire du mâle de leur choix[10].

Statut, conservation[modifier | modifier le code]

Le genre est commun et largement réparti donc non menacé. Il est plus tolérant à la perturbation de son habitat que la majeure partie des autres paradisiers. Il est plus abondant à basse altitude, hors période de reproduction, quand les individus sont majoritairement en plumage femelle[3].

Systématique[modifier | modifier le code]

Liste alphabétique des espèces[modifier | modifier le code]

D'après la classification de référence du Congrès ornithologique international (version 8.2, 2018)[1] :

Taxonomie[modifier | modifier le code]

En 2018, la classification de référence du Congrès ornithologique international (version 8.2, 2018)[1] a modifié le concept du genre suite au changement du specimen type : le genre, auparavant monophylétique, a été divisé en trois espèces. Certaines sources peuvent toujours considérer Leophorina superba comme représentant l'ensemble du genre.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Congrès ornithologique international, version 8.2, 2018
  2. (en) « Superb Bird-of-paradise (Lophorina superba) - BirdLife species factsheet », sur datazone.birdlife.org (consulté le 14 août 2018)
  3. a, b et c C. B. Frith et D. W. Frith, « Family Paradisaeidae (Birds of Paradise) », dans del Hoyo, J. Elliott, A. & Christie, D., Handbook of the Birds of the World [« Guide des Oiseaux du Monde »], vol. 14 : Bush-shrikes to Old World Sparrows, Lynx Edicions, (ISBN 8487334105, 9788487334108 et 8487334156, OCLC 861071869, lire en ligne), p. 404-459
  4. (en) B. M. Beehler, « Frugivory and Polygamy in Birds of Paradise » [« Frugivorisme et polygamie chez les paradisiers »], The Auk, no 100,‎ , p. 1-12 (lire en ligne)
  5. (en) D.W. Frith et C.B. Frith, « Courtship Display and Mating of the Superb Bird of Paradise Lophorina superba » [« Parade nuptiale et accouplement du Paradisier superbe Lophorina superba »], Emu - Austral Ornithology, vol. 88, no 3,‎ , p. 183–188 (ISSN 0158-4197 et 1448-5540, DOI 10.1071/mu9880183, lire en ligne)
  6. (en) L. S. Crandall, « Notes on certain birds of paradise » [« Notes sur certains paradisiers »], Zoologica, vol. 11,‎ , p. 77-87
  7. (en) Clifford B Frith et Bruce M. Beehler (ill. William T. Cooper), The birds of paradise: Paradisaeidae [« Les Paradisiers : Paradisaeidae »], Oxford University Press, (ISBN 0198548532 et 9780198548539, OCLC 38162851, lire en ligne)
  8. (en) T. Morrison-Scott, « Display of Lophorina superba minor » [« Parade de Lophorina superba minor »], Proceedings of the Zoological Society of London,‎ , p. 809
  9. Michel Ottaviani, Les Oiseaux de Paradis histoire naturelle et photographies, Prin, , 320 p. (ISBN 290913640X et 9782909136400, OCLC 867035683, lire en ligne)
  10. (en) Bruce Beehler et Stephen G. Pruett-Jones, « Display dispersion and diet of birds of paradise: a comparison of nine species » [« Répartition et régime alimentaire des paradisiers : comparaison de neuf espèces »], Behavioral Ecology and Sociobiology, vol. 13, no 3,‎ , p. 229–238 (ISSN 0340-5443 et 1432-0762, DOI 10.1007/bf00299927, lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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