Direction de l'Intelligence militaire

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La Direction de l'Intelligence militaire ou Shu'bat al-Mukhabarat al-'Askariyya (arabe : شعبة المخابرات العسكرية, Shu'bat al-Mukhabarat al-'Askariyya), ou plus simplement les Mukhabarat, est le service de renseignement militaire de la Syrie[1],[2]. En 2000, son quartier général était situé au ministère de la défense à Damas[3]. La Direction de l'Intelligence militaire est l'un des quatre services de renseignements syriens qui gère des lieux de détention et de torture dans le pays.

Histoire[modifier | modifier le code]

Bien que ses racines remontent à la période du mandat français (1923-1943) avec le Deuxième Bureau, son organisation actuelle a été créée en 1969[4],[5],[6].

Le Général Hassan Khalil est devenu son directeur en 2000[2]. Assef Chaoukat, le beau-frère de Bachar Al-Assad, est son successeur depuis 2005[7]. De 2009 à 2012, le service de renseignement militaire était dirigée par Abdel-Fatah Qudsiyeh, qui, comme le président syrien Assad est un membre de la communauté alaouite[8],[9]. Depuis juillet 2012, c'est Rafiq Shahadah qui dirige le service, il est sous sanctions européennes[10].

Fonction[modifier | modifier le code]

La Direction de l'Intelligence militaire coordonne l'activité des forces armées syriennes sur le territoire et au Liban[11]. Elle coopère étroitement avec Dabita al-Fida'iyya[11]. Il est influent dans la politique syrienne[12] et est contrôlé par le président[13],[14]. Il surveille les dissidents du régime en dehors de la Syrie[15]. Pendant l'occupation syrienne du Liban, et au moins en 2002, sa branche libanaise, jadis dirigée par Ghazi Kanaan, a exercé une autorité politique au Liban[16].

Il est soupçonné d'avoir fourni un soutien aux différents groupes radicaux[17]. De plus, le service surveille les dissidents du gouvernement extérieur de la Syrie[18].

La Direction de l'intelligence militaire est également chargée, dès le soulèvement populaire du printemps 2011, d'arrêter, de détenir et de torturer des opposants politiques syriens. Les médecins militaires des mukhabarat ne sont pas toujours autoriser à soigner les blessés, même mourants, et sont au contraire parfois chargé de maintenir en vie les personnes torturées et administrer des psychotropes pendant les interrogatoires[19]

Les chefs du renseignement militaire[modifier | modifier le code]

  • Hikmat al-Shihabi (1970-1973) [20]
  • Ali Duba (1973-2000)[21]
  • Directeur adjoint: Hassan Khalil (1993-2000)[22]
  • Hassan Khalil (2000-2005)[22],[23]
  • Directeur adjoint: Assef Shawkat (2000-2005)[21],[24]
  • Assef Shawkat (2005-2009)[25]
  • Directeur adjoint: Saïd Sammour (2005-2009) [9],[26],[27]
  • Abdel-Fatah Qudsiyeh (2009-Juillet 2012)[28],[29]
  • Rafiq Shahadah (juillet 2012-présent)[30]

Les chefs régionaux du renseignement militaire[modifier | modifier le code]

  • Campagne de Damas (branche 227). Major-général Rustom Ghazali (passé-Juillet 2012), l'Union européenne lui sanctionné pour avoir participé à la violence contre la population civile durant le soulèvement syrien[31] accusé d'avoir ordonné ou commis des crimes contre l'humanité par Human Rights Watch[31].
  • Damas (branche 215, ou Branche Palestine) : Gen Sha'afiq (2012) accusé d'avoir ordonné ou commis des crimes contre l'humanité[31].
  • Damas (branche 235) : Le général Muhammad Khallouf (2012) accusé d'avoir ordonné ou commis des crimes contre l'humanité[31].
  • Damas (branche 291) : Le général Yousef Abdou (2012) accusé d'avoir ordonné ou commis des crimes contre l'humanité[31].
  • Damas (branche 291) : Le général Burhan Qadour (passé-2012) accusé d'avoir ordonné ou commis des crimes contre l'humanité[31].
  • branche de Hama (ville) : Mohammad Mufleh (2011), l'Union européenne l'a sanctionné pour avoir participé à la répression contre les manifestants pendant le soulèvement syrien [32].
  • branche de Deir ez-Zor : Jami Jami (2011), l'Union européenne l'a sanctionné financièrement pour avoir été directement impliqué dans la répression et la violence contre la population civile à Deir az-Zor et Albou Kamal pendant le soulèvement syrien[27],[31].
  • Idlib (branche 271) : Le général Nawful Al-Husayn (2011), l'Union européenne l'a sanctionné financièrement pour avoir été directement impliqué dans la répression et la violence contre la population civile dans la province d'Idlib pendant la uprsing syrienne[31]. accusé d'avoir ordonné ou commis des crimes contre l'humanité[31].
  • Homs Branche de Homs : Muhammed Zamrini (2011), l'Union européenne l'a sanctionné financièrement sanctionné pour avoir été directement impliqué * dans la répression et la violence contre la population civile à Homs pendant le soulèvement syrien[31] accusé d'avoir ordonné ou commis des crimes contre l'humanité[31]
  • Daraa (branche 245) : Col Lu'ai al-Ali (2011), l'Union européenne l'a sanctionné financièrement pour être responsable de la violence contre les manifestants à Daraa pendant le soulèvement syrien[27] accusé d'avoir ordonné ou commis des crimes contre l'humanité[31].
  • Suwayda branche : Wafiq Nasser (2011), chef de la branche régionale suppose position après Brig. Gen Suheir Ramadan[33].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Autres services de renseignement syriens

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Syria Intelligence and Security Agencies », Global Security (consulté le 17 décembre 2012)
  2. a et b http://www.meib.org/articles/0007_s3.htm
  3. http://www.minbuza.nl/nl/actueel/ambtsberichten,2003/05/syrie_x_05_04_02.html#P424_55617
  4. http://www.lib.unb.ca/Texts/JCS/bin/get.cgi?directory=J97/articles/&filename=RATHMELLwp1.htm
  5. Carl Anthony Wege, « Hizbollah–Syrian Intelligence Affairs: A Marriage of Convenience », Journal of Strategic Security, vol. 4, no 3,‎ , p. 1–14 (lire en ligne, consulté le 17 décembre 2012)
  6. Conflict Studies Journal at the University of New Brunswick. Lib.unb.ca. Retrieved on 19 October 2010.
  7. Print - ESISC : European Strategic Intelligence & Security Center. ESISC (22 October 2005). Retrieved 19 October 2010.
  8. Ahed Al Hendi, « The Structure of Syria's Repression », Foreign Affairs,‎ (lire en ligne, consulté le 17 décembre 2012)
  9. a et b Ian Black, « Six Syrians who helped Bashar al-Assad keep iron grip after father's death », The Guardian, London,‎ (lire en ligne)
  10. « Syrie: des généraux et services de renseignement sanctionnés par l'UE », sur LExpress.fr, (consulté le 5 mars 2020)
  11. a et b http://www.minbuza.nl/nl/actueel/ambtsberichten,2003/05/syrie_x_05_04_02.html
  12. http://www.herzliyaconference.org/_Uploads/2590Bashars.pdf
  13. Robert G. Rabil Syria, the United States, and the war on terror in the Middle East, Greenwood Publishing Group, 2006, (ISBN 0-275-99015-X) p. 214
  14. TFJD990-01-210480.tex. (PDF). Retrieved 19 October 2010.
  15. (en) Paul Todd et Jonathan Bloch, Global Intelligence : The World's Secret Services Today, , 240 p. (ISBN 978-1-84277-113-6, lire en ligne), p. 167.
  16. http://www.meib.org/articles/0202_s1.htm
  17. Syria, Intelligence and Security. Espionageinfo.com. Retrieved 19 October 2010.
  18. Paul Todd, Jonathan Bloch Global intelligence: the world's secret services today, Zed Books, 2003 (ISBN 1-84277-113-2) p. 167
  19. Jonathan Littell, Carnets de Homs, Gallimard, , 234 p. (ISBN 978-2-07-013814-2), p. 90,91
  20. Sami Moubayed, Steel & Silk : Men and Women who Shaped Syria 1900-2000, Seattle, Wash, Cune, , 623 p. (ISBN 1-885942-40-0, lire en ligne), p. 83.
  21. a et b Shmuel Bar, « Bashar's Syria: The Regime and its Strategic Worldview », Comparative Strategy, vol. 25,‎ , p. 424 (lire en ligne, consulté le 15 mai 2011)
  22. a et b MEIB, « Syria's Intelligence Services: A Primer », Middle East Intelligence Bulletin, vol. 2, no 6,‎ (lire en ligne, consulté le 8 juin 2011)
  23. Gary Gambil, « The Military-Intelligence Shakeup in Syria », Middle East Intelligence Bulletin, vol. 4, no 2,‎ (lire en ligne, consulté le 8 juin 2011)
  24. (en) « The List: The Middle East's Most Powerful Spooks », Foreign Policy, (consulté le 17 décembre 2012)
  25. Shmuel Bar, « Bashar's Syria: The Regime and its Strategic Worldview », Comparative Strategy, vol. 25,‎ , p. 390 (lire en ligne, consulté le 15 mai 2011)
  26. Hermann Rainer, « Geheimdienste in Syrien: Teile, herrsche, morde », Frankfurter Allgemeine Zeitung,‎ (lire en ligne, consulté le 8 juin 2011)
  27. a b et c « Joint Proposal for a COUNCIL REGULATION concerning restrictive measures in view of the situation in Syria and repealing Regulation (EU) No 442/2011 », EuroLex, vol. 52011PC0887,‎ (lire en ligne, consulté le 10 mars 2012)
  28. (en) « Six Syrians who helped Bashar al-Assad keep iron grip after father's death », sur the Guardian, (consulté le 8 septembre 2020).
  29. (de) Rainer Hermann, « Teile, herrsche, morde », Frankfurter Allgemeine Zeitung,‎ (lire en ligne, consulté le 8 septembre 2020).
  30. « Assad reshuffles top security posts after bombing that killed four senior officials », The Times of Israel, Damascus,‎ (lire en ligne, consulté le 17 décembre 2012)
  31. a b c d e f g h i j k et l « Torture Archipelago », Human Rights Watch (consulté le 3 juillet 2012)
  32. http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=COM:2011:0887:FIN:EN:HTML
  33. « By All Means Necessary », Human Rights Watch, (consulté le 17 décembre 2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]