Dipôle de l'océan Indien

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Le dipôle de l'océan Indien (DOI), aussi connu sous le nom d'El Niño indien, est une oscillation irrégulière des températures de surface de la mer, la partie occidentale de l'océan Indien étant tour à tour plus chaude et plus froide que sa partie orientale. La mousson en Inde est ainsi généralement affectée par la différence de température entre le golfe du Bengale à l'est et la mer d'Oman à l'ouest.

Description[modifier | modifier le code]

Le DOI est un aspect du cycle général du climat mondial qui interagit avec des phénomènes similaires tels que le phénomène El Niño-Oscillation australe (ENSO) dans l’océan Pacifique. Le phénomène fut identifié pour la première fois par des chercheurs en climatologie en 1999[1],[2]. Le DOI implique une oscillation apériodique des températures de surface de la mer (SST) entre les phases positives, neutres et négatives. Une phase positive se caractérise par des températures de surface de la mer supérieures à la moyenne et des précipitations plus importantes dans la région occidentale de l'océan Indien, avec un refroidissement correspondant des eaux dans l'est de l'océan Indien, ce qui a tendance à provoquer des sécheresses dans les régions limitrophes de l'Indonésie et de l'Australie. La phase négative donne les conditions opposées, avec des eaux plus chaudes et des précipitations plus abondantes dans l'est de l'océan Indien, et des conditions plus fraîches et sèches dans l'ouest.

Une moyenne de quatre événements de DOI positifs-négatifs a lieu au cours de chaque période de 30 ans, chaque événement ayant duré environ six mois. Toutefois, il y a eu 12 DOI positives depuis 1980 et aucun événement négatif entre 1992 et un puissant événement négatif fin 2010. Les événements consécutifs positifs sont donc extrêmement rares. Seuls deux événements de ce type ont été enregistrés, 1913-1914 et les trois événements consécutifs de 2006 à 2008 qui a précédé les incendies de végétation du Victoria de 2009 en Australie. La modélisation suggère que des événements positifs consécutifs pourraient survenir deux fois sur une période de 1 000 ans.

Le DOI positif de 2007 a évolué avec La Niña, ce qui est un phénomène qui ne s'est produit qu'une seule fois dans les archives historiques disponibles (en 1967)[3],[4],[5],[6]. Un fort DOI négatif s'est développée en octobre 2010, combinée à une forte et concurrente La Niña, et a été à l'origine des inondations au Queensland (2010-2011) et de 2011 dans le Victoria.

En janvier 2020, les violents incendies en Australie correspondent à un fort DOI positif, au point d'annuler la saison des pluies dans le Nord.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Saji et al. 1999
  2. (en) P.J. Webster, A.M Moore, J.P. Loschnigg et R.P. Leben, « Coupled ocean–atmosphere dynamics in the Indian Ocean during 1997–98 », Letters to Nature, vol. 401, no 6751,‎ , p. 356–360 (PMID 16862107, DOI 10.1038/43848, Bibcode 1999Natur.401..356W).
  3. (en) W. Cai, A. Pan, D. Roemmich, T. Cowan et X. Guo, « Argo profiles a rare occurrence of three consecutive positive Indian Ocean Dipole events, 2006–2008 », Geophysical Research Letters, vol. 36, no 8,‎ , p. L037038 (DOI 10.1029/2008GL037038, Bibcode 2009GeoRL..36.8701C, lire en ligne).
  4. (en) Dani Cooper, « Bushfire origins lie in Indian Ocean », Australian Broadcasting Corporation,‎ (lire en ligne).
  5. (en) Michael Perry, « Indian Ocean linked to Australian droughts », Reuters,‎ (lire en ligne).
  6. (en) Jack Rosebro, « Australian Reels From Split Weather System », Green Car Congress,‎ (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Nerilie J. Abram, Michael K. Gagan, Zhengyu Liu, Wahyoe S. Hantoro, Malcolm T. McCulloch et Bambang W. Suwargadi, « Seasonal characteristics of the Indian Ocean dipole during the Holocene epoch », Nature, vol. 445, no 7125,‎ , p. 299–302 (PMID 17230187, DOI 10.1038/nature05477, Bibcode 2007Natur.445..299A).
  • (en) Karumuri Ashok, Guan, Zhaoyong et Yamagata, Toshio, « Impact of the Indian Ocean Dipole on the Relationship between the Indian Monsoon Rainfall and ENSO », Geophysical Research Letters, vol. 28, no 23,‎ , p. 4499–4502 (DOI 10.1029/2001GL013294, Bibcode 2001GeoRL..28.4499A).
  • (en) Tim Li, Bin Wang, C-P. Chang et Yongsheng Zhang, « A Theory for the Indian Ocean Dipole–Zonal Mode », Journal of the Atmospheric Sciences, vol. 60, no 17,‎ , p. 2119–35 (DOI 10.1175/1520-0469(2003)060<2119:ATFTIO>2.0.CO;2, Bibcode 2003JAtS...60.2119L).
  • (en) S. A. Rao, S Behera, Y Masumoto et T Yamagata, « Interannual variability in the subsurface Indian Ocean with special emphasis on the Indian Ocean Dipole », Deep-Sea Research Part II, vol. 49, nos 7–8,‎ , p. 1549–72 (DOI 10.1016/S0967-0645(01)00158-8, Bibcode 2002DSR....49.1549R).
  • (en) N. H. Saji, B. N. Goswami, P. N. Vinayachandran et T. Yamagata, « A dipole mode in the tropical Indian Ocean », Nature, vol. 401, no 6751,‎ , p. 360–3 (PMID 16862108, DOI 10.1038/43854).
  • (en) S. K. Behera, Jing-Jia Luo et Toshio Yamagata, « Unusual IOD event of 2007 », Geophysical Research Letters, vol. 35, no 14,‎ , p. L14S11 (DOI 10.1029/2008GL034122, Bibcode 2008GeoRL..3514S11B).

Articles connexes[modifier | modifier le code]