Aller au contenu

Dievturība

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Le symbole utilisé par les Dievturi.

Le Dievturība est un mouvement néopaïen letton. Il se veut le renouveau de la religion des Lettons avant leur christianisation au XIIIe siècle. Ses membres se nomment les Dievturi (singulier Dievturis), littéralement « les gardiens de Dieu » ou « les personnes qui vivent en harmonie avec Dieu » - le Dieu en letton se dit Dievs.

Le mouvement dievturi fut fondé en 1925 par Ernests Brastiņš (lv)[1]. Il fut interdit par les Soviétiques avant de revivre ensuite. Officiellement, environ 650 personnes en sont membres.

Lokstene Temple de Dievturi

Créé comme un mouvement reconstructionniste, le Dievturība se fonda sur la mythologie lettone, les vieilles chansons (les dainas) et le folklore. Par nécessité, le Dievturība différa de la religion lettonne originelle. Par exemple, il n'y a aucune preuve que les anciens Lettons croyaient en une trinité de divinités, quand les modernes en reconnaissent une, composée de Dievs (en), Māra et Laima.

Les travaux de Ernests Brastiņš (en) figurent parmi les principales inspirations du Dievturība.

Le Dievturība est essentiellement une religion panthéiste. Les autres déités sont soit d'autres aspects de Dievs (l'univers, la réalité ultime), soit des esprits non déifiés. Dans la théologie dievturie, plusieurs triumvirats de divinités ou de concepts sont reconnus. Les dieux du destin, le premier triumvirat sont Dievs (le dieu originel dont émanent les autres dieux), Māra, Laima. Dans les Dainas, Māra est la patronne des femmes et de la fertilité. Elle est représentée comme une femme vêtue de vert ou d'or, souvent assise près d'une source, sur une pierre dans une source ou dans un saule. Elle s'incarne fréquemment en scarabée, en crapaud, en poule, en vipère, en faucon. Laima, quant à elle, se déplace pieds nus, les cheveux défaits, avec une branche de bouleau ou de tilleul verte sous l'aisselle, qu'elle porte des vêtements luxueux et des chaussures dorées pendant les fêtes, mais qu'elle apparaît parfois sous la forme d'une poule blanche ou noire, parfois sous celle d'un serpent bleu ou noir. Laima qui décide du destin des hommes partage ses fonctions avec Dēkla et Kārta. Les déesses de l'eau sont la Mère de la mer (Jūras māte), la Mère de l'eau (Ūdens māte) et la Mère de la rivière (Upes māte).

  • Forme humaine
    • velis : le corps astral
    • miesa : la forme physique
    • dvēsele : l'âme

La différence entre l'âme et le corps astral est subtile. L'âme est éternelle, elle vient de Dieu et retournera à lui après la mort du corps astral. Le corps astral reste près du corps, disparaissant petit à petit, tel un fantôme. La fin de l'automne et le début de l'hiver marque le temps du souvenir des ancêtres morts : durant l'automne, les dievturi leur font des offrandes de nourriture.

Les païens baltes utilisent encore des bois sacrés pour leurs rites. Lors de l’équinoxe, fête de la lumière, on enfouit dans la terre un œuf noir qui symbolise les ténèbres, mais contient en lui la lumière. Il existe aussi d’autres espaces sacrés, comme les sanctuaires domestiques, ornés d’une décoration spécifique : le puzuris, un mobile en paille suspendu au plafond, dont la structure évoque la division de l’année en huit parties et le lien entre les générations[1].

Lors du rituel appelé daudzinājums (qui signifie littéralement « multiplication ») les vertus de la divinité sont exaltées, afin qu’elles deviennent une part intégrante de ceux qui y participent. Ce rite se pratique en groupe lors des grandes étapes de l’année comme solstices et équinoxes[1].

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes

[modifier | modifier le code]

Références

[modifier | modifier le code]
  1. a b et c Gabriel Piniés, « La renaissance païenne des Baltes : entretien avec Uģis Nastevičs », sur Revue Éléments,

Bibliographie

[modifier | modifier le code]
  • Gatis Ozoliņš. The Latvian Dievturi Movement as Invention of Tradition. In Native Faith and Neo-Pagan Movements in Central and Eastern Europe. Kaarina Aitamurto, Scott Simpson. Acumen Publishing, 2013. (ISBN 1-84465-662-4)

Liens externes

[modifier | modifier le code]

Source de la traduction

[modifier | modifier le code]