David Décamp

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David Décamp
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Naissance

Bourg-en-Bresse
Nationalité
Français
Activité
Sculpture
Lieu de travail
Mouvement
Arte povera, art contemporain
Influencé par
Joseph Beuys, Giuseppe Penone
Site web
Œuvres principales
Frogs Legs, Radiographie Forestière, L'autel

David Décamp est un artiste sculpteur français né en 1970 à Bourg-en-Bresse. Il vit et travaille désormais à Lyon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Décamp a passé une partie de sa vie dans les forêts du Jura, non loin de Bâle, en tant que bûcheron-élagueur. Artiste autodidacte[1], proche de l’Art Brut, il est nourri d’humour noir. C’est à la suite d’un accident de travail qu’il plonge dans la pratique artistique - curative, dans un premier temps. Les matériaux qu’il utilise ont souvent une valeur autobiographique : le bois, l’os, le plomb, comme le feutre ou la graisse dans l’œuvre de Beuys. En exorcisant sa propre histoire, Décamp porte un message universel : celui de l’urgence à changer le rapport destructeur de l’Homme à la Nature[2].

Carrière[modifier | modifier le code]

L'art ne fut pas la première vocation de Décamp, bien qu'il en soit destiné dès le plus jeune âge. En effet, son grand-père paternel était sculpteur et exposa au Salon. Sa mère peignait et lui transmis l'art du dessin à travers des cours de nature morte qu'elle lui dispensait.

Décamp démarra pourtant comme bûcheron-élagueur, après l'obtention de son CAP, sur les conseils de son père[3].

C'est en 1993 que sa vie bascule. Un arbre s'est abattu sur sa jambe gauche, dont il perdit l'usage. Après cet accident, Décamp finit par trouver refuge dans l'art[3]

La Galerie La Forest Divonne organise un solo show du travail de Décamp à la Volta Basel en juin 2019[4].

" Son travail contient également une leçon sur l’économie du faire qui fonde la possession des objets, des choses, des œuvres que nous possédons ou qui ne font que passer dans nos existences, vite consommées ou jetées. Passer une journée à faire une feuille morte, avec toutes ses nervures, ses taches de rousseur, non pas simplement pour en imiter l’apparence, mais pour imiter le temps à l’œuvre dans les saisons ; passer une journée à sculpter un morceau d’os, comme le faisaient les merciers dans le passé. Utiliser les pièces ou les boutons autrefois sculptés par d’autres, pour en faire une vanité. C’est tout une économie du travail manuel, loin de l’usinage d’aujourd’hui où la main et le temps n’en finissent pas de s’amenuiser, qui est au principe des œuvres de David Décamp."

François-René Martin[5], à propos de l'exposition Terminarès de David Décamp, 2018

Œuvre[modifier | modifier le code]

On retrouve dans son œuvre les traces de cette expérience fondatrice et traumatisante, notamment dans la thématique de l'exposition intitulée Forêt. Par la pratique de l'art, Décamp retrouve ce sentiment de liberté et de solitude insufflé par les étendues boisées. Artisan de ses œuvres, il produit et façonne la pierre, la bois, l'os et le plomb[6],[7]. Le travail de ses mains et la proximité avec la matière demeurent des enjeux fondamentaux dans son entreprise[8].

Son œuvre est incontestablement inspirée de son expérience traumatique, sans se réduire seulement à son accident : ses sculptures sont aussi des métaphores du monde dans lequel nous vivons. Il s'agit pour lui de "montrer la nature en train de crever. Car elle crève. Et de notre fait." La disparition de la biodiversité, la mise à mal de la planète et de ceux qui l'habitent, humains compris, par l'homme dévoreur. "Je plombe ce que l'humain plombe[9]" résume-t-il. Ses interrogations résonnent un peu comme des verdicts sans appel quant à notre devenir commun : tous condamnés[3]

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

  • 2019 Volta Basel, solo show, Galerie La Forest Divonne - Paris - Bruxelles
    • “Parcours Crépusculaire” Exposition personnelle du 23 mai au 22 juin 2019, Galerie Le Lutrin, Lyon
  • 2018 « Terminarès », Galerie La Forest Divonne - Bruxelles
  • 2016 « Forêt », Galerie La Forest Divonne - Paris
  • 2012 « Restituons », Lyon 2007 Sculptures et dessins, Galerie Solo, Lyon
  • 2006 Sculptures et dessins, Cabinet d’avocats Anceo, Lyon
  • 2004 Sculptures, Galerie Spontanart.com, Laupen, Suisse alémanique
  • 2003 « Parcours Inhospitalier », Centre de prothésistes, Rhône orthopédie, Oullins
  • 2002 Poésie Emulsive, Courant d’Art, Lyon
  • 2001 Sculptures, Salon Regain, Palais Bondy, Lyon
  • 2000 Sculptures, Maison des Arts Contemporains, Pérouges
  • 1999 Sculptures, Atelier de reliure Jean-Pierre et Olivier Badoit, Lyon
  • 1997 Sculptures et dessins, Maison des Arts Contemporains, Pérouges (et 1998, 1999)

Expositions collectives[modifier | modifier le code]

2019 « Posture(s) », Galerie La Forest Divonne - Bruxelles

2018 « 30 ans, exposition anniversaire », Galerie La Forest Divonne - Paris

2017 Art Paris Art Fair, représenté par la Galerie La Forest Divonne

« A bords perdus », installation, sculptures, Galerie Françoise Besson, Lyon

2015 « Pluriels », installation, sculptures, La Grande Galerie, Savasse

« WAC », Parcours d’Art cosmopolite, installation, sculptures, dessins, Dieulefit

2014 « Annule et remplace », installations, sculptures, Maison des Arts Contemporains, Pérouges

« Dans le jardin », Installation, sculptures, Gilles Maignaud, Lyon

2013 « Absurde », installation, sculptures, Art-Tripping, Lyon

« Transmutation », Demeure du Chaos, Le Musée de l’organe, installation, sculptures, Lyon

2011 « Camping’art », en résonance à la Biennale d’Art Contemporain de Lyon, dessins, installations, sculptures, atelier Vincent Girard, Art- Tripping, Lyon

« Dans le jardin », Cabinet de Curiosités, installations, dessins, sculptures, Pierre-Gilles et Gilles Maignaud, Lyon

2009 Sculptures et dessins « Artstep », Salon du Printemps, Cité des Antiquaires, Villeurbanne 2008 Dessins, Galerie Solo, Lyon

2005 Sculptures, Hall Prince de la Charité, Lyon

2003 « Ailleurs », présentation de l’installation « Parcours inhospitalier », Cabinet d’architectes, Lyon

« L‘expo- extraordinaire », sculptures, Fort du Bruissin, Francheville

Annexes[modifier | modifier le code]

2011 « La Peste n’en saura rien », Projection d’ombres sur façade et exposition de dessins, Fête des lumières, Lyon

2008 Projection de portraits nécrologiques sur façade, Fête des lumières, Lyon

2002 Performances avec Georges Hassoméris en lien avec la revue Boxon : Poésie Ex-libris dans le cadre du Printemps des Poètes, Bibliothèque du 1er arrondissement, Lyon

1997-99 Participation à trois décors sur reliure, en os et galuchat avec Stéphanie Thomas, relieuse :

- La Pucelle, de Voltaire sur édition originale de 1789

- Une lettre, de Théophile Gautier

- Le Fanfarlo, de Charles Baudelaire

Création de trois livrets « Sur la guerre », collages, lithographies, tampons encrés

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Terminarès, François-René Martin (professeur d'Histoire de l'Art à L'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris), éd. Galerie La Forest Divonne, Paris, 2018

Liste des références[modifier | modifier le code]

  1. Roger Pierre Turine, « David Décamp, bûcheron artiste », Arts libres - La Libre Belgique,‎ (lire en ligne)
  2. « David Décamp », sur Galerie La Forest Divonne (consulté le 1er juin 2019)
  3. a b et c Nelly Gabriel, « David Décamp, L'intranquille », Acteurs de l'économie - La Tribune,‎ (lire en ligne)
  4. (en) « VOLTA BASEL 2019 // EXHIBITORS // GALERIE LA FOREST DIVONNE, PARIS / BRUSSELS », sur www.voltashow.com, du 10 au 15 juin 2019
  5. François-René Martin, Professeur d'histoire de l'art à l'Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, texte issu du catalogue David Décamp, Terminarès, édité par Galerie La Forest Divonne, 2018
  6. A.R., « L'actualité des galeries, David Décamp », L'oeil,‎ , p. 1 (lire en ligne)
  7. Aurélie Romanacce, « David Décamp », Le journal des arts,‎ (lire en ligne)
  8. « Les matières primaires du sculpteur David Décamp », CD Galerie,‎ (lire en ligne)
  9. L.H., « David Décamp, forêt », Gazette Drouot,‎ , p. 1 (lire en ligne)