Désirabilité sociale

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En sciences sociales, la désirabilité sociale est un biais qui consiste à vouloir se présenter sous un jour favorable à ses interlocuteurs. Ce processus peut s'exercer de façon implicite, sans qu'on en ait conscience, ou au contraire être le résultat d'une volonté consciente de manipuler son image aux yeux des autres ou de ne pas être stigmatisé socialement, d'être conforme aux attentes sociales.

Origines[modifier | modifier le code]

C'est lors de l'analyse de la structure du Minnesota Multiphasic Personality Inventory (en) (M.M.P.I.) que les études sur le biais de désirabilité sociale ont commencé[1] La littérature mentionne la notion dès 1953, dans un article des psychologues Allen L. Edwards et P. Horst portant sur la désirabilité sociale comme variable à prendre en compte dans les études[1].

Prise en compte en recherche[modifier | modifier le code]

Ce concept est particulièrement pris au sérieux en méthodologie car la façon dont la question d'une enquête ou d'un sondage d'opinion est posée ou encore, que les choix de réponse sont formulées peuvent induire un biais dommageable quant aux résultats; les gens préfèrent souvent donner une bonne image d'eux-mêmes et cacher ce qui peut être plus « inavouable » ou paraître déviant[2]. « La littérature établit que l’impact de la désirabilité sociale des réponses varie en fonction des modes d’enquête, notamment du degré d’anonymat dans lequel elles se déroulent. La présence de l’enquêteur tend ainsi à augmenter le risque et l’intensité de l’effet de désirabilité par rapport à une enquête auto–administrée ou à un dispositif garantissant l’ignorance par l’enquêteur du contenu des réponses (Holbrook and Krosnick, 2010 ; Tourangeau et Yan, 2007) »[2].

Pour les questions les plus sensibles à ce biais il est possible d'en tenir compte et d'adapter la collecte de donnée, par exemple en rendant l'entrevue plus confortable, soit en favorisant le face-à-face, ou au contraire, en favorisant une distance, en usant du téléphone ou d'un sondage en ligne[2].

Exemples[modifier | modifier le code]

Dans une enquête française réalisée entre 2014 et 2016, via un questionnaire administré en face-à-face où des questions ont été posées concernant une allocation fictive (inventée par les chercheurs):« 12% des enquêtés déclarent avoir déjà entendu parler de la prestation fictive »[2]. Les résultats indiquent, selon les analystes, la présence du « paradoxe de l’expert »; un phénomène qui se manifeste plus particulièrement chez les personnes à fort capital scolaire, étant plus sensibles à la nécessité de faire démonstration de leurs compétences sociales[2].

Mesures de la désirabilité sociale[modifier | modifier le code]

L'échelle psychométrique de Marlowe-Crowne offre une mesure de la désirabilité sociable (Échelle Marlowe–Crowne de désirabilité sociale (en)).

Références et sources[modifier | modifier le code]

  1. a et b J-M. Lemaine. Dix ans de recherche sur la désirabilité sociale. L'Année psychologique Année 1965 65-1 pp. 117-130 En ligne
  2. a b c d et e Papuchon, A. (2018). Ce qu’Alis nous dit de ses amis. L’effet de désirabilité sociale et sa variabilité au prisme de questions portant sur une prestation sociale fictive. Bulletin of Sociological Methodology/Bulletin de Méthodologie Sociologique, 137–138(1), 120–139. https://doi.org/10.1177/0759106318761563

Voir aussi[modifier | modifier le code]