Courbe de Keeling

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La courbe de Keeling montre l'évolution de la concentration de CO2 dans l'atmosphère mesurée à Mauna Loa

La courbe de Keeling est un graphique de l'évolution de la concentration de dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère terrestre depuis 1958. Elle est basée sur les mesures en continu faites à l'observatoire de Mauna Loa à Hawaï à l'origine sous la supervision de Charles Keeling.

Ces mesures montrent l'augmentation rapide des niveaux de CO2 et leur variabilité au cours de l'année[1].

La courbe rouge montre la teneur moyenne mensuelle de dioxyde de carbone, et la courbe bleue lisse cette tendance.

La fluctuation annuelle de dioxyde de carbone est due aux variations saisonnières causées par les plantes. Comme beaucoup de forêts se trouvent dans l'hémisphère nord, il y a plus de consommation de gaz carbonique de l'atmosphère durant l'été septentrional que pendant l'été austral. Ce cycle annuel est indiqué dans l'encart en haut à gauche de l'image et montre la concentration moyenne de gaz au cours des différents mois par rapport à la moyenne annuelle. Ce cycle se répète quelle que soit l'année observée.

Ces données ont été l'une des premières preuve de l'impact de la consommation des énergies fossiles par les sociétés humaines sur l'atmosphère, les concentrations de CO2 atteignant des valeurs probablement jamais égalées au cours des derniers 3 millions d'années[2].


Historique[modifier | modifier le code]

Charles Keeling a commencé à mesurer le CO2 atmosphérique en 1958 à Big Sur en Californie lors de son doctorat. Il a ensuite pu installer un spectroscope infrarouge à l'observatoire de Mauna Loa en 1958 à partir de son embauche à l'Institut d'océanographie Scripps[3].

Résultats[modifier | modifier le code]

La concentration en CO2 est passée de 315 ppmv en 1958 à 399 ppmv en 2014 (+26 %).

La courbe de Keeling permet de mettre en évidence que l'augmentation de CO2 atmosphérique était de ∼0,75 ppmv an−1 en 1960 ; elle est désormais d'environ 2,25 ppmv an−1 en 2015[4].

Environ la moitié du CO2 relargué par la combustion de carburants fossiles se dissout dans les océans en les acidifiant. L'autre moitié se retrouve dans l'atmosphère[3]. L'augmentation du CO2 atmosphérique favorise l'effet de serre et a été identifié comme une des causes principales du réchauffement climatique[5].

Aujourd'hui, un réseau mondial de stations[6] suit l'évolution du CO2, sous l'égide de la NOAA.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Charles D. Keeling, Robert B. Bacastow, Arnold E. Bainbridge, Carl A. Ekdahl, Peter R. Guenther, Lee S. Waterman et John FS Chin, « Atmospheric carbon dioxide variations at Mauna Loa observatory, Hawaii », Tellus, vol. 28, no 6,‎ , p. 538–551 (lire en ligne)
  2. Robert Kunzig, « Climate Milestone: Earth's CO2 Level Nears 400 ppm », National Geographic News, (consulté le 10 juin 2015)
  3. a et b Daniel C. Harris, « Charles David Keeling and the Story of Atmospheric CO2 Measurements », Analytical Chemistry, vol. 82, no 19,‎ , p. 7865–7870 (ISSN 0003-2700, DOI 10.1021/ac1001492, lire en ligne)
  4. Rob Monroe, « Is the Rate of CO2 Growth Slowing or Speeding Up? », The Keeling Curve (consulté le 10 juin 2015)
  5. Charles D. Keeling, « Climate change and carbon dioxide: An introduction », Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, vol. 94, no 16,‎ , p. 8273–8274 (ISSN 0027-8424, PMID 11607732, PMCID PMC33714, lire en ligne)
  6. Global Greenhouse Gas Reference Network

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]