Aller au contenu

Coupe du monde féminine de rugby à XV 1991

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Coupe du monde féminine
de rugby à XV 1991
Description de l'image 1991_Women's_RWC_logo.png.
Généralités
Sport rugby à XV
Édition 1re
Lieu(x) Drapeau du pays de Galles Pays de Galles
Date 6 avril au
Participants douze sélections nationales
Épreuves 22 matches

Palmarès
Vainqueur États-Unis
Finaliste Angleterre

Navigation

La Coupe du monde féminine de rugby à XV 1991, première édition de la Coupe du monde féminine de rugby à XV, a lieu au pays de Galles. Cette Coupe du monde n'est approuvée par l'IRB qu'en 2009 avec la publication d'une liste des lauréats précédents dans un communiqué de presse[1].

Genèse et organisation

[modifier | modifier le code]

Le projet est porté par quatre Anglaises, toutes joueuses du Richmond FC : Susan Dorrington, Mary Forsyth, Alice Cooper et Deborah Griffin. Elles se lancent dans le projet en toute insouciance car elles n'ont pas la moindre idée des difficultés auxquelles elles vont devoir faire face[2].

Elle n'ont ni budget, ni soutiens et ont toutes un emploi à plein temps. Elles ne sont appuyées ni par la fédération anglaise ni par l'IRB (International Rugby Board, aujourd'hui World Rugby)[3]. Pire, l'IRB va convoquer Deborah Griffin pour exprimer son mécontentement : l'organisme n'accepte pas l'utilisation de l'expression « coupe du monde » et estime que le logo utilisé ressemble trop à celui de l'édition masculine qui est également en cours d'organisation en Angleterre[2]. En outre, l'IRB perçoit la compétition féminine comme une concurrente de l'édition masculine et avertit : la première ne doit pas impacter la seconde. Une inquiétude que Deborah Griffin ne comprendra jamais. Le logo est finalement modifié mais les organisatrices refusent d'abandonner l'appellation « coupe du monde »[2].

Elles travaillent à leur projet au cours de réunions tenues le matin à 7 h, avant que chacune aille travailler. Étant membre de la fédération féminine, Deborah Griffin se charge surtout de la logistique, Mary Forsyth (qui est alors enceinte) est la comptable officieuse, Susan Dorrington, également talonneuse de l'équipe d'Angleterre, cherche des sponsors tandis qu'Alice Cooper s'occupe de la communication[3].

À la recherche de partenaires commerciaux, elles vont souvent se voir opposer que le rugby féminin est « un sport qui se joue mais pas un sport qui se regarde ». La quête de sponsors est un fiasco mais les quatre jeunes femmes n'en démordent pas : la coupe du monde aura lieu. À défaut de sponsors, elles trouvent des partenaires qui vont fournir des aides en nature : prêts de minibus, fourniture de ballons, nuitées d'hôtel, jusqu'à la fédération galloise, poussée par Vernon Pugh, qui va accepter de mettre ses arbitres à disposition[2]. Mais toutes les délégations doivent payer leur voyage et leur hébergement. L'équipe soviétique, qui n'a pas le droit de quitter l'URSS avec des devises, tente de financer son séjour en vendant de la vodka, des cornichons à la russe ou encore du caviar sur le parvis de la mairie de Cardiff. Le procédé est illégal et interrompu par la police, mais l'affaire est reprise dans la presse ce qui va susciter un élan de générosité local[3].

La ville hôte est Cardiff, tout simplement car la municipalité soutient l'organisation de l'évènement : elle organise une cérémonie d'ouverture, un banquet de clôture, et surtout met l'Arms Park à disposition pour les demies et la finale. Toutes les autres rencontres sont accueillies par des clubs de l'agglomération[3].

Au bout du compte, douze nations répondent présent pour neuf jours de compétition. La France confirme sa participation quelques minutes avant le tirage au sort de la compétition, au mois de février. La scission avec le rugby masculin est telle que plusieurs équipes (Angleterre, France, Nouvelle-Zélande) ne sont pas autorisées à jouer avec leur emblème national sur le maillot[2].

La compétition se tient avant l'ère numérique : pas d'e-mails, pas de téléphones mobiles, les programmes et les compte-rendus de matchs sont édités à l'imprimante à aiguilles. Sans GPS, bien des délégations auront toutes les peines du monde à trouver le stade où elles doivent jouer, certaines rencontres étant organisées par des clubs amateurs dans de petites bourgades isolées[3].

L'équipe japonaise suscite la surprise et la sympathie du public à chacun de ses matchs avec des joueuses qui sont toutes casquées et certaines mesurant moins de 1,50 mètre. Sur le terrain, elles saluent leurs adversaires à chaque essai encaissé[2].

À trois jours de la finale, la délégation anglaise apprend que ses chambres d'hôtel ont fait l'objet d'une double réservation. Elles dorment dans des duvets, dans une salle de conférence mise à disposition par l'hôtel[2].

La compétition génère un déficit de 36 000 £, dont 30 000 à payer à une agence de marketing qui n'a trouvé aucun sponsor. Mise sous pression médiatique, notamment par le Times qui parle de « responsabilité morale », la RFU va intervenir : elle informe l'agence marketing qu'elle ne sera pas payée et prend en charge les 6 000 £ restant. Susan Dorrington, Mary Forsyth, Alice Cooper et Deborah Griffin arrivent au bout de la compétition lessivées physiquement et mentalement[2].

La première coupe du monde féminine n'obtient la reconnaissance officielle de World Rugby qu'en 2009[4].

La compétition voit douze équipes s'affronter dans la semaine du 6 au . Les États-Unis remportent la compétition en battant l'Angleterre en finale. Bien que le match de classement pour la troisième place ne soit pas prévu, une rencontre est organisée, sans public ni arbitre, et gagnée par la France aux dépens de la Nouvelle-Zélande. Pourtant, une rencontre pour la 5e place avait bien été jouée[5].

Composition des Poules
Poule A Poule B Poule C Poule D
Canada France États-Unis Angleterre
Nouvelle-Zélande Japon Pays-Bas Espagne
Pays de Galles Suède URSS Italie

Classements et résultats

[modifier | modifier le code]
Classement
Rang Pays J V N D Pm Pe Diff Pts
1 Nouvelle-Zélande 2 2 0 0 48 14 +34 6
2 Canada 2 0 1 1 17 33 -16 3
3 Pays de Galles 2 0 1 1 15 33 -18 3
Qualifié pour les demi-finales
Qualifié pour les places d'honneur

Nouvelle-Zélande 24 - 8 Canada Memorial Ground

Pays de Galles 9 - 9 Canada Memorial Ground

Nouvelle-Zélande 24 - 6 Pays de Galles Llanharan
Classement
Rang Pays J V N D Pm Pe Diff Pts
1 France 2 2 0 0 119 0 +119 6
2 Suède 2 1 0 1 20 37 -17 4
3 Japon 2 0 0 2 0 102 -102 2

France 82 - 0 Japon Aberavon

France 37 - 0 Suède Memorial Ground

Japon 0 - 20 Suède Llanharan
Classement
Rang Pays J V N D Pm Pe Diff Pts
1 États-Unis 2 2 0 0 53 0 +53 6
2 Pays-Bas 2 1 0 1 28 7 +21 4
3 URSS 2 0 0 2 0 74 -74 2
Qualifié pour les demi-finales
Qualifié pour les places d'honneur

Pays-Bas 0 - 7 États-Unis Pontypool

Pays-Bas 28 - 0 URSS Llanharan

États-Unis 46 - 0 URSS Memorial Ground
Classement
Rang Pays J V N D Pm Pe Diff Pts
1 Angleterre 2 2 0 0 37 9 +28 6
2 Espagne 2 1 0 1 13 19 -6 4
3 Italie 2 0 0 2 16 38 -22 2
Qualifié pour les demi-finales
Qualifié pour les places d'honneur

Angleterre 12 - 0 Espagne Swansea

Angleterre 25 - 9 Italie Llanharan

Espagne 13 - 7 Italie Memorial Ground

Matchs de classement pour la cinquième place

[modifier | modifier le code]
Quarts de finale Demi-finales Finale
 11 avril      12 avril      13 avril
  Canada  38
  URSS  0  
  Canada  6
 11 avril
    Italie  0  
  Italie  18
  Suède  0  
  Canada  19
 11 avril
    Espagne  4
  Pays de Galles  3
 12 avril
  Pays-Bas  6  
  Pays-Bas  0
 11 avril
    Espagne  8  
  Japon  0
  Espagne  32  

Quarts de finale

[modifier | modifier le code]

Canada 38 - 0 URSS Cardiff
Rapport


Italie 18 - 0 Suède Cardiff
Rapport


Pays de Galles 3 - 6 Pays-Bas Cardiff
Rapport


Japon 0 - 32 Espagne Cardiff
Rapport

Demi-finales

[modifier | modifier le code]

Canada 6 - 0 Italie Cardiff
Rapport


Pays-Bas 0 - 8 Espagne Cardiff
Rapport

Canada 19 - 4 Espagne Cardiff
Rapport

Phase finale

[modifier | modifier le code]
Demi-finales Finale
 12 avril      14 avril
  Nouvelle-Zélande  0
  États-Unis  7  
  États-Unis  19
 12 avril
    Angleterre  6
  Angleterre  13
  France  0  

Demi-finales

[modifier | modifier le code]

Nouvelle-Zélande 0 - 7 États-Unis Cardiff Arms Park
Rapport


Angleterre 13 - 0 France Cardiff Arms Park
Rapport

Angleterre 6 - 19
(6 - 3)
États-Unis Cardiff Arms Park
Environ 3 000 spectateurs
Essai(s) : 1 de pénalité (15e
Transformation(s) : 1 Burns (en) (16e)
Rapport Essai(s) : 3 Godwin (en) (45e, 48e), Connell (en) (58e)
Transformation(s) : 2 Harju (46e, 59e)
Pénalité(s) : 1 Harju (33e)

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. (en) « Race on to host 2014 Women's Rugby World Cup », sur www.irb.com, IRB, (consulté le )
  2. a b c d e f g et h (en-GB) « Rugby World Cup: The intrigue & inspiration behind first women's tournament of 1991 », BBC Sport,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. a b c d et e (en) Amani Hughes, « Meet the four women who pulled off organising the first ever Women's Rugby World Cup », sur ITV,
  4. (en) RUGGETTE RFC, « Cardiff 1991 - The First Women's Rugby World Cup », sur KITT (consulté le )
  5. Adrien Corée, « La première petite finale improvisée de la Coupe du monde de rugby féminine dont on n'est pas certain du résultat », L'Équipe,‎ (lire en ligne).

Liens externes

[modifier | modifier le code]