Concours international de chronométrie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Le Concours international de chronométrie est une compétition bisannuelle créée en 2009 qui vise à récompenser la précision des montres mécaniques.

Origines[modifier | modifier le code]

L'Observatoire de Hambourg organisait régulièrement des concours chronométriques.

Les premiers concours chronométriques furent organisés au cours du XIXe siècle[1], à une époque où seuls les cadrans solaires[2] et les observatoires astronomiques[3],[4] sont capables de fournir des mesures du temps fiables. Ils mettent en concurrence les fabricants d'horlogerie et contribuent au développement technique de ce secteur[5]. Une réussite lors de ces concours est aussi perçue comme un redoutable argument commercial[6].

Généralement, ces concours sont organisés par des observatoires qui, de par leur démarche scientifique, se portent garants de la neutralité et de l'exactitude des mesures effectuées.

Une montre mécanique est par nature sensible aux conditions physiques qui l'entourent[7]. Aussi, afin de simuler le porté réel d'une montre, un procédé de qualification est élaboré : placée à plat, au pendant, à différentes températures et ce durant plusieurs dizaines de jours, les garde-temps présentés ne doivent pas dériver[6],[8]. Un nombre de points est accordé à chaque concurrent en fonction de ses performances et les vainqueurs se voient attribués prix et récompenses financières.

Une part importante de la réussite à ce type de concours revient aux « régleurs », horlogers spécialisés dans l'ajustement du mécanisme, qui doivent estimer au mieux les dérives probables de leur mouvement et trouver par avance le réglage moyen idéal de leur montre[9],[10],[11].

Dans le monde, ces concours disparurent à la fin des années 1960 avec l'apparition des montres à quartz[1], qui sont des modèles abordables offrant une précision inégalée jusqu'alors[12].

Le concours aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Depuis 2009, sous l’impulsion du Musée d'horlogerie du Locle, un Concours international de chronométrie est à nouveau organisé[13]. Il a pour but de promouvoir la chronométrie dans le domaine de l'horlogerie mécanique contemporaine[14].

Jusqu'en 2015, le concours a connu une édition tous les deux ans[15]. L'édition 2017 a été reportée[16].

Déroulement des épreuves[modifier | modifier le code]

En 2015, ce sont cinq épreuves réparties entre trois organismes partenaires que doivent affronter les concurrents[17].

  1. Premier cycle de mesures selon la norme ISO 3159[18],[19], réalisé par le Contrôle officiel suisse des chronomètres (COSC).
  2. Exposition aux champs magnétiques selon la norme ISO 764[20], réalisée par la Haute École Arc Ingénierie.
  3. Deuxième cycle de mesures selon la norme ISO 3159, réalisé par le Contrôle Officiel Suisse des Chronomètres.
  4. Exposition aux chocs[20], réalisée par la Haute École Arc Ingénierie.
  5. Troisième cycle de mesures selon la norme ISO 3159, réalisé par l'Observatoire de Besançon.

À la suite des mesures, une note moyenne sur 1 000 points est obtenue.

Palmarès[modifier | modifier le code]

2015[21]
Catégorie Vainqueur Calibre Fréquence Points obtenus
Tourbillon Drapeau de la Suisse Louis Moinet 8009 Hz 682
Chronographe Drapeau de la Suisse Tissot C01.211 Hz 572
Classique Drapeau de la Suisse Tissot A86.501 Hz 908
Écoles Aucun qualifiés
2013[22]
Catégorie Vainqueur Calibre Fréquence Points obtenus
Tourbillon Drapeau de la France L. Leroy L512 Hz 794
Classique Drapeau de la Suisse Tissot A86.502 Hz 878
Écoles Drapeau de la Suisse Mathieu Douik, CIFOM 6498-1 2,5 Hz 571
2011[23]
Catégorie Vainqueur Calibre Fréquence Points obtenus
Tourbillon Drapeau de la Suisse Greubel Forsey GF02s Hz 915
Classique Drapeau de la Suisse Tissot 2824-2 Hz 764
Écoles Aucun qualifiés
2009[24]
Catégorie Vainqueur Calibre Fréquence Points obtenus
Marques et fabricants de mouvements Drapeau de la Suisse Jaeger-LeCoultre 978 Hz 909
Particuliers Drapeau de la Suisse René Addor Papillon Hz 795

Critiques[modifier | modifier le code]

De nos jours, face aux montres à quartz, aux montres connectées ou aux téléphones portables, la précision chronométrique des pièces d'horlogerie mécanique a perdu de son sens et c'est la notion de prestige qui l'emporte[25].

Le déroulement de ce type de concours est extrêmement sévère et beaucoup de fabricants ne souhaitent pas y participer, y échouer pouvant nuire à leur image de marque[9],[26],[27].

En 2010, la Société Suisse de Chronométrie lance un concours de réglage alternatif qui est uniquement ouvert aux jeunes apprentis[28]. Depuis 2013, la Société française des micro-techniques et de chronométrie fait de même[29].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Raoul Gautier, Le service chronométrique à l'Observatoire de Genève et les concours de réglage, Genève, A. Schuchardt, , 171 p. (lire en ligne)
  • « Normes chronométriques de réglage à Besançon », Annales Françaises de Chronométrie, no vol. 15,‎ (lire en ligne)
  • Charles Thomann, Les dignitaires de l'horlogerie, Neuchâtel, Griffon,

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Françoise Kuenzi, « Au temps des princes de la précision », L'Impartial, supplément: Le monde de l'horlogerie,‎ , pp. 61-64 (lire en ligne)
  2. Denis Savoie, « L'aspect gnomonique de l'œuvre de Fouchy : La méridienne de temps moyen », Revue d'histoire des sciences, vol. Tome 61,‎ , p. 41–62 (ISSN 0151-4105, lire en ligne)
  3. « Service de Chronométrie: La détermination du temps », sur Observatoire de Genève (consulté le 6 mai 2016)
  4. Edmond Guyot, « La détermination de l'heure autrefois et aujourd'hui », Ciel et Terre, vol. 72,‎ , p. 457-480 (lire en ligne)
  5. Edmond Guyot, « L'Observatoire de Neuchâtel », La Fédération horlogère suisse, no 18, 54e année,‎ , p. 145 (lire en ligne)
  6. a et b Joël Jidet, « Profession chronométrier », La revue des montres, Jalou, no 156,‎ , pp. 74-78 (lire en ligne)
  7. Fabrice Eschmann, « La fiabilité des montres, une quête intemporelle », sur journal.hautehorlogerie.org (consulté le 27 mai 2016)
  8. « Service de Chronométrie: Le concours de réglage », sur Observatoire de Genève (consulté le 6 mai 2016)
  9. a et b Alan Downing, « Concours de chronométrie - Danger ou opportunité? », sur Watch Around (consulté le 6 mai 2016)
  10. « Exposition « montres de chronométrie Omega » : L’épopée ses pionniers de la précision », sur moonphase.fr (consulté le 6 mai 2016)
  11. Fred.-E. Pfister, « Quelques aspects de la mesure du temps », Bulletin technique de la Suisse romande, no 18, 89e année,‎ , p. 301-307 (lire en ligne [PDF])
  12. « Montres à quartz », 1966 - montre Bêta 1 à quartz, sa précision est douze fois supérieure à celle des chronomètres mécaniques., sur Fondation de la Haute Horlogerie (consulté le 6 mai 2016)
  13. Alan Downing, « Le Locle ressuscite la précision horlogère », Watch Around, no 10,‎ , pp. 18-19 (lire en ligne [PDF])
  14. David Chokron, « Chronométrie : Nouvelles solutions de précision », sur Horlogerie Suisse (consulté le 27 mai 2016)
  15. « Accueil », sur Concours international de chronométrie
  16. Concours international de chronométrie (communiqué), « Report de l'édition 2017 du Concours international de chronométrie », sur Concours international de chronométrie,
  17. « Règlement 2015 » [PDF], sur Concours international de chronométrie
  18. « Service de chronométrie: Concours de 2009 », sur Observatoire de Genève
  19. Pierre Maillard, « Visite au COSC, temple du contrôle chronométrique suisse », sur www.europastar.com (consulté le 6 mai 2016)
  20. a et b « Concours de chronométrie - Les épreuves sont en cours », sur Fédération de l'industrie horlogère suisse, (consulté le 6 mai 2016)
  21. « Classement 2015 » [PDF], sur Concours international de chronométrie
  22. « Classement 2013 », sur Concours international de chronométrie
  23. « Classement 2011 », sur Concours international de chronométrie
  24. « Classement 2009 », sur Concours international de chronométrie
  25. Yannick Nardin, « Communication horlogère: « précision », le mot tabou ? », sur WtheJournal.com (consulté le 6 mai 2016)
  26. Alan Downing, « Chronométrie 2013 tombe dans les bras des marques », sur Watch Around (consulté le 7 mai 2016)
  27. Grégory Pons, « De quoi est-il le nom, ce concours « international » qui ne mobilise quasiment plus personne ? », sur Business Montres, (consulté le 5 juillet 2016)
  28. « Concours de réglage SSC », sur Société Suisse de Chronométrie (consulté le 7 mai 2016)
  29. « Compte-rendu du Concours de Réglage Étudiant, session 2014 | », (consulté le 27 septembre 2016)