Cinéma Nova

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Nova
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Entrée du cinéma

Type Salle de cinéma
Lieu Bruxelles, Drapeau de la Belgique Belgique
Coordonnées 50° 50′ 54″ nord, 4° 21′ 22″ est
Inauguration
Nb. de salles 1
Capacité 200
Catégorie Cinéma de « recherche », documentaire, exploitation, essai, expérimental, animation, etc.
Réseau Kino Climates
Format de langue Originale
Format de projection Format d'origine respecté
Format de son Dolby
Statut juridique Association sans but lucratif
Site web http://www.nova-cinema.org

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Cinéma Nova

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Cinéma Nova

Le Cinéma Nova est un cinéma de recherche bruxellois.

Historique[modifier | modifier le code]

Ouvert en janvier 1997[1] comme un projet éphémère[2] (au départ il devait ne durer que deux ans, le temps d'une convention d'occupation précaire avec le propriétaire des lieux[3]), il a fêté ses vingt ans en 2017[4]. Son nom est d'ailleurs inspiré des supernovæ, qui brillent intensément mais brièvement.

Il est situé rue d'Arenberg dans les murs de l'ancien Cinéma Arenberg qui avait été contraint par le propriétaire des lieux de déménager en 1987[5].

Le Cinéma Nova a reçu le Prix Coq de la Communauté française de Belgique de l'exploitation en 1999[6] et le prix de la Fondation pour les générations futures en 2000[7].

Particularités[modifier | modifier le code]

Programmation[modifier | modifier le code]

Le Cinéma Nova présente essentiellement des films contemporains et indépendants non distribués en Belgique, qu'il s'agisse de cinéma d'essai, de genre, de fiction, d'animation, documentaire, amateur, expérimental[8] Sa programmation s'articule notamment autour de cycles et modules thématiques aux approches variées, comme : la culture berbère[9], le traitement médiatique des guerres en ex-Yougoslavie[10], le free jazz[11], le punk[12], les alternatives à la psychiatrie, les hallucinogènes et leurs usages[13], la prison[14], filmer le politique[15], le Manifeste d'Oberhausen[16], etc.

À côté de ces programmations, le Nova accueille et coproduit des festivals, tels Offscreen, Pink Screens et Filem'on. Il organise le PleinOPENair, festival d'été, itinérant et gratuit, abordant des questions urbaines[17]. Il propose également des séances régulières consacrées à de nouveaux films belges ou étrangers (Prima Nova), un rendez-vous où tout réalisateur peut projeter son court métrage (Open Screen), des après-midis pour enfants (Cineketje) , etc.

Au-delà d'un cinéma, il est identifié comme un lieu de la culture urbaine à Bruxelles[18]. Sa programmation s'ouvre à diverses disciplines, dont les micromédias, la micro-édition, la musique… Des formations et musiciens comme Marshall Allen, Blurt, The Brothers Unconnected, Peter Brötzmann, John Butcher, Eugene Chadbourne, Carl et les hommes boîtes, Dogbowl, Charlemagne Palestine, Tom Cora, Dusminguet, The Ex, Jad Fair, Fantazio, Daniel Johnston[19], Kampec Dolores, De Kift, Felix Kubin, Ne Zhdali, Othmane Bali, Pram, Leonid Soybelman, Matana Roberts, Frederic Rzewski, Alan Silva ou Spaceheads s'y sont notamment produits.

Le Nova est sélectionné dans la liste des plus importants lieux de diffusion mondiaux du cinéma expérimental et de l'essai cinématographique par le site de référence UbuWeb[20]. Il est répertorié par le journaliste, écrivain et collectionneur américain Jack Stevenson comme l'un des 10 meilleurs cinémas au monde[8].

Rencontres[modifier | modifier le code]

Le Nova est à l'origine de plusieurs rencontres internationales qu'il a accueillies, comme la rencontre des télévisions alternatives (2001) dont est issu le Journal international des quartiers[21], la rencontre des laboratoires de développement cinématographique indépendants[22] (2005) qui donna naissance au réseau international Filmlabs, ou encore les rencontres européennes des salles de cinéma indépendantes (en 2010 en partenariat avec le Festival International du Film de Rotterdam, et 2012 au Nova même) qui engendrèrent le réseau informel européen Kino Climates.

Régulièrement, les projections sont suivies de débats ou de rencontres avec les réalisateurs. De nombreuses personnalités y ont participé, comme par exemple : le militant du logiciel libre Richard Stallman, l'historien Philippe Artières, le philosophe Alain Brossat, l'essayiste Geoffrey Geuens, le journaliste Serge Halimi, le sociologue Maurizio Lazzarato, le compositeur et créateur sonore Nicolas Frize, l'animateur radio Daniel Mermet, le critique Patrick Leboutte, l'économiste André Orléan, etc. L'archéologue des techniques cinématographiques Jean-Pierre Verscheure y a donné des conférences et programmé des films rarissimes conservés dans sa collection. De nombreux cinéastes y ont accompagné leur film, parmi lesquels Dario Argento, Asia Argento, Alekseï Balabanov, Pierre Barouh, Jan Bucquoy, Jean-Louis Comolli, Ira Cohen, Alex Cox, Bruce Bickford, Jean-Marie Buchet, Pierre Carles, Jess Franco, Miguel Gomes, Peter Jackson, Alejandro Jodorowsky, Vitali Kanevski, Nicolas Klotz, Andrew Kötting, Benoît Lamy, Boris Lehman, Roland Lethem, Patrick Longchamps, Guy Maddin, Paul Meyer, Ludo Mich, Takashi Miike, Avi Mograbi, Luc Moullet, Gaspar Noé, Picha, Bill Plympton, Benoît Poelvoorde, Nicolas Roeg, Jean Rollin, Jean Rouch, Jean-Jacques Rousseau, Joël Séria, Olivier Smolders, Jan Švankmajer, Shinya Tsukamoto, René Vautier, Paul Vecchiali, Peter Watkins, Thierry Zéno, etc. Le cinéaste allemand Carsten Ashmann écrit sur son site qu'il s'agit « d'un des meilleurs endroits dont les réalisateurs puissent rêver. C'est très difficile et rare de trouver une salle comme celle-là. »[23]

En janvier-février 2014, le cinéma Nova fera redécouvrir Jean Harlez au travers d'une programmation spéciale autour de la sortie de son long-métrage de fiction auto-produit en 1956, "Le chantier des gosses", qui connaîtra un succès sans précédent auprès du public bruxellois. [24]

Projection[modifier | modifier le code]

Ce cinéma a pour particularité de projeter les films dans leur format d'origine (35mm, 16mm, etc.), alors que la grande majorité des salles les projettent, depuis le tournant des années 2000, dans leur version numérique.

Lors de certaines séances, un sous-titrage supplémentaire est fait en direct pour proposer des sous-titres français, néerlandais ou anglais, quand ceux-ci ne sont pas présents sur la copie. Pour ce faire, le Nova a développé un logiciel de sous-titrage / surtitrage, Qstit, distribué sous licence GNU GPL.

Salle[modifier | modifier le code]

Le Nova est doté d'une salle de 200 places avec balcon et d'un foyer en sous-sol connu pour ses expositions et sa carte de boissons artisanales[25]. L'esthétique du cinéma surprend à la première visite. Certains considèrent qu'elle « laisse à désirer »[26] et que les fauteuils de cinéma y sont « grinçants et peu confortables »[27]. Pour les Cahiers du cinéma qui lui consacrent une double page en 2002, « Le Nova est exactement le genre d'endroit qui manque à Paris. Une salle de cinéma indépendant à tout : aux règles, aux états comme au temps (…) »[28]. L'état de la salle (murs bruts et dépouillés) est en effet partiellement resté tel que les fondateurs du Nova l'ont trouvé en 1997, une manière de garder les traces du passé et de raconter l'histoire de ce cinéma, exemplaire de l'apparition et de la disparition de nombreuses salles à Bruxelles[29].

Bâtie à la fin du XIXe siècle par l'architecte Gustave Hubrecht, il s’agit à l'origine d’une coquette salle de 390 places avec gradins, scène, grands rideaux et fosse d’orchestre, qui fut transformée à plusieurs reprises et changea régulièrement de fonction et de nom : Maison du Rire (1907), Cinéma Mondain (1908), Théâtre du Bois Sacré (1911), Théâtre des Capucines (1919)… L'architecte Adrien Blomme transforma les lieux une nouvelle fois en 1936 pour l'ouverture du Studio Arenberg[30]. Celui-ci changea plusieurs fois d'exploitant, tout en restant une salle d'Art et Essai qui prit le nom de Cinéma Arenberg au début des années 1980. La KredietBank racheta ensuite la salle et mis fin au bail de l'Arenberg en 1987. Celui-ci déménagea dans les Galeries royales Saint-Hubert, tandis que la salle de la rue d'Arenberg resta vide jusque 1997, lorsque la KredietBank accepta de prêter gracieusement les lieux au Cinéma Nova pour un bail précaire deux ans[31].

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Le Nova est animé par un large collectif de bénévoles. Sa gestion et sa programmation sont menées collégialement, sans directeur ni directeur artistique[32], et organisées autour d'un manifeste[33].

Il fait partie des lieux culturels bruxellois bi-communautaires (à la fois francophones et néerlandophones).

Le Nova au cinéma[modifier | modifier le code]

Nova, Bruxelles (Cinéma #39) de Gérard Courant, réalisé le 14 mai 1999.

Mes 7 lieux de Boris Lehman, filmé entre le 5 décembre 1999 et le 3 mars 2010, monté en 2014 pour aboutir à 323 minutes de film, - le quatrième volet de la saga autobiographique "Babel" commencée en 1983 -, on y aperçoit le cinéma Nova et son bar en sous-sol avec quelques membres de l'équipe.

Accès[modifier | modifier le code]

Métro de Bruxelles
Ce site est desservi par la station de métro : Gare Centrale.
Métro de Bruxelles
Ce site est desservi par la station de métro : De Brouckère.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Moteur ! Le Cinéma Nova tourne à nouveau, « Le Soir », 23 janvier 1997
  2. 15 ans d'éphémère pour le Nova, reportage de Télé Bruxelles, 17 janvier 2012.
  3. Site de l'association Precare.
  4. Le Nova fête ses quinze ans, Cinergie, janvier 2012.
  5. Quel avenir pour le Nova ?, « Le Soir », 23 janvier 2003.
  6. Le Nova plume son coq en toc, « Le Soir », 30 janvier 1999.
  7. http://www.fgf.be/index2.php?section=page&ID=24
  8. a et b Land of a Thousand Balconies: Discoveries and Confessions of A B-Movie Archaeologist, Jack Stevenson, 2003.
  9. Dites-le en berbère : Urar Imazighen !, « Le Soir », 4 décembre 2000.
  10. Cinéma Nova : un cycle consacré au traitement médiatique des guerres en ex-Yougoslavie, « AlterEduc, 30 juillet 2001.
  11. Bruxelles prend l'air free, « Libération », 21 avril 2004.
  12. Anarchy at the cinema, « Agenda Magazine », décembre 2012.
  13. Pas psyché des vers, « Libération », 18 janvier 2006.
  14. "Trou de mémoire" : les dossiers de l’écrou, « Libération », 18 janvier 2006. Et Une brèche au cinéma Nova, « Le Soir », 18 novembre 2009.
  15. La politique s'invite au Cinéma Nova, « Le Soir », 12 octobre 2012.
  16. Le cinéma de papa est mort, vive le cinéma !, « Cinergie », décembre 2012.
  17. PleinOPENair: une réflexion sur la ville par les arts, « La Libre Belgique », 18 août 2003.
  18. Lire à ce propos Ville culturelle et culture urbaine, par Annick de Ville & Guido Minne (coordinateurs de Bruxelles 2000, Capitale européenne de la Culture), in « Culture & Citoyenneté », 2002.
  19. Pour l'un de ses rares concerts en Europe. Voir : Intérieur nuit, mars 2003, RTBF.
  20. http://www.ubu.com/film/
  21. Présentation du Journal international des quartiers
  22. La rencontre des labos, « Les Cahiers du cinéma », décembre 2005.
  23. Site d'Hula Offline.
  24. « En salle - Le chantier des gosses de Jean Harlez (Webzine Cinergie.be n° 189 - Janvier 2014) »
  25. Descriptif sur Yelp.
  26. Description sur ReflexCity.
  27. « The Bulletin », 20 février 2003.
  28. Super Nova, Philippe Azoury in « Les Cahiers du cinéma », avril 2002.
  29. Cinémas de Bruxelles. Portraits et destins, Isabel Biver, CFC-Éditions, 2009.
  30. Historique sur le site du Cinéma Nova
  31. Historique sur salledecinema.over-blog.com
  32. Le Nova, déjà 15 ans d'amour, « Brussel deze week », 18 janvier 2012.
  33. Le manifeste du Nova.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]