Chien paria

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Chiens parias à Bornéo.

Le terme de chien paria (de l'anglais pariah dog) s'applique à l'origine au chien semi-sauvages de l'Inde, également appelé, en anglais, pi-dog ou pye-dog[1]. Il est aujourd'hui employé pour désigner des chiens commensaux de l'homme, vivant non seulement en Inde, mais aussi dans l'ensemble de l'Asie, en Océanie, dans l'Est de l'Europe ou en Afrique[2]. Ils sont apparentés aux chiens primitifs et sont tolérés dans l'entourage des humains, comme éboueurs ou comme aide occasionnelle pour la chasse, mais n'ont jamais été vraiement domestiqués. Exemples de synanthropie, de la même manière que le moineau domestique ou le rat qui vivent dans l'entourage des habitations, ces chiens errants se nourrissent principalement de restes, éventuellement de proies chassées ou de nourriture donnée par les humains.

Étymologie, origine[modifier | modifier le code]

Chiens parias au Sri Lanka.

Le terme chien paria (pariah dog en anglais) provient du mot portugais paria, lui-même issu d'un mot tamoul signifiant homme hors caste ou homme de la dernière caste[3]. Le terme remonte aux origines de la colonisation de l'Inde par les européens[4]. Rudyard Kipling fait d'ailleurs référence aux chiens parias jaunes dans plusieurs de ses récits et notamment dans le Livre de la jungle[5]. Le chien paria est également parfois appelé, chez les anglo-saxons, Indian Native Dog (ou encore INDog)[6], mais il n'est cependant pas le seul chien originaire du sous-continent indien.

Chien semi-sauvage de l'Inde[7], le chien paria est à présent considéré comme une variété de chien primitif constituant une branche parallèle à celle du dingo, qui descendrait, lui, de chiens introduits par l'homme 3 000 ans environ av. J.-C. en Australie[8] et revenus à la vie sauvage par marronnage.

Ressemblances[modifier | modifier le code]

Avec le dingo[modifier | modifier le code]

Le dingo australien est généralement considéré comme étant proche du chien paria indien. Son long isolement et sa vie à l'état sauvage font qu'il aurait pu conserver le type originel de chien paria. Quoiqu'ils vivent généralement totalement indépendants de l'homme, certains vivaient en périphérie des groupes humains avec qui ils avaient une relation comparable à celle des chiens parias. Il est également, comme le chien paria, fortement exposé à la pollution génétique, par hybridation avec des chiens domestiques. Les chiens parias d'Asie du Sud-Est sont considérés comme étant particulièrement proches des dingos.

Avec le Carolina Dog (ou North American Native Dog)[modifier | modifier le code]

Carolina Dogs.

Il a été démontré une proximité génétique entre le chien paria asiatique, d'une part, et le Carolina Dog (également appelé North American Native Dog ou American Dingo ou encore Dixie Dingo)[9],[10], un chien primitif américain, d'autre part. Ce chien vivait encore en meute et quasiment à l'état sauvage dans les années 80, aux États-Unis, dans les marais de Caroline du Sud ou de Géorgie[11]. Un standard de cette race a été développée par le United Kennel Club qui spécifie maintenant l'apparence de ce chien, depuis 1995[12].

Avec d'autres races canines[modifier | modifier le code]

Certaines races de chien se diffusent avec une mise en avant de leur origine ou leur type de « chien paria », notamment le chien de Canaan, originaire d'Israël et des Territoires palestiniens, mais aussi des races comme l'Africanis (Southern African native dog) ou même le basenji, qui sont des chiens africains, ou encore le chien de Taïwan.

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Problèmes sanitaires[modifier | modifier le code]

Article principal : Chien errant.

Comme tous les chiens sans maître, les chiens parias sont des porteurs potentiels de zoonoses et des propagateurs de germes pathogènes susceptibles de provoquer des maladies graves pour l'homme, comme la rage. Victimes de maltraitance, de malnutrition ou de blessures, bon nombre de ces chiens sont dans un état sanitaire déplorable[7].

Aspects culturels[modifier | modifier le code]

Les meutes de chiens « parias », animaux semi-sauvages qui se nourrissent de charognes, de déchets et d'ordures autour des habitations humaines, sont considérés en Asie du Sud comme étant des intouchables[13].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Pariah dog », sur ahdictionary.com, The American Heritage dictionary of English language (consulté le 3 juin 2015)
  2. « Chiens domestiques (Canis lupus familiaris) retournés à l'état sauvage », sur vetopsy.fr (consulté le 3 juin 2015)
  3. « Paria, étymologie », sur cnrtl.fr, CNRTL
  4. (en) Guillaume de Lavigne, « Free Ranging Dogs - Stray, Feral or Wild? Part II : Pariah dogs », sur Google books, First édition,‎ 2015 (consulté le 12 juin 2015)
  5. Rudyard Kipling, « le Livre de la jungle », sur books.google.fr (consulté le 3 juin 2015)
  6. (en) Gautam Das, « The Indian Native Dog (INDog) », sur indog.co.in (consulté le 11 juin 2015)
  7. a et b Marie Perrin, « Les Chiens parias d'Inde (Chien magazine de février 2013) », sur marie-perrin-comportementaliste, Chien magazine,‎ (consulté le 14 janvier 2015)
  8. Patrick Straub, « Le chien paria », sur futura-sciences.com, Futura-Sciences,‎ (consulté le 14 janvier 2015)
  9. Brian Handwerk, « Did Carolina Dogs Arrive With Ancient Americans? », sur news.nationalgeographic.com, National Geographic,‎ (consulté le 3 juin 2015)
  10. Jack Hitt, « DNA Backs Lore on Pre-Columbian Dogs », sur www.nytimes.com, New york Times,‎ (consulté le 3 juin 2015)
  11. « Primitive Dogs of the Southeast », sur www.uga.edu, The University of Georgia,‎ (consulté le 3 juin 2015)
  12. « Carolina Dog Official U.K.C. Breed Standard », sur www.arba.org, United Kennel Club (consulté le 3 juin 2015)
  13. (en) James Serpell, The Domestic Dog: Its Evolution, Behaviour, and Interactions with People, Presse universitaire de Cambridge,‎ , 268 p. (ISBN 978-0-521-42537-7, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]