Nicolas Roze (chevalier)

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Page d'aide sur l'homonymie Pour l'abbé, compositeur et musicologue, voir Nicolas Roze (abbé). Pour les autres homonymes, voir Roze.
Nicolas Roze
DSC 0955Chevalier Roze.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Le chevalier Roze

Nicolas Roze, plus connu sous le nom de Chevalier Roze, est né en 1675 et mort en 1733 à Marseille. Il est un des nobles qui se sont héroïquement distingués en 1720 lors de l'épidémie de peste à Marseille.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le chevalier Roze déblayant la Tourette au plus fort de la peste. Peinture de Michel Serre
Article détaillé : Peste de Marseille (1720).

Nicolas Roze est issu d'une famille de cultivateurs de Solliès, dans le Var. L'un de ses ancêtres, Antoine Roze, viendra s'établir à Marseille comme hôtelier en 1580. Ses descendants deviendront marins, notamment charpentiers constructeurs de galères. La rue du Petit Chantier perpétue le souvenir de l’emplacement de ce chantier, connu à l’époque sous le nom de « l’Isle de Roze ».

Devenu marin, il pratique à partir de 1695 le "nolis", c'est à dire l’affrètement, le courtage, l’armement de navire à partir d'un comptoir en Espagne, à Alicante fondé et dirigé par son frère ainé, Claude Roze, de toute évidence aussi doué pour les affaires que son frère cadet était aventureux. La même année, Nicolas Roze se marie avec Claire Amiel, une boulangère. Le couple aura trois enfants, une fille, Virginie, née le 5 juin 1696 qui deviendra religieuse et deux garçons qui mourront jeunes.

Blessé pendant les guerres de succession d'Espagne, au cours de laquelle il avait levé une armée à ses frais pour défendre ses intérêts comme ceux de la France, Nicolas Roze rentre à Marseille. Louis XIV le nommé Chevalier de l’Ordre de Saint-Lazare, et lui attribue une pension de dix mille livres. Ce titre lui vaudra son surnom de "Chevalier Roze".

A partir de 1716, il est Vice-consul d’un comptoir sur la côte Ouest du Péloponnèse aux cotés du Consul Joseph Maillet. Il est chargé de la surveillance et de l'entretien des installations portuaires, du contrôle et de la protection du commerce mais aussi de faire face aux épidémies récurrentes.

Après le décès de Joseph Maillet, il ne s'entend pas avec son fils et successeur, Pierre Maillet. Les autorités de Marseille les rapatrient tous deux, notamment en vue de demander quelques explications à Pierre Maillet sur ses comptes, et au Chevalier Roze, d’éclaircir certains rachats de prisonniers pas toujours sujets de sa majesté le Roi de France. Pierre Maillet et Nicolas Roze embarquent tous deux sur l' « l’Hirondelle », pilotée par le Capitaine Segond, et arrivent à Marseille le . Cinq jours plus tard le « Grand Saint Antoine », piloté par le Capitaine Chataud, arrive en rade de Marseille porteur du bacille de la peste qui coutera la vie à quelque 50 000 personnes, soit la moitié de la population en quatre ans.

Devant l'épidémie de peste de 1720, Roze propose immédiatement son aide aux échevins. Du fait de l’expérience qu'il a acquise au Levant, il est nommé commissaire - général pour le quartier de Rive-Neuve. Il boucle le secteur dont il a la charge en élaborant des postes de contrôle, fait même dresser une potence en vue de dissuader les pillards, fait creuser cinq grandes fosses destinées à recevoir les cadavres, convertit les voûtes de la Corderie en un hôpital pour abriter les malades atteints de la contagion, et procédera à la distribution des secours. Il organise aussi le ravitaillement de la ville.

Le fait qui fera définitivement de lui un héros est la direction des opérations d'enlèvement de plus de mille deux cents cadavres amoncelés sur l'esplanade de la Tourette un quartier pauvre du port. Les plus récents de ces cadavres sont vieux de trois semaines.

Pour accomplir cette tâche, le chevalier Roze fit ouvrir des fosses au pieds de deux anciens bastions dans le quartier de la Tourette pour y jeter les cadavres « qui présentent à peine la forme humaine et dont les vers mettent les membres en mouvement ».

Le 16 septembre 1720, grâce au courage et à la rapidité du Chevalier Roze et de sa compagnie d'environ 150 soldats et forçats, les « corbeaux », équipés de tombereaux, de pinces et de râteaux. Les cadavres furent jetés dans les excavations des deux bastions, tout de suite comblées de chaux vive et de terre jusqu’au niveau de l’esplanade. L’opération prit une demi-heure.

Sur le total de 1 200 volontaires et forçats chargés de combattre la peste, il n’y eut que trois survivants. Le chevalier Roze fut lui-même atteint de la peste, mais il en réchappa (les chances de survie de la peste étant de 20 à 40 % en l'absence de traitement moderne).

Il fut nommé gouverneur de Brignoles en 1723.

Veuf après l'épidémie, le chevalier Roze se remarie à 47 ans avec Magdeleine Rose Labasset, de 30 ans sa cadette, et réside dans un immeuble, rue Poids de la Farine, à deux pas de la Canebière. C'est là que Nicolas Roze s’éteignit le 2 septembre 1733[1].

Commémoration[modifier | modifier le code]

Buste du chevalier Roze à Marseille

Son nom a été donné :

Un buste en bronze signé Jean-Baptiste Hugues (1849-1930) avait été inauguré en 1886 sur l’Esplanade de la Tourette où le Chevalier Roze s’illustra. Ce buste fut déplacé derrière le Vieux-Port rue de la Loge en 1936, transféré après la 2e guerre mondiale sur place Fontaine Rouvier puis sur l’île de Ratonneau, dans la cour de l'ancien Hôpital Caroline, ce dernier visant à accueillir les voyageurs mis en quarantaine. Depuis mars 2017, le buste a retrouvé sa place initiale sur l'esplanade de la Tourette[2].

Il est cité dans le roman de Victor Hugo Les Misérables.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Nicolas Roze », sur hospitaliers-saint-lazare.org (consulté en 2018)
  2. « Marseille : le buste du Chevalier Roze revient à la Tourette », LaProvence.com,‎ (lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Thèse de L. Robert Potet, Le Chevalier Roze, Éditions du Vieux Marseille, Marseille, 1933. L. Robert Potet, était lui-même Chevalier de Saint-Lazare de Jérusalem.
  • H. Carrière, M. Condarié, F. Rebuffat, Marseille Ville Morte, Maurice Garçon Editeur., 1968
  • Patrick Mouton, La Mort est Venue de la Mer, Edition Pen Duick, 1982. L’auteur a effectué de nombreuses plongées sur l’épave du « Grand Saint Antoine » à l'entrée de la rade de Marseille