Carnets du vertige

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Carnets du vertige est un livre édité à partir de notes de Louis Lachenal, alpiniste français, premier vainqueur en 1950 avec Maurice Herzog de l'un des sommets de plus de huit mille mètres du monde : l'Annapurna. Cet ouvrage, tiré de son journal d'expédition et en présentant sa vision personnelle, souvent incisive et sans détours, faillit ne jamais voir le jour sous sa forme originale : la version originale fut en effet largement tronquée dans la première publication du livre, en 1956.

En 1955 Lachenal meurt dans une crevasse de la vallée Blanche en exerçant son métier de guide, alors que le manuscrit est prêt à partir à l'impression, cinq ans tout juste après l'expédition. Les membres avaient en effet été contraints, juste avant d'embarquer pour l'Himalaya, de signer un contrat leur interdisant de publier tout témoignage sur l'expédition pendant une durée de cinq ans, celui de Herzog étant le seul autorisé. Lachenal était prêt à livrer sa propre version au public dès la fin de ce moratoire imposé. À sa mort soudaine, le manuscrit est intercepté par Maurice Herzog qui, avec l'aide de Lucien Devies, élague largement le texte. Leur censure posthume s'exerce contre les passages risquant d'ébranler le récit officiel, où Herzog gommait toute aspérité, ou risquant d’écorner l'image du héros national Herzog, et contre d'autres passages jugés moralement déplacés (qui contiennent notamment des observations sur les coutumes locales ou sur des désagréments physiques éprouvés par les membres de l'équipe). Maurice Herzog en confie la publication à son frère Gérard, qui le cosigne sous le titre Carnets du vertige.

En 1996, Jean-Claude Lachenal, le fils de Louis, accepte enfin de transmettre la version originale du manuscrit, précieusement conservée, à l'éditeur Michel Guérin : les Carnets du vertige sont alors réédités, tels que livrés par leur auteur.

L'alpiniste et écrivain David Roberts a consacré un ouvrage entier à la « déconstruction » du mythe[1] : Une affaire de cordée, éd. Guérin, 2000.

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