Cariou

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Cariou est un nom de famille qui existe en Bretagne depuis au moins 1 000 ans. C'est un nom commun du dictionnaire moderne de la langue bretonne qui signifie « ami ». Mais ce n'est pas un mot de l'ancienne langue des Bretons.

Histoire[modifier | modifier le code]

La plus ancienne trace écrite recensée de l’existence de ce nom de famille (source : cartulaire de l'Abbaye de Redon) remonte au XIe siècle : un Cariou[1] est magister (d'une structure juridique) à l'époque de Conan[Lequel ?], chef breton.

Au XVe siècle, on recense quelques sieurs. Le terme « sieur » désignait celui qui gérait les terres d'un noble. On peut citer le sieur de Kerilis (Loqueffret), de Gouazven et de Ploumilliau (près de Lannion, 1445).

Au XVIIe siècle, Guillaume Sieur de Kerléan assure la fonction de conseiller du Roi (procureur de la République…) au Présidial de Quimper en 1684. Il a des armoiries (3 mollettes d'or sur fond bleu azur) et une devise : Urgent stimuli (traduction du latin : « L'urgence motive »).

Au XVIIIe siècle, les sieurs sont plus nombreux. On peut citer le sieur de la Tour (Brest, 1730), le sieur du Lech (Loch) et de la Tour (sénéchal, bailli et lieutenant de la juridiction de l'ancienne baronnie du Pont-l'Abbé, 1737), le sieur de l'Éperonnière (Saint-Renan, 1760).

En 1789, trois députés de la Chambre du Parlement de Bretagne (circonscriptions de Combrit, Locmaria et Mahalon) sont présents à l'assemblée de la sénéchaussée de Quimper pour les élections des députés du tiers état aux États généraux.

Au XIXe siècle, les Cariou ont compté deux maires pour une même commune (Brélidy, 1813-1865). Plusieurs porteurs du nom ont été décorés de la Légion d'honneur. Entre 1880 et 1920, plus de deux cents porteurs du nom émigrent aux États-Unis (source : musée de l'Émigration de New York).

Au XXe siècle, d'autres porteurs du nom sont décorés de la Légion d'honneur dont l'abbé Pierre Cariou, survivant de l'enfer de Dachau.

En 1912, Jacques Cariou gagne la médaille d’or du premier concours équestre individuel des Jeux olympiques de 1912. En 1998, Tanguy Cariou, en association avec Gildas Philippe, gagne les championnats du monde de voile (catégorie 470) et se qualifiera pour les Jeux Olympiques en l’an 2000.

En 1931, Corentin Cariou crée la première école syndicale. En 1938, il entre au conseil municipal de Paris. En 1942, il est exécuté par l'occupant. À Paris, une avenue et une station de métro portent son nom.

Dans les années 1970, le Canadien Len Cariou vit avec l'actrice Glenn Close. En 2004, il est élu à l’American Theatre Hall of Fame pour sa contribution sur les planches de Broadway. En 2006, l'Américaine Heather Summerhayes Cariou place un de ses livres dans le Globe and Mail 100 Best Books.

Étymologie[modifier | modifier le code]

En breton moderne, « cariou » désigne l'ami, voire le « petit ami » d'une jeune fille.

Albert Deshayes, dans son Dictionnaire des noms de famille bretons, mentionne un « Cariou » vers 1081-1113 (charte 50) et un « Kariou » vers 1081-1114 (charte 71) dans le cartulaire de Quimperlé. Du vieux-breton car = « ami », racine que le celtique a en commun avec l'italique (cf. irlandais cara = « ami ») et qui a aussi donné les Caradec (Caratoc) et Carantec (Carantoc).

À noter que de nombreux noms de famille français dérivent de noms romains formés sur la racine italique cousine. On peut citer : Chéri, Chéry, et Quiry, Querry (Picardie, Normandie).

Héraldique[modifier | modifier le code]

Un seul Cariou (au XVIIe siècle) a porté des armoiries : elles représentaient trois molettes (d'éperon) d'or sur fond bleu azur.

Des Cariou célèbres[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]

En hommage à Corentin Cariou (voir plus haut) :

Références[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]