Carajà (peuple)

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Carajà
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Couple d'indiens Carajà en costume traditionnel, pour le 1e Forum Social autochtone à Bertioga São Paulo Brésil en 2005

Populations significatives par région
Population totale 2 927[1]
Autres
Langues Langue carajà
Religions Religion locale
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Aire linguistique carajà (en orange)

Les Carajà (Carajàs, Karajà, ou Iny) sont un peuple d'Amérique du Sud vivant en Amazonie légale brésilienne.

Territoire[modifier | modifier le code]

Le peuple Carajà vit dans une zone longue de 290 kilomètres au centre du Brésil, dans le Goiás, Mato Grosso, Pará, et les provinces Tocantins. Il réside actuellement dans 29 villages de la vallée du fleuve Araguaia, près des lacs et affluents de la Araguaia, des rivières Javaès, et de l'Ilha do Bananal.

Démographie[modifier | modifier le code]

Au début du XXe siècle, il y avait 45 000 Carajás. En 1999, leur nombre est estimé entre 2 500 et 3 000, en 2005 un recensement donne 2 927 individus.

Histoire[modifier | modifier le code]

La tribu est découverte par les explorateurs européens en 1673. En 1811, l'Empire du Brésil, basé à Rio de Janeiro, entre en guerre contre les carajás et les tribus voisines. Les carajás et les xavantes ripostent en détruisant le « Presidio de Santa Maria do Araguia » en 1812. Au milieu du XXe siècle, la tribu est supervisée par le bureau fédéral des Indiens, le Serviço de Proteção aos Índios ou SPI du Brésil.

Dans les années 1980 et 1990, le chef de la communauté Carajá, Idjarruri Karaja, fait campagne pour améliorer l'éducation, les droits fonciers et les possibilités d'emploi pour la tribu. En 1997, il apporte également l'électricité et les télécommunications aux Carajà.

Langue[modifier | modifier le code]

La langue carajà fait partie du groupe macro-jê (également orthographié macro-ge, macro-gê ou macro-je), qui comprend 32 langues d'Amérique du Sud, principalement du Brésil.

Économie[modifier | modifier le code]

Bien qu'ils soient connus comme l'une des tribus les plus pauvres du Brésil, les carajàs sont autosuffisants. Leur subsistance est basée sur l'agriculture et l'artisanat. Les cultures sont diversifiées et comprennent : bananes, haricots, manioc, maïs, arachides, pommes de terre, pastèques et igname. La pêche et la chasse sont également très développées. L’artisanat se concentre autour de petits objets tels que les poupées en céramique fabriquées pour l'exportation.

Art et culture[modifier | modifier le code]

Les carajà sont des gens très mobiles. Les familles construisent souvent des camps temporaires de pêche. Pendant la saison sèche de l'Amazonie, les tribus accueillent des festivals. À la saison des pluies, les familles se déplacent vers les villages sur les hauteurs. Ils emploient des techniques de brûlis ou Agriculture sur brûlis. Les hommes sont seuls à gérer les prises de décisions collectives et les négociations avec les groupes extérieurs, tels que les ONG.

La peinture corporelle est un art très répandu et reste l'apanage de femmes spécialisées, qui emploient des peintures à base de jus genipap, de charbon de bois et de rocou (colorant rouge). Autant d'hommes que de femmes tressent des paniers, tandis que seules les femmes créent la céramique. De plus, les carajà excellent dans le travail de la plume.

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Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lucia Isaia, Le masque rituel Karaja et le savoir cumulé qu'il exprime, Université Paris 8, 1983, 494 p. (thèse de 3e cycle d'Arts plastiques)
  • Rayliane de La Falaise, Caraja... Kou, trois ans chez les Indiens du Brésil, Plon, Paris, 1949, 367 p.
  • Nathalie Pétesch, La pirogue de sable : pérennité cosmique et mutation sociale chez les Karajá du Brésil central, Peeters, Louvain ; Selaf, Paris, 2000, 260 p. (ISBN 90-429-0882-3)
  • (de) Ulrike Prinz, Das Jacaré und die streitbaren Weiber : Poesie und Geschlechterkampf im östlichen Tiefland Südamerikas, Curupira, Marburg, 1999, 384 p. (ISBN 3-8185-0276-5)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (pt) D. Munduruku, Contos indígenas brasileiros, Global, São Paulo, 2005 (2e éd.), p. 27