Bernard 191 GR

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Bernard 191 GR
Image illustrative de l’article Bernard 191 GR
L'Oiseau Canari (Bernard 191 GR n°2) au musée de l'Air et de l'Espace du Bourget.

Constructeur aéronautique Drapeau : France Société des Avions Bernard (Jean Hubert)
Type Bernard 191 GR (version "Grand Raid" du Bernard 190T)
Motorisation
Moteur 1 Hispano-Suiza 12 Lb de 600 ch
Dimensions
Envergure 17,30 m
Longueur 12,80 m
Surface alaire 42,9 m2
Réservoirs 9 réservoirs, 2 980 kg d’essence
Masses
Masse à vide 2 120 kg
Masse maximum 5 780 kg
Performances
Vitesse maximale (VNE) 245
Plafond 5 000 m
Distance franchissable 5 400 km

Le Bernard 191 « Grand Raid » (GR) est un avion de records dérivé de l'avion de transport civil Bernard 190T, à moteur Hispano-Suiza 12 Lb de 600 ch. Conçu par l'ingénieur Jean Galtier, il disposait d'une autonomie suffisante pour effectuer la traversée sans escale de l'Atlantique Nord.

Seuls trois exemplaires furent construits en 1928, mais chacun marqua (positivement ou négativement) l'histoire de l'aviation française.

n°1 « France »[modifier | modifier le code]

Le n°1 fut acquis par Louis Coudouret et Louis de Mailly-Nesle. Patiemment mis au point, l’avion, baptisé « France », tenta sa chance le en décollant du Bourget en direction de la Morée en dépit d'un vent défavorable. Volant trop bas, il arracha au passage fils et poteaux télégraphiques, mais put revenir se poser, sans mal pour les capitaines Coudouret, de Mailly-Nesle et Louis Mailloux[1].

À la suite de l'interdiction des raids transatlantiques par le Ministère de l'Air, Coudouret et Mailloux s'envolèrent pour Séville le . N'ayant pu obtenir une autorisation d'envol de l'Espagne, Coudouret se résigna à rentrer en France le 7 juillet. Une baisse de régime l'obligea à faire un atterrissage forcé par temps brumeux près d'Angoulême. L'avion s'écrasa au sol. Coudouret décéda des suites de ses blessures[1].

n°2 Oiseau Canari[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Oiseau Canari.

En , à la livraison de leur 191 GR n°2, Jean Assollant et René Lefèvre, sergents au 34e régiment d’aviation du Bourget, avaient tous deux 24 ans. Armand Lotti était âgé de 32 ans. Bien que chargé de 4 000 litres de carburant, le Bernard ne put quitter Le Bourget le 3 septembre : un mécanicien étourdi avait laissé fermé le robinet de la nourrice. Le lendemain, l'Oiseau Canari volait de Paris à Casablanca et rentrait en France le mois suivant. Contraint de renoncer à un raid Paris-New York, le Bernard décollait de Paris le 17 avril 1929 sans certificat de navigabilité ni immatriculation et en « ignorant » la douane. Il se posa à Southampton, où il fut embarqué pour New York à bord du paquebot SS Leviathan[1].

La plage d'Old Orchard Beach (Maine) fut choisie pour l'envol. Après un faux départ le 29 mai, l'avion prit son essor le 13 juin à 10 h 8, chargé de 3 750 litres de carburant. Il ne quitta le sol qu'après une course de plus de 2 000 mètres et conserva une anormale position cabrée jusqu'à la découverte de son passager clandestin Arthur Schreiber. Assollant assura le pilotage seul pendant les quatre cinquièmes du raid, puis en alternance avec Lefèvre, chargé de la navigation. Lotti s'occupait des émissions radio[1].

Le 14 au soir, retardé par un mauvais temps persistant, le monoplan incurva sa route afin de se poser en Espagne avant la nuit noire. Il atterrit à 20 h 30 sur une plage des environs de Comillas et repartit le 15 pour Cazaux. Mais « voué » aux plages, il dut atterrir à bout d'essence sur celle de Mimizan. Paris était atteint à 20 h 44. L'Oiseau-Canari avait réalisé la première traversée française de l'Atlantique Nord. Enfin, doté d'une immatriculation française (F-AJGP), il entreprit en août un tour d'Europe de 10 000 km[1].

n°3[modifier | modifier le code]

Sans acquéreur, le Bernard 191 GR n°3 s'octroya trois records internationaux avec charge avec l'équipage Antoine Paillard-Eugène Camplan. En 1928, la Société Lorraine équipa la cellule d'un « Grand Raid » d'un Lorraine 12 Eb de 450 ch. Elle le destinait à Léon Challe pour une traversée de l'Atlantique Sud suivie d'une tournée de propagande commerciale en Amérique latine. Ce projet ayant tourné court, Lorraine confia le 197 GR à Joseph Le Brix pour une liaison rapide avec l'Indochine. Paillard et Camille Georges Jousse lui furent adjoints. Le F-AIYI quitta Istres le 18 janvier 1929. Le raid connut l'échec près du but. Cent soixante kilomètres après l'escale de Rangoon, une panne de moteur força Paillard à atterrir. Trompé par la présence de roseaux, il se posa sur un marécage. L'appareil fut détruit. Seul Jousse fut blessé[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f « Adolphe-Bernard », sur Fan d'avions, (consulté le 7 février 2018).

Bibliographie[modifier | modifier le code]