Armoiries de la République démocratique allemande

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Armoiries de la République démocratique allemande (1955-1990).

Les armoiries de la République démocratique allemande (RDA) associent les symboles de 3 classes sociales unies par le régime communiste :

  • le marteau qui représente le prolétariat ;
  • le blé qui représente la paysannerie ;
  • le compas qui représente les travailleurs intellectuels.

Ces armoiries sont présentes à partir de 1959 sur le Drapeau de l'Allemagne constitué par les couleurs traditionnelles : or, rouge et noir, créant ainsi un drapeau spécifique pour la RDA.

Histoire[modifier | modifier le code]

Un aigle regardant vers la gauche (Est) a été envisagé en RDA. "Il convient d’agir rapidement sur cette question, faute de quoi la République soviétique de l’Est pourrait nous devancer. "Avec cette phrase, Carl-Heinz Lüders, alors conseiller au ministère fédéral de l’Intérieur, demandait en novembre 1949 une décision rapide sur les armoiries d’État[1]. Le précurseur de l’armoirie d’État n’était que le marteau de la couronne car la RDA se considérait essentiellement comme un État ouvrier et paysan, où ouvriers et paysans devaient régner en alliance avec l’intelligence et d’autres couches. Ce projet a été élaboré par le dessinateur Fritz Behrendt.

Jusqu’en 1955, les armoiries de la RDA étaient considérées comme non officielles et ne pouvaient être qualifiées de "blasons". En 1951, le Premier ministre Otto Grotewohl a déclaré que l’emblème actuel de la RDA était semi-officiel et qu’il n’y avait aucune indication qu’il s’agissait des armoiries officielles de la RDA.[2] "C’était pour ne pas torpiller les négociations de l’époque avec l’ensemble de l’Allemagne et pour créer un fait accompli par la déclaration d’un blason officiel de la RDA". Il était grotesque de penser que l’emblème de 1950 ne couvrait pas l’essence de la RDA.[3] Par une loi du 26 septembre 1955, les armoiries, valables jusqu’en 1990, basées sur des dessins de Heinz Behling, Herbert Gute et Martin Hänisch, étaient devenues les semi-officielles. Ce n’est qu’avec la loi modificative du 1er octobre 1959 que les armoiries d’État sont devenues partie intégrante du drapeau de la RDA.

Le blason de l’État faisait partie à la fois de l’armoirie de la NVA et - entouré d’un garde blanc à 12 dents - de celle de la police populaire.

Après le tournant et la révolution pacifique de 1989, le blason d’État est resté officiellement dans les armoiries de la RDA, mais il n’a plus été montré à des endroits remarquables, a déclaré la Chambre du peuple. Par décision du 31 mai 1990, elle a ordonné le retrait des armoiries d’État des bâtiments publics. Par décision du secrétaire d’État au ministère du désarmement et de la défense de la RDA, Werner Ablaß, il a également été retiré des uniformes de service de la NVA et, au 20 juillet 1990, été remplacé par des cocardes similaires à celles de la Bundeswehr[4].

Enregistrement auprès de l’Office allemand des brevets et des marques[modifier | modifier le code]

En 2004, on a tenté de faire protéger ce symbole et d’autres symboles de la RDA (tels que ceux de la FDJ, de la SED et de la MFS). L’enregistrement auprès de l’Office allemand des brevets et des marques a été supprimé à l’été 2008, après que le Tribunal des brevets ait jugé que l’utilisation de l’armoirie d’État de la RDA était abusive[5].

Interdictions et débats sur l’interdiction[modifier | modifier le code]

Après que les armoiries de la RDA faisaient partie du drapeau d’État en 1959, celui-ci a été interdit en République fédérale d’Allemagne et à Berlin-Ouest. En vertu d’un accord conclu entre la Confédération et les Länder le 4 novembre 1959, la police était obligée de retirer le drapeau de la RDA dans l’espace public (par exemple dans le cadre des compétitions sportives de la RDA). Le 4 février 1970, la Conférence des ministres de l’Intérieur a décidé de supprimer l’accord[6].

Après la réunification, plusieurs appels ont été lancés en faveur d’une nouvelle interdiction des armoiries au sens du décret 86a StGb, par exemple, celui du directeur du Mémorial de Berlin-Hohenschönhausen, Hubertus Knabe. Le défenseur des droits civiques de la RDA, Friedrich Schorlemmer, a par contre qualifié ces aspirations de "paranoïa politique"[7]. Membre d’une organisation traditionnelle de la NVA en mai 2013 le président du Bundestag de la CDU/CSU, Volker Kauder, a annoncé qu’il saisirait l’occasion d’une interdiction pénale des symboles de l’État du SED.[8]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Iris Benner: Wettlauf um das Adlerwappen. dans: museumsmagazin, H. 3/2008
  2. Landeshauptgrchiv Schwerin, Ministerpräsidium, 1345
  3. Hormann, Plaschke: Deutsche Flaggen. Edition Maritim, Hambourg 2006, (ISBN 978-3-89225-555-0), p. 177.
  4. Keubke, Klaus-Ulrich & Kunz, Manfred : uniformes militaires en RDA 1949-1990, Hambourg et al., 2009, pages 218 et suivantes.
  5. Tribunal fédéral des brevets : Beschluss des 26. Senats vom 15. Juli 2008, Az. 26 W (pat) 4/05
  6. Hammer, Zirkel, Ährenkranz. 16 mars 2019
  7. Entretien de la radio allemande avec Friedrich Schorlemmer le 4 janvier 2014.
  8. Opfer zweiter Klasse. 25 mars 2019

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]