Anwar Ibrahim

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Anwar Ibrahim
Illustration.
Anwar Ibrahim en 2019.
Fonctions
Député au Parlement
En fonction depuis le
(1 an, 1 mois et 2 jours)
Élection 13 octobre 2018
Circonscription Port Dickson

(6 ans, 6 mois et 16 jours)
Circonscription Permatang Pauh
Prédécesseur Wan Azizah Wan Ismail
Successeur Wan Azizah Wan Ismail

(7 ans et 16 jours)
Circonscription Permatang Pauh
Vice-Premier ministre de Malaisie

(4 ans, 9 mois et 1 jour)
Monarque Azlan Shah de Perak
Jaafar de Negeri Sembilan
Prédécesseur Ghafar Baba
Successeur Abdullah Ahmad Badawi
Biographie
Date de naissance (72 ans)
Parti politique Organisation nationale unifiée malaise, puis Keadilan
Conjoint Wan Azizah Wan Ismail
Enfants Nurul Izzah Anwar
Religion Islam sunnite

Dato' Seri[1] Anwar bin Ibrahim, né le à Cherok Tok Kun, Penang, est un homme politique malaisien. En , le Time l'a classé neuvième sur sa liste des cent personnes les plus influentes au monde[2]. En , The Economist le considérait comme « le plus extraordinaire politicien de l'Asie du Sud-Est[3]. » Entre 2012 et 2015 il est jugé pour des accusations de « sodomie » qu'il a toujours niées et condamné à cinq ans de prison en 2015. Il est libéré en juste après la victoire historique de l'opposition aux élections générales.

Débuts[modifier | modifier le code]

Il fit ses études à la Universiti Malaya. En 1968, il devint président de l'Union nationale des étudiants musulmans malaisiens (PKPIM), et devint l'une des principales figures des mouvements de contestation étudiantes. En 1974, il participa à des manifestations étudiantes contre la faim et la pauvreté en milieu rural. Il fut arrêté, et maintenu vingt mois en prison sans être jugé, avant d'être relâché.

Entrée au gouvernement[modifier | modifier le code]

En 1982, il rejoignit le gouvernement du Premier ministre Mahathir Mohamad. En 1983, il devint ministre de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, puis ministre de l'Agriculture en 1984, ministre de l’Éducation en 1986, ministre des Finances en 1991, et vice-Premier ministre en 1993. Il cumula les postes de vice-Premier ministre et de ministre des Finances, et était donc à la tête du ministère des Finances au moment de la crise économique asiatique de 1997. Il aligna sa politique sur les recommandations du Fonds monétaire international.

Dans l'opposition[modifier | modifier le code]

Anwar Ibrahim en 2008.

Vers la fin des 1998, il commença à critiquer ouvertement ce qu'il qualifiait de népotisme et de corruption au gouvernement, dont il fut conséquemment exclu en 1998[4].

En , il fut l'un des signataires de A Common Word Between Us and You, une lettre ouverte de notables musulmans adressée aux notables chrétiens, appelant au dialogue, à la paix et à la compréhension réciproque.

Anwar annonça en 2006 qu'il participerait aux élections législatives de 2008, mais celles-ci furent fixées au mois de mars, un mois donc avant la fin de sa disqualification politique. Le , il célébra en public son retour en politique, devant une foule d'environ dix mille sympathisants.

Le , il participa à un débat télévisé face au ministre de l'Information, Datuk Ahmad Shabery Cheek, au sujet de la hausse des prix du fioul[5]. Le lendemain, il fut arrêté et emmené à un poste de police, en rapport à l'accusation de sodomie[6]. L'accusation de sodomie, qui peut mener à un peine de 20 ans de prison en Malaisie, est dans les faits rarement utilisée[7]. Le journal français Libération notera que ces accusations répétées à des moments où Anwar s'oppose au gouvernement ont tout du « harcèlement judiciaire[7]. »

Le , Anwar redevint député. Sa femme, Wan Azizah Wan Ismail, députée, avait démissionné afin de provoquer une élection pour ce seul siège, élection qu'Anwar remporta avec plus de 70 % des voix[8].

Anwar réitéra alors qu'il serait bien candidat aux élections législatives de mai 2013[9].

Retour au pouvoir[modifier | modifier le code]

Le , au lendemain de la victoire de la coalition d'opposition Pakatan Harapan menée par l'ancien Premier ministre Mahathir Mohamad, celui-ci s'engage à remettre le pouvoir à Anwar Ibrahim, lorsque celui-ci serait sorti de prison[10], le pour « bonne conduite »[11]. En attendant, Wan Azizah Wan Ismail, épouse d'Ibrahim, élue députée, est nommée vice-Première ministre et doit occuper son poste de parlementaire jusqu'à ce que son mari soit élu lors d'une législative partielle[12]. Dès le , Mahathir annonce que le roi Muhammad Faris Petra a donné son accord pour pardonner et libérer Anwar Ibrahim ; il réitère à cette occasion qu'il lui cédera le pouvoir dans deux ans[13]. Il est libéré le [14], ce qui lui permet d'être de nouveau éligible[15].

Après la démission d'un député de la coalition au pouvoir, une législative partielle est organisée dans la circonscription de Port-Dickson le pour permettre à Anwar Ibrahim, qui fait face à plusieurs candidats, dont Mohamad Saiful Bukhari Azlan, l'homme qui l'accuse de sodomie, de se faire élire député[16]. Le jour du scrutin, il est élu avec plus de 30 000 voix, soit 71 % des suffrages exprimés. Bukhari Azlan reçoit seulement 82 bulletins de vote.

Poursuites judiciaires[modifier | modifier le code]

Premières condamnations pour sodomie et de corruption[modifier | modifier le code]

En 1999, il fut condamné à six ans de prison pour corruption, et disqualifié de toute participation à la politique avant . En 2000, il fut condamné à neuf ans de prison supplémentaires pour des fausses accusations d'actes homosexuels. En 2004, la cour fédérale annula la seconde condamnation. Il purgea sa peine pour corruption, tout en clamant son innocence, et fut libéré pour bonne conduite en 2004. Il fit appel malgré sa libération, pour blanchir son nom, mais la Cour d'appel maintint le verdict initial. Ne pouvant participer à la vie politique de son pays, il partit un temps à l'étranger, et enseigna à l'université d'Oxford et à l'université Johns-Hopkins.

Seconde condamnation pour sodomie[modifier | modifier le code]

Le , un homme porte plainte à son encontre pour sodomie. Anwar nie, et dénonce une machination politique : « Il s’agit clairement d’une tentative désespérée du […] régime pour freiner le mouvement du peuple malaisien vers la liberté, la démocratie et la justice. »[17]. Le même jour, Anwar Ibrahim se réfugie à l'ambassade de Turquie à Kuala Lumpur, ayant reçu des menaces de mort anonymes[18]. En , après un long procès, un tribunal le déclara non coupable à la suite des accusations de sodomie en 2008. Mais le , un tribunal malaisien annula l'acquittement dont il avait bénéficié en se prononçant en faveur du gouvernement qui avait fait appel de la décision de non lieu. Sa condamnation à cinq ans de prison fut confirmée par la Cour fédérale le [7],[4]. Il est libéré le sur demande du nouveau Premier ministre Mahathir Mohamad[14].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dato' Seri est un titre politique malais.
  2. (en) "Anwar Ibrahim", Time, mai 2008
  3. (en) Personnel de rédaction, « Malaysia's chameleon », The Economist,‎ (lire en ligne)
  4. a et b Bruno Philip, Malaisie : Anwar Ibrahim retourne en prison, Le Monde du 11 février 2015, p. 12
  5. (en) "Anwar and Shabery trade facts, pot shots", The Star, 16 juillet 2008
  6. (en) "Malaysian opposition leader arrested", International Herald Tribune, 16 juillet 2008
  7. a b et c Arnaud Vaulerin, « Malaisie : un opposant condamné à cinq ans de prison pour sodomie », Libération,‎ (lire en ligne)
  8. (fr) « L’opposant Anwar Ibrahim réélu au Parlement », Radio France Internationale, 26 août 2008
  9. (en) "Malaysia court finds Anwar Ibrahim not guilty of sodomy", BBC, 9 janvier 2012
  10. « Malaisie: Mahathir, l'ex-homme fort de retour à 92 ans », sur LExpress.fr (consulté le 10 mai 2018)
  11. AFP, « Une nouvelle ère politique s’ouvre en Malaisie », sur Libération, (consulté le 10 mai 2018) (inscription nécessaire)
  12. Laurence Defranoux, « Elections en Malaisie : «Ce résultat est un véritable tsunami» », sur Libération, (consulté le 10 mai 2018) (inscription nécessaire)
  13. (en) "Anwar Ibrahim: Jailed Malaysian politician will get royal pardon says Mahathir", BBC News, 11 mai 2018
  14. a et b (en) "Malaysia's Anwar Ibrahim freed from jail after Mahathir election win", BBC News, 16 mai 2018
  15. Le Point, magazine, « L'ex-Premier ministre Najib, soupçonné de corruption, interdit de sortir de Malaisie », sur Le Point (consulté le 13 mai 2018)
  16. Le Point, magazine, « Malaisie: Anwar Ibrahim affronte celui qui l'accuse de sodomie », sur Le Point (consulté le 29 septembre 2018)
  17. (en) "Malaysia's Anwar faces sex claim", BBC, 29 juin 2008
  18. (en) "Malaysia's Anwar seeks sanctuary", BBC, 29 juin 2008