Antigone (Bauchau)

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Antigone est un roman d'Henry Bauchau publié en 1997[1],[2].

Il a remporté le prix Victor-Rossel – ex-æquo avec La Télévision de Jean-Philippe Toussaint – en 1997[3].

Ce roman est l'une des rares versions romanesques de l'histoire d'Antigone, plus souvent adaptée au théâtre. Salué par la critique et par de très nombreux lecteurs et lectrices, il fait partie d'un ensemble de trois ouvrages consacrés par l'écrivain aux récits hérités de la tradition grecque, principalement des tragédies de Sophocle, et parmi celles-ci, singulièrement d'Oedipe-Roi. Henry Bauchau a effet publié aussi, chez le même éditeur, Oedipe sur la route et Diotime et les lions, ce dernier ouvrage, plus bref, ayant constitué à l'origine une partie du roman consacré à la figure d'Oedipe. Le personnage d'Antigone apparait donc d'abord dans celui-ci : elle accompagne son père chassé de Thèbes, et elle partage avec lui son errance, pendant dix ans, autour de la ville dont il avait été roi et dont il est banni. Avec lui, elle connaît la pauvreté et l'insécurité, avant de trouver, au Pays des Collines, un refuge provisoire ; les habitants, considérant notamment ses qualités militaires (elle leur apprend à se battre comme les soldats thébains), lui proposent de rester et de devenir leur reine, mais c'est une royauté à laquelle elle renonce, se sentant attirée par une autre vocation, dont elle ne sait rien encore. Elle accompagne donc Oedipe jusqu'à Athènes, où il disparaît.

Le roman spécifiquement consacré à Antigone commence ensuite, et va reconstituer, en prose narrative contemporaine, le monde de la légende devenue mythe. Henry Bauchau reprend à sa manière les épisodes de celui-ci, mais il ajoute un nouveau personnage à la famille : Ismène, la soeur d'Antigone, est cette fois un personnage à part entière, dont la présence renforce celle des femmes dans l'intrigue. Contrairement au roman Oedipe sur la route, Antigone est un récit presque linéaire, sans les brisures et le côté fragmentaire qui correspondait au destin du roi déchu. Mais, comme Oedipe sur la route, son écriture est marquée par l'influence de la psychanalyse, laquelle s'était déjà emparée depuis longtemps de la figure ex-royale du Grand Mendiant. Elle est aussi portée par la forte attention au féminin qui caractérise l'écrivain, pour qui "l'écriture est féminine". Le sens politique de la confrontation entre la jeune femme et Créon, sens politique qui remplace l'accent mis avant le 19e s. par la tradition sur le dévouement familial de l'héroïne, se retrouve également souligné dans cette version de la fin du 20e siècle : Antigone est une figure de la dissidence nécessaire par rapport à un pouvoir, ici patriarcal, qui ne cesse de vouloir s'imposer par la loi et la volonté d'ordre, quand Antigone veut l'amour et la justice. A l'arrière-plan, la figure de Jocaste revient sous la forme de souvenirs : figure, elle aussi, d'une humanité qui assume ses propres limites.

Le roman, repris plusieurs fois dans des collections de poche (Actes Sud, Jai Lu), existe aussi en version audiophonique. Il a également fait l'objet d'adaptations à la scène (théâtre et opéra), dont des captations sont disponibles en DVD.

Enfin, lié au roman lui-même, le Journal d'"Antigone" a été publié en 1999 par l'écrivain.

Éditions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]