Algue Klamath (complément alimentaire)

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L'algue Klamath est une cyanobactérie de l'espèce Aphanizomenon flos-aquae (AFA) utilisée comme complément alimentaire. Elle ne se confond pas strictement avec celle-ci étant donné qu'il ne s'agit que d'une souche non toxique d'une espèce comptant une multitude de souches toxiques. Elle tire son nom du fait qu'elle est récoltée à la surface du lac Klamath dans l'Oregon, aux États-Unis.

Toxicité et contamination[modifier | modifier le code]

Quoique intrinsèquement non toxique, l'algue Klamath est récoltée dans un écosystème lithique perturbé, soumis à de nombreux blooms cyanobactériens, en particulier d'algue bleu-vert Microcystis aeruginosa. Les cyanobactéries de la famille Microcystis produisent des toxines appelées microcystines qui sont hépatotoxiques (endommagent le foie) et potentiellement cancérogènes. Des problèmes récurrents de contamination à la récolte ont conduit les autorités sanitaires de l'Oregon à imposer une limite régulatoire de la quantité de microcystines dans l'algue Klamath produite à destination humaine en 1996. Cette même année, 85 des 87 échantillons testés contenaient des microcystines tandis que 63 échantillons étaient au-dessus de la limite maximale admissible de 1 µg/g[1].

Fin 2012, une étude allemande a remis en cause la pertinence de la consommation humaine de produits à base d'Aphanizomenon flos-aquae pour des questions de cytoxicité in vitro et de contamination aux microcystines [2].

Parallèlement, en Italie, une autre étude a mis en évidence la contamination systématique aux microcystines d'échantillons d'AFA, et fait état d'un risque prévisible pour les consommateurs à partir d'une exposition chronique ou sous-chronique d'une consommation pourtant modeste de 4 grammes par jour [3].

Il convient par ailleurs de citer l'avis de l'agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA). Cette dernière estime que le produit ne présente pas toutes les garanties d’innocuité et que l'effet de l'AFA sur le "bien être" n'est pas scientifiquement étayée[4].

Références[modifier | modifier le code]

  1. "Assessing potential health risks from microcystin toxins in blue-green algae dietary supplements". Environ. Health Perspect. 2000 may; 108(5): 435–439. D. J. Gilroy, K. W. Kauffman, R. A. Hall, X. Huang and F. S. Chu [1]
  2. "Toxin content and cytotoxicity of algal dietary supplements". Toxicol. Appl. Pharmacol. 2012 Dec 1; 265(2):263-71. doi: 10.1016/j.taap 2012.10.005. Epub 2012 Oct. 2012. Heussner A. H., Mazija L., Fastner J., Dietrich D. R. [2]
  3. "Contamination by Microcystis and microcystins of blue-green algae food supplements (BGAS) on the italian market and possible risk for the exposed population". Food Chem. Toxicol. 2012 Dec; 50(12):4493-9. doi: 10.1016/j.fct.2012.09.029. Epub 2012 Oct. 2, Vichi S., Lavorini P., Funari E., Scardala S., Testai E. [3]
  4. https://www.anses.fr/sites/default/files/documents/NUT2003sa0002.pdf