Algue Klamath (complément alimentaire)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

L'algue Klamath est une cyanobactérie de l'espèce Aphanizomenon flos-aquae (AFA) utilisée comme complément alimentaire. Elle ne se confond pas strictement avec celle-ci étant donné qu'il ne s'agit que d'une souche non toxique d'une espèce comptant une multitude de souches toxiques. Elle tire son nom du fait qu'elle est récoltée à la surface du lac Klamath dans l'Oregon, aux États-Unis.

Utilisation en complémentation alimentaire[modifier | modifier le code]

L'algue Klamath agirait[Selon qui ?] sur une palette large de symptômes et de carences[Lesquels ?], notamment par les principes actifs qu'elle contient[1] :

Toxicité et contamination[modifier | modifier le code]

Quoique intrinsèquement non toxique, l'algue Klamath est récoltée dans un écosystème lithique perturbé, soumis à de nombreux blooms cyanobactériens, en particulier d'algue bleu-vert Microcystis aeruginosa. Les cyanobactéries du genre Microcystis produisent des toxines appelées microcystines qui sont hépatotoxiques (endommagent le foie) et potentiellement cancérogènes. Des problèmes récurrents de contamination à la récolte ont conduit les autorités sanitaires de l'Oregon à imposer une limite régulatoire de la quantité de microcystines dans l'algue Klamath produite à destination humaine en 1996. Cette même année, 85 des 87 échantillons testés contenaient des microcystines tandis que 63 échantillons étaient au-dessus de la limite maximale admissible de 1 µg/g[2].

Fin 2012, une étude allemande a remis en cause la pertinence de la consommation humaine de produits à base d'Aphanizomenon flos-aquae pour des questions de cytoxicité in vitro et de contamination aux microcystines [3].

Parallèlement, en Italie, une autre étude a mis en évidence la contamination systématique aux microcystines d'échantillons d'AFA, et fait état d'un risque prévisible pour les consommateurs à partir d'une exposition chronique ou sous-chronique d'une consommation pourtant modeste de 4 grammes par jour [4].

L'agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA), globalement hostile aux compléments alimentaires dans leur ensemble[5], estime que le produit ne présente pas toutes les garanties d’innocuité et que l'effet de l'AFA sur le "bien être" n'est pas scientifiquement étayé[6].

Du fait du risque de présence de ces toxines, il est conseillé une consommation quotidienne inférieure à 3 grammes. De plus, il est déconseillé toute interaction avec les antidépresseurs (du fait de la présence de phényléthylamine) et les anticoagulants (du fait de sa teneur en vitamine K)[1].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Les bienfaits extraordinaires d’Aphanizomenon Flos-Aquae – AFA, dite Algue bleue du lac Klamath », sur http://www.plusminceplusjeune.org (consulté le 27 décembre 2017)
  2. "Assessing potential health risks from microcystin toxins in blue-green algae dietary supplements". Environ. Health Perspect. 2000 may; 108(5): 435–439. D. J. Gilroy, K. W. Kauffman, R. A. Hall, X. Huang and F. S. Chu [1]
  3. "Toxin content and cytotoxicity of algal dietary supplements". Toxicol. Appl. Pharmacol. 2012 Dec 1; 265(2):263-71. doi: 10.1016/j.taap 2012.10.005. Epub 2012 Oct. 2012. Heussner A. H., Mazija L., Fastner J., Dietrich D. R. [2]
  4. "Contamination by Microcystis and microcystins of blue-green algae food supplements (BGAS) on the italian market and possible risk for the exposed population". Food Chem. Toxicol. 2012 Dec; 50(12):4493-9. doi: 10.1016/j.fct.2012.09.029. Epub 2012 Oct. 2, Vichi S., Lavorini P., Funari E., Scardala S., Testai E. [3]
  5. « Les compléments alimentaires dans le collimateur de l'Afssa », sur https://www.lexpress.fr (consulté le 27 décembre 2017)
  6. https://www.anses.fr/sites/default/files/documents/NUT2003sa0002.pdf