Affaire Chesapeake-Leopard

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Affaire Chesapeake-Leopard
Le HMS Leopard ouvre le feu sur l'USS Chesapeake, dessin de 1897
Le HMS Leopard ouvre le feu sur l'USS Chesapeake, dessin de 1897
Informations générales
Date 22 juin 1807
Lieu Au large de Norfolk (Virginie)
Issue Victoire britannique
Belligérants
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni Drapeau des États-Unis États-Unis
Commandants
Salusbury Pryce Humphreys (en) James Barron
Forces en présence
1 quatrième rang 1 frégate
Pertes
1 frégate endommagée
4 morts
18 blessés
4 prisonniers
Prémices de la guerre anglo-américaine de 1812

L'affaire Chesapeake-Leopard, parfois nommée affaire du Chesapeake[1], désigne un incident impliquant le navire de ligne de quatrième rang britannique HMS Leopard et la frégate américaine USS Chesapeake au large de Norfolk le 22 juin 1807.

Contexte[modifier | modifier le code]

Les guerres napoléoniennes voit s'affronter dans l'océan Atlantique les flottes britanniques et françaises. Durant l'été 1807, la guerre économique entre les deux puissances fait rage, et une flotte britannique est envoyée au large de la baie de Chesapeake afin de faire appliquer le blocus. Les conditions de vie des marins anglais, loin de leur pays, sont rudes, certains d'entre eux ayant été enrôlés de force. Les Britanniques vont jusqu'à enrôler contre leur gré les marins de navires américains abordés dans les parages. Ainsi, lors de cet été 1807, plusieurs marins britanniques désertent leurs navires, et quatre d'entre eux, appartenant aux équipages des HMS Melampus et Halifax[2], se retrouvent sur la Chesapeake, frégate américaine aux ordres du commodore James Barron[1].

Déroulement[modifier | modifier le code]

Le vice-amiral Sir George Cranfield Berkeley (en) envoie alors le Leopard, navire de ligne de quatrième rang commandé par le capitaine Salusbury Pryce Humphreys (en), chercher les déserteurs. Ainsi, le 22 juin 1807, au large de Norfolk, le Leopard rencontre la Chesapeake et la hèle. Le commodore Barron, ne se doutant de rien, se rapproche, jusqu'à ce que le capitaine Berkeley lui signifie qu'il dispose d'un mandat de perquisition afin de retrouver les déserteurs. Barron refuse, et les Britanniques ouvrent alors le feu, blessant le capitaine et 17 hommes, et en tuant 3[1]. La Chesapeake, fatiguée de ses récentes campagnes, n'est pas prête pour un combat qui s'annonce acharné. Après avoir réussi à lâcher une salve, le capitaine Barron amène ses couleurs, laissant libre cours à la fouille britannique. Quatre déserteurs sont ainsi arrêtés, et emmenés à Halifax pour y être jugés. L'un des quatre déserteurs étant sujet britannique, il est condamné à être pendu. Les trois autres, américains, sont condamnés à recevoir 500 coups de fouets, sentence qui sera commuée en une peine de prison[2].

Conséquences[modifier | modifier le code]

L'indignation monte dans les villes américaines. Les ports de Portsmouth et de Norfolk émettent une résolution interdisant à toute personne de ravitailler ou réparer un navire britannique[3]. Le 2 juillet, le président Thomas Jefferson signe un décret interdisant à tout navire britannique de pénétrer dans les eaux américaines. Peu après, les États-Unis n'étant pas en mesure de mener une nouvelle guerre, le président décrète un embargo interdisant tout commerce avec les pays étrangers. Il pense ainsi rester neutre dans cette guerre, et affaiblir les deux grandes puissances en les privant des ressources du Nouveau Monde. Cette mesure controversée ne changera rien à la guerre, mais étranglera l'économie américaine durant deux longues années[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]