Acide polylactique

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Acide polylactique
Image illustrative de l’article Acide polylactique
Unité monomère du polymère PLA.
Identification
No CAS 26100-51-6 (±)
No CE 608-832-1
SMILES
InChI
Propriétés chimiques
Formule brute C3H4O2  [Isomères](C3H4O2)x
Masse molaire[1] 72,0627 ± 0,0033 g/mol
C 50 %, H 5,59 %, O 44,4 %,
Propriétés physiques
transition vitreuse 60 °C
fusion 175 °C
Solubilité soluble dans THF, chloroforme, dichlorométhane
Masse volumique 1,25 g·cm-3[réf. souhaitée]
Précautions
NFPA 704

Symbole NFPA 704

 

Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

L'acide polylactique (anglais : polylactic acid, abrégé en PLA) est un polymère biodégradable en compostage industriel (T>60 °C).

Homopolymère biosourcé, le PLA peut être obtenu à partir d'amidon de maïs, ce qui en fait la première alternative naturelle au polyéthylène (le terme de bioplastique est utilisé). En effet, le PLA est un produit résultant de la fermentation des sucres ou de l'amidon sous l'effet de bactéries synthétisant l'acide lactique. Dans un second temps, l'acide lactique est polymérisé par un nouveau procédé de fermentation, pour devenir de l'acide polylactique. Ce procédé conduit à des polymères avec des masses molaires relativement faibles. Afin de produire un PLA avec des masses molaires plus élevées, le PLA produit par condensation de l'acide lactique est dépolymérisé, produisant du lactide, qui est à son tour polymérisé par ouverture de cycle.

Synthèse de polylactide

Le PLA est donc l’un de ces polymères, dans lequel les longues molécules filiformes sont construites par la réaction d’un groupe acide d’une molécule d’acide lactique sur le groupe hydroxyle d’une autre pour donner une jonction ester. Dans le corps, la réaction se fait en sens inverse et l’acide lactique ainsi libéré est incorporé dans le processus métabolique normal. On obtient un polymère plus résistant en utilisant l’acide glycolique, soit seul, soit combiné à l’acide lactique.

Utilisation[modifier | modifier le code]

  • Il est utilisé dans l'emballage alimentaire (œufs, eau minérale, fruits et légumes, etc.), pour remplacer les sacs et cabas en plastiques jusqu'ici distribués dans les commerces, ou dans la fabrication de très nombreux objets injectés, extrudés ou thermoformés.
  • Il est utilisé en chirurgie où les sutures sont réalisées avec des polymères biodégradables qui sont décomposés par réaction avec l’eau ou sous l’action d’enzymes.
  • Il est également utilisé pour les nouveaux essais de stent biodégradable.
  • C'est un matériau utilisé par certaines imprimantes 3D.

Synthèse[modifier | modifier le code]

Deux principales méthodes de synthèse utilisé pour obtenir le PLA : la polycondensation ou la polymérisation par ouverture de cycle (ROP en anglais). Deux monomères sont utilisés : l’acide (L)-lactique (LLA) et l'acide (D)-lactique (DLA).

Polycondensation directe[modifier | modifier le code]

Synthèse directe du PLA

Chimiquement, la polymérisation de l’acide lactique se fait par la réaction de l’alcool sur l’acide carboxylique, formant un sous-produit, l’eau. La réaction a lieu en trois étapes :

  1. distillation de l’eau résiduelle contenue dans l’acide lactique ;
  2. réaction d'estérification et formation d’oligomères de PLA ;
  3. polycondensation sous atmosphère inerte à pression réduite afin d’éliminer le sous-produit formé, l’eau, favorisant les transferts de chaînes (réaction de transestérification) conduisant à des polymères de faibles masses molaire.

Polymérisation par ouverture de cycle[modifier | modifier le code]

Synthèse du PLA : méthode par ouverture du cycle du lactide

C’est la méthode la plus utilisée industriellement, elle produit du PLA de masses molaires élevées. La synthèse se passe en trois étapes :

  1. polycondensation : formation d’oligomères de PLA ;
  2. formation du lactide par dépolymérisation des oligomères de PLA ;
  3. polymérisation du PLA par ouverture de cycle du lactide.

Propriétés[modifier | modifier le code]

Autres plastiques

Le PLA commercial est un copolymère de PDLLA obtenu par la polymérisation du LLA et DLA. De nombreuses propriétés du PLA sont contrôlées par la proportion de LLA et DLA présents dans le polymère.

Le PLA est un polymère ayant des caractéristiques de résistance au feu assez mauvaises. Des recherches sont menées actuellement afin de trouver un additif viable tel que la lignine augmentant les propriétés de celui-ci.[réf. nécessaire]

Configurations[modifier | modifier le code]

Le PLA est un polymère chiral contenant des carbones asymétriques. Deux isomères, l’acide (L)-lactique et (D)-lactique, sont utilisés dans la synthèse du PLA. La présence de ces centres stéréoisomères conduit à deux types de structures : isotactique et syndiotactique. Un polymère isotactique possède ces substituants du même côté du plan de symétrie tandis qu’un polymère syndiotactique possède ces substituants alternés l’un par rapport à l’autre du plan. La chaîne stéréochimique du PLA influence fortement les propriétés physiques et mécaniques du matériau.

Propriétés thermiques[modifier | modifier le code]

La PLA peut être soit amorphe, soit semi-cristallin selon sa structure stéréochimique. La polymérisation racémique du DLA et du LLA conduit à la formation d’un PDLLA amorphe.

Les polymères contenant exclusivement soit l’acide (L)-lactique (PLLA), soit l'acide (D)-lactique (PDLA) sont semi-cristallins avec une température de transition vitreuse (Tv) d’environ 60 °C[2] et une température de fusion (Tf) de 175 °C.

Le PLLA peut cristalliser sous deux formes (α, β), qui correspondent aux Tf suivantes : 185 °C, la forme la plus stable, et 175 °C pour les formes α et β respectivement[3].

Propriétés mécaniques[modifier | modifier le code]

Le module de Young du PLA le plus fréquemment utilisé est environ de 2,7 à 16 GPa. Sa limite en traction est environ de 50 MPa.

Le PLA semi-cristallin a un module de Young compris entre 3 et 16 GPa, une résistance à la traction comprise entre 50 et 70 MPa, un module de traction de 3 000 à 4 000 MPa, un allongement à la rupture variant de 2 à 10 %, une résistance à la flexion de 1 000 MPa et un module de flexion de 4 000 à 5 000 MPa [4].

Commerce[modifier | modifier le code]

En 2014, la France est nette importatrice d'acide polylactique, d'après les douanes françaises. Le prix moyen à la tonne à l'import était de 2 900 €[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  2. M. Pyda et B. Wunderlich, « Reversing and Nonreversing Heat Capacity of Poly(lactic acid) in the Glass Transition Region by TMDSC », Macromolecules, vol. 38,‎ , p. 10472–10479 (ISSN 0024-9297, DOI 10.1021/ma051611k, lire en ligne, consulté le 15 juin 2016)
  3. M. Arnoult, E. Dargent et J. F. Mano, « Mobile amorphous phase fragility in semi-crystalline polymers: Comparison of PET and PLLA », Polymer, vol. 48,‎ , p. 1012–1019 (DOI 10.1016/j.polymer.2006.12.053, lire en ligne, consulté le 15 juin 2016)
  4. Anders Södergård et Mikael Stolt, « Properties of lactic acid based polymers and their correlation with composition », Progress in Polymer Science, vol. 27,‎ , p. 1123–1163 (DOI 10.1016/S0079-6700(02)00012-6, lire en ligne, consulté le 15 juin 2016)
  5. « Indicateur des échanges import/export », sur Direction générale des douanes. Indiquer NC8=39077000 (consulté le 7 août 2015)

Liens externes[modifier | modifier le code]