Île Deceit

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Île Deceit
Isla Deceit (es)
Image illustrative de l’article Île Deceit
Géographie
Pays Drapeau du Chili Chili
Archipel Terre de Feu
Localisation Océan Atlantique ou Pacifique
(sujet de controverse)
Coordonnées 55° 51′ 41,8″ S, 67° 08′ 31,09″ O
Administration
Région Région de Magallanes et de l'Antarctique chilien
Province Province de l'Antarctique chilien
Commune Cabo de Hornos
Autres informations
Géolocalisation sur la carte : Chili
(Voir situation sur carte : Chili)
Île Deceit
Île Deceit
Géolocalisation sur la carte : Terre de Feu
(Voir situation sur carte : Terre de Feu)
Île Deceit
Île Deceit
Île au Chili

L'île Deceit (espagnol : isla Deceit) est une petite île chilienne située au sud-est de l'archipel de la Terre de Feu, à l'extrémité australe de l'Amérique du Sud.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

L'île Deceit est un territoire insulaire, en forme de demi-lune, situé au sud-est de l'archipel de la Terre de Feu et, plus précisément dans la partie orientale de l'archipel des îles L'Hermite[1]. L'île est rattachée administrativement à la province de l'Antarctique chilien dans la région de Magallanes et de l'Antarctique chilien. Elle est située au centre du parc national Cabo de Hornos et de la « Reserva de Biosfera Cabo de Hornos »[2]. L'île possède un climat océanique sub-polaire (Cfc, selon la classification de Köppen), froid et humide toute l'année, avec des vents violents, venant généralement de l'ouest. Elle présente des côtes escarpées, battues par les vagues de la mer de la zone australe. Son point culminant s'élève à 416 mètres au-dessus du niveau de la mer. Longue de 11 km, sa largeur maximale est de 5,6 km.

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Accidents géographiques[modifier | modifier le code]

À l'ouest de l'île Deceit se trouve l'île Herschel, les deux îles sont séparées par le passage Mer du Sud (en espagnol : paso Mar del Sur), lequel abrite dans sa partie australe un minuscule groupe insulaire appelé îles Carrasco (en espagnol : islotes Carrasco). Au sud-ouest, l'île Horn. Au sud-est, le cap Deceit pointe en direction de l'Atlantique ; dans la continuité de cette pointe se trouvent des rochers émergés surnommés îlots Deceit, également connus sous les noms des « Dents de Deceit » ou des « Griffes de Deceit » (en espagnol : Dientes de Deceit ou Garras de Deceit). Ces ilots, bien que moins méridionaux que le cap Horn, son plus impressionnant depuis la mer, en particulier lorsque les vents sont violents et la mer agitée. À l'est de l'île, les côtes forment une baie, délimitée par la pointe Peñaranda — au sud —, la caleta Toledo — au centre —, et la pointe Mayer — au nord —. Au nord de la pointe Mayer, à l'extrémité nord-est de l'île se trouve le cap Austin. À la même latitude que ce cap, en direction de l'est, se trouvent l'île Barnevelt, alors qu'au nord-ouest de ce même cap est située l'île Freycinet, séparée de l'île Deceit par la baie Arquistade.

Appartenance océanique[modifier | modifier le code]

L'appartenance océanique de l'île Deceit est l'objet de débat. Selon l'Argentine, l'île est située dans l'océan Atlantique étant à l'est de la longitude à laquelle est située le cap Horn. Au contraire, selon la thèse appelée « Délimitation naturelle entre les océans Pacifique et Atlantique sud par l'arc des Antilles australes (es) »[3] elle est située dans le Pacifique sud ; cette théorie, est officiellement défendue par le Chili[4],[5] qui possède la souveraineté sur l'île. La position de l'Organisation hydrographique internationale semble aller dans le sens de la position argentine[réf. nécessaire].

Histoire[modifier | modifier le code]

La souveraineté sur l'île Deceit est revendiquée par l'Argentine lors du conflit du Beagle, jusqu'à la résolution du différend en 1984 et à la signature du Traité de paix et d'amitié entre l'Argentine et le Chili, date à laquelle la souveraineté chilienne sur l'île est définitivement reconnue[6].

Seule conséquence encore visible du conflit territorial qui opposa les deux pays, on trouve aujourd'hui encore deux champs de mines antipersonnel sur l'île Deceit, installés par l'Armada de Chile pour empêcher l'invasion par l'Argentine des îles pendant l'opération Soberanía (avortée) et l'opération Rosario avec l'invasion programmée des îles au sud du canal du Beagle, après la prise des Malouines[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) Jaime Eyzaguirre, La soberanía de Chile en las tierras australes, Editorial Antártica, Santiago du Chili, 1958.
  2. (es) R. F. Rozzi, A. Massardo, C.B. Berghöfer, A. Anderson, M. Mansilla, J. Mansilla, U. Plana, P. Berghöfer, P. Araya, E. Barros, Reserva de Biosfera Cabo de Hornos : Documento de Base para la Incorporación del Territorio Insular del Cabo de Hornos a la Red Mundial de Reservas de Biosfera., Punta Arenas, Ediciones de la Universidad de Magallanes, , p. 274
  3. (es) Ponencia chilena sobre delimitación natural entre los océanos Pacífico y Atlántico Sur por el Arco de las Antillas Australes - Fundamentos y justificaciones científicas Unión Internacional de Geodesia y Geofísica. Asamblea General, 10a., 1954, Rome
  4. (es) Carta náutica « Chile del canal Beagle a cabo de Hornos por el Servicio Hidrográfico y Oceanográfico de la Armada de Chile » 1 : 200.000.
  5. (es) Rafael Santibáñez Escobar, Los derechos de Chile en el Beagle, Andrés Bello, , « El canal Beagle y la relimitación de los océanos », p. 95-109
  6. (es) Tratado de paz y amistad entre Argentina y Chile.
  7. (es) Armada de Chile

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]