Zwin

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Réserve naturelle du Zwin
Image illustrative de l'article Zwin
La réserve naturelle du Zwin à la côte belge
Catégorie UICN IV (aire de gestion des habitats/espèces)
Identifiant 4800
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région flamande Région flamande
Ville proche Knokke-Heist
Coordonnées 51° 21′ 50″ N 3° 21′ 12″ E / 51.363889, 3.353333 ()51° 21′ 50″ Nord 3° 21′ 12″ Est / 51.363889, 3.353333 ()  
Superficie 150 ha
Création 1952
Administration association privée (sous la tutelle des réserves naturelles et ornithologiques de Belgique)

Géolocalisation sur la carte : Belgique

(Voir situation sur carte : Belgique)
Réserve naturelle du Zwin

Le Zwin est un ancien bras de la mer du Nord en Belgique et aux Pays-Bas, aujourd'hui ensablé, qui séparait le territoire littoral du continent. La côte actuelle est le rivage ouest de l'île qu'il avait créé.

Le Zwin est le plus grand territoire salé de Belgique. Les vasières et prés-salés, situés derrière la plage et les dunes, sont partiellement ou totalement inondés par la mer à marée haute.

Actuellement, les vestiges de ce bras de mer constituent une réserve naturelle (158 ha dont 33 aux Pays-Bas) qui représente un biotope unique pour de nombreux oiseaux et plantes. À noter que cette réserve est traversée par la frontière belgo-néerlandaise matérialisée par deux bornes frontière. Une partie de la réserve (60 ha) est accessible au public.

Le Zwin se situe sur la commune de Knokke-Heist (Flandre-Occidentale).

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot Zwin vient d'un mot germanique désignant une lagune parallèle au rivage marin, comme ces mares retrouvées sur l'estran à marée basse, ou par extension un chenal, une crique d'origine naturelle au-delà des digues, entre celles-ci et la mer.

Histoire et géographie[modifier | modifier le code]

Créé lors du raz-de-marée de 1134, il s'envasa et s'ensabla dès le XIIe siècle. À partir du XVe siècle, la navigation se limitait à L'Écluse (Sluis), ne permettant plus d'atteindre Bruges ce qui provoqua ainsi le déclin de la cité. De la fin du XVIIIe siècle et durant le XIXe siècle, ce qui reste du bras de mer fut polderisé.

Son histoire est riche en évènements authentiques : les 29 et 30 septembre de l’an 1014, d’effroyables nuages terrorisèrent les villageois de tout le littoral flamand. Le 1er octobre, un orage épouvantable éclata, disloquant les masures. La mer, devenue furie, envahit les terres. Les populations ne pouvant fuir rapidement, des milliers d’êtres périrent dans la tourmente. A la limite du golfe du Zwin et de la mer, le bourg de Knoc (« pointe » en celte) s’effondra dans les flots rugissants.

Au Moyen Âge, les navires se laissaient porter par la marée haute jusqu’à Bruges, un des plus grands ports d’Europe à cette époque. Le bras de mer était suffisamment vaste pour être le théâtre d’une terrible bataille navale, la Bataille de L'Écluse. Elle eut lieu à la Saint-Jean de 1340, entre la flotte d’Édouard III d’Angleterre et celle au service de Philippe VI de Valois, composée de flamands, normands et picards. La bataille fut dantesque, 200 navires et leurs précieuses cargaisons finirent dans les profondeurs des eaux, à l’entrée du Zwin.

Buste du comte Léon Lippens
Nichoir à insectes et autres invertébrés

Le Zwin fut cédé en 1924 à la compagnie « Le Zoute ». Le comte Léon Lippens, qui la dirigeait en 1952, fut l’un des plus grands pionniers dans le domaine de la sauvegarde de la nature en Belgique. Le Zwin était sa grande passion et sa raison d’être. Fermement déterminé à la protéger, il réussit à s’opposer tant aux instances officielles belges qu’hollandaises ainsi qu’aux promoteurs de travaux intempestifs en tout genre. Il créa la réserve naturelle du Zwin cette année-là ; elle fut la première en Belgique. « Aucun subside n’a jamais été demandé ni reçu de l'État, ni de la Province, ni de la Commune », disait fièrement M. Guido Burggraeve, naturaliste et conservateur de la réserve. La réserve naturelle du Zwin est maintenant propriété de la Communauté flamande.

A la fois parc éducatif, réserve et centre de soins, jumelé avec le parc français du Marquenterre, le Zwin et sa « zone tampon » représente, depuis son acquisition par la Communauté flamande, 160 ha au total ; sa superficie est de 150 ha, dont 25 ha sont sur le sol hollandais. Le passage emprunté par la mer pour pénétrer dans la réserve se trouve en Hollande. En 1950, allant à l’encontre de toute convention internationale, le gouvernement de ce pays décida de fermer le bras de mer alimentant le Zwin. La nature reprit tragiquement ses droits le 1er février 1953 ; elle trancha net les interminables discussions entre les deux pays. Une terrible tempête rouvrit le bras de mer au prix de 1800 vies humaines.

Flore[modifier | modifier le code]

Les biotopes du Zwin sont composés de vases salées et de très beaux prés-salés qui sont sa richesse. Les parties les plus basses de ces plaines sont inondées quotidiennement à chaque marée ; ce sont les « slikken ». Les parties les plus hautes des prés-salés, les « schorren », ne sont submergés qu’occasionnellement, lors des tempêtes de nord-ouest ou des grandes marées. Il en est de même pour l’estran, cette portion du littoral comprise entre les niveaux des plus hautes et des plus basses marées. Au sommet des dunes, les végétaux ne peuvent résister ni au vent ni au soleil qui les dessèchent. Le vent, travailleur infatigable, déplace continuellement le sable, provoquant l’érosion éolienne ; il ne cesse de remanier les dunes que les oyats et les laîches des sables tentent de fixer. Les panicauts, appelés aussi chardons des dunes, splendides ombellifères, proliféraient autrefois en ces lieux ; elles ont été presque entièrement exterminées par l’homme, éternel destructeur.

La slikke est la zone où se développent quelques plantes succulentes, fort appréciées des oiseaux mais aussi des humains, telles la salicorne ou la soude maritime.

Sur le schorre se trouve une flore typique constituée de plantes résistantes à l’eau de mer : les végétaux halophytes. Plus de 40 plantes différentes abondent dans les biotopes du Zwin, dont l’obione faux-pourpier, l’aster maritime, l’épinard de mer, ou la statice, fleur emblème du Zwin qui fait le bonheur des tadornes. Lors de sa floraison, le Zwin est revêtu de mauve, à perte de vue.


Espèces indigènes

Ces plantes subissent l’influence permanente de l’eau de mer salée. C’est pourquoi elles sont introuvables dans d’autres parties du littoral :

Faune[modifier | modifier le code]

Avocette élégante, emblème du parc

Chaque année des milliers d’oiseaux viennent au Zwin pour nicher, hiverner ou chercher de la nourriture. La spécificité du sol de la réserve naturelle du Zwin en a fait la « plaque tournante » des grandes migrations. La non-utilisation de pesticides, sur tout son territoire, a permis le développement de quantités de champignons et autres plantes qui ont attiré une multitude d’insectes différents, de petite mammifères, de batraciens et de lézards. L’analyse des étangs, chenaux et criques a révélé la vie d’une trentaine d’espèces de poissons marins. Submergée deux fois par jour, la slikke, réserve alimentaire très riche en particules d’argile, attire différents échassiers. C’est le cas de l’huîtrier pie, du chevalier gambette, du gravelot à collier interrompu, du bécasseau variable, du tournepierre à collier et de la barge rousse, qui y trouvent, à longueur d’année, coques, arénicoles, macoma, corophium (crevettes de vase), néréis, crabes, moules et hydrobies. La « perle » du Zwin est, sans conteste, l’avocette élégante. Petit échassier adapté aux eaux peu profondes, elle est reconnaissable à son long et fin bec recourbé vers le haut. Elle racle la slikke du bout de son bec en faisant un mouvement de fauchage latéral, à la recherche d’animalcules vivant sur le fond vaseux.

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