William Carey

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William Carey

William Carey, né le 17 août 1761 à Paulerspury (Angleterre) et décédé le 9 juin 1834 à Serampore au Bengale-Occidental (Inde), est un missionnaire baptiste et orientaliste anglais de renom.

Cofondateur, à Londres, de la Baptist Missionary Society (vers 1792) Carey lui-même fut envoyé en 1793 au Bengale, alors sous le contrôle de l'East India Company', pour y répandre l'Évangile. Y trouvant plus de liberté pour son travail Carey s'installa en 1800 à Serampore, comptoir colonial danois situé à une trentaine de kilomètres au nord de Calcutta.

Linguiste doué il étudia et acquit une grande maitrise de plusieurs langues indiennes, dont le sanskrit et le bengalî. En 1801 il publia la première traduction du Nouveau Testament en bengali. D'autres traductions du Nouveau Testament suivirent: en sanskrit (1808), marâthî (1811), panjâbî (1815), l'intégral de la Bible en bengali (1809).

Tout en étant professeur de sanscrit à Calcutta (depuis 1801) et publiant grammaires et dictionnaires qui facilitèrent à ses contemporains l'étude des langues orientales, il fonda (1818) et fut le premier directeur du Serampore Theological College auquel, en 1828, Frédéric VI, roi du Danemark accorda une charte de fondation universitaire. Tout au long du XIXe siècle l'université fut une pépinière de missionnaires baptistes formés aux langues orientales. Les presses de Serampore publièrent des bibles dans toutes les grandes langues d'Asie.

Carey entreprit également avec Joshua Marshman la publication et la traduction du Itamayana, et en donna plusieurs volumes (1806-1810), mais il ne put l'achever.

Biographie[modifier | modifier le code]

William Carey, né en 1761, est le fils d'un savetier du Northamptonshire, en Grande-Bretagne. Il est élevé au sein de l'Église anglicane puisque son père devient à la fois maître d'école et secrétaire de la paroisse. Le jeune William s'intéresse aux sciences naturelles et se montre doué pour les langues. À quatorze ans, il entre en apprentissage chez un savetier d'un village voisin, lui aussi homme d'église, mais, sous l'influence d'un autre apprenti, William rejoint une église "congrétionaliste", nom que l'on donnait à de petites communautés dissidentes organisées de façon autonome. En 1781, William se marie avec une fille illettrée. De leur union naitront six enfants. William Carey, toujours savetier, mais installé à son compte, apprend l’hébreu, l’italien, le français et le néerlandais. Il évoluera ensuite dans la mouvance « baptiste » (Voir Églises évangéliques), dont il acceptera la dénomination et il se fait baptiser en 1783 par John Ryland.

En 1785, Carey gagne sa vie comme instituteur du village de Moulton en même temps qu'il est pressenti pour devenir pasteur de l'église baptiste locale. Il lit la vie de David Brainerd, missionnaire auprès des indiens d'Amérique, et les récits de voyage de James Cook. Il se sent alors investi de la mission de propager l'Esprit chrétien à travers le monde. Il est proche d'Andrew Fuller, engagé dans une controverse avec les hyper-calvinistes, reprochant à ces derniers de restreindre à des élus l'appel de l'Esprit-Saint au repentir et à la foi.

C'est dans ce contexte qu'en 1786, au cours d'une réunion de pasteurs, Carey soulève la question du devoir de tous les chrétiens de répandre l'esprit évangélique à travers le monde. Le père de celui qui l'avait baptisé lui aurait alors rétorqué : "Jeune homme, asseyez-vous, S'il plaît à Dieu de convertir les païens, il n'a pas besoin de vous !"

En 1789, pasteur à plein temps, il publie ce que l'on peut considérer comme un manifeste missionnaire An Enquiry into the Obligations of Christians to use Means for the Conversion of the Heathens, c'est-à-dire "Enquête sur le devoir qu'ont les chrétiens de se donner les moyens de convertir les païens", livre d’une centaine de pages qui décrivait l’état de la population mondiale et le devoir pour les chrétiens d'évangéliser tous les peuples de la terre. Après des fondements doctrinaux, ce livre contient un rappel historique de l'activité missionnaire, depuis l'Église primitive jusqu'à David Brainerd et John Wesley, puis des statistiques sur l'implantation des religions à travers le monde, et enfin un appel à la constitution d'une société missionnaire baptiste. Cette Baptist Missionary Society est créé en 1791. En plus de Carey, Andrew Fuller, John Ryland, et John Sutclif en sont les membres fondateurs. À cette époque, un certain John Thomas, médecin missionnaire à Calcutta, parcourait la Grande-Bretagne pour lever des fonds. Les fondateurs de la jeune société missionnaire décident de le soutenir et d'envoyer John Carey à Calcutta. Dorothée Carey accepte de suivre son mari, pourvu que sa sœur puisse l'accompagner. En arrivant en Inde, les trois missionnaires doivent d'abord trouver les moyens de leur subsistance. Carey trouve ainsi une place de régisseur dans une plantation d'indigo. "Subvenir à ses propres besoins", Tentmaking, en anglais, devient ainsi l'un des principes des missions protestantes baptistes. Pendant les six premières années de sa présence en Inde, Carey apprend le Bengali et traduit le Nouveau Testament dans cette langue. Il commence également à formuler les principes de base qui doivent régir une communauté missionnaire :

  • Vie communautaire
  • Autonomie financière
  • Formation de pasteurs indigènes

La mort de son fils Peter, à la suite d'une dysenterie, plonge Dorothée Carey dans un état dépressif dont elle ne sortira jamais jusqu'en 1807, date de sa mort. Entre temps, la société missionnaire baptiste avait recruté et envoyé en Inde quatre nouveaux missionnaires qui s'étaient établis dans la colonie danoise de Serampore. Carey les rejoint en janvier 1800. C'est en août de la même année que les missionnaires obtiennent leur premier Hindou converti, Khrishna Pal, de la caste des sudras. Il semble qu'il aurait renoncé à sa caste et que sa fille aurait épousé un brahmane en 1802. Les missionnaires s'étaient mis dans les bonnes grâces de Richard Wellesley, gouverneur général des Indes. Ce dernier offre à Carey d'enseigner le Bengali dans un collège qu'il vient de former pour former des administrateurs civils. Après la mort de Dorothée, en 1807, Carey se remarie avec une danoise, d'un bon niveau intellectuel, qui fréquentait la communauté missionnaire, et qui meurt à son tour en 1921 ; il se marie pour la troisième fois en 1923 avec une veuve.

Une petite imprimerie avait été installée à la mission. Du vivant de Carey, la Bible fut traduite dans pas moins de 42 langages et dialectes, y-compris le sanskrit. Des textes sacrés traditionnels sanskrits sont aussi traduits en anglais. En 1818, les missionnaires fondent le collège de Serampore, destiné à former des ministres du culte indiens, mais aussi ouvert à tous, sans considération de religion ou de caste. Au fur et à mesure que la mission grossit, des dissensions commencent à apparaître. Les nouveaux missionnaires envoyés depuis le Royaume-Uni n'acceptent pas la communauté de vie et demandent à vivre dans des maisons séparés. Ils s'insurgent également contre le caractère dictatorial des missionnaires les plus anciens. Au Royaume-Uni, John Dyer, qui a succédé à Andrew Fuller comme secrétaire de la Société missionnaire entend réorganiser la Société comme une entreprise et entend régenter depuis le Royaume-Uni les affaires de Serampore. Carey rompt alors les liens avec la société qu'il avait créée et se replie sur le collège jusqu'à sa mort en 1934.

Soit dit en passant, William Carey négligeait complètement l'éducation de ses quatre garçons qui furent complètement pris en charge pas un autre couple de missionnaires, Joshua et Hannah Marschman, arrivés à Serampore en 1800. En plus de son œuvre de missionnaire et de traducteur, il a également publié des ouvrages de botanique.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • E. Daniels Potts: British Baptist Missionaries in India 1793-1837: The History of Serampore and its Missions, Cambridge, 1967.
  • F. Deauville Walker: William Carey: Missionary Pioneer and Statesman, Chicago, 1951