Pronoms personnels japonais

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Les mots japonais que l’on considère comme étant des pronoms personnels se comportent exactement comme des noms. Ils peuvent être omis, si le contexte linguistique et extralinguistique permet d'identifier les agents. Le locuteur a recours à leur usage plus souvent pour préciser délibérément l'agent en question, sinon pour accentuer la présence de ce dernier, produisant un effet de mise en scène, au même titre qu’un « moi » dans un énoncé du type « moi, je mange. » Par ailleurs, ils n’influencent en aucune manière la forme du verbe auxquels éventuellement ils se rapportent.

La multiplicité des mots ayant pour sens « moi », « toi », « il », « elle » etc. se sert notamment à révéler des informations sur le type de relation que le locuteur perçoit ou souhaite entretenir pour son interlocuteur ou le tiers en question et s'inscrive dans le domaine du registre de langue. Elle compense l'absence des désinences personnelles dans le système verbal et répond à l'existence du système de déférence, Keigo, qui intervient entre autres sous forme de verbes.

Je[modifier | modifier le code]

Mot Écriture Connotation
watashi poli et plus utilisé par la femme quoique restant mixte
watakushi très poli (usité par les hommes d'affaires par exemple)
watasu archaïque
washi 儂、私 utilisé par les vieillards. Connote une certaine supériorité sociale par rapport au locuteur (les vieillards sont considérés comme "précieux" et ont latitude plus large vis-à-vis de l'étiquette, à l'instar des jeunes enfants).
sessha 拙者 Langage des bushi, archaïque; occasionnellement utilisé à l'écrit par certains journalistes
boku masculin / courant
ore familier
ora おら Plutôt usité dans les campagnes, donne un aspect un peu paysan
atai あたい féminin (aussi masculin en dialecte de Kagoshima) / ancien
atashi あたし féminin
atakushi あたくし féminin poli
uchi うち sens de « (ma) maison »
chin par le monarque, ex. 朕は国家なり (L'État, c'est moi.)
yo N'est quasiment plus usité, mais était employé par exemple par des chefs d'armée

Tu[modifier | modifier le code]

Mot Écriture Connotation
anata あなた Poli. Il existe une forme ancienne "sonata", souvent utilisée dans les dorama sur l'époque Sengoku.
anta あんた Impoli
kimi Familier, plus poli que "omae", utilisé avec les personnes de rang inférieur.
omae お前 Très familier avec un sentiment détaché, utilisé avec les personnes de rang inférieur.
otaku お宅 Pour s'adresser à un interlocuteur dont on ne connaît pas davantage sur sa personne avec un léger sentiment de respect.
kisama 貴様 Injurieux
temee てめぇ Grossier
onore おのれ Injurieux, prend parfois le sens de l'égo, du "moi".


À moins de parfaitement maîtriser le japonais, il est recommandé de ne pas employer les pronoms personnels de la deuxième personne. Peut-être encore plus que ceux de la première personne, ils risqueraient la plupart du temps de choquer votre interlocuteur.

Même l'usage du pronom personnel あなた (anata), que l'on rencontre parfois dans les méthodes d'apprentissage du japonais, s'avère délicat, car dans une communication avec ses pairs, il peut évoquer aussi bien du respect qu'au contraire un effet de la prise de distance suscitant du mépris selon les situations, tandis que son usage à l'écrit est très fréquent dans divers supports de communications publiques. La plupart du temps, en japonais, il vaut mieux utiliser le nom de la personne suivi de さん, le suffixe de titre de civilité du niveau de politesse neutre évoquant la sympathie envers celle-ci.

Un locuteur natif de la langue japonaise a tendance à utiliser plus volontiers le nom de la personne que les pronoms personnels dans le cas où leur omission n'est pas possible. Cela demande toujours de savoir mesurer différents effets psychiques qu'apportent différents facteurs dans une communication donnée. À Tokyo, par exemple, les garçons utilisent parfois おまえ (omae) quand ils parlent à un « copain », mais une simple modification du ton de la voix peut transformer le mot en insulte.

La difficulté de l'utilisation des pronoms personnels réside dans leurs multiples nuances, et le tableau ci-dessus n'est donné qu'à titre indicatif. Par exemple, le pronom きみ (kimi) est utilisé tant par un mari pour s'adresser à sa femme dans une relation conjugale que par les adultes enseignants de deux sexes pour s'adresser pour la plupart à un élève, mais parfois aussi à une élève, ou encore par un supérieur s'adressant à son collaborateur subordonné dans un contexte professionnel.

Pronoms possessifs[modifier | modifier le code]

Les pronoms possessifs n'existent pas, on les remplace par le pronom personnel suivi de la particule de possession の.

  • « Ma voiture est rouge. » (「私の車は赤いです。」, « Watashi no kuruma wa akai desu. »?)

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