Louis II de Bavière (1845-1886)

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Louis II

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Louis II de Bavière par Ferdinand von Piloty (1865)

Titre

Roi de Bavière

10 mars 186413 juin 1886
(22 ans, 3 mois et 3 jours)

Prédécesseur Maximilien II de Bavière
Successeur Othon Ier de Bavière
Biographie
Dynastie Maison de Wittelsbach
Nom de naissance Ludwig Otto Friedrich Wilhelm von Wittelsbach
Naissance 25 août 1845
Château Nymphenburg à Munich (Royaume de Bavière)
Décès 13 juin 1886 (à 40 ans)
Lac de Starnberg près du château de Berg (Royaume de Bavière)
Sépulture Église Saint-Michel à Munich
Père Maximilien II de Bavière
Mère Marie de Hohenzollern
Conjoint Aucun
Enfants Aucun
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Monarques de Bavière

Louis II de Bavière, né Louis Othon Frédéric Guillaume de Wittelsbach (en allemand: Ludwig Otto Friedrich Wilhelm von Wittelsbach[1]; né le 25 août 1845 à Munich - décédé le 13 juin 1886 au Lac de Starnberg prés du château de Berg) fut de 1864 à 1886 le quatrième roi de Bavière. Ses autres titres sont comte palatin du Rhin, duc de Bavière, de Franconie et de Souabe. Il est le fils ainé de Maximilien II de Bavière et de son épouse Marie de Hohenzollern.

Louis II est surtout connu comme un excentrique dont l'héritage est étroitement lié à l'histoire de l'art et de l'architecture. Il a commandé la construction de plusieurs châteaux et palais extravagants et fantastiques dont le plus célèbre est Neuschwanstein. Il fut le mécène du compositeur Richard Wagner.

Son anniversaire coïncide avec la fête du roi de France Louis IX (Saint Louis), dont le sixième fils, Robert de Clermont, a engendré la branche des Bourbons. Le parrain de son grand-père et parrain Louis Ier de Bavière, né le même jour, était Louis XVI, qui appartenait à la maison des Bourbons. Cette parenté avec la dynastie française, incarnant à partir d'Henri IV la monarchie absolue, fut, pour l'idée que le prince se faisait de lui-même, d'une importance primordiale pendant toute sa vie.

Bien qu'il fût anticlérical, l'idée d'une royauté sainte selon la volonté de Dieu le fascinait. Il se comparait à Parsifal, héros médiéval devenu le gardien du Graal grâce à sa pureté. En réalité, Louis était un monarque constitutionnel, avec des droits et des devoirs et peu de libertés, surtout à partir de 1871, lorsque la Bavière devint vassale de la Prusse. C'est pourquoi il créa son propre monde, dans lequel, loin de la vie réelle, il se sentait vraiment roi. Déclaré fou, il mourut tragiquement le lendemain de son internement au château de Berg.

Biographie[modifier | modifier le code]

Arbre généalogique simplifié de Louis II.

Naissance et jeunesse[modifier | modifier le code]

Chambre natale de Louis II.

Louis II de Bavière est né le 25 août 1845 au château de Nymphenburg, près de Munich.

Il est le fils du roi Maximilien II de Bavière (1811-1864), à qui il succède, et de Marie de Hohenzollern, princesse de Prusse (1825-1889).

Deux événements marquent les premières années de Louis II. En avril 1846 (Louis a 8 mois), sa nourrice contracte la fièvre typhoïde et en meurt. Ce sevrage brutal est considéré comme un choc psychologique sérieux par des spécialistes[2]. Cette même année, son grand-père, le roi Louis Ier de Bavière, s'entiche d'une aventurière Lola Montez[3]. Cette relation tapageuse l'oblige à abdiquer le 11 mars 1848.

Maximilien II rétablit le calme en Bavière. Il encourage les arts et les sciences, se prononce contre le travail des enfants, fonde des institutions de charité, prend des mesures en faveur de l'emploi. Il veut donner à la Bavière un rôle de premier plan face à la Prusse et l'Autriche[4]. Maximilien est un homme de bibliothèque. Marie, son épouse, est une femme de plein air, qui a la passion de l'alpinisme[5].

Lorsque son père devient roi, Louis est, par conséquent, prince héritier : Maximilien lui fait alors suivre une éducation très chargée pour son âge : « lever à 5h l’été, à 6h l’hiver, petit déjeuner rapide et frugal, puis des heures d’étude à peine ponctuées d’une ou deux heures de détente. Ajoutons à l’instruction théorique et universelle, la discipline physique, comme la danse, l’escrime, le maniement des armes, l’équitation, la natation... et la discipline artistique, comme le dessin, la musique... Tous ces savoirs ennuieront pour la plupart le jeune prince, sauf la littérature, l’histoire, les sciences naturelles, l’histoire religieuse et l’enseignement de la langue française, qu’il possédera plus tard à la perfection. Tout cet enseignement ne laisse donc que peu de place aux contacts humains, en particulier aux rapports filiaux[6]. »

« Louis aimait à se costumer …, avait plaisir à faire du théâtre, aimait la peinture et autres choses de ce genre … il aimait faire des cadeaux, argent et objets. » Ces traits de caractère seront présents chez Louis durant toute sa vie[7].

Louis est incompris par ses parents, à cause de son caractère fantasque, solitaire et très sensible. Son père ne sait pas lui parler et évite de le faire. Et, s'il partage le goût de l'escalade et de la montagne avec sa mère, cette dernière ne le comprend guère mieux, se moquant des « envolées » de son fils, ce qui le blesse cruellement. Elle préfère son frère Otto, « plus ouvert, plus souriant, plus épanoui » et nettement moins difficile à élever. « Louis se replie donc sur lui et développera vis-à-vis des gens chargés de son éducation, des sentiments souvent bien plus vifs qu’à l’égard de ses parents qu’il craint ou qui l’ennuient »[6].

Le prince passe l'essentiel de son enfance dans le château d'Hohenschwangau, riche de symboles : le château est lié à la légende de Lohengrin et Tannhäuser, le Minnesanger de la Wartburg y aurait séjourné. Les fresques de Moritz von Schwind illustrent la quête du Graal, le Venusberg, le mariage d'Elsa de Brabant, le combat de Telramund, bref, toute une mythologie issue des vieilles légendes germaniques. Le cygne est partout présent. Le décor de son enfance influence considérablement l'existence future de Louis[8]. Il appelle le château « le Paradis de son enfance »[9] et écrit dans une lettre à Wagner qu'il était « profané tous les ans par la prose de sa mère »[10].

En 1857, Louis II lit pour la première fois un ouvrage de Richard Wagner : L'Œuvre d'Art de l'Avenir. Le 18 février de l'année suivante a lieu la première représentation de Lohengrin à Munich, mais il n'est pas permis à Louis d'y assister. Le 3 juin de la même année, Louis commence son journal intime[11].

Pour la première fois, en 1846, Louis visite avec son père la "maisonnette royale" dans la vallée du Graswang. C'est à cet endroit que Louis construira le château de Linderhof. En septembre, il lit un autre ouvrage de Wagner : La Musique de l'Avenir. Le 2 février 1861, il entend pour la première fois un opéra du compositeur, en l'occurrence Lohengrin[11]. Il est tellement subjugué qu'il fait une crise d'épilepsie[9].

L'automne de l'année suivante, il passe son diplôme de fin d'études. Le 25 août, il est fait chevalier de l'Ordre de Saint-Hubert par son père. Il va plus souvent au théâtre et adopte une coiffure frisée. À la fin de l'année, il commence à suivre quelques cours universitaires, notamment de français, de philosophie, de science militaire et de physique-chimie. En 1863, Bismarck et Louis II se rencontrent pour la première fois, au château de Nymphenburg[11].

Son règne politique[modifier | modifier le code]

Louis II accède au trône à l'âge de 18 ans. Les Bavarois accueillent avec liesse ce jeune roi remarquable par sa haute taille (1,90 m) et sa beauté angélique.

Dès le début de son règne, il a la tâche de faire face à la politique audacieuse du chancelier de Prusse, Otto von Bismarck. Son chancelier Ludwig von der Pfordten place la Bavière aux côtés de l'Autriche en 1866. Mais la bataille de Sadowa en 1866 expulse l'Autriche de la sphère proprement allemande et met fin à la Confédération germanique. Il appelle alors à la chancellerie, Chlodwig de Hohenlohe-Schillingsfürst, qui range la Bavière aux côtés de la Prusse pendant la guerre de 1870 contre la France.

La défaite française de 1870 va achever l'intégration du royaume de Bavière à l'Empire allemand naissant.

Profondément francophile, Louis II était un admirateur de la monarchie absolue du XVIIIe siècle, de Louis XIV et de Marie-Antoinette. Le Roi était plus que réticent à ce que son royaume se joigne au nouvel Empire allemand, sous la direction des Prussiens qu'il haïssait. Mais il était par ailleurs acquis aux idées libérales et souhaitait l'Union allemande (cf. Jacques Bainville).

Le chancelier Otto von Bismarck rédige pour lui la Kaiserbrief du 30 novembre 1870, par laquelle, le Roi Louis proposerait au nom de la Bavière la couronne impériale au Roi de Prusse. Des compensations financières sont prévues pour Louis II, à travers l'héritage des Guelfes, somme réunie à la suite de l'annexion du Hanovre par la Prusse en 1866. Il se résout à la signer. Il fut le seul souverain allemand absent à la cérémonie de l'unification de l'Allemagne dans la galerie des Glaces du Château de Versailles le 18 janvier 1871. Son frère Othon l'y représenta.

À la suite de cet échec signant la fin de la Bavière indépendante, négligeant les devoirs de sa fonction pour s'adonner à ses rêves (il parle des "fadaises d'état") et vivant de plus en plus reclus, le roi dépense sans compter dans la construction de châteaux en Bavière. Confrontés aux dépenses exorbitantes du souverain, les différents gouvernements bavarois soutenus par la famille royale cherchèrent alors à l'évincer du pouvoir...

À partir de 1875 il vit la nuit, faisant souvent des promenades avec des chaises ou des traineaux à la pointe de la technique, parfois vêtu de costumes historiques, ainsi que les valets qui l'accompagnaient[7].

Déposé par un coup d'État du gouvernement en 1886, il est déclaré fou et son oncle Léopold de Wittelsbach est nommé régent le 10 juin 1886, le roi nominal étant le frère de Louis, Othon (Otto) interné depuis 1874.

Les fiançailles rompues[modifier | modifier le code]

Photo officielle des fiançailles de Louis et Sophie (Joseph Albert).

Il se fiance avec sa cousine la duchesse Sophie-Charlotte en Bavière (1847-1897), fille du duc Maximilien en Bavière, chef de la branche cadette de la Maison royale de Bavière et de la duchesse Ludovica de Bavière, fille du roi de Bavière Maximilien Ier, arrière-grand-père de Louis. Sophie-Charlotte est également la sœur de Charles-Théodore en Bavière, ami d'enfance du solitaire Louis et d'Élisabeth, dite Sissi, impératrice d'Autriche et reine de Hongrie et de Bohême, qu'il admire.

Les fiançailles sont officialisées le 22 janvier 1867, mais le mariage est reporté à plusieurs reprises. Le roi appelle sa fiancée Elsa du nom de l'héroïne de l'opéra Lohengrin du Maître, le compositeur Richard Wagner, à qui il voue un véritable culte, voire Élisabeth, de Tannhaüser. Il se présente chez les parents de la jeune fille en pleine nuit pour faire une cour trop platonique[12].

Un jour, Sophie-Charlotte lance devant sa famille : « Vous ne voyez donc pas qu'il ne m'aime pas ! »[13]. En octobre 1867, le duc Max, abandonnant sa bonhomie proverbiale[14], exige que le mariage soit célébré avant la fin de l'année. Louis se déclarant offensé par l'attitude de son futur beau-père et sujet, en profite pour rompre ses fiançailles. Il écrit dans son journal : « Me suis débarrassé de Sophie (abgeschrieben). La sombre image s'efface. Je désirais ardemment la liberté ; j'ai soif de liberté ! Enfin, je revis, après ce cauchemar épouvantable » Le 28 novembre, date à laquelle le mariage aurait dû être célébré, Louis écrit dans son Journal : « Grâce à Dieu, le terrible événement ne s'est pas réalisé [15]. »

Victime du scandale, sa cousine Sophie-Charlotte se marie l'année suivante avec Ferdinand-Philippe-Marie d'Orléans, duc d'Alençon (1844-1910), fils de Louis-Charles-Philippe-Raphaël d'Orléans, duc de Nemours, et petit-fils du roi des Français Louis-Philippe Ier. Sophie-Charlotte, âme fragile et tourmentée, trouvera finalement la paix dans une foi profonde et charitable avant de mourir de manière édifiante en 1897 dans l'incendie du Bazar de la Charité à Paris. On ne retrouva d'elle que quelques parcelles de son corps calciné identifiées par son dentiste.

Cette indécision de Louis II vis-à-vis du mariage peut s'expliquer par son homosexualité[16].

Son règne artistique[modifier | modifier le code]

Le roi en 1886, photo de Joseph Albert.

Afin de comprendre le roi, il faut nous replacer dans l'atmosphère de l'époque. En effet, alors qu'au cours du XIXe siècle les choses évoluent vite et que l'industrialisation vient bouleverser les valeurs anciennes, le courant romantique va prendre tout son essor et sa portée véritable. Ce romantisme, très spécifique en Allemagne, met en valeur les éléments traditionnels, ceux de la culture, du sang, du sol et de la race du peuple Allemand. Le courant romantique assiste à la naissance, ou la renaissance, d'un monde sensible, en rapport à l'Histoire, aux émotions, à la Nature, et lutte contre la modernité industrielle. Le romantisme tend à toucher à sa fin avec la déception du Printemps des peuples, dès 1848. Cependant, le roi y adhérera pleinement et fera partie des romantiques tardifs.

Il admire Richard Wagner et devient son mécène. Le journal du roi[17] ainsi que des lettres[18] montrent son homosexualité et son adoration passionnée de Wagner dont il est probablement amoureux[19], sans que l'on puisse conclure s'il existe une liaison entre les deux hommes[20]. Profitant de l'amour du roi pour son œuvre, Wagner le conduira à dépenser à son profit des sommes considérables. Louis II a par exemple financé la construction du Palais des festivals de Bayreuth (Festspielhaus) voulu et conçu par le musicien pour y présenter ses opéras. Le développement de la culture germanique et la promotion d'un idéal culturel faisaient partie des objectifs de grandeur du roi, à l'instar du roi Louis XIV, son modèle absolu. Le Conseil des ministres poussera le roi à arrêter son mécénat envers le compositeur.

Influencé par Wagner et inspiré par les travaux de Viollet-le-Duc en France (il visita notamment le Château de Pierrefonds le 24 juillet 1867[21]) , Louis II fait construire des châteaux de style gothico-romantique, dont le plus célèbre est le château de Neuschwanstein, qui ne fut jamais achevé.

Le poète français Paul Verlaine le considère comme le « seul vrai roi de ce siècle »[22].

La mort du roi[modifier | modifier le code]

Exposition du corps de Louis II à Munich avant les funérailles.
Tombeau de Louis II de Bavière.

Déclaré aliéné mental[23], Louis II est interné le 12 juin 1886 au château de Berg, au sud de Munich, où il meurt le lendemain, ainsi que son psychiatre Bernhard von Gudden, au cours d'une promenade après dîner au bord du lac situé à l'orée de la forêt, dans le parc du château. Leurs corps sont retrouvés dans le lac de Starnberg, à proximité de la berge. Bien des hypothèses ont été soulevées.

Un certain nombre de faits sont incontestables[24], corroborés par les témoins de la découverte et l'autopsie pratiquée le 15 juin par les docteurs Rüdinger et Rückert devant un collège d'experts[25].

Les deux hommes se seraient battus. Le roi aurait noyé le médecin et se serait dirigé vers le large. Le roi ne porte aucune plaie ni trace de coups, ce qui exclut l'assassinat. Il n'est pas mort noyé, ses poumons ne contenant pas d'eau, mais probablement d'une hydrocution due à la température de l'eau et au repas du soir pris juste avant la promenade. Le Dr Müller, assistant de Von Gudden, écrit, lui : « Le roi a eu une crise cardiaque ». Trois thèses sont en présence : la tentative d'évasion, l'accident ou le suicide.

Certains ont imaginé que des catholiques avaient tenté de faire évader le roi pour instaurer un gouvernement de droite. Pour d'autres, il aurait tenté de s'enfuir pour rejoindre sa cousine Élisabeth, présente de l'autre côté du lac ce 13 juin, à Feldafing[26]. Rien ne permet de confirmer cette thèse. Selon les partisans de l'accident, Louis tue Von Gudden et se précipite vers les eaux profondes dans un accès de folie. Mais le roi avait déjà manifesté son intention de se suicider, notamment lors de son arrestation à Neuschwanstein. Il comprend qu'il risque d'être interné à vie, comme son frère Othon devenu fou. Lors de la promenade, il se serait précipité vers le lac. Le médecin l'aurait retenu. Une brève lutte aurait eu lieu. Von Gudden serait mort noyé. Le roi aurait alors tenté de mettre son projet de fuite à exécution. L'eau glaciale l'aurait terrassé. Louis II serait donc mort de mort naturelle, lui qui songeait au suicide.

Le défunt roi fut inhumé dans l'église Saint-Michel à Munich. Son cœur est prélevé pour être inhumé dans un monument situé dans la Chapelle de la Grâce à Altötting.

Une cérémonie se tient chaque année le 13 juin dans la petite chapelle votive bâtie près de l'endroit où son corps fut retrouvé.

Son successeur est officiellement son frère Othon Ier de Bavière, déclaré fou et interné depuis quatorze ans dans un palais de Munich. Leur oncle Léopold de Wittelsbach assure la régence.

Personnalité[modifier | modifier le code]

Homosexualité[modifier | modifier le code]

Tout au long de sa vie, Louis II eut une succession d'amitiés étroites avec des hommes. Dès 1858, il a commencé à tenir un journal dans lequel il a enregistré ses pensées intimes et ses tentatives pour réprimer ses désirs sexuels et rester fidèle à sa foi catholique. Ce journal[17] ainsi que des lettres et des documents personnels montrent clairement qu'il a continuellement essayé de lutter contre son homosexualité. Parmi ses amants, on peut citer le chanteur Albert Niemman, les acteurs Emil Rohde, Josef Ganz, son officier d'ordonnance Paul von Thurn und Taxis, le baron de Varicourt et surtout son écuyer Richard Hornig.

Autisme[modifier | modifier le code]

L'autisme est la perturbation de la relation de la vie intérieure au monde extérieur. Le psychiatre suisse Eugen Bleuler, élève du psychiatre de Louis II et inventeur du mot « autisme » le définit ainsi[27] : «Ce que nous appelons autisme, c'est cette évasion de la réalité, et dans le même temps cette prédominance relative ou absolue de la vie intérieure. Le monde autistique est pour les malades tout aussi réel que la réalité, bien qu'il soit parfois d'une réalité différente... Mais bien qu'ils soient plongés dans un monde imaginaire, les malades tiennent cependant compte du réel pour se conduire ou s'orienter.»

Le mode d'existence de Louis II découle de cette altération du réel et d'un délire mêlant la persécution et la grandeur, qu'il ne faut pas confondre avec l'autisme, ou syndrome de Kanner, au sens de Leo Kanner. Son enfance est solitaire et marquée par une passion pour le monde symbolique des légendes allemandes. Dès les premières années de son règne, Louis II se désintéresse de la politique et méprise profondément Munich et les Munichois. Au fur et à mesure que les années passent, il s'isole de plus en plus dans les décors qu'il a voulus, ses châteaux, le jardin d'hiver de la résidence de Munich, les grottes et divers pavillons de Linderhof ou Schachen. Il crée son propre monde dans lequel il peut s'imaginer être Lohengrin, Tannhaüser, Louis XIV, sultan, émir, cheik ou commandeur des croyants. Jacques Bainville écrit : « Il conçut la vie comme un spectacle dont il prétendit régler les détails à son gré, devant être l'unique spectateur[28]. »

Les châteaux[modifier | modifier le code]

L'ensemble des fameux châteaux du roi appartiennent pleinement au style et au courant romantiques. Apparu en Allemagne dès le début du XIXe siècle, notamment en réaction à la suppression du Saint Empire en 1806 et à l'écrasement de la Prusse par la France en 1807, le courant romantique se poursuit tardivement dans les dernières œuvres de Richard Wagner, par exemple. Le roi fait partie de ces romantiques tardifs. Il essayera toujours de rappeler et de mettre en valeur la mémoire du passé, notamment par ses châteaux.

Le Château de Neuschwanstein.

Louis laissa de nombreux plans et de dessins pour d'autres châteaux dont la construction était envisagée. Il projetait notamment l'édification d'un palais byzantin dans le Graswangtal, (près de Linderhof), d'un palais chinois dans le Tyrol, ainsi que la reconstruction du château de Falkenstein, près de Pfronten dans l'Allgäu. En 1885, on entama la démolition de l'ancien château de Falkenstein et aménagea la route qui y menait, puis les travaux furent abandonnés.

Louis II avait demandé qu'à sa mort, ses châteaux soient détruits. Cependant, six semaines après son décès, le gouvernement bavarois décidait de les ouvrir au public afin de démontrer que le roi était fou et de permettre de payer les dettes royales en demandant un droit d'entrée.

Dès 1920, les dettes étaient payées.

L'ouverture des châteaux a eu pour effet, au contraire, d'entretenir la popularité du roi, qui est devenu un personnage de légende, véritable mythe dans les Alpes bavaroises, d'autant plus que les paysans employés sur les chantiers royaux étaient bien payés et que le roi, généreux et poli malgré ses lubies, avait toujours un mot pour chacun de ses sujets.

Tous les ans, au pavillon de chasse du Schachen, les gens de la région fêtent l'anniversaire du roi et la Saint-Louis, célébrée le même jour, par un feu illuminant la nuit.

Œuvres artistiques traitant de Louis II[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

  • Das Schweigen am Starnbergersee, film muet de Rolf Raffé, 1920
  • Ludwig II, film muet du cinéaste autrichien Otto Kreisler, 1922
  • Ludwig II, König von Bayern de Wilhelm Dieterle, 1930
  • Louis II de Bavière (Ludwig II: Glanz und Ende eines Königs), film allemand réalisé par Helmut Käutner en 1955.
  • Ludwig, le crépuscule des dieux (Ludwig), film franco-germano-italien réalisé par Luchino Visconti en 1972.
  • Ludwig, Requiem für einen jungfraulichen König (Ludwig, requiem pour un roi vierge), Hans-Jürgen Syberberg, 1972
  • Mémoires d’un cuisinier du roi, Théodore Hirneis de Hans Jürgen Syberberg, 1973
  • Im Ozean der Sehnsucht, documentaire de Christian Rischert, 1986
  • Ludwig 1881 de Fosco et Donatello Dubini, avec Helmut Berger, 1993.
  • Louis II de Bavière, la mort du roi, téléfilm de et avec Matthias Vinterburg, 2006
  • Louis II., film allemand réalisé par Peter Sehr et Marie Noelle, avec Sabin Tambrea, 2012

Littérature[modifier | modifier le code]

Manga[modifier | modifier le code]

  • Ludwig II (Ludwig II de Bavière, le roi fou à l'ombre de la lune blême), manga yaoi japonais en 3 volumes, scénarisé et dessiné par You Higuri, datant de 1996. Il est publié au Japon par Kadokawa Shoten Publishing, et en France par Génération Comics.

Musique[modifier | modifier le code]

Un certain nombre de comédies musicales basées sur la vie de Ludwig II ont été mises en scène. « Ludwig II. – Sehnsucht nach dem Paradies », musique de Franz Hummel et paroles de Stephen Barbarino a été vue par plus d'un million de spectateurs dans un théâtre construit expressément sur les rives du lac, à Fussen, non loin des châteaux de Neuschwanstein et Hohenschwangau.

Le duo électronique Matmos a enregistré une chanson intitulée « Banquet for King Ludwig II of Bavaria » sur leur album de 2006 The Rose Has Teeth in the Mouth of a Beast.

Le compositeur de musique électronique Klaus Schulze a publié le morceau Ludwig II von Bayern sur son album « X. » (1978).

Le groupe de rock progressif Wapassou a enregistré un album 33 tours en 1979 - Ludwig (Un Roi Pour L'Éternité)[29].

Les That Fucking Tank se sont formés en 2004 à Leeds à la suite d'une fête de lycée. Ce groupe de heavy metal est constitué d'Andy Abbott à la guitare baritone et de James Islip à la batterie minimaliste. L'avant-dernier titre de leur album Tanknology (2009) s'intitule Ludwig II of Bavaria.

En 2010, un groupe de metal allemand, Freedom Call, produit un album-concept basé sur la vie de Louis II : Legend of the Shadowking[30].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Chapelle votive construite au bord du lac de Starnberg en mémoire de la mort de Louis II, près du lieu où son corps fut retrouvé
  • Carnets secrets, 1869-1886, préface par Dominique Fernandez, commentaires de Siegfried Obermeier, Grasset, 1987, (ISBN 978-2-246-38301-7)
  • Jacques Bainville, Louis II de Bavière, Librairie Académique Perrin, 1900. Réédition Bartillat, 2009, (ISBN 978-2841004492)
  • Desmond Chapman-Huston, Tragédie fantastique. La Vie de Louis II de Bavière, Hachette, 1957, traduction par Anne-Marie Soulac de : (en) Desmond Chapman-Huston, Bavarian Fantasy. The Story of Ludwig II. 1955.
  • Jean des Cars, Louis II de Bavière, éd. Perrin, 1995, (ISBN 2-262-01305-5)
  • Philippe Collas, Louis II de Bavière et Elisabeth d'Autriche, âmes sœurs, Éditions du Rocher, 2001, (ISBN 978-2-268-03884-1)
  • Julius Desing, Roi Louis II. Sa vie - Sa fin, Ed. Kienberger, 1967, Trad. L. Imbert.
  • François Fosca, Louis II de Bavière Inconnu, Maurice d'Hartoy éditeur, 1944.
  • Hugues Krafft, Voyage aux Châteaux du Roi Louis II de Bavière, in Le Tour du Monde, no 53, 1er semestre 1887, p. 209–225.
  • Pierre Lefebvre et Jean-Pierre Merlin, Louis II de Bavière. : Splendeurs et blessures d'un règne, Mediqualis, 2008, (ISBN 978-2-84059-068-2)
  • Philippe Le Guillou, Le Songe royal : Louis II de Bavière, Gallimard, 1996, (ISBN 978-2-07-019245-8)
  • Christine Mondon, Louis II de Bavière : Le Roi des lunes, Bernard Giovanangeli Éditeur, 2007, (ISBN 978-2-7587-0013-5)
  • Aldo Oberdorfer, Louis II de Bavière, Payot, 1986, (ISBN 978-2-228-13110-0)
  • Alain de Queyriaux, Lumières sur Louis II de Bavière ou Siegfried et les Nibelungen, AAP éditions, 2004, (ISBN 978-2-9520672-0-1)
  • Guy de Pourtalès, Louis II de Bavière : Hamlet-Roi, L'Âge d'Homme, 1994, (ISBN 978-2-8251-0547-4)
  • Paul Rauchs, Louis II de Bavière et ses psychiatres. Les garde-fous du roi, préf. Georges Lanteri Laura. Ed.L'Harmattan, 2000, (ISBN 978-2-7384-6602-0)
  • Jean Adès, Louis II de Bavière : De la réalité à l'idéalisation romantique, Geigy, 1984, (ISBN 978-2-902474-28-8)
  • Gilbert Robin, Louis II de Bavière vu par un psychiatre, Wesmael-Charlier, 1960.
  • Kishin Shinoyama, Châteaux en Bavière : Le rêve de Louis II, Imprimerie Nationale, 2004, (ISBN 978-2-7433-0528-4)
  • (de) Christof Botzenhart, Die Regierungstätigkeit König Ludwig II. von Bayern – „ein Schattenkönig ohne Macht will ich nicht sein“, Verlag C.H. Beck, München 2004, (ISBN 3-406-10737-0)
  • (de) Julius Desing, Wahnsinn oder Verrat – war König Ludwig II. von Bayern geisteskrank?, Verlag Kienberger, Lechbruck 1996
  • (de) Nikolaus Dominik, Der Märchenkönig - ein Sittenstrolch? Königstreue sind empört über die jüngste Ehrverletzung von Ludwig II. In neuem Buch wird über angeblichen Missbrauch berichtet, in: Augsburger Allgemeine, 21. November 2008, Nr. 271, S. 3
  • (de) Heinz Häfner, Ein König wird beseitigt - Ludwig II. von Bayern, München 2008. (ISBN 978-3-406-56888-6). Rezension bei "sehepunkte"
  • (de) Brigitte Hamann, Elisabeth. Kaiserin wider Willen, München/Wien 1982
  • (de) Hubert Glaser], Ludwig II. und Ludwig III. - Kontraste und Kontinuitäten, in: Zeitschrift für bayerische Landesgeschichte 59 (1996), S. 1–14.
  • (de) Dirk Heißerer, Ludwig II., Rowohlt Verlag, Reinbek 2003, (ISBN 3-499-50647-5)
  • (de) Hans F. Nöhbauer, Auf den Spuren Ludwigs II., Prestel Verlag, München 1986, (ISBN 3-7913-1470-X)
  • (de) Klaus Reichold, König Ludwig II. von Bayern – zwischen Mythos und Wirklichkeit, Märchen und Alptraum. Stationen eines schlaflosen Lebens, München, Süddeutscher Verlag, München 1996
  • (de) Arndt Richter, Die Geisteskrankheit der bayerischen Könige Ludwig II. und Otto. Eine interdisziplinäre Studie mittels Genealogie, Genetik und Statistik, Degener & Co., Neustadt an der Aisch 1997, (ISBN 3-7686-5111-8)
  • (de) Werner Richter, Ludwig II., König von Bayern, München, Stiebner Verlag, München 2001 (14. Auflage), (ISBN 3-8307-1021-6)
  • (de) Anita Schäffler, Sandra Borkowsky, Erich Adami, König Ludwig II. von Bayern und seine Reisen in die Schweiz – 20. Oktober–2. November 1865, 22. Mai–24. Mai 1866, 27. Juni–14. Juli 1881. Eine Dokumentation, Füssen 2005
  • (de) Marcus Spangenberg, Der Thronsaal von Schloss Neuschwanstein. Ludwig II. und sein Verständnis vom Gottesgnadentum, Schnell und Steiner Verlag, Regensburg 1999, (ISBN 3-7954-1225-0) (englische Ausgabe 3-7954-1233-1).
  • (en) Christopher McIntosh, The Swan King: Ludwig II of Bavaria, 2012 (ISBN 1-84885-847-7)
  • (en) Wilfred Blunt, Michael Petzet, The Dream King: Ludwig II of Bavaria. 1970. (ISBN 0-241-11293-1 et 0-14-003606-7).
  • (en) Katerina von Burg, Ludwig II of Bavaria. 1989. (ISBN 1-870417-02-X).
  • (en) Paola Calore, Past and Present Castles of Bavaria. 1998. (ISBN 1-84056-019-3).
  • (en) Greg King, The Mad King: The Life and Times of Ludwig II of Bavaria. 1996. (ISBN 1-55972-362-9).
  • (en) Hans Nohbauer, Ludwig II. 1998. (ISBN 3-8228-7430-2).
  • (en) Werner Richter, The Mad Monarch: The Life and Times of Ludwig II of Bavaria. 1954.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il fut d'abord appelé Othon Louis Frédéric Guillaume, mais le 8 septembre 1845, sous la pression de son grand-père, Louis Ier, qui était né le même jour (le jour de Saint Louis), on inversa les deux premiers prénoms. Voir par exemple Chapman-Huston, 1955, p. 4
  2. Gilbert Robin, Louis II de Bavière vu par un psychiatre, Wesmael-Charlier, 1960
  3. Cécil Saint Laurent, Lola Montez, Presse de la Cité.
  4. Christine Mondon, Louis II de Bavière : Le Roi des lunes, p. 21
  5. Jean des Cars, Louis II de Bavière page 18
  6. a et b http://www.louis2debaviere.com/fr/vie/CH_01_naissance
  7. a et b Bayerische Schlösserverwaltung | Château de Neuschwanstein | Roi Louis II de Bavière | Biographie
  8. Jean Adès, Louis II de Bavière : De la réalité à l'idéalisation romantique, p. 52-53.
  9. a et b Louis II De Bavière Est-Il Mort Assassiné? 1 - Vidéo Dailymotion
  10. Bayerische Schlösserverwaltung | Château de Neuschwanstein | Idée et genèse
  11. a, b et c Louis 2 de Bavière - Chronologie
  12. Jean des Cars, Louis II de Bavière, p. 180
  13. Jean des Cars, Louis II de Bavière, p. 187
  14. Jean des Cars, Louis II de Bavière, p. 189
  15. Desmond Chapman-Huston, Tragédie fantastique. La Vie de Louis II de Bavière, p. 134-135
  16. Jean Adès, Louis II de Bavière : De la réalité à l'idéalisation romantique, p. 107
  17. a et b L' éclat du jour no 5 : journal de Louis II, Collectif, 1987
  18. Louis II de Bavière, Carnets secrets : 1869 - 1886, Grasset,‎ 1987, 190 p.
  19. (en) Martin Gregor-Dellin, Richard Wagner : His Life, His Work, His Century, Harcourt Brace Jovanovich,‎ 1983 (ISBN 978-0-15-177151-6), p. 337–338
  20. Sophie Herfort, Louis II de Bavière et Wagner : Une passion interdite ?, France Empire,‎ 2013, 254 p.
  21. Archives départementales de l'Oise, fonds du château de Pierrefonds, journal des travaux tenu par Wyganowski. La visite s'effectue en compagnie de Napoléon III et du roi du Portugal.
  22. « À Louis II de Bavière, poème de Verlaine »
  23. Julius Desing, Le Château royal de Neuschwanstein p. 83.
  24. Jean des Cars, Louis II de Bavière p. 304 et suiv.
  25. Autopsie publiée par Paul Rauchs, Louis II de Bavière et ses psychiatres. Les garde-fous du roi, p. 79 à 82
  26. Christine Mondon, Louis II de Bavière : Le Roi des lunes, p. 169-170
  27. E. Bleuler, La découverte de l'autisme, 1912.
  28. Jacques Bainville, Louis II de Bavière, Librairie Académique Perrin, 1900.
  29. Ludwig (Un Roi Pour L'Éternité). 33 tours, Crypto, 1979 ; CD, Musea, 1994 ; CD, Belle Antique (Japon), 2009.
  30. Site de l'album : Freedom Call Legend of the Shadowking (CD Album)- Spirit of Metal Webzine (fr)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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