Le National

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Le National est un quotidien fondé le 3 janvier 1830 par Adolphe Thiers, Armand Carrel, François-Auguste Mignet et le libraire éditeur Auguste Sautelet qui en sera le premier gérant, pour combattre la Seconde Restauration.

Le nouveau journal, dont le premier numéro paraît le 3 janvier 1830, bénéficie du soutien financier du banquier Jacques Laffitte et du patronage de Talleyrand et du Duc de Dalberg. On a prétendu que le duc d'Orléans a donné sa caution politique, mais il semble peu probable qu'il se soit directement compromis : rien ne l'atteste en tout cas.

Saisie des presses du "National". 27 juillet 1830

Le titre renvoie à la devise de 1789 : « la Nation, la Loi, le Roi », l'ordre des facteurs n'ayant naturellement rien d'innocent. Le journal milite pour l'établissement d'un régime parlementaire sous forme d'une monarchie constitutionnelle et conteste l'interprétation donnée par Charles X de la Charte de 1814 en frappant des formules dont plusieurs sont restées célèbres :

« Dans la monarchie représentative, la majorité doit prévaloir contre un ministère. »
« La royauté choisit les ministres, [...] mais la majorité de la Chambre les renverse. »
« Le roi règne et ne gouverne pas. »

C'est au siège du National que se réuniront les journalistes pour signer la protestation de 1830 contre les Ordonnances de Juillet suspendant la liberté de la presse, prémices de la Révolution de 1830, dite des Trois Glorieuses.

Le National continuera à servir de tribune et publiera l'appel d'Armand Marrast invitant les Parisiens à manifester le 22 février 1848, suite à l'interdiction par le Préfet de Paris d'une réunion publique, et des centaines d'étudiants se rassemblent place du Panthéon, puis se rendent à la Madeleine où ils se mêlent aux ouvriers. La Révolution de 1848 est en marche.

Par la suite, Le National deviendra l'organe de presse de la majorité républicaine modérée (les « Républicains bourgeois ») issue des urnes aux législatives de 1848 et qui forma la Constituante de la Deuxième République. Le nouveau gouvernement fut dirigé par le général Louis-Eugène Cavaignac. Les parlementaires républicains modérés furent qualifiés de membres du Parti du National en référence à leur journal.

Plus tard, Le National deviendra socialiste.

Interdit après le coup d’État du 2 décembre 1851, il disparaît le 31 décembre de cette même année. Le dernier propriétaire, directeur-gérant, est un certain Jean Baptiste Ernest Caylus[1]. Les Archives nationales conservent le dossier de dissolution et liquidation de la société[2].

Références[modifier | modifier le code]

  • Visages de la Presse — La présentation des journaux des origines à nos jours ; Louis Guéry, avec le concours du Musée de la presse ; CFPJ éditions, Paris, 1997.
  1. Neveu par sa mère de Jean-Nicolas Gannal
  2. Date : 1851 décembre 06 Fonds : MC Cote : ET/XLVIII/793 Numéro : 10920 Objet : privilège de second ordre 18 000 f sur 24 000 f
    Date : 1851 décembre 06 Fonds : MC Cote : ET/XLVIII/793 Numéro : 10919 Objet : dissolution et liquidation de société (après interdiction par le nouveau régime issu du coup d'état de Napoléon III).