Komboloï

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Quatre kombolóïs

Le komboloï (en grec : κομπολόι) est un objet ressemblant à un petit chapelet. Il est composé de perles en os, ambre, argent, verre, bois, percées en leur centre dans lequel passent un cordon dont les extrémités sont reliées par un nœud. Son utilisateur déplace les perles, lentement, l'une après l'autre à l'aide de ses doigts, ou le fait tourner autour de ses doigts étendus. C'est un objet du quotidien qui est utilisé, essentiellement en Grèce et presque exclusivement par des hommes, pour se relaxer ou pour passer le temps.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot komboloï (en grec moderne : κομπολόι vient du grec ancien κόμπος kómbos signifiant nœud et -logio (-λόγιο) signifiant étude de - collection. Il est également indiqué que le mot proviendrait de la phrase « σε κάθε κόμπο προσευχή λέω » qui signifie « pour chaque nœud, je dis une prière » : κόμπο "nœud" + λέω : je dis qui donnerait κόμπο-λέω : κομπολόι (komboloï)[1].

Les komboloïs sont essentiellement vendus dans les kiosques en Grèce (Periptera). On les vend en même temps que les journaux, les cigarettes et les confiseries. Leur faible prix permet à leurs utilisateurs de les changer souvent dès qu'ils se brisent.

Usage[modifier | modifier le code]

Traditionnellement, le porteur d'un komboloï le fait tourner sur ses doigts dans un sens puis dans l'autre de manière à ramener les boules au creux de la main. La sensation de toucher ces petites perles l'une après l'autre est réputée détendre le corps et calmer l'esprit. Il existe plusieurs modes d'emploi du komboloï :

Silencieux[modifier | modifier le code]

Méthode discrète

L'usage le plus courant du Komboloï est la méthode calme, pour l'intérieur : l'usage sonore est plus recommandé dans les lieux publics. Cette méthode commence à une extrémité du fil ou de la chaîne, à proximité de l'écusson (au niveau du nœud) : elle consiste à tirer le fil vers l'avant en utilisant le pouce et à l'aide du côté de l'index à toucher une perle. Ensuite, le cordon est relâché afin que la perle tombe et atteigne l'écusson, du côté opposé. Ceci est répété jusqu'à ce que toutes les perles aient basculées sur l'autre extrémité. Puis le cycle est recommencé.

Sonore[modifier | modifier le code]

Méthode sonore

La seconde méthode, plus bruyante, consiste à diviser les perles en deux groupes. Sur l'une des extrémités, côté écusson est laissé un petit nombre de perles. À l'autre extrémité se trouve le reste des perles. Les deux côtés du fil (sans perles) est passé entre l'index et le majeur. La main est positionnée de sorte qu'elle est face au torse. La main bascule vers le haut et vers l'avant afin que les perles se percutent en faisant du bruit. Les fils sont ensuite basculés de nouveau entre l'index et le majeur tout en retenant ces fils entre le pouce et le côté de l'index. Cette opération est répétée en rythme, créant un bruit plus perceptible que lors de la méthode dite calme. Une autre méthode consiste à retenir l'ensemble des perles dans une main et les faire glisser les uns contre les autres, en créant créer des sons de cliquet.

Instrument de musique[modifier | modifier le code]

Le komboloï peut être utilisé comme instrument de musique, qui rappelle le Rebetiko. Le son est produit en utilisant un verre dont le rebord est frotté contre le koboloï, tenu par une des perles.

Rituel[modifier | modifier le code]

Dans certaines communautés grecques, la superstition veut que le mari, durant la nuit de noce, pratique un rituel komboloï consistant en de rapides mouvements avant et arrière de toutes les perles. Ceci est destiné à assurer l'épanouissement sexuel (en grec moderne : συνουσία, la synousía), durant la nuit de noce mais aussi lors des suivantes, au cours de la période de la lune de miel.

Histoire et origine[modifier | modifier le code]

Kombolóï à perles d'ambre

De nombreuses perles ont été trouvées dans les tombes préhistoriques, sans qu'on puisse en connaître l'usage exact. L'étymologie du mot laisse penser qu'il pourrait à l'origine s'agir de nœuds formés sur une corde, ensuite remplacés par des perles.

Pour certains, le komboloï pourrait avoir pour origine des boules chinoises relaxantes, que les Grecs auraient simplifié pour le rendre plus maniable. Les premiers komboloïs proviendraient de la Grèce du nord.

Selon une autre hypothèse il serait dérivé du chapelet coranique, lequel dérive probablement du Mâlâ d'Extrême-Orient et d'Inde. Une hypothèse dérivée de celle-ci serait que certains grecs s'en seraient procuré et les auraient utilisés de cette manière pour se moquer d'envahisseurs de religion musulmane. Mais cette hypothèse ne tient pas compte de l'ancienneté supposée du Komboloï grec.

Cet objet, élément du folklore vivant, est presque devenu un fait culturel ou ethnologique en Grèce où l'on trouve à Nauplie un musée du Komboloï.

Objets proches[modifier | modifier le code]

Le begléri (μπεγλέρι) est une variété de komboloï comportant un nombre de boules moins important, parfois seulement deux ; les extrémités de la cordelette ne sont pas toujours nouées.


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (el)Le komboloï grec - athensinfoguide.com

Source[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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