Haïdouk

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Un haïdouk, orthographié aussi haïduk en France, était un brigand de grand chemin opérant en Europe du Sud-Est et principalement dans les Balkans sous domination ottomane.

Les haïdouks sont à ces pays ce que Robin des Bois est à la Grande-Bretagne, ou Thierry la Fronde à la France. Plus que de simples brigands, ils ont laissé le souvenir de rebelles, généreux pour les pauvres du voisinage, dans de nombreux pays assujettis aux sultans Ottomans. Leur nom diverge très peu d'une langue à l'autre : hajdú en Hongrie, haiduc en Roumanie et Moldavie, хајдук/hajduk en Albanie, Croatie en Bosnie et en Serbie, ајдук/ajduk en Macédoine, хайдутин ("haïdoutine") en Bulgarie… Et pour les autres pays étrangers aux Balkans, ce terme a aussi été réutilisé: ainsi l'on parle d'aiducco en Italie, de haydut en Turquie, de hayadut en Arménie et de гайдук ("gaïdouk") en Russie. En Grèce on les appelle κλεφτες (klephtes) : "voleurs".

L'origine du terme n'est pas clairement définie, mais sa présence depuis la Hongrie jusqu'à l'Arménie indique une origine ottomane : en turc le terme haydut signifie "hors-la-loi", tandis qu'en magyar le terme hajdú désigne un fantassin patriote hongrois luttant contre les Turcs ottomans. En Hongrie la majorité de ces fantassins étaient des Serbes qui avaient migré et colonisé le sud de la Grande Hongrie (voir migrations serbes et Confins militaires).

L'écrivain franco-roumain Panaït Istrati a conté les aventures des Haïdoucs de l'embouchure du Danube, dans des nouvelles publiées dans l'entre-deux-guerres. Menés par le géant Cosma, ils ont un mode de vie nomade, vivent de la contrebande et des dons de la nature, avec laquelle ils vivent en harmonie[1].

En Hongrie[modifier | modifier le code]

Portrait d'Étienne II Bocskai, joupan du Bihar, voïvode de Transylvanie et hajdú hongrois.

En Hongrie, le territoire des hajdúk a donné naissance au Hajdúság, petite région située dans le comitat de Hajdú-Bihar. De nombreux toponymes témoignent de cet héritage, les anciennes villes hajdú notamment : Hajdúnánás, Hajdúdorog, Hajdúszoboszló, Hajdúsámson, Hajdúböszörmény, Hajdúhadház, Hajdúbagos et Hajdúszovát.

En Serbie[modifier | modifier le code]

Hajduk Veljko Petrović, le plus important hajduk du 18eme

C'est à partir du XIVe siècle que apparaissent les premiers groupes de Hajduk en Serbie. Plusieurs raisons ont poussé des Serbes à rejoindre les Hajduks. On pouvait devenir Hajduk par conviction, et/ou par intérêt : éviter un jugement, gagner de l'argent rapidement ou plus simplement porter des armes et avoir le droit d'être nourri quotidiennement et blanchi ; les ottomans ayant interdit aux „Gyaours“ ou „Roumis“ (les non-musulmans) le droit de porter des armes et d'avoir une tenue recherchée. Il était possible d'être hajduk "à temps partiel". Beaucoup de paysans était hajduks en hiver, et revenaient au travail de la terre au printemps ou en été. Les Hajduks "professionnels" n'étaient pas actifs en hiver, la neige rendant les routes impraticables et arrêtant les caravanes, leur principale source de revenus (ils les rançonnaient). Les haïdouks serbes se rassemblaient le jour de Đurđevdan, le 6 mai („hajdučki sastanak“) et se séparaient pour Mitrovdan début novembre („hajdučki rastanak“ ).

La philosophie du hajduk lui interdisait de voler les pauvres. Si le riche, n'avait pas d'argent sur lui mais était accompagné de ses femmes ou enfants, il pouvait les prendre en otage et réclamer une rançon. Parfois celle-ci n'était pas versée, et la famille du riche était intégrée, de gré ou de force, aux groupes de haïdouks („družine“ en serbe, „čete“ en croate, en bulgare ou en roumain).

Les Hajduks serbes étaient organisés en hajdučke družine (communautés itinérantes d'au moins 1000 Haïdouks), avec à leur tête un harambaša qui était élu par la majorité des membres de la hajdučka družina. Il était souvent le plus âgé et le plus expérimenté, et avait aussi une plus riche tenue, facilement reconnaissable au sein de la troupe. Une troupe d'une centaine de hajduks serbes était appelée un hajdučijom.

Les Haïdouks ne sont pas seulement des brigands, mais aussi des chefs de guerre indépendants, des mercenaires au service du plus offrant, pourvu qu'il combatte contre les Turcs. Il existait des armées entières composées de haïdouks, sur lesquels comptaient l'Autriche, Venise, Dubrovnik, la Transylvanie, la Moldavie, la Valachie ou le Monténégro, puis la Russie, dans leurs guerres contre l'Empire ottoman. Entre deux campagnes, les Haïdouks servaient à ces états chrétiens de sources de renseignements et comme cinquième colonne. Ils harcelaient fréquemment les forces ottomanes, préfigurant en cela les Comitadjis de Macédoine, les Kaçaks du Kosovo, les Tchetniks serbes et les Partisans de Tito.

La présence des Haïdouks rendant périlleux les déplacements dans les Balkans pour les Turcs (qui ne circulaient que groupés en caravanes), la Sublime Porte utilisa pour les réprimer, les redoutables troupes de janissaires locaux qui vivaient en contact avec eux. L'influence des Haïdouks fut si importante, qu'ils furent à l'origine de deux dynasties royales serbes, les Obrenović et les Karađorđević.

Célèbres haïdouks serbes[modifier | modifier le code]

En Valachie[modifier | modifier le code]

Les plus connus des haïdoucs roumains furent

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Oeuvres, Panaït Istrati, Gallimard, 1933

Voir aussi[modifier | modifier le code]