Edmund Gettier

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Edmund L. Gettier (né en 1927 à Baltimore, Maryland) est un philosophe américain et professeur émérite à l'université du Massachusetts à Amherst ; il doit sa réputation à un article de trois pages publié en 1963 intitulé Is Justified True Belief Knowledge?

Biographie[modifier | modifier le code]

Le problème de Gettier[modifier | modifier le code]

Dans son célèbre article de 1963 intitulé « Is Justified True Belief Knowledge? », Edmund Gettier affirme qu'il existe des situations dans lesquelles une croyance peut être à la fois vraie et justifiée, et ne constitue pas pour autant une connaissance. Plus exactement, la thèse de Gettier consiste à dire que l'analyse traditionnelle énonce les conditions nécessaires de la connaissance, mais que ces conditions ne sont pas suffisantes. Pour mieux apprécier la stratégie de Gettier et les arguments que lui opposeront ses contradicteurs, il est utile de partir de l'analyse traditionnelle. D'après celle-ci :

S sait que p si et seulement si

  • 1. p est vrai ;
  • 2. S croit que p ; et
  • 3. la croyance de S dans p est justifiée.

L'attaque de Gettier repose sur deux prémisses, consistantes avec l'analyse traditionnelle. Première prémisse : il est possible qu'une croyance justifiée soit fausse. (En d'autres termes, il est possible d'avoir de bonnes raisons de croire dans la vérité de p et que p soit fausse.) Seconde prémisse : si S est justifié à croire que p et que p implique q, et si S déduit q de p et accepte q comme un résultat, alors S est justifié à croire que q. À partir de ces prémisses, Gettier construit deux exemples qui manifestent l'insuffisance de la définition traditionnelle. Il suffira d'évoquer le premier.

Smith et Jones se portent candidats pour le même poste. Smith a d'excellentes raisons de croire que la candidature de Jones sera retenue, et il sait par ailleurs que Jones a dix pièces de monnaie dans sa poche. Soit p : « Jones sera embauché et il a dix pièces dans sa poche ». On voit que deux des trois conditions traditionnelles sont déjà remplies : Smith croit que p, et il est justifié à croire que p. Considérons maintenant la proposition q : « Celui qui sera embauché a dix pièces dans sa poche ». Il est clair que p implique q ; si on suppose que Smith déduit q de p, alors (par la seconde prémisse) Smith croit que q et cette croyance est justifiée.

Maintenant, il se trouve que, contrairement à la prédiction de Smith, c'est Smith, et non Jones, qui obtient le poste. Bien qu'elle soit justifiée, p est donc fausse (cas admis par la première prémisse). Mais il se trouve que Smith, à son insu, a dix pièces de monnaie dans sa poche ; q est donc vraie. Au total, Smith croit que q, il est justifié à croire que q (par inférence à partir de p), et q, à l'insu de Smith, est vraie. Nous sommes donc dans un cas de croyance vraie justifiée qui n'est pas pour autant un cas de connaissance : Smith ne sait pas que q est vraie.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philosophie de la connaissance, croyance, connaissance, justification (textes réunis par Julien Dutant et Pascal Engel), Vrin, 2005 [contient une traduction de l'article de Gettier ainsi que divers textes qui le discutent]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :