François-René de Chateaubriand

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François-René de Chateaubriand

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Portrait de Chateaubriand par Anne-Louis Girodet, musée d’Histoire de la Ville et du Pays Malouin, Saint-Malo.

Activités Écrivain
Traducteur
Ministre des Affaires étrangères
Ambassadeur
Naissance 4 septembre 1768
Saint-Malo,
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Décès 4 juillet 1848 (à 79 ans)
Paris,
Drapeau de la France France, IIe République
Langue d'écriture français
Mouvement Romantisme
Genres romans, essais, mémoires, autobiographie

Œuvres principales

François-René, vicomte de Chateaubriand[N 1], né à Saint-Malo le 4 septembre 1768 et mort à Paris le 4 juillet 1848, est un écrivain romantique et homme politique français. Il est considéré comme l'un des précurseurs du romantisme français et un des grands noms de la littérature française en général.

Si le rôle politique de Chateaubriand dans la mouvance royaliste au moment du Premier Empire et de la Restauration est resté mineur, il en va tout autrement dans le domaine littéraire où sa place est grande. En effet ses descriptions de la nature et son analyse des sentiments du « moi » en ont fait un modèle pour la génération des écrivains romantiques en France (« Je veux être Chateaubriand ou rien » proclamait le jeune Victor Hugo). Il a aussi, le premier, dans René, ou les Effets des passions (1802) formulé le « vague des passions » qui deviendra un lieu commun du romantisme et fera de René le personnage emblématique de cette sensibilité nouvelle, créée avec une prose ample et rythmée que ses détracteurs qualifieront d'ampoulée.

Il participera aussi au goût pour l'exotisme de l'époque en évoquant l'Amérique du Nord où il a voyagé dans Atala (1801) ou Les Natchez (1826) ou encore dans le récit de son voyage en Méditerranée dans Itinéraire de Paris à Jérusalem en 1811.

L'œuvre monumentale de Chateaubriand reste les Mémoires d'outre-tombe (posthumes, 1849-1850) dont les premiers livres recréent son enfance et sa formation dans son milieu social de petite noblesse bretonne à Saint-Malo ou à Combourg alors que les livres suivants relèvent davantage du tableau historique des périodes dont il a été le témoin de 1789 à 1841, ce qui fait de ce texte à la fois un chef-d'œuvre de l'autobiographie romantique et une mine d'informations pour l'historien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et mariage[modifier | modifier le code]

Chateaubriand naît dans l’hôtel de la Gicquelais de l'ancienne rue des Juifs de Saint-Malo.

Le vicomte François-René de Chateaubriand est issu d'une très vieille famille aristocratique ruinée de Saint-Malo où elle s'est établie en 1757, famille qui a retrouvé sa dignité d'antan grâce à la réussite commerciale du père de Chateaubriand, le comte René-Auguste (René-Auguste de Chateaubriand, chevalier, comte de Combourg, seigneur de Gaugres, le Plessis l'Épine, Boulet, Malestroit en Dol et autres lieux). Cette réussite commerciale est fondée sur le commerce avec les colonies[1] où il fut corsaire en temps de guerre, pêcheur de morue et négrier en temps de paix[2]. Cadet de dix enfants, dont quatre sont morts en bas âge, le jeune François-René doit d'abord vivre éloigné de ses parents, à Plancoët où il est placé en nourrice chez sa grand-mère Madame de Bédée qui l'amène souvent chez son grand-oncle, au manoir de Monchoix. Il a trois ans lorsque son père, réussissant dans les affaires, peut acheter en 1761 le château de Combourg en Bretagne, dans lequel la famille Chateaubriand s'installe en 1777. François-René y passe une enfance qu'il décrira comme souvent morose auprès d'un père taciturne et d'une mère superstitieuse et maladive, mais gaie et cultivée, Apolline Jeanne Suzanne de Bédée, fille du seigneur de La Bouëtardaye.

Il fait successivement ses études aux collèges de Dol (1777 à 1781), de Rennes (1782) et de Dinan (1783), il obtient un brevet de sous-lieutenant au régiment de Navarre à 17 ans, sous les ordres de son frère Jean-Baptiste (lequel le présentera à la Cour pour qui il ressent « un dégoût invincible »), puis est fait capitaine à dix-neuf ans. Il vient à Paris en 1788, où il se lie avec Jean-François de La Harpe, Jean-Pierre Louis de Fontanes et autres écrivains de l'époque. Chateaubriand fait ses débuts littéraires en écrivant des vers pour l'Almanach des Muses. Il est alors nourri de Corneille et marqué par Rousseau.

En janvier 1789, il participe aux États de Bretagne. En juillet de la même année, il assiste à la prise de la Bastille avec ses sœurs Julie et Lucile.

Il se marie en 1792 avec Céleste Buisson de la Vigne (Céleste de Chateaubriand), descendante d'une famille d'armateurs de Saint-Malo, âgée de 17 ans. Ils n'auront pas de postérité.

L’exilé[modifier | modifier le code]

Chateaubriand à l'armée de Condé.

À l'époque de la Révolution française, en 1791, il s’éloigne de France et s’embarque pour le Nouveau Monde (Baltimore), avec le « prétexte de chercher le passage du Nord-Ouest »[3]. Il parcourt pendant une année, écrit-il, les forêts de l’Amérique du Nord à la rencontre du bon sauvage, vivant avec les autochtones et ébauchant sur les lieux son poème des Natchez. Il trouve dans ces paysages le reflet de son sentiment d’exil et de solitude.

De retour d’Amérique en 1792, il rejoint à Coblence l’armée des émigrés afin d'y combattre les armées de la République ; sa jeune femme Céleste, qui vit en Bretagne, délaissée par son mari qui ne lui donne pas de nouvelles, est arrêtée comme « femme d’émigré », emprisonnée à Rennes, où elle reste jusqu’au 9 Thermidor. François-René, blessé au siège de Thionville, se traîne jusqu'à Bruxelles[3], d'où il est transporté convalescent à Jersey. C'est la fin de sa carrière militaire.

Il va ensuite vivre à Londres, en 1793, dans un dénuement momentané, mais réel (il vit dans un grenier de Holborn[4]) où il est réduit à donner des leçons de français et à faire des traductions pour les libraires. Il y publie en 1797 son premier ouvrage, l’Essai historique, politique et moral sur les révolutions anciennes et modernes, considérées dans leurs rapports avec la Révolution française[5], où il exprime des idées politiques et religieuses peu en harmonie avec celles qu’il professera plus tard, mais où se révèle déjà son talent d’écrivain. « Pour cet ouvrage il se nourrit de Rousseau, de Montesquieu, de Voltaire[3]. » Cette œuvre passe inaperçue de la critique. Seul, Amable de Baudus s'en fait l'écho dans son journal, le Spectateur du Nord de mai 1797.

En 1794, son frère et sa belle-sœur (une petite-fille de Malesherbes, l'avocat de Louis XVI) et une partie de leur famille sont guillotinés à Paris.

Retour en France et premiers succès littéraires[modifier | modifier le code]

Une lettre de sa mère mourante le ramène à la religion. De retour en France en 1800, il dirige pendant quelques années le Mercure de France avec Jean-Pierre Louis de Fontanes, et y fait paraître, en 1801, Atala, création originale qui suscite une admiration universelle.

Il compose vers la même époque René, œuvre empreinte d'une mélancolie rêveuse, qui devient un modèle pour les écrivains romantiques. Dans cette œuvre, il rapporte de manière à peine déguisée l'amour chaste, mais violent et passionné qu'il a entretenu pour sa sœur Lucile, qui le surnommait « L'enchanteur ». Sa femme Céleste vit alors avec Lucile dans leur château de Bretagne, mais elles ont cessé de parler de François-René, leur grand homme qu'elles aiment.

Il publie ensuite le 14 avril 1802 le Génie du christianisme, en partie rédigé en Angleterre, et dont Atala et René, à l'origine, sont seulement des épisodes : il s'est proposé d'y montrer que le christianisme, bien supérieur au paganisme par la pureté de sa morale, n'est pas moins favorable à l'art et à la poésie que les « fictions » de l'Antiquité. Il y célèbre la liberté, selon lui fille du christianisme, et non de la Révolution. Ce livre fait événement et donne le signal d'un retour du religieux après la Révolution.

Chateaubriand, remarqué par le Premier Consul Napoléon Bonaparte, est choisi en 1803 pour accompagner le cardinal Fesch à Rome comme premier secrétaire d'ambassade[3]. François-René reparaît alors au château, tout juste vingt-quatre heures, pour inviter sa femme Céleste à l'accompagner à Rome. Celle-ci, apprenant sa liaison avec la comtesse Pauline de Beaumont, refuse le ménage à trois.

Chargé en 1804 de représenter la France près de la République du Valais, il apprend l'exécution du duc d'Enghien : il donne immédiatement sa démission et passe dans l'opposition à l'Empire. Lors du sacre de l'empereur, il va chez son ami Joseph Joubert à Villeneuve-sur-Yonne où il écrit plusieurs chapitres des Martyrs et des passages des Mémoires d'outre-tombe.

Le voyage en Orient[modifier | modifier le code]

Rendu aux Lettres, Chateaubriand conçoit le projet d'une épopée chrétienne, où seraient mis en présence le paganisme expirant et la religion naissante. Désireux de visiter par lui-même les lieux où situer l'action, il parcourt la Grèce, l'Asie Mineure, la Palestine et l'Égypte durant l'année 1806.

La maison de Chateaubriand dans le domaine de la Vallée-aux-Loups.

À son retour d'Orient, exilé par Napoléon à trois lieues de la capitale, il acquiert la Vallée-aux-Loups, dans le Val d'Aulnay (actuellement dans la commune de Châtenay-Malabry), près de Sceaux, où il s'enferme dans une modeste retraite. Sa femme Céleste l'y rejoint, elle raconte dans ses Souvenirs, avec humour, les conditions pittoresques de l'aménagement. Chateaubriand y compose Les Martyrs, sorte d'épopée en prose, parue seulement en 1809.

Les notes recueillies durant son voyage forment la matière de L'Itinéraire de Paris à Jérusalem (1811). La même année, Chateaubriand est élu membre de l'Académie française, à la place de Marie-Joseph Chénier ; mais comme il a, dans son projet de discours de réception, blâmé sévèrement certains actes de la Révolution, Napoléon ne consent pas à lui laisser le prononcer[3]. Il ne lui est donc pas permis de prendre possession de son siège. Il l'occupe seulement après la Restauration.

Faveur et disgrâce[modifier | modifier le code]

Portrait de François-René, vicomte de Chateaubriand[6]. Pierre Louis Delaval, vers 1828.

Chateaubriand accueille avec transport le retour des Bourbons. Dès le 30 mars 1814, il publie contre l'empereur déchu un virulent pamphlet, De Buonaparte et des Bourbons, qui est diffusé à des milliers d'exemplaires, et qui, aux dires de Louis XVIII que Chateaubriand rapporte, le servit autant que cent mille hommes[7]. Sa femme trouve à s'engager à ses côtés à Gand pendant les Cent-Jours, à Paris lors du retour des Bourbons. Avec un sens inattendu de la politique auquel elle mêle un bon sens naturel, Céleste devient la confidente de Chateaubriand et même son inspiratrice. Pendant toute la Restauration, elle joue auprès de lui un rôle de conseillère écoutée. Nommé ambassadeur en Suède, Chateaubriand n'a pas encore quitté Paris quand Napoléon Ier revient en France en 1815. Il accompagne alors Louis XVIII à Gand, et devient un des membres de son cabinet. Il lui adresse le célèbre Rapport sur l'état de la France.

Après la défaite de l'Empereur, Chateaubriand, tant choqué par l'exécution du duc d'Enghien, « dernier descendant du vainqueur de Rocroi », a moins de scrupules à voter la mort pour le maréchal Ney en décembre 1815 à la chambre des pairs. Il est nommé ministre d'État et pair de France ; mais ayant, dans La Monarchie selon la Charte, attaqué l'ordonnance du 5 septembre 1816 qui dissout la Chambre introuvable, il est disgracié et perd son poste de ministre d'État. Il se jette dès lors dans l'opposition ultraroyaliste, et devient l'un des principaux rédacteurs du Conservateur, le plus puissant organe de ce parti. D'après Pascal Melka, auteur de Victor Hugo, un combat pour les opprimés. Étude de son évolution politique, le Conservateur sera à l'origine du journal Le Conservateur Littéraire qui emploiera Victor Hugo[8].

En 1820, Chateaubriand habite le 27 rue Saint-Dominique.

Le meurtre du duc de Berry, en 1820, le rapproche de la cour : il écrit à cette occasion des Mémoires sur la vie et la mort du duc. En 1821, Il est nommé ministre de France à Berlin, puis ambassadeur à Londres[3], (où son cuisinier invente la cuisson de la pièce de bœuf qui porte son nom). En 1822, il représente la France au congrès de Vérone[3].

En 1823, il reçut des mains de l'empereur Alexandre Ier de Russie l'Ordre de Saint-André[9], et reçut de Ferdinand VII le collier de l'Ordre de la Toison d'Or (brevet no 919).

Il est l'un des plénipotentiaires au congrès de Vérone et fait décider l'invasion de l'Espagne révolutionnaire, malgré l'opposition apparente de l'Angleterre (en réalité, cette dernière souhaitait l'intervention en Espagne). À son retour, il reçoit le portefeuille de ministre des Affaires étrangères ; il réussit l'aventure espagnole avec la prise de Cadix à la bataille du Trocadéro en 1823 ; mais, n'ayant pu s'accorder avec Villèle, chef du gouvernement, il est brutalement congédié le 6 juin 1824. Il déclare à ce sujet :

«  Et pourtant qu’avais-je fait ? Où étaient mes intrigues et mon ambition ? Avais-je désiré la place de Monsieur de Villèle en allant seul et caché me promener au fond du Bois de Boulogne ? J’avais la simplicité de rester tel que le ciel m’avait fait, et, parce que je n’avais envie de rien, on crut que je voulais tout. Aujourd’hui, je conçois très bien que ma vie à part était une grande faute. Comment ! vous ne voulez rien être ! Allez-vous-en ! Nous ne voulons pas qu’un homme méprise ce que nous adorons, et qu’il se croie en droit d’insulter la médiocrité de notre vie.  »

— Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe

Hôtel de Beaune, au no 7 rue du Regard, où Chateaubriand résida de 1825 à 1826.

Il demeure de 1826 à 1828 à Paris.

Il rentre aussitôt dans l'opposition, mais pour s'unir cette fois au parti libéral, et combat à outrance le ministère Villèle, soit à la Chambre des pairs, soit dans le Journal des débats, où il donne le signal de la défection : il se montre alors le chevalier défenseur de la liberté de la presse et de l'indépendance de la Grèce, ce qui lui vaut une grande popularité.

À la chute de Villèle, il est nommé ambassadeur à Rome (1828), où Céleste l'accompagne cette fois et où elle tient son rang d'ambassadrice avec brio. Mais il donna sa démission à l'avènement du ministère Polignac, ce qui fut son déclin politique.

Chateaubriand vit un dernier amour en 1828-1829 avec Léontine de Villeneuve, comtesse de Castelbajac : la jeune femme de 26 ans lui écrit d'abord des lettres enflammées, et ils se rencontrent uniquement en août 1829 dans la station thermale de Cauterets dans les Hautes-Pyrénées. Cette rencontre, platonique ou non, Chateaubriand l'évoque dans un chapitre des Mémoires d'outre-tombe avec l'expression « la jeune amie de mes vieux ans ». Cet amour romantique a inspiré le film de Jean Périssé sorti en 2008 L'Occitanienne ou le dernier amour de Chateaubriand.

L'abandon de la carrière politique et les dernières années[modifier | modifier le code]

« Chateaubriand aurait pu être un grand ministre. Je l'explique non point seulement par son intelligence aiguë, mais par son sens et sa connaissance de l'histoire, et par son souci de la grandeur nationale. J'observe également combien il est rare qu'un grand artiste possède des dons politiques à ce degré ».

Charles de Gaulle cité par Philippe de Saint-Robert (op. cit., p. 28 et 29).

De plus en plus en rupture avec les partis conservateurs, désabusé sur l'avenir de la monarchie, il se retire des affaires après la Révolution de 1830, quittant même la Chambre des Pairs. Il ne signale plus son existence politique que par des critiques acerbes contre le nouveau gouvernement (De la Restauration et de la Monarchie élective, 1831), par des voyages auprès de la famille déchue, et par la publication d'un Mémoire sur la captivité de la duchesse de Berry (1833), mémoire au sujet duquel il est poursuivi, mais acquitté. Il publie également en 1831 des Études historiques (4 vol. in-8º), résumé d'histoire universelle où il veut montrer le christianisme réformant la société. Cet ouvrage se veut le frontispice d'une Histoire de France, méditée depuis longtemps, mais inachevée.

120 (ex-112) rue du Bac, à Paris, où Chateaubriand vécut de 1838 à sa mort.

Ses dernières années se déroulent dans une profonde retraite[10], en compagnie de son épouse. Il ne quitte guère sa demeure (composée d'un appartement au rez-de-chaussée de l'Hôtel des Missions Étrangères, au 120 rue du Bac à Paris), que pour aller à l'Abbaye-aux-Bois, toute proche, chez Juliette Récamier, dont il est l'ami constant et dont le salon réunit l'élite du monde littéraire.

Il reçoit de son côté de nombreuses visites, tant de la jeunesse romantique que de la jeunesse libérale, et se consacre à achever la rédaction de ses mémoires, commencée en 1811.
Ce vaste projet autobiographique, Mémoires d'outre-tombe, ne devait paraître, selon le vœu de l'auteur, que cinquante ans après sa mort.
Il en sera finalement autrement puisque, pressé par des problèmes financiers, Chateaubriand cède les droits d'exploitation de l'ouvrage à une « Société propriétaire des Mémoires d'outre-tombe », constituée le 21 août 1836, qui exigera que l'œuvre soit publiée dès le décès de son auteur, et y pratiquera des coupes franches, afin de ne pas heurter le public[11], ce qui inspirera d'amers commentaires à Chateaubriand :

« La triste nécessité qui m'a toujours tenu le pied sur la gorge, m'a forcé de vendre mes Mémoires. Personne ne peut savoir ce que j'ai souffert d'avoir été obligé d'hypothéquer ma tombe [...] mon dessein était de les laisser à madame de Chateaubriand : elle les eût fait connaître à sa volonté, ou les aurait supprimés, ce que je désirerais plus que jamais aujourd'hui.
Ah ! si, avant de quitter la terre, j'avais pu trouver quelqu'un d'assez riche, d'assez confiant pour racheter les actions de la Société, et n'étant pas, comme cette Société, dans la nécessité de mettre l'ouvrage sous presse sitôt que tintera mon glas ! »

— Chateaubriand, Avant-Propos aux Mémoires d'outre-tombe, 1846

Son dernier ouvrage qui était une « commande » de son confesseur est Vie de Rancé, une biographie de Dominique-Armand-Jean Le Boutillier de Rancé (1626-1700), abbé mondain propriétaire du château de Véretz, en Touraine et réformateur rigoureux de la Trappe, publiée en 1844. Dans cette biographie, Chateaubriand égratigne une autre célébrité de Véretz, son contemporain Paul-Louis Courier, le redoutable pamphlétaire qui décocha des flèches mortelles contre le régime de la Restauration soutenu par le vicomte et brocarda celui-ci dans plusieurs de ses écrits.

En 1847, Céleste meurt : « Je dois une tendre et éternelle reconnaissance à ma femme dont l'attachement a été aussi touchant que profond et sincère. Elle a rendu ma vie plus grave, plus noble, plus honorable, en m'inspirant toujours le respect, sinon toujours la force des devoirs. »

Chateaubriand meurt à Paris le 4 juillet 1848.

Ses restes sont transportés à Saint-Malo et déposés face à la mer, selon son vœu, sur le rocher du Grand Bé, îlot situé dans la rade de sa ville natale, auquel on accède à pied depuis Saint-Malo lorsque la mer s'est retirée.

Tombe face à la mer sur le rocher du Grand Bé.

Analyse de l’œuvre[modifier | modifier le code]

« Chateaubriand portait jusqu'à la cime la gloire émouvante de nos lettres ». Charles de Gaulle, discours du 2 février 1969 à Quimper (Discours et Messages, t. V, Plon, p. 376).

Par son talent comme par ses excès, Chateaubriand peut être considéré comme le père du romantisme en France. Ses descriptions de la nature et son analyse des sentiments du moi en ont ainsi fait un modèle pour la génération des écrivains romantiques. Il a, le premier, formulé le « vague des passions » qui deviendra un lieu commun du romantisme :

« Il reste à parler d'un état de l'âme, qui, ce nous semble, n'a pas encore été bien observé ; c'est celui qui précède le développement des grandes passions [...]. Plus les peuples avancent en civilisation, plus cet état du vague des passions augmente [...] »

— Chateaubriand, Génie du Christianisme, vol. 3,‎ 1802, II, « IX »

Sa pensée et ses actions politiques semblent offrir de nombreuses contradictions ; il se voulait à la fois l'ami de la royauté légitime et de la liberté, défendant alternativement celle des deux qui lui semblait être en péril :

« Quant à moi, qui suis républicain par nature, monarchiste par raison, et bourbonniste par honneur, je me serais beaucoup mieux arrangé d'une démocratie, si je n'avais pu conserver la monarchie légitime, que de la monarchie bâtarde octroyée de je ne sais qui[N 2]. »

— Chateaubriand, De la nouvelle proposition relative au bannissement de Charles X et de sa famille,‎ 1831

On observe dans ses Mémoires d'outre-tombe une dualité entre le Chateaubriand personnel qui exalte ses sentiments avec un lyrisme romantique et le Chateaubriand public, le mémorialiste qui fait la chronique de son époque, qui a vu l'avènement de la démocratie à laquelle il s'opposait, estimant que la France n'était pas encore mûre (Mémoires d'outre-tombe, 6 juin 1833). Tout au long de son œuvre, les deux personnages se regroupent en un seul, ils s'associent ; ainsi toute la vie politique de Chateaubriand fut influencée par ses sentiments personnels et sa solitude.

Postérité[modifier | modifier le code]

500 francs Chateaubriand imprimé de 1945 à 1953.
  • Victor Hugo se serait exclamé, étant enfant : « Je veux être Chateaubriand ou rien [N 3]! ».
  • Talleyrand a dit de Chateaubriand : « Monsieur de Chateaubriand croit qu'il devient sourd car il n'entend plus parler de lui ». Et Chateaubriand a dit de Talleyrand : « Ses yeux étaient ternes, de sorte qu’on avait peine à y lire, ce qui le servait bien ; comme il avait reçu beaucoup de mépris, il s’en était imprégné, et il l’avait placé dans les deux coins pendants de sa bouche. »

« Oh ! Être dans un vieux château assis près d'un bon feu avec des fenêtres donnant sur de grands et vieux arbres moussus et lire seul, tranquillement toute une correspondance intime et inédite de Chateaubriand ! Ce serait une volupté suprême ».
Abbé Arthur Mugnier, Journal, 14 février 1930 (Mercure de France, 1985, p. 514).

« À Colombey, le 24 octobre 1947, à l'heure du thé, le Général parle de Chateaubriand : « L'an dernier, j'ai relu lentement les Mémoires d'outre-tombe […] C'est une œuvre prodigieuse… Il pose sur l'avenir un regard profond… En fait, il avait presque tout vu… y compris les bolcheviks… et puis, je sens comme lui : essentiellement, voyez-vous, Chateaubriand est un désespéré… mais jusque dans son désespoir il fait face, il se redresse de toute sa taille » ».
Ch. de Gaulle cité par Ph. de Saint Robert dans De Gaulle et ses témoins - Rencontres historiques et littéraires, Bartillat, 1999, p. 28

« C'était un désespéré. On le comprend, il avait prévu l'avenir ».
Charles de Gaulle à Léon Noël, le 26 mai 1948 (cité par Philippe de Saint Robert, op. cit. p. 25).

Liste des œuvres[modifier | modifier le code]

Œuvres posthumes[modifier | modifier le code]

  • Mémoires d'outre-tombe, E. et V. Penaud frères (Paris), 1848, autobiographie
    Publiés d'abord dans le feuilleton de la Presse, ont été édités en 12 vol. in-8° de 1849 à 1850.

Publications anciennes[modifier | modifier le code]

  • Outre de nombreuses éditions de chacun des ouvrages séparés de Chateaubriand, il a été fait plusieurs éditions de ses Œuvres complètes, dont celle de Pierre-François Ladvocat, en 31 volumes in-8°, Paris, 1826-1831, revue par l'auteur même, qui y a joint des éclaircissements et des notes critiques, et l'a enrichie de quelques œuvres inédites (les Abencérages, les Natchez, Moïse, tragédie, des poésies diverses, des discours politiques) ; et celle de Charles Gosselin, 25 volumes in-8°, 1836-1838, contenant également le Congrès de Vérone, un Essai sur la littérature anglaise, une traduction du Paradis perdu de John Milton.
  • Édition en 36 volumes aux Éditions Pourrat Frères en 1837, comprenant tome 32 une table détaillée des matières avec une table analytique. Les volumes contiennent les différentes préfaces de l'auteur.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Biographies[modifier | modifier le code]

Biographies anciennes[modifier | modifier le code]
  • Charles Benoît, Chateaubriand, sa vie et ses œuvres, étude littéraire et morale, Paris, Didier,‎ 1865 (lire en ligne)
    Prix d'éloquence de l'Académie française, le 21 juillet 1864
  • Théophile Gratiot - Luzarey, Chateaubriand et la pensée moderne ou le socialisme, Paris,1849 (lire en ligne)
  • Scipion Marinannée, Histoire de la vie et des ouvrages de M. de Chateaubriand, Paris, Vimont,‎ 1832 (lire en ligne)
  • Paul de Noailles, Éloge de M. de Chateaubriand, par M. le duc de Noailles, prononcé à l'Académie française, le 6 décembre 1849, Paris, Comon,‎ 1850
    Éloge prononcé par son successeur à l'Académie française
  • Sainte-Beuve, Chateaubriand et son groupe littéraire sous l'empire, Paris, Garnier frères,‎ 1861 (lire en ligne)
  • François-Zénon de Collombet, Chateaubriand, sa vie et ses écrits, Lyon et Paris, Perisse frères,‎ 1851 (lire en ligne)
Biographies modernes[modifier | modifier le code]
  • Christian Bazin, Chateaubriand en Amérique, , La Table Ronde, 1969
  • Jean-Claude Berchet , Chateaubriand, , Gallimard, 2012
  • Augustin Cabanès, Chateaubriand, in : Grands névropathes, t. 1, Albin Michel, 1930, p. 137-200 [lire en ligne]
  • Jean-Paul Clément, Chateaubriand : biographie morale et intellectuelle, Paris, Flammarion, coll. « Grandes biographies »,‎ 1998, 699 p. (ISBN 2-08-067554-0)
  • Ghislain de Diesbach, Chateaubriand, Paris, Perrin,‎ 1995 (réimpr. 2004), 595 p. (ISBN 2-262-00101-4)
  • Bertrand de Margerie, Du confessionnal en littérature : huit écrivains français devant le sacrement de pénitence : Chateaubriand, Lamartine, Vigny, Verlaine, Huysmans, Claudel, François de Sales, Bossuet, Paris, Saint-Paul Editions,‎ novembre 1989, 244 p. (ISBN 2-85049-442-9)
    Nouvelle édition en 2000 chez le même éditeur, sous le titre Du péché, de la grâce et du pardon : du confessionnal en littérature [...]
  • André Maurois, René ou La vie de Chateaubriand, Paris, B. Grasset, coll. « Les Cahiers Rouges »,‎ 1938 (réimpr. 1956, 1985, 2005), 496 p. (ISBN 2-246-18904-7)
  • Pierre Moreau, Professeur à l'Université de Fribourg, Chateaubriand. L'homme et la vie, le génie et les livres, Librairie Garnier Frères, Bibliothèque d'histoire littéraire et de critique, 1927.
  • Jean d'Ormesson, Album Chateaubriand, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade. Album »,‎ 1988, 359 p. (ISBN 2-07-011140-7)
  • Jean d'Ormesson, Mon dernier rêve sera pour vous : une biographie sentimentale de Chateaubriand, Jean-Claude Lattès, 1982, 444p.
  • George Painter, Chateaubriand, Une biographie, 2 vol., Gallimard, 1979

Actes de colloque[modifier | modifier le code]

  • Enfances et voyages de Chateaubriand. Armorique, Amérique. Actes du colloque de Brest (septembre 1998) édités par Jean Balcou. Éditions Honoré Champion, 2001, 144 p., (ISBN 978-2-7453-0474-2)
  • Chateaubriand avant Le Génie du Christianisme. Actes du colloque ENS Ulm réunis par Béatrice Didier et Emmanuelle Tabet Éditions Honoré Champion, 2006, 176 p., (ISBN 978-2-7453-1284-6)

Études[modifier | modifier le code]

  • Philippe Antoine, Les Récits de voyage de Chateaubriand. Contribution à l’étude d’un genre. Éditions Honoré Champion, 1997, 328 p., (ISBN 978-2-85203-638-3)
  • Bertrand Aureau, Chateaubriand penseur de la Révolution, Éditions Honoré Champion, 2001, 352 p., (ISBN 978-2-7453-0338-7)
  • Sébastien Baudoin, Combourg, lieu matriciel, dans Pascale Auraix-Jonchière (dir.), Ô saisons, ô châteaux : châteaux et littérature des Lumières à l'aube de la modernité, 1764-1914, Presses universitaires Blaise Pascal,‎ 2004, 385 p. (ISBN 2-84516-260-X)
  • Sébastien Baudoin, Les Paysages de l’itinérance dans les récits de voyage de Chateaubriand : accélération temporelle et fragmentation spatiale, colloque transfrontalier, Le temps (in)saisissable ? à l’Université Marc Bloch de Strasbourg du 16 au 18 novembre 2006 (paru dans la Revue Entre’ Actes, actes du colloque transfrontalier Le Temps (in)saisissable ?, 2008, p. 92 à 98.
  • Sébastien Baudoin, Poétique du paysage dans l'œuvre de Chateaubriand, Paris, Classiques Garnier, 2011, (ISBN 978-2-8124-0264-7)
  • Fabienne Bercegol, La Poétique de Chateaubriand : le portrait dans les Mémoires d’outre-tombe, Éditions Honoré Champion, 1997, 564 p. (ISBN 978-2-85203-589-8)
  • Marie-Élisabeth Bougeard-Vetö, Chateaubriand traducteur, De l’exil au Paradis perdu, Éditions Honoré Champion, 2005, 832 p., (ISBN 978-2-7453-1182-5)
  • Jean-Christophe Cavallin, Chateaubriand mythographe. Autobiographie et allégorie dans les Mémoires d’outre-tombe. Éditions Honoré Champion, 2000, 580 p., (ISBN 978-2-7453-0208-3)
  • Jean-Christophe Cavallin, Chateaubriand cryptique ou Les Confessions mal faites, Éditions Honoré Champion, 2003 224 p., (ISBN 978-2-7453-0903-7)
  • Michel Crépu, Le Souvenir du monde : essai sur Chateaubriand, Paris, B. Grasset, 2011, 213 p., (ISBN 9782246708711).
  • Manuel de Diéguez, Chateaubriand ou le poète face à l'histoire, Paris, Plon,‎ 1963, 254 p.
  • Pierre H. Dubé, Nouvelle bibliographie refondue et augmentée de la critique sur François-René de Chateaubriand (1801-1999), Éditions Honoré Champion, 2002, 896 p., (ISBN 978-2-7453-0706-4)
  • Marc Fumaroli, Chateaubriand, Poésie et Terreur, Éditions de Fallois, 2003, 800 pages (ISBN 9-782877064835)
  • Emmanuel Godo, Génie du christianisme de Chateaubriand, éditions du Cerf, collection de l'Abeille, 2011.
  • Philippe Moisan, Les Natchez de Chateaubriand : l’utopie, l’abîme et le feu, Éditions Honoré Champion, 1999. 186 p., (ISBN 978-2-7453-0097-3)
  • Emmanuelle Tabet, Chateaubriand et le XVIIe siècle. Mémoire et création littéraire, Éditions Honoré Champion, 2002, 464 p., (ISBN 978-2-7453-0644-9)
  • Geoffroy de La Tour du Pin, Chateaubriand, lequel ?, La Table Ronde, 1973
  • Chateaubriand, Atala (revue), n°1, 1998 http://www.lycee-chateaubriand.fr/cru-atala/fiche.php?publication_id=34

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

Atala au tombeau, 1808, par Anne-Louis Girodet, huile sur toile, musée du Louvre, Paris.

Les œuvres de Chateaubriand et l'auteur lui-même ont fait l'objet de diverses représentations artistiques. On peut citer notamment :

Il existe par ailleurs un prix littéraire, le prix Combourg, qui récompense chaque année un écrivain dont le style honore la mémoire et l’œuvre de Chateaubriand. Ainsi que le Prix Chateaubriand qui récompense chaque année, depuis 1975un ouvrage littéraire traitant de l'histoire

Cinéma[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les prénoms François René sont ceux donnés par son acte de baptême (Acte de baptême de Chateaubriand). D’autres, comme Abel-François Villemain dans M. de Chateaubriand, sa vie, son œuvre... donnent François-Auguste comme prénoms. L’intéressé signale lui-même que c'est une erreur (Mémoires d'outre-tombe, 31 décembre 1811). Il ne signait ses ouvrages que par Chateaubriand ou M. le vicomte de Chateaubriand.
  2. On trouve souvent cette citation modifiée sous la forme suivante : l'auteur aurait dit de lui-même qu'il était « bourbonien par honneur, monarchiste par raison, républicain par goût et par caractère ». La forme première peut se vérifier dans le texte original de La Nouvelle Proposition relative au bannissement de Charles X et de sa famille, notamment en p. 26 de l'édition d'octobre 1831, par Le Normant fils (Paris)
  3. Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie, Adèle Hugo, 1863. La phrase aurait été notée dans un cahier d'écolier. Il aurait écrit ces mots à la suite d'un concours de poésie perdu - le jury ne pouvant croire qu'un individu si jeune ait réalisé un tel poème.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Il passa aux îles ; il s'enrichit dans la colonie et jeta le fondement de la nouvelle fortune de la famille » Mémoires d'outre-tombe
  2. Jean-Claude Berchet, Chateaubriand mémorialiste, Librairie Droz, 2000, p. 116
  3. a, b, c, d, e, f et g Gustave Lanson, « Histoire de la littérature française », dans La Littérature pendant la Révolution et l'Empire, chap. IV, Hachette, 1951, p. 887.
  4. Mémoires d’outre-tombe sur Wikisource.
  5. Chateaubriand « Essai historique, politique et moral sur les révolutions anciennes et modernes, considérées dans leurs rapports avec la Révolution Française », J. Deboffe, Londres, 1717 (sic pour 1797), 693 pp. Réimpr. Chateaubriand « Essai sur les révolutions - Génie du Christianisme » Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard (22 septembre 1978), 2 087 pp. ISBN 978-2-07-010863-3.
  6. On peut voir sur ce portrait les décorations de Chateaubriand :
  7. Mémoires d'outre-tombe, Livre XXVIII, chapitre 17
  8. Victor Hugo, un combat pour les opprimés
  9. Ordre impérial de Saint-André l'apôtre le premier nommé de Russie
  10. Chateaubriand à la Vallée-aux-Loups, Film documentaire de Simon Thisse, 2009, découvrir en ligne.
  11. Pierre Clarac, « Genèse des Mémoires d'outre-tombe
  12. Notice de présentation d'Atala au tombeau sur le site du Musée du Louvre
  13. Notice Chateaubriand méditant sur le site du musée.
  14. On peut lire à ce sujet l'article d’Éric Bertin, historien de l'Art : « À propos des portraits de Chateaubriand peints par Guérin, Girodet et Delaval, et, incidemment, de son buste sculpté par David d’Angers »
  15. Notice de la Base Joconde, sur le site du Ministère de la Culture
  16. Notice de la Base Joconde, sur le site du Ministère de la Culture
  17. Notice du monument sur le site du patrimoine de la Bretagne
  18. Fiche technique du film sur son site officiel

Source partielle[modifier | modifier le code]

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « François-René de Chateaubriand » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)