Appairage

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L'appairage (peering en anglais) en informatique est la pratique d'échanger du trafic Internet avec des pairs.

Appairage / désappairage en télévision chiffrée satellitaire[modifier | modifier le code]

On parle aussi d'appairage en matière d'accès à la télévision chiffrée satellitaire, lorsque le contrôle d'accès du terminal satellite DVB-S ne reconnaît que les cartes à puces de même nature, donc appairées. Par exemple une carte d'accès Fransat ne fonctionne que dans le lecteur de carte Viaccess du terminal labellisé Fransat, toutefois ce dernier peut lire une autre carte d'abonnement, exemple Bis TV, dans le même standard Viaccess. Pour les terminaux labellisés Canal Ready, aussi Viaccess, c'est encore plus restrictif puisqu'ils ne lisent que les seules cartes d'accès Tntsat ou cartes d'abonnement Canalsat. Le désappairage est la situation ou l'action contraire, par exemple insérer une carte TNTSAT dans une lecteur FRANSAT, on dit alors que le binome est désappairé.

Il découle de ce binôme protecteur des intérêts commerciaux des parties, que les constructeurs de téléviseurs, pourtant équipés en matière de tuner réception TV Numérique Satellite (TNS), ne peuvent pas proposer les deux bouquets français gratuits, même en disposant d'une carte valide.

Appairage en mode Internet[modifier | modifier le code]

En mode internet, l'appairage implique trois éléments :

  • une interconnexion physique entre les réseaux,
  • une liaison virtuelle entre les réseaux pour permettre l'échange des routes via un protocole de routage,
  • des accords commerciaux et contractuels d'appairage, entre les deux parties.

Les fournisseurs d'accès internet (FAI) configurent des points d'appairage, les endroits physiques où les échanges de connexions se déroulent et négocient les spécificités de l'appairage. La plupart des points d'appairage sont situés dans des centres de colocation (netcenters ou data centers, comme par exemple Telehouse à Paris) où les différents opérateurs réseaux centralisent leurs points de présence (PoP).

Quand deux entités ont besoin de réunir leurs réseaux, elles disposent de deux options :

  • utiliser le transit,
  • utiliser l'appairage.

Le transit nécessite que les opérateurs réseau de chaque entité soient d'accord pour laisser passer les flux entre les deux entités à relier. Le transit est souvent payant. L'opérateur verra son réseau utilisé pour des flux qui ne lui sont pas destinés. Si les opérateurs réseau refusent de laisser des flux externes transiter par leur réseau, on utilisera l'appairage souvent gratuit. On est dans une configuration d'égal à égal, souvent utilisée par des réseaux de tailles comparables.

Il est possible de faire de l'appairage avec ou sans point d'appairage. Dans le premier cas, il faudra multiplier les liens entre les réseaux (réseaux maillés). Dans le deuxième cas, un point d'appairage sera mutualisé par plusieurs réseaux (réseau en étoile).

Niveaux des opérateurs (tiers)[modifier | modifier le code]

Il existe 3 niveaux (tiers) d'opérateurs internet.

Les opérateurs de niveau 1 (tier 1) n’achètent pas de transit et fonctionnent uniquement avec de l'appairage privé entre grands opérateurs.

Les opérateurs de niveau 3 (tier 3) ne proposent pas de service de transit et payent donc toutes leur connexions.

Les opérateurs de niveau 2 (tier 2) sont mixtes, ils dépendent d'une offre de transit (ou au moins d'un accord d'échange de trafic payant) et proposent à leur tour une offre de transit[1].

Régulation[modifier | modifier le code]

L'appairage peut être régulé. En France, l'autorité de la concurrence s'est notamment prononcée en 2012 sur un différend entre Orange et Cogent[2],[3].

L'appairage peut être gratuit lorsque les échanges sont équilibrés et donner lieu à compensation lorsque le déséquilibre des échanges dépasse un certain seuil, par exemple le ratio 2,5[4].

Histoire de l'appairage[modifier | modifier le code]

Dans les premiers temps de l'Internet, un réseau backbone a existé d'abord sous la forme de ARPANET et plus tard de NSFNET.

L'Internet moderne n'a plus de dorsale dans le sens traditionnel. En effet, celui-ci existe plutôt via différents FAI et réseaux privés. Ils sont tous connectés via leurs points d'appairage et utilisent le protocole de routage BGP qui leur permet de coordonner les opérations inhérentes au fonctionnement de l'Internet sans aucune autorité centrale.

Des points d'appairage parisiens :

  • SFINX[5], exploité par Renater
  • PARIX[6], exploité par France Télécom
  • France IX[7], point d'échange neutre et fédérateur créé en 2010.
  • FNIX6[8], point d'échange IPv6 exploité par la société Novso
  • FR-IX[9], point d'échange neutre exploité par la future coopérative Opdop, sur 6 sites.
  • Mixt[10], appairage VoIP à Paris, exploité par Acropolis Telecom
  • Equinix IX Paris[11], point d'échange exploité par Equinix

Des points d'appairage en dehors de Paris :

  • FR-IX[9], point d'échange neutre exploité par la future coopérative Opdop (en plus de la RP) au Mans, à Rennes et à Marseille.
  • MAIX[12] à Marseille, repris par l'opérateur Jaguar Network[13]
  • NicIX[14] à Sophia Antipolis, géré par l'association Rezopole[15]
  • LyonIX[16] à Lyon, géré par l'association Rezopole[15]
  • EUROGIX[17] à Strasbourg
  • CIXP[18] à Genève au CERN
  • LOTHIX[19] à Nancy
  • TOUIX à Toulouse
  • Saintetix[20] à Saint-Étienne, géré par l'association Rezopole[15]
  • RoannIX à Roanne, géré par l'association Rezopole[15]
  • ADN-IX à Valence, géré par l'association Rezopole[15]
  • GrenoblIX à Grenoble, géré par l'association Rezopole[15]

Projets arrêtés :

  • GNI Grenoble (arrêté depuis quelques années)
  • MAE-EAST
  • FREEIX[21], exploité par le fournisseur d'accès Free (fermé en août 2011).
  • PaNAP[22], exploité par le fournisseur d'accès Bouygues Telecom suite à la revente du réseau de Club-Internet par SFR (migré vers le France-IX en mars 2011).
  • POUIX[23], exploité par l'opérateur Gitoyen (fermé en 2012).
  • CHTIX[24], exploité par l'hébergeur OVH (fermé en juillet 2011).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]