Animateur de formation

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
groupe en formation

Un animateur de formation ou animateur de groupe en formation ou facilitateur est un enseignant n'utilisant pas le mode descendant mais plutôt une dynamique collective et des méthodes de pédagogie active.

Quelle que soit la taille d’un groupe, il est nécessaire. L’animateur doit en être le pilier. Il est celui qui va aider à la bonne marche du groupe durant les rencontres, sans lui, le groupe ne fonctionne pas comme il faut.

Mais pour que ce rôle soit utile, il doit être reconnu par tous les membres du groupe comme tel, avec ses avantages et ses inconvénients.

Rôles de l'animateur de formation[modifier | modifier le code]

Le rôle de l’animateur dans un groupe est capital. Il s’articule autour de différents points : l’exemple, la vision du but, l’organisation, le dynamisme, la participation, le pouvoir, la clarté des moyens et l’évaluation continue.

  • L'exemple : l’animateur est l’exemple du groupe, il montre la voie à suivre. Les autres membres s’inspirent de son exemple pour communiquer, partager des informations, respecter la parole des autres.
  • La vision du but : l’animateur se doit de définir les objectifs du groupe de travail avec précision et de toujours veiller à se tenir à ses objectifs. Il doit aider le groupe à identifier ses besoins vis-à-vis de l’objectif final et à mettre en place une organisation pour l’atteindre. Il doit toujours replacer le débat dans le contexte de l’objectif final sans toutefois étouffer l’expression de points de vue différents ni la naissance de légers conflits s’ils sont constructifs et ne nuisent pas à l’ensemble du groupe.
  • L'organisation : L’animateur de formation doit s’occuper de l’organisation du groupe en lui-même mais également de l’interaction avec l’environnement extérieur. Il doit donc non seulement assurer la mise en place et le bon fonctionnement du groupe, mais il est aussi responsable de toute la logistique et de l’organisation matérielle (location et emprunt de matériel…). De plus, si des personnes extérieures sont impliquées, l’animateur doit veiller à faire circuler les informations (dans les deux sens) et de leur répondre des buts et de la mission du groupe.
  • Le dynamisme : l’animateur est d’une certaine manière l’âme du groupe. Il doit pouvoir anticiper les moments de faiblesse dans le groupe, motiver les membres à atteindre les objectifs, leur donner l’envie d’aller de l’avant en étant à la fois strict sur les buts mais flexibles sur les moyens.
  • La participation : L’animateur a pour rôle de faire participer tous les membres du groupe de la même manière, ainsi ils peuvent tous apporter leur contribution et prendre des responsabilités. Cela passe tout d’abord par une égale répartition du temps de parole des différents membres. L’animateur doit les écouter tous avec la même attention, respecter leurs idées et faciliter leurs échanges (par des questions ou des suggestions par exemple). Si certaines explications peuvent prêter à confusion, l’animateur doit essayer de comprendre et de clarifier ces interventions. De même, si les discussions se dirigent vers des opinions politiques, religieuses ou philosophiques, l’animateur doit contrôler les propos des différents membres. Tout ceci est important car ce travail repose sur les efforts conjoints de tous les membres.
  • Le pouvoir : L’animateur est un leader, il tient les rênes du groupe pour lui permettre de suivre le but visé. Cependant il doit malgré tout rester souple et permettre un certain partage du pouvoir si cela peut apporter au groupe. C’est à lui de prévenir et de régler les situations de crise, et ainsi maintenir le bon ordre du groupe. Pour cela, il définit les règles avec l’aide de tous les membres et s’assure de leur respect.
  • La clarté des moyens : l’animateur du groupe en est son organisateur. Il va toujours chercher à optimiser la coopération entre les différents membres du groupe en donnant l’ordre du jour de la rencontre, les durées des différentes tâches et en y assignant des membres s'il y a lieu.
  • L'évaluation continue : l’animateur surveille la progression du travail du groupe en faisant un point sur les objectifs atteints et restants (résumé) et synthétise le travail en fin de rencontre. Il réfléchit aussi aux moyens d’optimiser encore plus le fonctionnement du groupe. Ainsi l’animateur se doit de gérer le temps imparti à chaque tâche en fonction des objectifs atteints ce qui peut le pousser, selon les besoins à changer les objectifs.

Qualités à avoir pour un animateur de formation[modifier | modifier le code]

Pour remplir parfaitement le rôle d’animateur, une personne doit avoir certaines qualités.

Tout d’abord, il doit posséder une autonomie personnelle suffisante, il doit donc être assez stable et capable de se prendre en main seul. Il doit également faire preuve d’une grande assurance sur les deux plans (physique et psychologique) pour lui permettre d’affronter le mieux possible toutes les situations de crises quelles que soient les circonstances. De même, il doit réagir rapidement devant toutes les situations imprévues. Il doit savoir adapter son style d’animation selon le groupe et ses besoins, il peut jouer le rôle soit de modérateur soit de facilitateur des échanges selon les circonstances. Pour cela, il doit savoir écouter les autres membres du groupe. Une dernière qualité, mais qui n’est pas de la moindre importance : l’animateur doit avoir le sens de l’humour !

Défauts à éviter pour un animateur de formation[modifier | modifier le code]

L’animateur, en plus de ses nombreuses qualités, doit aussi savoir éviter certains travers le plus souvent dus à sa personnalité.

Ainsi, l’animateur peut être inadapté à la personnalité du groupe, le plus souvent à cause d’un désir de montrer sa supériorité sur le groupe. Il peut aussi exister chez l’animateur un manque de confiance en soi ou de simplicité qui peut le mener, quelquefois inconsciemment à écraser le groupe en voulant montrer sa compétence. Il doit aussi exister chez l’animateur une volonté d’ouverture car, ayant plus d’influence sur le groupe, il va avoir tendance à facilement imposer ses idées. Le défaut le plus dangereux pour un animateur est d’être bavard. Il empêche les autres de s’exprimer, ne les écoute pas et influence le groupe. De plus, il fait naître un sentiment de malaise. L’animateur doit aussi savoir trouver l’équilibre entre rigidité et souplesse. En effet l’animateur ne doit pas seulement orienter les échanges en fonction de ses certitudes mais aussi laisser une certaine liberté de réflexion tout en évitant de se laisser déborder par les membres du groupe et laisser celui-ci aller dans toutes les directions. Il doit aussi savoir faire preuve d’autorité sur le groupe afin d’éviter les confusions et de garder les objectifs tout en s’interdisant des excès d’autorité qui peuvent créer des blocages. Ces deux attitudes se rencontrent souvent chez un même animateur. Un animateur ne doit pas s’impliquer dans une discussion, ce qui arrive quand l’animateur est partie prenante dans la discussion. Il ne joue alors plus son rôle. Une solution est d’alterner les animateurs. Il doit aussi avoir une certaine assurance face au groupe. Le manque d’assurance, la peur du groupe se traduit dans le comportement de l’animateur qui ne sait pas quelle attitude à adopter ; il naît alors un certain malaise. Un animateur compétent doit aussi avoir connaissance de la psychologie de groupe. Il doit faire attention aux phénomènes de groupe qui peuvent avoir lieu dans son groupe.

Techniques d'animation[modifier | modifier le code]

Il existe différentes techniques d’animation que l’animateur peut proposer pour aider le groupe à avancer : Le tour de table, la discussion en panel, le brainstorming, l’étude de cas, le Phillips 6/6, la simulation, les jeux de rôle, le photo langage et les questions-réponses. Les éléments ci-dessous sont tirés d'ouvrages de référence[1],[2]:

  • Le tour de table : L’animateur soulève une question ou un problème simple, et chaque participant donne son avis ou sa réponse tour à tour. C'est la technique d'animation la plus simple et la plus développée. Elle permet à tout le monde se sentir impliqué et écouté donc une technique d'animation intéressante pour un premier contact.
  • La discussion en panel : C'est une discussion entre quelques individus compétents sur le sujet, ayant des points de vue différents. Ils sont en principe désignés par l'animateur. Cette discussion a lieu devant les autres membres du groupe qui peuvent donner leur avis en posant des questions aux spécialistes. La discussion en panel peut s'apparenter à une soutenance orale.
  • Lebrainstorming : Pour cette technique d’animation, on a trois catégories de personnes : un animateur, des participants et quelques observateurs. Un problème est posé et toutes réponses même les plus étranges doivent être dites et écrites. À la fin, une synthèse est faite. Ce travail est surtout créatif, il a pour objectif de produire des idées nouvelles et originales.
  • L’étude de cas : L’étude de cas consiste à étudier de façon systémique une situation réelle pour résoudre un problème plus abstrait, plus général. Le cas peut être tiré de la vie quotidienne ou professionnelle des membres du groupe, d’un document,… chaque participant étudie ce cas, puis une discussion a lieu dans des groupes de 3 à 6 personnes. Le groupe devra alors successivement préciser les aspects du problème, donner des solutions et les confronter pour finalement en exposer une à l'ensemble du groupe. Cette méthode permet de développer chez les participants leur sens critique face aux problèmes qui se posent quotidiennement
  • Le Phillips 6/6 : Technique développée par Mr Phillips qui se termine par la production de rapports élaborés par 6 groupes de 6 personnes en 6 minutes. L'animateur choisit un sujet, un rapporteur est élu. Ensuite les groupes travaillent sur la question pendant 6 minutes puis le rapporteur expose le résultat de la discussion sous la forme demandée. L'animateur peut ensuite organiser un débat autour des productions exposées avec la participation possible d'expert sur le sujet.
  • La simulation : Durant une simulation, on cherche à mettre les participants dans une situation la plus proche possible du réel à partir d'un modèle de la vie réelle. L'animateur va organiser cette simulation, introduire de nouveaux événements, mais il n'intervient pas dans la résolution du problème lié à la simulation. Il peut aussi y avoir des observateurs qui analysent le comportement de groupe. La simulation peut aller du jeu de rôle à la reconstitution d'une guerre. Elle permet aux participants d'acquérir des réflexes face à la réalité.
  • Les jeux de rôle : Les jeux de rôle consistent à faire jouer quelques participants d’un groupe devant les autres dans des rôles qui sortent de l’ordinaire. Cela leur permet de leur faire prendre conscience des motivations et des modes de pensée d’autres personnes, et ainsi développer leurs facultés d’adaptation et de compréhension. Pour mettre en place cela, il faut choisir le contexte, laisser les personnes choisir leur rôle puis laisser faire l’improvisation. L’animateur peut ensuite interroger les joueurs et le public sur leur ressenti.
  • Le photolangage : L'animateur a précédemment préparé une compilation de divers documents photographiques, picturaux. Il pose une question précise au groupe, lequel va alors chercher à y répondre au moyen des documents présentés. La séance va alors s'organiser en quatre étapes : présentation de l'ordre du jour de la séance (objectif, déroulement), puis choix individuels de deux ou trois photographies après un tour de table, un travail de groupe sur chacun de ces choix (raison du choix,...) et enfin l'analyse globale des résultats obtenus par chacun des groupes. Le travail sur des représentations photographiques facilitent l'expression de sentiments ou l'analyse de notre représentation du monde.
  • Les questions-réponses : Un sujet, un thème général est soumis au groupe par l'animateur. Les participants divisés en groupes quelques personnes sélectionnent 2 ou 3 questions qu'ils écrivent sur un papier puis tous les papiers sont recueillis dans une boîte. Ensuite, chacun des groupes tirent au sort un papier dans la boite, et cherchent des réponses et/ou des solutions pour répondre aux questions. Enfin, chacun des groupes sélectionne un rapporteur qui expose au reste de l'assemblée la ou les questions tirées ainsi que les résultats de son groupe. Il incombera alors à l'animateur d'effectuer la synthèse et la conclusion du travail effectué.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Francis Vanoye, Travailler en groupe, Hatier,‎ 1976, 79 p. (ISBN 2218026171)
  2. Dominique Chalvin, Encyclopédie des pédagogies de formation : Méthodes et outils, t. 2, ESF,‎ 2006, 176 p. (ISBN 2710118165)