Accept

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Accept

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Accept au Hellfest 2013.

Informations générales
Pays d'origine Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Genre musical Heavy metal
Speed metal
Power metal[1]
Hard rock
hard FM (Eat the Heat)
Années actives Band X :
1968 - 1971
Accept :
1971 - 1989
1re reformation :
1992 - 1996
2e reformation :
2005 - 2009
3e reformation :2009 -
Labels Nuclear Blast
Epic
Polygram
Site officiel acceptworldwide.com
Composition du groupe
Membres Mark Tornillo
Wolf Hoffmann
Herman Frank
Peter Baltes
Stefan Schwarzmann
Anciens membres Udo Dirkschneider
David Reece
Jorg Fischer
Jan Koemmet
Jim Stacey
Frank Friedrich
Gerhard Wahl
Dieter Rubach
Hansi Heitzer
Michael Wagener
Stefan Kaufmann
Michael Cartellone
Logo

Accept est un groupe de heavy metal allemand. Il est fondé par le chanteur Udo Dirkschneider et par le guitariste Michael Wagener (devenu producteur depuis). Le groupe débute sous le nom de Band X, en 1968, avant de prendre le nom d'Accept, en 1971. Il ne commence une carrière professionnelle qu'à la fin des années 1970. Le groupe se dissout et se reforme plusieurs fois ; dernièrement en 2009. Il est notamment reconnu pour avoir joué un rôle important dans l'essor du speed metal, avec leur chanson "Fast as a Shark". L'album Balls to the Wall, sort en 1983, et est vu comme l'un des disques classiques de l'histoire du metal.

Au niveau esthétique, leur musique est plus particulièrement connue pour un style de heavy metal incisif et puissant. Elle est aussi marquée par de nombreuses références à la musique classique. Le groupe a également exploré différentes possibilités stylistiques (entre autres dans le hard FM, le speed metal, le hard rock, le metal alternatif, etc.). Au niveau des paroles, une partie importante du répertoire est marquée par des textes engagés liés aux questions sociales et aux droits de l'homme (l'oppression des minorités dans le monde, la dénonciation du racisme, des préjugés, de la peine de mort, de la guerre et du militarisme, du fondamentalisme religieux ou, encore, du conformisme social, etc.).

Le groupe connaît un succès important au cours des années 1980. Il est souvent considéré comme la seconde figure importante du heavy metal allemand, après Scorpions. Il fait également l'objet de controverses au cours des années 1980, dans lesquelles il est accusé, sans fondement, de sympathies nazies (en France et en Pologne), de sympathies soviétiques (aux États-Unis), d'attitudes antisoviétiques (en URSS). Il leur est également reproché la thématique apparemment gay-friendly de certaines chansons et imageries. Ces controverses se dissipent avec le temps.

Sommaire

Caractéristiques générales[modifier | modifier le code]

Accept est originaire de Solingen dans la Ruhr, ville industrielle équidistante d'Essen, Düsseldorf et Cologne[2]. Il connaît un succès important au cours des années 1980[2],[3],[4]. À ses débuts, le groupe joue une forme de hard rock inspirée de Deep Purple, d’AC/DC puis par la suite de Judas Priest[5],[6]. C'est sous l'influence de ce dernier que leur musique se radicalise progressivement au début des années 1980 : à partir de l'album "Breaker" (1981), le groupe se tourne, en effet, vers un heavy metal de plus en plus incisif, mettant l'emphase sur l'accroche des riffs et des mélodies, un chant agressif et des refrains accrocheurs en forme d'hymnes militants souvent chantés en chœur à l'instar de leur chanson phare "Balls to the Wall"[7]. C’est sous cette formule heavy/speed que le groupe rencontrera le plus de succès dans sa carrière.

De par la nature de son style, la musique d'Accept est agressive, mais le groupe insiste sur le fait que leur démarche artistique ne se réduit pas qu'à cela[8]. À ce titre, malgré le caractère extrême de certaines de leurs chansons (pour l’époque), le groupe refuse d'être comparé aux groupes violents et (pseudo-) satanistes comme Venom (considérés comme les plus extrêmes à l'époque) dont il trouve la musique trop sombre et parfois démoniaque[8]. À cet égard, Hoffmann, le guitariste et compositeur, estime que leur groupe est complètement différent en termes de style et de présentation[8]. Le groupe insiste notamment sur l'importance de la mélodie dans leur approche musicale[8]. « On aime garder beaucoup de mélodie dans la structure de tout ce qu’on fait. On souhaite écrire des chansons que les gens peuvent suivre, pas trois minutes de pur bruit blanc[8],[9]! »

Un des aspects marquants de la musique d'Accept à cette époque, comme le note, entre autres, le musicologue Dr Esa Lilja, c'est son style d'arrangement pour deux guitares dans lequel les deux instruments se complètent en utilisant, par exemple, des positions d'accords différentes[10],[11] ou des lignes mélodiques harmonisées. Comme le souligne Lilja, alors que les ensembles instrumentaux du genre se contentaient dans les années 1970 d'un arrangement pour une seule guitare[10](Black Sabbath, Deep Purple, Led Zeppelin), l'instrumentation à deux guitares va devenir standard dans les années 1980 avec justement des groupes comme Accept, Iron Maiden, Judas Priest[10] ou même les Scorpions. Ce dispositif instrumental sera d'ailleurs exploité et développé en termes visuels par Accept, pour en faire un marque de fabrique[12]: un duel de deux guitares Gibson flying V croisées. « On a délibérément travaillé sur ça, se souvient le guitariste Wolf Hoffmann. Les flying V avaient quelque chose d'unique et on a chorégraphié autour. Les mouvements sur scène étaient quelque chose de nouveau et donnaient aux prestations scéniques un aspect plus grandiose qu'auparavant[12] ». Selon le guitariste, c'est Gaby Hauke leur manager (et future femme du guitariste), qui en aurait eu l'idée et qui l'aurait creusée pour en faire un visuel de marketing[12]. Cela a d'ailleurs bien fonctionné et a permis d'attirer l'attention sur eux en se démarquant des autres en termes de visuel[12].

Leur musique est aussi marquée par de nombreuses références au classique, Beethoven, Tchaikovsky, Khatchatourian, Elgar, Grieg, Bizet, Ravel tout particulièrement. Le guitariste et principal compositeur Wolf Hoffmann, étant un fan de musique classique. Le groupe a également exploré différentes possibilités stylistiques allant du Hard FM au speed metal, revenant parfois à un style plus hard rock (« Man Enough to Cry », « Rich and Famous », « Donation », « Hard Attack »), ou s’aventurant occasionnellement dans le domaine du jazz (avec une chanson comme « Teach Us to Survive »). Le groupe intègre fréquemment certaines touches d'inspiration (pseudo-)orientale avec l’usage d’un sitar électrique (« Metal Heart », « Stone Evil », «Crossroads ») ou de la gamme dite "orientale"(« Metal Heart »« Bucket Full of Hate » « Make Me Scream », « Sodom and Gommora », « Lay it down on Me »).

À la fin des années 1980, le groupe adoucit sa musique et cherche à s’orienter vers une musique plus accessible de type Hard FM avant de revenir à sa formule la plus populaire au début des années 1990. Au milieu des années 1990, marqué par le succès de groupes comme Nirvana, Rage Against the Machine ou Pantera, le groupe se laisse influencer par le metal alternatif et le groove metal avec plus ou moins de succès. Lors de ses deux reformations successives au cours des années 2000, le groupe privilégie à nouveau la formule qui a fait son succès dans les années 1980.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les débuts (1968-1978)[modifier | modifier le code]

« Tout a commencé avec une guitare, une guitare que j'ai achetée avec mon premier salaire en 1962. J'avais 13 ans et j'ai fait mes premiers pas avec Udo Dirkschneider dans un groupe qui deviendrait plus tard Accept. Le nom a été choisi en référence à l'album de 71 du groupe de blues britannique Chicken Shack, se souvient Michael Wagener[13],[Note 1] »

Le groupe débute sous le nom Band X en 1968[14], avant de prendre le nom Accept en 1971[14]. Il était alors constitué de Udo Dirkschneider, des guitaristes Michael Wagener et Jan Koemmet et du batteur Birke Hoe[14]. À la fin des années 1960, le groupe n'en est encore qu'à un stade embryonnaire et se contente d'« expérimenter»[13]. Band X joue son tout premier concert à Wuppertal, la ville natale de Dirkschneider[15]. « Nous avons gagné 20 deutschmarks » se souvient le chanteur (l'équivalent de 10 euros) « et interprété trois morceaux. Je m'occupais simultanément du chant et des claviers. La sono ne fonctionnait pas très bien. Il a fallu que nous réparions des trucs en cours de concert. Mais bon, comme première expérience live, il y a pire[15]. » Les activités de Band X sont interrompues aux débuts des années 1970, lorsque Wagener et Dirkschneider sont appelés sous les drapeaux[13]. En 72, après le service militaire, Wagener trouvera un emploi en tant qu'ingénieur électrique, au Stramp Audio de Hambourg[13]. Dirkschneider, quant à lui, fait la connaissance du guitariste Gerhard Wahl et décide de relancer les activités de son groupe. Viendront s'ajouter bientôt Hansi Heitzer à la guitare et Franck Friedrich à la batterie[14]. Glad to Be Alone fut la toute première véritable chanson composée sous le nom d'Accept[15]. La chanson figurera plus tard sur leur premier album. « C'était longtemps avant que nous n'enregistrions notre premier disque se rappelle Dirkschneider, Peter Baltes et Wolf Hoffmann ne faisaient pas encore partie du groupe, c'est dire[15]… »

En 1975, le bassiste Dieter Rubach rejoint le groupe mais le quitte cette même année. Plus tard, il se joindra à nouveau à Dirkschneider au sein du groupe U.D.O. en 1987. Jan Koemmet quitte également cette année-là[14] mais reviendra brièvement en 1982. Durant ses premières années, le groupe répète des standards de l’époque à Solingen en Allemagne. En 1976, le groupe est repéré par les organisateurs du festival Rock Am Rhein (cette même année Michael Wagener quitte le groupe pour une carrière de producteur). Ces derniers invitent Accept à jouer durant le festival. C'est cette même année que Wolf Hoffmann rejoint le groupe en tant que second guitariste[14].

« J’avais seize ans quand j’ai rejoint Accept, se rappelle le guitariste. Je n’avais jamais joué dans un groupe sérieux auparavant. Ma première performance publique a eu lieu en 1976 dans notre ville natale de Solingen. Je me sentais très nerveux, et rien que le fait d’assurer le concert en entier me paraissait un exploit ! Je me souviens plus de la setlist, mais je pense que certains morceaux joués ce soir-là apparaissent sur notre premier album qui renferme de nombreux titres écrits à cette époque[16]. »

Le bassiste Peter Baltes (ex-Pythagoras) rejoint le groupe aussi à cette époque[14]. Gerhard Wahl prendra la place de Wagener en tant que second guitariste[14]. Jörg Fischer (de Frenzy) viendra prendre la place de Wahl par la suite. Le groupe donne ses premiers concerts dans la région en 1977 et décroche un contrat avec le label allemand Metronome de Hamburg, l'année suivante[2],[17].

Les premiers albums (1979-1982)[modifier | modifier le code]

Les deux premiers albums du groupe sortirent respectivement en 1979 et 1980, mais tous deux furent publiés confusément sous le titre Accept et sous de nombreuses variantes de couvertures[14]. Le premier est « souvent appelé Lady Lou », écrit Hervé Picart, « tant pour le titre qui porte ce nom que pour la ravissante à la tronçonneuse qui orne la pochette[2] ». Le second est parfois dénommé d'après son titre d'ouverture I'm a Rebel[2].

Accept (Lady Lou) (1979)[modifier | modifier le code]

Le premier album sera enregistré à la fin de l'année 1978, (de septembre à décembre)[2]. Peu de temps, après l'enregistrement, le batteur Franck Friedrich les quitte. Il sera remplacé par un ami du groupe Stefan Kaufmann également originaire de Soligen[17]. Le disque sort début 1979. Ce premier album reprend des chansons qu'ils jouaient depuis des années déjà. Sur deux chansons de cet album, Sounds of War et Seawind, le bassiste Peter Baltes prend la place de Udo au chant. Au niveau de la qualité des chansons, Weitzmann estime que cet album ne met pas encore en valeur toutes les possibilités du groupe : « Dû au fait d'une production faible, ce disque montre un groupe encore hésitant, surtout au niveau des compositions, mais certains morceaux tels que Tired of Me, Glad to be Alone ou le fulgurant That's Rock'n'Roll dénotent une virulence indéniable[17] ». Hervé Picart rejoint plus ou moins cette analyse. Selon lui, « si un morceau comme That's Rock'n'Roll y atteste qu'Accept possède déjà une énorme énergie, ce disque à la production un peu fruste n'impose pas vraiment un groupe encore raide et n'allant pas au bout de ses possibilités, tant pour la voix éraillée d'Udo que pour les duels de guitare[2]. »

À la suite de la parution du disque, le groupe entame une tournée à travers l'Allemagne pour promouvoir l'album[2]. Le groupe, écrit Picart, « put décrocher quelques premières parties intéressantes, mais les choses restent longtemps difficiles pour lui car l'Allemagne de 1979 se passionnant davantage pour une new wave spectrale que pour le hard rock. Accept tombait à un mauvais moment. Cela ne fit que lui donner davantage de hargne et cette année d'adversité contribua à le faire murir, à radicaliser ses riffs. Udo, souvent amené à s'imposer dans des conditions difficiles, força sa voix qui devint ce rugissement indescriptible que nous connaissons à présent[2]. »

I'm a Rebel (1980)[modifier | modifier le code]

En octobre 1979, ils retournent en studio pour enregistrer leur deuxième album : I'm a Rebel, produit par Dirk Steffens[17]. La chanson titre a été à l'origine écrite en 1976 pour le groupe australien AC/DC, par Alexander Young (sous le pseudonyme de George Alexander)[18],[19],[20].

« Nous avons eu vent de ce morceau, explique Hoffmann, par le biais de notre éditeur à Hambourg. Elle a été écrite par Alex Young, un des frères de Malcom et Angus de AC/DC. Ils n'ont jamais sorti la chanson mais nous avions une cassette démo avec Bon Scott au chant. J'aimerais remettre la main sur cette cassette, mais je crains de l'avoir égarée par inadvertance après toutes ces années[18],[Note 2] »

Ils réaliseront leur premier clip pour cette chanson. Weitzmann et Picart estiment que cet album fait ressortir d'incontestables progrès[17],[2]. Comme le remarque ce dernier :

« Les compositions y sont plus denses, plus acharnées. On retrouve dans Accept ce concentré de fureur qui fit l'excellence des meilleurs albums d'AC/DC. La voix d'Udo s'exprime cette fois à plein et les passes d'armes de Wolf et Jörg montrent davantage de brio, de fièvre et de mise au point. La personnalité musicale du groupe commence à se dessiner, et s'oriente vers un heavy rock au martèlement régulier, tenacement scandé[…]. Quelques recréations plus mélodiques signalent toutefois, à l'instar de China Lady, que l'on se situe dans la patrie des Scorpions[2]. »

Ce sera leur premier disque à franchir les frontières allemandes et sera distribué en Grande-Bretagne et aux États-Unis[17]. Leur champ d'activité s'élargit, le groupe aura l'occasion de jouer notamment en Hollande et en Belgique[2]. Picart observe toutefois que « malgré la qualité de son second album, le groupe continuait à végéter ». Rétrospectivement, le groupe reste peu satisfait de ces deux disques. Wolf Hoffmann, le guitariste remarquait à ce propos : « Le premier album était en fait une compilation des morceaux que l'on avait joués des années auparavant, si bien que l'album tout en étant heavy, partait dans des directions diverses. Le deuxième album était plus professionnel. Cependant pour nous il représente un temps mort dans notre évolution et un pas pris dans la mauvaise direction[21]. »

Breaker (1981)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Breaker.

À la suite des tentatives commerciales infructueuses de l'album précédent, le groupe décida de ne plus se « laisser influencer musicalement par qui que ce soit d'extérieur au groupe[22] ». En 1981, il enregistre Breaker (mixé par Michael Wagener). Dirkschneider considère que Breaker fait partie des meilleurs albums d'Accept et marque le début de l'ère la plus glorieuse du groupe[23]. Hervé Picart parle de « chef-d'œuvre » à propos de cet album[2] : « Cette fois, à côté des lancinantes pièces aux riffs à la Space Invaders, la machinerie Accept s'emballe pour de bon. On ne sait qui a versé du méthylène dans son réservoir, mais le fait est que le groupe se débride et passe au travers des murs. Starlight, Breaker, Son of a Bitch (qui connaîtra d'ailleurs quelques problèmes de censure, les paroles d'Accept n'étant pas vraiment du Chantal Goya), autant de pièce d'artillerie lourde qui vont devenir des classiques du groupe. Mais le titre qui semble le plus révélateur s'avère Burning, car l'on y sent que nos Germains manifestent à présent sans retenir un tempérament incendiaire[2]. »

Accept connaît ses premiers succès et se lance dans une tournée européenne. C’est aussi l’année où le groupe engage Gaby Hauke comme manager[16]. Celle-ci fut l'une des premières et des rares manageuses dans le rock[24]. Comme le soulignait rétrospectivement Mad Scott, en 1986, l'efficacité et l'autorité, dont elle fera preuve, contribueront largement à leur succès par la suite[24]. Eu égard aux fans, elle exigeait systématiquement des organisateurs de concert que « les prix soient les plus bas possibles[24] ». À la sortie de Breaker, cette dernière leur permettra d'assurer la première partie de Judas Priest en Angleterre et en Allemagne[16]. Ce qui pour le jeune groupe, constituait, une opportunité de rêve. Mais la tournée s'avéra difficile pour le groupe dû au manque de soutien de la maison de disques[16], c'est le groupe lui-même qui a du payer de sa poche[17],[16].

« Ce fut une expérience étrange et un sale coup de notre maison de disques. Personne ne nous connaissait là-bas et les kids nous regardaient assis en attendant Judas. On n'a pas eu de promotion, aucune facilité, la maison de disques s'en foutait[21]. »

« On était sans un rond et on mourrait littéralement de faim la plupart du temps, se rappelle Hoffmann. C'était une tournée autofinancée sans le moindre soutien de label. Alors il nous arrivait à l'occasion de nous faufiler dans les vestiaires de Judas Priest et de piquer quelques trucs sur leurs plateaux de traiteur. Un jour on s'est fait prendre par leur manager de tournée et on s'est fait virer de la pièce, ah! La tournée fut quand même une expérience super qui nous a ouvert les yeux, c'était notre première tournée avec un « vrai » groupe. Bien sûr, on voulait faire exactement comme eux et les albums suivants ont été marqués par quelques influences de Judas Priest[18],[25]. »

Juste après la tournée en Angleterre, Jörg Fischer quitte le groupe[26]. Hoffmann en explique les circonstances dans une interview accordé au magazine britannique Kerrang. Selon lui, c'était surtout un problème d'ordre personnel, plus qu'artistique. Il explique que le groupe est un peu comme une "unité soudée" où chacun se donne à 100 %, "si quelqu'un décide qu'il ne peut plus tout donner, alors l'unité se rompt. C'est ce qui s'est passé avec Jörg et nous avons donc décidé, en tant que groupe, qu'il devait partir."[26]. Fischer quitte donc le groupe avant même qu'ils aient commencé à enregistrer l’album suivant[26]. Le groupe, exigeant sur la qualité du guitariste, mettra longtemps avant de pouvoir trouver un remplaçant[26]. Selon Hoffmann, une trentaine de personnes ont été auditionnées, mais aucun ne semblait vraiment convenir[26].

Restless and Wild (1982)[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Restless and Wild et Fast as a Shark.
Herman Frank remplace Jörg Fisher en 1982. Il officie en tant que deuxième guitariste jusqu'en 1984, puis en 2005, et enfin depuis la reformation du groupe en 2009.

C'est durant l'année 1982, parallèlement aux recherches d'un remplaçant pour Fischer, que le groupe commence à travailler sur le successeur de Breaker[26]. Pour ce faire, ils font appel à un vieil ami, ancien membre d’Accept, Jan Koemmet[17],[26], pour travailler sur les ébauches de chansons et pour les aider à trouver le feeling et l’état d’esprit souhaité[26].Ces ébauches sont encore assez différentes du résultat final[26]. Les couplets, ont entre temps, été remaniés, les soli altérés et les paroles d'une des chansons (qui deviendra plus tard "Get Ready") complètement réécrites[26]. Quelques semaines plus tard, le groupe enregistre le quatrième album qui s'intitulera Restless and Wild - album produit par Michael Wagener, ancien guitariste du groupe. Ils trouvent finalement un guitariste remplaçant idéal en la personne de Herman Frank[14],[26]. Hoffmann l'a repéré lors d'un petit concert dans la région de Nuremberg[26]. Il lui proposa de faire quelques essais. Le courant passe bien au niveau personnel et le groupe lui propose la place de guitariste[26]. Mais le nouveau guitariste, encore peu rôdé à la musique du groupe, ne participera que très peu à l'enregistrement du disque[27]. C'est essentiellement Hoffmann qui se chargera de l'enregistrement des parties de guitare[27].

Avant même sa sortie, l'album acquière une renommée underground du fait de la circulation de milliers de cassettes bootleg quelques mois avant sa mise en vente[14]. L’album eut beaucoup de succès notamment grâce aux chansons Fast as a Shark (chanson généralement considérée comme l'un des premiers morceaux de speed metal[28]) et Princess of the Dawn. Picart considère cet album comme décisif dans la carrière du groupe[2]. Il décrit ainsi l'album comme un parfait mélange de « speed hystérique […] et de heavy flibustier[2] ». Le disque achève donc de propulser le groupe « au premier rang des espoirs majeurs » de la scène metal de l'époque[2]. Pour la promotion de l'album, Dirkschneider « modifie son look, taille ses cheveux longs pour une coupe plus austère et adopte une allure paramilitaire[2] » - attitude qui, selon Picart, « achève d'imposer Dirkschneider comme une figure essentielle du heavy des années 1980[2]. »

La critique, à la sortie de l'album est élogieuse. Enfer Magazine écrit :

« Que dire de cet album, sinon qu'il porte bien son titre, il est réellement « remuant et sauvage ». Tous les morceaux tel le premier, sont écrits sur un tempo rapide mis à part Shake Your Heads, Neon Nights, et Princess of the Dawn, qui sont plutôt lents et lourds mais qui vous aplatissent tout autant. Notons, également, que Don't Go Stealing My Soul Away sonne très AC/DC, tout comme Midnight Highway sur Breaker. Restless and Wild est indispensable à tous les fans de JUDAS et de SAXON. »

La sociologue américaine et spécialiste du heavy metal, Deena Weinstein, compte également ce disque parmi les cent albums de metal les plus référentiels[29].

Le succès (1983-1986)[modifier | modifier le code]

Balls to the Wall (1983)[modifier | modifier le code]

En 1983, juste après la tournée Accept enregistre un autre album, Balls to the Wall (mixé par Michael Wagener). La chronique d'un des magazines français de l'époque, Metal Attack, est élogieuse :

« Difficile de trouver des formules pour parler de Balls to the Wall. À cause d'une raison très simple: Rien dans la musique d'Accept n'est fondamentalement original. Et pourtant…et pourtant, cet album est fondamentalement fabuleux ! Comment expliquer ce miracle.[…] Un mot peut aider à comprendre, et ce mot est magie… ou si vous préférez génie pour transfigurer ce qu'on croyait rabâché un milliard de fois en un son neuf. Écoutez bien Balls to the Wall, le morceau titre : Jamais encore aucun groupe n'avait porté à ce paroxysme impitoyable le caractère d'hymne guerrier du metal. Une violence, une puissance, une incandescence, qui se poursuit sur London Leather Boys avec une intensité qui ne se dément pas un instant.[…] Accept n'est pas un nouveau Led Zep ou Deep Purple, mais un héritier qui a su assimiler tout ce que lui ont légué ses ainés pour se frayer sa propre voix royale[30]. »

À partir de cet album, les textes seront signés par un mystérieux parolier attitré, Deaffy, dont on ignorera longtemps l'identité, jusqu'à ce que le voile soit levé à la fin des années 1990, sur le site web du guitariste. Il s'agissait de Gaby Hauke (manager du groupe et épouse de Wolf Hoffmann). Lors d’un concert de Noël, Jörg Fischer rencontre le groupe qui lui propose de réintégrer les rangs. En 1984, Fischer réintègre Accept alors que le groupe achève sa tournée avec notamment un concert tonitruant aux Monsters Of Rock Allemand pour clore celle-ci. En fin d’année Accept entre en studio avec le producteur Dieter Dierks (qui avait déjà travaillé avec Scorpions) pour un album qui est annoncé comme novateur.

Metal Heart et Kaizoku-Ban (1985)[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Metal Heart et Kaizoku-Ban.

En 1985, Metal Heart sort et s'avère effectivement novateur. On y remarque l'apport de synthétiseurs et de parties où le groupe reprend des morceaux de musique classique (comme La Marche Slave de Tchaïkovski (pour l'intro) et La Lettre à Élise de Beethoven (pour le solo), dans le morceau Metal Heart). Accept fait une grande tournée mondiale et décroche le gros lot au Japon. L'album se caractérise par une tentative prudente vers une plus grande accessibilité[31], et place un certaine emphase sur l'accroche et la mélodie. Malgré son léger adoucissement, cet album est généralement considéré comme un des meilleurs du groupe au côté des albums Balls to the Wall, Restless and Wild et Breaker. Il rencontra un grand succès dès sa sortie. Les chroniques des revues spécialisées de l'époque sont élogieuses. Jean-François Bouquet de Metal Attack, par exemple, chroniquait l'album en ces termes : « Est-il possible que l'album de l'année 1985 soit celui-ci ? En tout cas, Metal Heart s'impose comme un sacré disque. Nous savions tous depuis longtemps, qu'Accept est un excellent groupe, mais là… attention ! Dieter Dierks, producteur génial, a mis son talent au service d'un des groupes de metal les plus doués. Lorsque je suis allé à Cologne, en compagnie de Zegut, pour écouter cet album, je ne savais ce qui m'attendait: Une grande claque ! […] Udo et sa bande signent, là, un album dont on n'a pas fini de dire du bien ! […] Wolf Hoffmann, […] nous a expliqué à quel point ils avaient soigné Metal Heart, même au niveau de la pochette […] Accept veut faire de ce nouvel album une bombe. […] Metal Heart, un cœur de metal qui n'a pas fini de battre dans celui des hardos[32]. »

De la tournée est tiré un mini-live, Kaizoku Ban, destiné au public japonais. Hoffmann explique les circonstances qui les ont amenés à sortir ce disque : « Notre Label japonais avait besoin d'un produit live pour son marché intérieur. Ils nous ont envoyé un vingt-quatre pistes mobile qui a enregistré deux concerts à Nagoya. Cela ne nous paraissait pas vraiment sérieux. En écoutant les bandes, nous nous sommes ensuite aperçus qu'elles étaient bonnes[24]. »

Le titre Kaizoku-Ban, signifie bootleg en japonais[24]. Le disque avait été conçu à l'origine comme un pirate officieux[24]. Baltes remarque rétrospectivement : « Kaizoku-Ban a constitué une excellente expérience. La plupart des albums en public sont bourrés de dubs, de réenregistrements. La première fois que nous l'avons écouté, nous avons été surpris : il était bon, sans même le trafiquer. Aujourd'hui, nous savons que nous sommes capables de faire un live qui tient la route. C'est plutôt agréable comme sensation[24]. »

Cette même année, le groupe sort un album Best of, Hungry Years, proposant de nouveaux remixes de chansons issues des albums I'm a Rebel, Breaker et Restless and Wild.

Russian Roulette (1986)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Russian Roulette.

En 1985, le groupe entreprend l'enregistrement d'un nouvel album qui sortira au début de l'année 1986[14]. Après avoir tenté une approche plus commerciale avec Metal Heart, le groupe, peu satisfait, ressentait le besoin de revenir à un son plus agressif, plus proche de Balls to the Wall avec leur nouvel album Russian Roulette. Hoffmann explique :

« Pour bien sentir l'évolution, il faut se reporter à Balls to the Wall. Cet album abordait les mêmes sujets que Russian Roulette, d'une façon très agressive. Nous avons voulu faire ensuite un disque moins direct, avec Metal Heart. Pour être tout-à-fait honnête, je crois que nous pensions que les Américains recevraient mieux un album plus doux que Balls. Nous avons donc essayé, mais le résultat ne nous a pas comblés. Alors, nous sommes revenus à ce que nous ressentons réellement. […] Cela ne veut pas dire que l'album est meilleur que Metal Heart. Cela signifie seulement qu'il nous ressemble plus[24]. »

Ce disque sort à un moment où le groupe est à l'apogée de sa popularité. L'album fut très bien reçu à l'époque, et entre même directement à la dixième place dans les charts allemands[14]. En France, la critique est élogieuse, en témoigne la chronique d'Enfer Magazine en 1986 : « Si le barillet est plein, la roulette russe devient un jeu dangereux. Et Accept est devenu un groupe dangereux. Dangereusement bon. […] Mélange subtilement dosé de pèche ravageuse et d'harmonies convaincantes. […] Dix morceaux percutants construits, que les germains vous balancent sur le museau avec talent. Et, en plus, c'est varié : du tempo lourd de TV Wars, on passe au hit single Monster Man. Après le crescendo oppressant de Russian Roulette […] on arrive à la pseudo-ballade (allez danser là dessus !) : It's Hard to Find a Way. Et puis pas de descriptif. Écoutez tout parce que tout est bon. Retenez simplement l'aplatissant et complexe Heaven is Hell, le riff purpelien de Man Enough to Cry et le rythme un peu déglingué de Stand Tight. En passant, un mot des guitaristes qui glissent vers un lyrisme tantôt exalté, tantôt désespéré, Wolf Hoffmann a fait des progrès assez extraordinaires. S'il n'est pas encore un génie du manche, il sait quand même lui transmettre les mouvements de son âme et c'est parfois beau à en pleurer. Une grande réussite[33]. »

Le groupe entreprend une gigantesque tournée mondiale comprenant des dates en Grande-Bretagne avec le groupe Dokken (et UFO lors de leur passage en Allemagne)[14]. Le show marquera notamment les mémoires pour la chorégraphie provocatrice[14] durant la chanson antimilitariste Russian Roulette, où les musiciens habillés en militaires exécutent une marche au pas de l'oie, en jouant de leurs instruments[14]. Au cours de la tournée, Baltes, Hoffmann et Gaby Hauke décident de vivre aux États-Unis : « Je suis parti là-bas », explique Baltes « […] car la plupart du business se trouve aux USA. Nous passions désormais plus de temps là-bas qu'en Allemagne! Les tournées US sont plus longues, il y a des tas de studio pour bosser et il faut reconnaître que les gens sont plus cool aux States. C'est incontestablement le pays de la musique et c'est une sorte de paradis pour un musicien[34]. »

Nouveau tournant (1987-1989)[modifier | modifier le code]

Changement d'orientation et de personnel (1987-1988)[modifier | modifier le code]

Au cours de l'année 1987, le groupe fait part de son envie d'explorer de nouvelles approches stylistiques inspirées par le hard FM américain. Dirkschneider ne se sentant pas capable d'assurer des parties vocales appropriées à ce genre, préfère partir pour fonder son propre groupe U.D.O.. Peter Baltes en évoque les circonstances : « Après la fin de la tournée japonaise durant l'été 86, nous avons composé de nouveaux morceaux puis nous nous sommes rendu compte qu'ils ne convenaient pas à Udo. On s'est tous réunis. Udo nous a dit qu'il ne pouvait pas chanter nos nouvelles compositions. Nous avons donc décidé de nous séparer pour que chacun puisse faire son truc[34]. »

Le chanteur explique les raisons de son départ :

« Le problème remonte à la période Metal Heart, pour être précis. Chacun a pu noter une orientation plus mélodique chez Accept. Le groupe voulait à tout prix composer des titres plus FM. Cela posait un grave problème en soi : j'ai ma voix et je ne peux en changer. Je ne pouvais pas me limiter à du matériel trop léger. Il me fallait du vrai heavy, quelque chose d'agressif qui corresponde à mon timbre. C'est un problème vocal : je peux chanter que sur du hard avec juste un peu de mélodie, pas trop, comme c'était en train de le devenir[35]. »

Article détaillé : Animal House.

Pour l'aider à lancer sa carrière solo, le reste d'Accept et la parolière Deaffy lui proposent un album entièrement écrit, Animal House[34], composé de chansons d'Accept[36] qui avaient été originellement enregistrées en démo, mais jugées trop agressives pour un successeur de Russian Roulette[14]. « C'était notre cadeau pour Udo » explique Hoffmann, « pour lui donner un bon départ dans sa carrière solo[37] ». À la suite de son départ, Rob Armitage, ex-chanteur de Baby Tuckoo est engagé par le groupe comme nouveau chanteur[34]. Mais le groupe jugea que le chanteur « n'avait pas assez de personnalité pour s'intégrer au groupe et la collaboration n'a pas duré[34] ». Le groupe est reparti à la recherche d'un nouveau chanteur au cours de l'année 1988. Le groupe sollicitera, pour ce faire, les services d'« une agence à Los Angeles qui s'est spécialisée dans la recherche de musiciens. » L'agence récolte « les cassettes et tous les contacts de musiciens à la recherche d'un groupe et les envoie dès qu'un groupe a besoin de quelqu'un[34] ». Le groupe a finalement arrêté son choix sur une cassette du chanteur américain David Reece[34] (ex-Dare Force). L'agence était tenue par Lucy Forbes, une amie du chanteur, qui l'a mis en relation avec le groupe. « Celle-ci, explique le chanteur, connaissait Dieter Dierks le producteur. J'ai enregistré quelques démos avec Mitch Perry, il les a écouté et m'a demandé de passer une audition pour Accept et le reste c'est de l'histoire[38],[Note 3] ! »

Le groupe est enthousiasmé par la voix du chanteur : « On est parti au Japon pour faire des essais en studio, se souvient Baltes, et nous avons immédiatement réalisé qu'il était l'homme qu'il nous fallait. Il a une voix fantastique et c'est un personnage hors du commun[34]. » Cependant Hoffmann remarque rétrospectivement que si le chanteur correspondait alors à leurs attentes artistiques, cela n'a, en revanche, jamais vraiment fonctionné au niveau personnel[39]. C'est également à cette époque que Jörg Fisher quitte le groupe. Comme l'explique Baltes :

« Juste avant de débuter l'enregistrement de l'album, nous étions tous très excités à l'idée de travailler avec Dave et refaire un album différent ensemble, mais Jörg semblait peu enthousiaste. Il n'avait pas vraiment envie de bosser et il apparut qu'il devenait presque un boulet pour Accept. Il nous stoppait dans notre lancée et nous avons décidé de nous séparer de lui[34]. »

Eat the Heat (1989)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Eat the Heat.

Entre l'été 1988 et le début 1989, le groupe peaufine de nouvelles chansons. En recevant la démo, Dieter Dierks est émerveillé et décide de produire l’album. Mais sa réalisation prend beaucoup de temps, car le groupe voulait réaliser « l'album ultime d'Accept, pas seulement un de plus[35] ». À l'arrivée du nouveau chanteur, une grande partie de l'écriture de l'album est déjà finie au niveau instrumental et mélodique. Reece apportera, malgré tout, sa contribution en complétant ou en modifiant certains arrangements vocaux et en proposant certaines idées mélodiques pour le chant[34]. Finalement, le groupe est très satisfait de l'album et prêt à partir sur les routes. Le guitariste londonien Jim Stacey (ex-Breakpoint) rejoint le groupe à ce moment, prenant la place de Fisher[34]. Il a été contacté par Gaby Hauke le manager, après lui avoir envoyé une cassette. Mais il est recruté tardivement après l'enregistrement de l'album[34]. Le guitariste apparaît malgré tout sur les photos de l'album[34]. C'est donc Hoffmann, comme souvent auparavant, qui a assuré l'enregistrement de toutes les parties de guitares[34].

L'album s'avère très différent du style de musique pour lequel le groupe s'était fait connaître, tant au niveau de la composition, de la production que du style de chant. La musique se tourne vers un style de hard FM américain proche de la musique de Bon Jovi. La presse de l'époque ne manque pas de souligner qu'un tel album risque de dérouter les anciens fans du groupe[34]. Mais le groupe reste confiant :

« Au bout de 6 ou 7 ans, je crois qu'il est stupide d'essayer de refaire ce que tu as fait auparavant, explique Baltes, tu tournes très vite en rond. Cela devient ennuyeux et tu lasses ton public si tu n'évolues pas. Il est évident que Eat the Heat marque un tournant dans la carrière d'Accept, mais nous avions besoin de ce changement et je pense que nos fans ne seront pas déçus, je ne crois pas qu'ils désirent entendre la même chose à chaque fois, ils évoluent aussi. Je pense également que pas mal de gens qui n'étaient pas réceptifs à ce qu'on faisait vont découvrir un nouvel Accept et vont adorer cet album[34]. »

L'album est bien reçu par la presse, notamment Metal Hammer et Hard Force. Ce dernier estime même que le groupe revient en force et voit dans cet album un condensé des sensations rythmiques de Metal Heart et de la musicalité de Russian Roulette[40]. Il considère, par ailleurs, que le chant est parfaitement tenu par David Reece avec un style relativement agressif et très performant[40].

Mais malgré les réactions positives, l'album n’obtient pas le succès escompté. Bon nombre de fans rejettent cet album, jugé trop commercial. Le groupe entame une grande tournée aux États-Unis aux côtés du groupe W.A.S.P.[14]. Celle-ci fut une grande déception[14], avec un public restreint et des concerts dans des petits clubs. Après la tournée américaine, le groupe se rend en Europe pour effectuer une plus petite tournée. Au cours de cette tournée, Stefan Kaufmann se plaint de douleurs dans le dos[14]. Il doit retourner en Allemagne pour être hospitalisé d’urgence dû à des problèmes musculaires[14]. Il est remplacé pour le reste de la tournée par Ken Mary ancien batteur de Fifth Angel (en)[14]. La tournée se complique encore dû au comportement du chanteur qui s'avère vite incompatible avec le reste du groupe[14] :

« On s'est jamais vraiment entendu, estime Hoffmann rétrospectivement. C'était une de ces personnes qui, par exemple, était constamment, paranoïaque sur tout. Il était toujours du genre à nous sortir des trucs comme "Mec, qu'est-ce qui se passe ? Je peux sentir qu'il se passe quelque chose ?". Et nous, nous lui disions "mec, relax ! Il se passe rien". Il était toujours en train de flipper pour quelque chose et c'était dur à gérer. C'était très très dur pour lui de se concentrer et de faire son travail. On était pas sur la même longueur d'onde. Je veux dire nous sommes le genre de musiciens à travailler très dur, nous adorons jouer et lui, était plutôt du genre à faire la fête. C'était vraiment dommage, car il avait vraiment un voix géniale et on aurait pu faire un long chemin. Peut-être était-ce un décalage culturel, lui était américain et venait d'un contexte totalement différent du nôtre, mais je n'y crois pas vraiment. C'est juste qu'on s'entendait pas. »

Premier hiatus (1989-1992)[modifier | modifier le code]

Les problèmes de drogue du chanteur et son attitude agressive finissent par miner l'ambiance du groupe. Reece ira jusqu'à se battre avec Peter Baltes. À la suite des déboires rencontrés, le groupe décide de jeter l'éponge. Par un commun accord entre Baltes, Hoffmann et Gaby Hauke, Reece est congédié. Il semblait, en effet, difficile au groupe de continuer dans ces conditions : « Ce fut super difficile, raconte Hoffmann, et c'est là que je me suis dit : « mince, il ne reste plus que Peter (Baltes) et moi. Et ce n'est plus vraiment le groupe que nous étions. » Et puis alors Dave Reece et Peter se sont pris dans une bagarre majeure à propos de je ne sais plus quoi, et là j'ai dit, « mec, arrêtons les frais »[39],[Note 4]. »

Ils publient à titre posthume un double live, Staying a Life enregistré en 1985 (lors de la tournée de Metal Heart) à Osaka (Japon).

Première reformation (1992-1996)[modifier | modifier le code]

Au regard du succès de l'album live et face à l'insistance continue des fans, le groupe décide de se reformer en 1992[41]. Hoffmann évoque à ce propos les circonstances qui les ont amenés à se reformer :

« Depuis la séparation du groupe, nous étions toujours restés en contact les uns avec les autres. De temps à autre, nous nous passions un petit coup de fil et nous nous tenions au courant de l'évolution des choses. Puis, la destinée a voulu qu'à un certain moment, nous nous retrouvions tous en Allemagne. Pour ma part, j'étais revenu des USA depuis un an et demi. Stefan Kaufman et Udo étaient toujours là, et nous avons vu Peter Baltes débarquer pour prendre des vacances. C'est à ce moment-là que nous nous sommes réunis et avons décidé de tenter l'expérience de rejouer ensemble. Nous avons donc répété : une reformation s'imposait ! Pendant tout ce temps écoulé, chacun d'entre nous avait vécu son expérience et nous avons réalisé qu'Accept était ce que nous faisions de mieux. Nous avions constamment en tête cette comparaison : 'pourquoi cela n'est pas aussi bien qu'Accept, dans son ancienne formule ?'. Alors quand s'est présentée cette occasion de jammer ensemble après quelques bières, nous avons voulu tenter le coup et voir si ce serait comme avant. Souvent, avec le recul, on a tendance à idéaliser les choses. Il nous fallait savoir si ce n'était pas le cas. Dès les premiers morceaux, c'était comme si nous ne nous étions jamais séparés : tout se passait vraiment pour le mieux, comme au bon vieux temps. C'est donc tout naturellement qu'Accept a retrouvé vie[42]. »

Accept se reforme donc, mais sous un effectif de quatre personnes, avec un seul et unique guitariste, au lieu de deux. Hoffmann préférant s'occuper de toutes les parties de guitare (rythmique et soliste).

Objection Overruled (1993)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Objection Overruled.
Wolf Hoffmann lors d'un concert en 1993

Le nouvel album, Objection Overruled, sort en janvier 1993. Il connaît un succès très correct. Tirant les leçons de l'échec de Eat the Heat, le groupe entendait revenir à un style proche de Restless and Wild et Balls to the Wall. « On sentait », expliquait Hoffmann, « qu'on devait revenir aux vieilles formules en laissant de côté toute sorte d'expérimentation et on a fait ce pour quoi Accept est connu[43]. » Il en résulte une musique emprunte de titres heavy et speed agressifs et incisifs. Un titre comme Objection Overruled reste proche de morceaux speed comme Fast As as Shark tandis que I don't Wannabe Like You se rapproche plus d'un morceau comme Balls to the Wall. L'influence de AC/DC reste présente sur certains titres (Donation ainsi que sur le bonus track japonais Rich and Famous). Contrairement à d'autres albums d'Accept, Wolf Hoffmann se souvient d'Objection Overruled comme d'un album facile à enregistrer : « C'était génial ! Je veux dire, les retours sont toujours géniaux, parcequ'on sent cet état d'esprit ou cet air frais souffler à nouveau. C'était génial. On s'est vraiment amusés[44]. »

La tournée est un triomphe. Pour les besoins de la tournée le groupe engage Arjen Anthony Lucassen (ex Vengeance) qui partira à la fin de celle-ci.

Death Row (1994)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Death Row.
L'actuel batteur d'Accept, Stefan Schwarzmann, qui a également participé à l'enregistrement et à la tournée de Death Row en 1994

En 1994, après le succès de la tournée, le groupe décide de continuer l’aventure, et commence à travailler sur un nouvel album Death Row. Au cours de l’enregistrement de cet album Stefan Kaufmann souffre à nouveau de problèmes de dos et doit être hospitalisé. Pour finir l’enregistrement le groupe engage Stefan Schwarzmann, ancien batteur de Running Wild et de U.D.O. (entre autres). L'album marque un changement de style inspiré par le Groove metal et l'alternatif en vogue à l'époque. C'est l'un des albums les plus agressifs et les plus aventureux du groupe. Hoffmann explique sa démarche à cette époque :

« On essayait de se mettre un peu au goût du jour. Des riffs plus rugueux, plus répétitifs. On s’était un peu lassé de faire encore et toujours les mêmes choses. Vous savez, ces grands chœurs massifs, les mélodies teutonnes. On s’en était lassé – du moins Peter et moi. Alors on voulait essayer d’avancer, mais on n’a pas réussi à trouver notre chemin. Rétrospectivement, je ne sais pas ce que nous aurions pu faire et du faire. […] Je jouais un riff et immédiatement après, je me disais : et merde, je l’ai fait des millions de fois. C’était pas bon. C’est pourquoi on a essayé d’élargir notre style et d’essayer des choses que nous n’avions pas encore faites, on était très excités à cette idée. Mais je crois que le public n’était pas trop enthousiasmé par tout ça[45],[Note 5]. »

Comme le souligne Hoffmann, l'album sera mal reçu chez beaucoup de fans qui n'apprécient pas le changement de style, le trouvant trop aventureux. Inversement la presse metal de l'époque, bien que positive vis-à-vis de l'album, le trouvera encore trop ancré dans un style traditionnel. En témoigne la chronique de Hard Force de 1994 :

« Planquez vous ! Les rev'là ! Un nouvel album d'Accept, c'est un peu comme une Panzerdivision reformée avec le bon commandant Udo Dirkschneider à sa tête. Et point n'est besoin d'opposer une quelconque résistance. N'espérez pas la moindre tendresse de la part de ces heavy metalleux endurcis. Le passé est toujours le présent et le mur de guitares ne semble pas fissuré. OK, on décèle de-ci de-là quelques additifs au niveau de la production qui donnent une saveur plus actuelle à certains titres comme Loaded Gun. The Writing on the Wall également peut passer pour un sucre d'orge à côté de la violence primaire de Death Row ou Sodom and Gomorra. […] On note également une réactualisation d'un des titres les plus intéressants de l'album Eat The Heat (le seul qui ait été enregistré sans le blondinet chanteur Udo). Generation Clash. Et cette fois encore, ce morceau s'avère comme l'un des morceaux les plus captivants de l'album… six ans après ! Tout le reste […] n'est qu'étalage de metal du meilleur cru et cela ravira certainement les nombreux et toujours vaillants fans du genre. Les autres, eux, se dispenseront sans doute d'un tel retour en arrière et préféreront de R.A.T.M, sans avoir forcément raison d'ailleurs[46]. »

Certaines critiques sont même parfois très élogieuses, comme celle de Dinosaur Rock[45].

Predator (1996)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Predator.
Wolf Hoffmann, guitariste et compositeur principal du groupe

En 1995, les membres sont éloignés les uns des autres. Le groupe décide d’enregistrer un album. Le groupe se rencontre à Nashville pour enregistrer et c’est Michael Wagener qui produira le nouvel et dernier album (Predator). Le groupe engage un nouveau batteur Michael Cartellone (ex Ted Nugent et Damn Yankees). l’album sort en janvier 1996. Le style de l'album s'avère inhabituel. Il marque une plus grande variété stylistique: On note plusieurs références à la musique orientale, au blues, au rock alternatif,ainsi qu'une utilisation de rythmes tribaux, de boîte à rythme, de passages acoustiques inhabituels, de filtres sur les voix. Cette époque marque de nombreuses tensions internes entre Dirkschneider et Hoffmann. Dirkschneider n'est pas d'accord avec la démarche aventureuse de Hoffmann vis-à-vis des nouvelles approches stylistiques qu'il explore. À la suite du refus de Dirkschneider de chanter trois chansons écrites par Baltes et Hoffmann (Lay It Down, It ain't Over Yet et Primitive), ces derniers décident de les enregistrer malgré tout en confiant le chant à Baltes. Dirkschneider a longuement critiqué ce choix, accusant les deux musiciens de l'avoir mis devant le fait accompli. Cet album n’est pas un franc succès et à la suite des tensions, le groupe décide de se séparer durant l'été 1996 après son dernier concert en juin à Tokyo. Interrogé sur les raisons de la nouvelle séparation Hoffmann raconte :

« Nous avions du succès avec cette histoire de reformation, et puis du jour au lendemain Stefan s’est retiré, à cause de ses problèmes de dos – officiellement. Et jusqu’à ce jour, ce qui s’est vraiment passé reste un mystère. C’est comme si une des pierres angulaires du groupe n'était soudainement plus là. Et plus ça allait et plus le groupe se dessoudait, avec d’un côté Udo et de l’autre moi et Peter – Stefan n’était plus là. C’est devenu nous contre Udo: il ne voulait pas faire ce que nous voulions, et nous ne voulions pas ce que lui voulait. À la fin, on n’arrivait plus à s’entendre sur quoi que ce soit. […] Il faut ajouter qu’à cette époque, ça devenait de plus en plus dur de tenir la route. Personne ne s’intéressait plus à ce type de musique – ce qui n’a pas aidé. Je veux dire, le milieu des années 1990 [avec le succès du grunge et de l'alternatif] fut très dur pour le metal. Une grande partie de notre public n’était plus là. Et on luttait pour garder notre identité. On ne pouvait pas continuellement faire le même truc encore et toujours. On avait besoin en quelque sorte d’évoluer un peu[45],[Note 6]. »

Second hiatus (1996-2004)[modifier | modifier le code]

Le groupe se sépare après la tournée de Predator. Dirkschneider reforme la même année son groupe U.D.O. à l'occasion d'un album tribute pour Judas Priest. Stefan Kaufmann le rejoint. Hoffmann entame une carrière professionnelle de photographe publicitaire. En 1997, en guise d'adieu, un album live sort : All Areas World Wide, un live reprenant divers enregistrements de tournées entre 1993 et 1995 à travers différents endroits du monde, et comprenant des morceaux des différents albums de Breaker à Death Row. Cependant aucun titre extrait de Predator ne figure sur le live. En 1998, le même live sort sous un nom différent Final Chapter et une couverture alternative destinée aux marchés américain et japonais[47]. En 2000, Hoffmann enregistra un album solo reprenant bon nombre d'airs classiques qu'il jouait avec Accept (sur disque ou en tournée), arrangés dans un style rock, blues et hardrock.

Seconde reformation (2005)[modifier | modifier le code]

Accept lors de leur tournée des festivals en 2005

La carrière d'Accept semblait terminée. Mais en 2005, le groupe se reforme temporairement pour une tournée des grands festivals européens et japonais. Cette tournée passe notamment par le Wacken Open Air et le Rock Hard en Allemagne, le Sweden Rock, Le Metal Gods (Italie), le Waldrock aux Pays-Bas, le Graspop Metal Meeting en Belgique.

Selon Hoffmann, l’idée a commencé à germer deux ans auparavant, en 2003, sous l’impulsion de Gotz Kuhnemund, le rédacteur en chef de l’édition allemande de rock hard magazine. Ce dernier était plus ou moins en contact avec Gaby Hoffmann, la manager[48]. Ils se remémoraient les souvenirs, vingt ans en arrière, et l’idée d’une réunion à l’occasion de l’anniversaire des vingt ans du magazine est venue[48]. D’autres propositions sont venues appuyer l’idée par la suite[48]. Ils cherchèrent donc à recontacter les anciens membres du groupe. Mais le chanteur Udo Dirkschneider déclina la proposition, car pris dans la carrière de son groupe U.D.O., à ce moment-là. Le projet n’aboutit donc pas[48].

Les Hoffmann tentèrent, à nouveau, l’année suivante, de convaincre le chanteur de participer[48]. Ce dernier fut, cette fois-ci, disponible pour quelques concerts[48]. Le groupe commença donc à répéter au début de l’année 2005[48]. Dirkschneider proposa, au départ, de faire venir toute son équipe de roadies, ainsi que Franscesco Jovini, le batteur d’U.D.O.[48]. Ils auditionnèrent le batteur et furent assez satisfaits de sa performance. Entretemps, Le batteur, Stefan Schwarzmann venait de quitter Helloween, et était disponible[48]. Comme il avait déjà joué au sein d’Accept durant les années 1990, ils préfèrent se tourner vers lui[48]. Il fut également question de la participation de Stefan Kauffmann, l’ancien batteur du groupe, en tant que second guitariste[48]. Mais selon Hoffmann, ce dernier n’était pas intéressé[48]. Par ailleurs, il est apparu plus approprié, aux yeux de Hoffmann, de faire participer l’un des guitaristes d’antan[48]. Ils cherchèrent donc à recontacter Jörg Fisher, sans succès[48]. Ils se tournèrent alors vers Herman Frank, l'ancien guitariste de l’époque de Restless and Wild et Balls to the Wall, qui fut enthousiaste à l’idée de les rejoindre[48].

Le concert final a eu lieu le 27 août 2005 à Kavarna en Bulgarie au festival du Monsters of Rock. Cette tournée suscita de nombreux espoirs de revoir le groupe continuer sur la lancée et enregistrer de nouveaux albums. Mais Dirkschneider restait hostile à l'idée, préférant se consacrer à son groupe U.D.O.. :

« Ce serait un problème. Vous savez, il est facile de jouer des vieilles chansons, parce qu'elles existent déjà. Surtout pour moi parce que j'interprète toujours certains classiques avec U.D.O, mais pour les autres membres, ce fut plus dur. Mais tout le monde a fait un boulot extraordinaire sur scène. Je comprends que des gens veuillent un nouvel album d'Accept, mais composer des chansons à nouveau ensemble serait un désastre. On détruirait plus qu'on créerait. On a une bonne entente à présent et il est préférable de laisser les choses ainsi[49]. »

Troisième reformation (2009–présent)[modifier | modifier le code]

De gauche à droite, Herman Frank, Peter Baltes, Mark Tornillo et Wolf Hoffmann lors du concert de Stockholm, le 20 mai 2010.

Tout semblait fini, mais en mai 2009, une possible réunion d'Accept refait surface lorsque le bassiste Peter Baltes révèle qu'il a passé un week-end chez lui en Pennsylvanie à jammer avec le guitariste Wolf Hoffmann. « Quelque chose d'extraordinaire est en train de se mettre en place, expliquait Baltes. Dès que je peux, je vous le ferai savoir. Faisons battre le « cœur de metal » (Metal Heart) à nouveau. » Le 14 mai, on annonce que Udo Dirkschneider ne participera pas à la possible réunion d'Accept[50].

Dans une interview à Metalzone, Dirkschneider s'est expliqué concernant son refus de faire partie de la reformation :

« Ils m’ont demandé, en premier, à moi et Stefan [Kaufmann] [de les rejoindre]. Mais j’ai déjà participé à une reformation. Ça ne marche pas en fin de compte. Je l’ai fait, en 2005, avec eux. […] Ils sont sortis du business depuis 15 ans et ils n’ont pas fait de nouvelles chansons, rien de nouveau, et pour moi c’était prendre un risque que de participer à cette reformation… Je sais fermement qu’il n’est pas possible de faire de la musique ensemble – comme composer des nouveaux morceaux ensemble ; je sais pertinemment que ça ne fonctionne pas - Et ce risque, pour moi, est trop grand. Je veux dire, je suis très satisfait d’U.D.O., et je pense qu’avec U.D.O., nous prolongeons en un sens l’esprit d’Accept. Je suis à présent engagé avec U.D.O. depuis plus longtemps. – J’ai sorti plus d’albums avec U.D.O qu’avec Accept. Et j’ai dit « non, je suis plus à l’aise avec ce que j’ai maintenant. Je fais exactement le type de musique que j’aime faire. »[51],[Note 7]. »

L'ancien chanteur de TT Quick, Mark Tornillo est alors contacté et est choisi comme remplaçant de Dirkschneider. Cette nouvelle formation inclut aussi le guitariste Herman Frank (ancien guitariste de 1982 à 84 et en 2005) et le batteur Stefan Schwarzmann (batteur du groupe en 1994 et 2005). Le groupe se met dès lors à l'écriture de nouvelles chansons et enregistre un nouveau disque pour 2010 avec le producteur Andy Sneap (qui avait précédemment travaillé sur les disques de Megadeth, BLAZE, Exodus, Testament, Arch Enemy et Onslaught). Ce nouvel album est intitulé Blood of the Nations.

Lors d'un reportage de Blabbermouth durant l'enregistrement de ce nouvel album, le groupe est revenu sur les circonstances de la réunion :

«  Hoffmann : « Tout a commencé en 2005, on a eu un tel succès lors des festivals, qu’on savait qu’on voulait revenir. Être là à faire un nouveau disque, c’est carrément incroyable, surtout d’avoir cette formation presque d’origine » […]
Baltes : « Udo était censé prendre part à ceci. Vous savez, quand on a fait les festivals en 2005. C'était un peu court. Mais Udo était déjà pris par U.D.O, ce qu'on pouvait comprendre. »
Hoffmann : « Puis tout à coup, comme je le disais, on a trouvé Mark. »
Baltes : « On était complètement étonnés parce que d'un seul coup on avait quelqu'un comme Udo, mais qui n'est pas un clone. Il a son propre caractère. »[52]  »

Blood of the Nations (2010)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Blood of the Nations.
Le chanteur Mark Tornillo et le guitariste Wolf Hoffmann à Stockholm, le 20 mai 2010.

L'album est sorti en août 2010. C'est le premier album que le groupe sort depuis quatorze ans (depuis Predator en 96)[53]. Leur premier single, The Abyss, est sorti en mai 2010 et contient les nouvelles chansons The Abyss et Teutonic Terror. Ce dernier titre a fait également l'objet d'un clip vidéo, où l'on voit le groupe jouer au milieu d'un champ de bataille, parmi des tanks et des obus.

Leur première prestation live a eu lieu le 8 mai 2010 au Gramercy Theatre de New York. En juin, le groupe a joué en première partie en Allemagne pour AC/DC pour le concert de Stuttgart. Le 25 juin, le groupe est en tête d'affiche pour le festival Sonisphere en Roumanie, jouant pendant deux heures leur classiques Balls to the Wall, Metal Heart ou Princess of the Dawn ainsi que quelques titres de leur prochain album.

Stalingrad (2012)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Stalingrad.

Le groupe annonce durant l'automne 2011 le titre du treizième album sur lequel ils travaillent: Stalingrad. Il sort le 6 avril 2012, le jour-même de la première date de leur tournée qui a commencé en France au Bataclan. L'album est distribué par le label allemand Nuclear Blast Records[54],[55]. C'est leur second album depuis leur retour en 2009.

Comme Blood of the Nations, il a été produit par Andy Sneap. L'album est annoncé comme continuant dans la voie de l'album précédent :

« Nous allons adopter la même attitude, la même approche ; nous allons continuer à faire pareil, […] sans que ça soit pareil. Plus de trucs dans un style similaire. […] L'intention n'est pas de changer maintenant. Je veux dire, pourquoi ferions-nous cela ? Mais […] c'est incroyablement difficile d'écrire des chansons qui soient en quelque sorte réminiscentes du passé mais qui en même temps ne soient pas du plagiat de notre propre musique. Cela paraît incroyablement simple, mais ça ne l'est pas, surtout quand on a une histoire de quinze albums ou quelque chose comme ça. Et puis il y a des similitudes qu'on doit éviter. Cela ne doit pas être trop proche, mais cela ne doit pas être trop éloigné non plus. Donc, c'est sur un fil étroit qu'il nous faut parfois marcher, mais tu sais, on espère y arriver encore[56]. »

Le premier titre promotionnel, intitulé Stalingrad, est sorti en échantillon sur le CD samples du magazine allemand Rockhard, et une vidéo promotionnelle provisoire a été officiellement mise en ligne le 28 février[56]. Il confirme les annonces quant à la continuation du style heavy metal pour lequel le groupe est le plus populaire.

Soldat soviétique brandissant le drapeau rouge durant la bataille de Stalingrad

Le titre évoque la bataille de Stalingrad durant la seconde guerre mondiale et parle des combattants russes qui ont repoussé les forces nazies. Le guitariste Wolf Hoffmann effectue, au cours de son solo, une citation de l'hymne soviétique. Mais au-delà de ce premier niveau de lecture, c'est avant tout un regard humain porté sur des soldats qui se retrouvent dans une guerre, dont les tenants et les aboutissants les dépassent:

« Quand nous étions mômes, explique Baltes, on avait toujours le souvenir de la seconde guerre mondiale au fond de l'esprit, on en entendait parler tous les jours, à l'école, etc. Et Stalingrad fut l'une des batailles les plus décisives du conflit, quand les russes se sont confrontés aux allemands... Tout était une question de persévérance. C'est de là que vient le concept, parce que ce fut une bataille incroyable et horrible. On a vu un documentaire à ce propos. Tant de gens sont morts d'une façon horrible, et pour quoi ? On a essayé de nous imaginer ce que les soldats ont pu ressentir, ce que pouvait être une telle bataille et on se rend compte qu'ils sont morts pour rien. On aurait pu penser qu'après tant de conflits comme celui-ci, les choses auraient pu changer... et pourtant, l'humanité n'a rien appris. Plus de soixante ans après la fin de cette guerre, il y a toujours autant de conflits ici et là, chaque jour on apprend qu'une nouvelle guerre vient d'éclater"[57] »

Blind Rage (2014)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Blind Rage.

En avril 2014, le groupe révèle le titre et la pochette de son nouvel album. « Il est sauvage et effrayant, et il s'intitule "Blind Rage » annonce Wolf Hoffmann[58]. Il est sorti le 15 août 2014. La pochette montre, sur un fond rouge apocalyptique, un taureau diabolique sur le point de charger[58]. L'album, comme les deux précédents, est produit, mixé et masterisé par Andy Sneap[58].

Textes des chansons[modifier | modifier le code]

Udo Dirkschneider lors des festivals de 2005

En 1986, dans un dossier consacré à Accept, Enfer Magazine soulignait l'importance des textes engagés du groupe : « En France, la plupart des fans d'Accept, ne parlent pas l'anglais, de fait ils passent à côté d'un aspect essentiel du groupe : ses textes. En effet, contrairement à la majorité de ses confrères, ACCEPT a des choses à dire… et il les dit[24]. »

C'est un élément que rappelait également Vanessa Warwick, en 1992, lors d'une interview pour l'émission Headbangers Ball[59] à l'occasion de la réunion d'Accept soulignant le contenu social des textes du groupe (Warwick utilisait plus exactement le terme « consciencious lyrics » à propos de leur textes).

En début de carrière, les textes n'étaient pas encore centrés sur ces thématiques. Les paroles du groupe abordaient des thèmes conventionnels du rock, tel que les hymnes au rock (Burning, That’s Rock’n Roll, Feelings, Shake your heads), le sexe (China Lady), la rébellion et l’affirmation de sa différence (I’m a Rebel, Down and Out, Ahead of the pack), le mode de vie de bikers (Midnight Highway, Restless and Wild), l’amour (Do it, Breaking up Again, Can’t stand the Night, I Wanna be no Hero, Lady Lou). Hoffmann garde une piètre opinion de ces textes de jeunesse :

« Honnêtement, sur les premiers disques, on écrivait des paroles de merde comme la plupart du monde, 1) parce qu'on était allemands et devoir s'asseoir avec un dictionnaire ne facilitait pas l'écriture de textes intéressants et 2) on était juste des gamins un peu crétins, vous savez. Puis quand Gaby [Hauke, la manager du groupe] nous a rejoint, ce fut l'une des premières choses à changer. Elle nous a dit : " les gars, il vous faut de meilleures paroles et si vraiment vous ne pouvez pas le faire, je les écrirai pour vous[60],[Note 8]. »

Pour l'album Restless and Wild, le manager leur proposa de recourir aux services d'un parolier américain, Robert.A.Smith-Diesel[27] dans le but de les aider à tourner leurs phrases dans un anglais plus fluide[27]. Le groupe va se tourner vers des sujets plus sérieux et des textes engagés dans les années qui suivent. La participation de Deaffy (alias Gaby Hauke) en tant que parolier va complètement changer l’orientation lyrique des textes[27]. Deaffy s’était essayé à l’écriture dès l’album Restless and wild avec les titres Princess of the Dawn et Neon Nights[27]. Mais c’est à partir de l’album Balls to the Wall qu’elle devient la parolière attitrée du groupe[27]. Dès cet album, les textes deviennent plus engagés et plus sérieux, abordant des thématiques sociales et politiques. L'historique Accept Remembered retrace cet épisode :

« Avec la parolière Deaffy, ils ont créé un album concept qui a osé aborder des thèmes des plus délicats et des plus controversés, et qui n'avaient jamais été traités auparavant dans le heavy metal - Des sujets traitant notamment de certains aspects politiques, de l'amour, de la sexualité, de l'engagement, de la responsabilité, de l'opposition aux formes d'addiction de tout type. Les thèmes qui n'avaient jamais été explorés étaient présentés d'une façon qui inspira beaucoup à en discuter les différents points de vue. Les conceptions personnelles d'Accept divisèrent les opinions, et ce encore aujourd'hui, du fait du caractère controversé des paroles. Néanmoins, Accept acquirent un respect indiscuté au regard de leur responsabilité en musique. C'est ainsi qu'ils se positionnèrent par le passé et c'est ce qu'ils représenteront à jamais[61],[Note 9]. »

Intrigué par cette nouvelle orientation plus sérieuse des textes, Enfer Magazine, interrogea, à l'époque, Stephan Kaufmann à ce sujet. Celui-ci expliqua :

« À présent nous sommes libres de dire ce que l'on pense, car nous avons gravi les échelons du succès, donc on peut se permettre de remettre les gens en place. À l'époque, certains de nos textes ont été censurés et si l'on voulait percer, on n'avait pas d'autres solutions que de dire amen. Ce qu'il est important de savoir, c'est que ce n'est pas parce qu'on joue du heavy metal que l'on n'a pas de conscience sociale et que l'on se désintéresse du monde […] Il est temps que l'on se mette tous à parler d’événements que l'on vit au quotidien[62] ! »

Hoffmann remarquait également :

« Nous ne souhaitons en aucun cas écrire des textes idiots traitant de sexe, de drogue et de rock'n'roll. Nous nous sentions concernés par le monde qui nous entoure, aussi aimons-nous aborder des sujets qui touchent[42]. »

Les chansons abordent des sujets divers et variés sur un ton parfois anarchiste et contestataire de la société. Les chansons s’avèrent souvent des critiques acerbes de divers aspects de la société tels que l’asservissement et l'oppression des esclaves dans le monde (Balls to the Wall), le conformisme social (Fight it Back, I don’t Wanna be like You), la guerre et le militarisme (Wargames, Man enough to Cry, Walk in the shadow, Stand tight, Dead on), le fondamentalisme religieux (Protectors of Terror, Heaven is Hell), les désastres écologiques dans l’indifférence générale (Writtings on the Wall), l’intolérance, le racisme et les préjugés (Préjudices), le nazisme (Stone Evil), l'affaire Rodney King et les bavures judiciaires ayant conduit aux émeutes de Los Angeles(Objection Overruled), la peine de mort (Death Row), la violence gratuite à la télévision et l’hypocrisie des médias dans les journaux télévisés (TV Wars), la libre vente d’armes aux États-Unis et les nombreux faits divers qu’elle engendre (Guns’R’us), la drogue (Midnight Mover, Bullet Proof), la déchéance morale de la société moderne (Metal Heart, Sodom and Gommorah). Les chansons peuvent aussi traiter de, et prendre position sur certaines questions sociales controversées comme l’euthanasie (Monster Man) ou l’homosexualité dans une société intolérante (Love Child).

Certaines chansons véhiculent des messages de rébellion aux connotations anarchistes notamment Balls to the Wall et Fight It Back. Leur célèbre chanson Balls to the Wall, par exemple, traite à plusieurs niveaux métaphoriques de l'asservissement des êtres humains dans le monde, en tant qu'esclaves des divers systèmes et institutions, (« Too many slaves in this world die by torture and pain », « Boundage is over Human race ») et qu'un jour ils se réveilleront, briseront leur chaînes et renverseront leurs oppresseurs (« One day the tortured stand up and revolt against the Evil. », « Watch the Damned, they're gonna break their chains, You can't stop them. They're coming to get you »). Wolf Hoffmann expliquait à ce propos :

« On a toujours été intéressés par la politique, les droits de l'homme et les trucs du genre, c'est pourquoi beaucoup de nos textes de l'époque, et même plus tardifs d'ailleurs, étaient consacrés aux questions de droits de l'homme ; et c'est de ça dont il est question dans Balls to the Wall : « un jour les opprimés se soulèveront et viendront leur botter le derrière ». [référence à un des vers de la chanson : « "One day the tortured stand up »][60],[Note 10]. »

Stefan Kaufmann expliquait lui aussi, dans une interview de l'époque, le sens qu'il donnait aux textes : « "Balls to the Wall", parle de la situation des hommes en général et de leur statut d'esclaves, vis-à-vis des institutions du système. Lorsque tu fais tout pour sortir de l'ornière de départ dans laquelle tu évolues et que rien ni personne ne daigne te donner un coup de main, tu es devant un mur d'indifférence. Et c'est ce mur qu'il faut arriver à franchir pour te dépasser[63]. »

Pour l'album Blood of the Nations, c'est le nouveau chanteur Mark Tornillo qui fut chargé d'écrire les nouveaux textes[64]. Comme l'explique Hoffmann : « On était tous d'accord pour dire qu'il était temps de donner à ce nouveau membre une chance de s'exprimer. Parce que a) Un chanteur chante probablement mieux s'il peut exprimer ses propres idées avec ses propres mots, et b) c'est sa langue maternelle, il était normal de lui donner sa chance. Avec Udo, on était un peu obligé de faire autrement vu qu'il ne parlait pas vraiment anglais et ne savait pas écrire les textes[65]. »

Controverses autour du groupe[modifier | modifier le code]

Accusations de sympathies nazies[modifier | modifier le code]

Dirkschneider dans une de ses tenues paramilitaires

Le groupe fut l'objet de nombreuses controverses en France et en Pologne eu égard à certaines accusations portées contre eux concernant d'hypothétiques sympathies nazies[66]. Ces accusations résultent principalement d'amalgames et d'interprétations fondées sur des apparences. Ces allégations ont été favorisées par leur origine allemande et le fait que Dirkschneider portait un costume paramilitaire[66] sur scène. Mais ce qui a principalement déclenché ces rumeurs c'est le fait qu'ils aient choisi la mélodie traditionnelle Ein Heller und ein Batzen (plus connue sous le nom de Heidi, Heido, Heida) en introduction d'une de leur chanson de l'album Restless and Wild (Fast as a Shark)[66]. Une mélodie qui est souvent vue dans les pays qui ont été occupés pendant la seconde guerre mondiale (notamment en France et en Pologne) comme une chanson typiquement nazie, alors qu'il s'agit en fait d'une simple chanson à boire dans le folklore allemand[67] - une chanson qui par ailleurs, préexistait au régime nazi (elle date de 1830)[68].

Udo Dirkschneider, le chanteur commente la controverse :

« Toute cette histoire est arrivée quand j’ai porté cet uniforme militaire. Et ils ont commencé à raconter des conneries !!! Ensuite, quand on a fait l’intro de Restless and Wild, juste avant Fast as a a Shark, ce passage Heidi, Heido, Heida, c’était une chanson folklorique allemande. Nous avons découvert par la suite que les télés françaises et polonaises utilisaient cette chanson Heidi, Heido, Heida quand ils passaient des trucs sur la seconde guerre mondiale. Et donc on a eu pas mal de problèmes avec ça. Mais on l’ignorait, alors on a dû faire un tas d'interviews et de talk shows à parler de ça[66],[Note 11]. »

Le groupe a souvent expliqué qu'ils ignoraient l'association qu'on pouvait en faire en France quand ils ont repris cette mélodie[24], d'autant qu'elle n'a pas du tout cette signification en Allemagne. Le texte de la chanson Fast As a Shark ne fait même aucune allusion au nazisme. À l'origine, ils avaient choisie cette petite mélodie pour le contraste qu'elle offrait par rapport à l'agressivité de leur chanson.

« Nous ne connaissions même pas les implications de cette chanson. Nous avons cherché quelque chose qui soit en complète opposition avec ce que nous faisions. Nous avons écouté des tas de comptines enfantines et nous sommes tombés sur celle-là. Ce qui nous a tout de suite plu, c'est qu'elle n'avait pas de paroles. Pour le public c'était donc plus facile à reprendre en chœur. Nous l'avons joué partout sans aucun problème. C'est seulement à Paris, qu'on nous a affirmé que c'était une chanson nazie. Ce qui est d'ailleurs faux puisque cette comptine est plus ancienne que cela[24]. »

« Cela pose problème surtout ici en France. Tout le monde, ici, me demande pourquoi, nous chantons hi-dee-di-do et affirme que ce serait une chanson nazie ou quelque chose comme ça. Mais on ne le savait pas. Personne en Allemagne n'a entendu parler de ça ! Elle n'est pas connue comme étant une chanson nazie. C'est une vieille chanson folklorique, qu'on a utilisé pour marquer un contraste avec la chanson heavy qui suivait. On l'a prise parce qu'elle n'avait pas de paroles. […] Personne en Allemagne n'a entendu parler de ça, ni en Angleterre, ni aux États-Unis. On a en entendu parler, surtout, ici en France. On ne pouvait pas le savoir, elle n'a jamais eu pour vocation d'être militaire ou nazie. C'est seulement un chanson folklorique[69],[Note 12]. »

Ces accusations s'avèrent d'autant plus infondées que le groupe a toujours professé, dans leurs chansons, des opinions antinazies, antiracistes (Stone Evil, Prejudices, Objection Overruled) et antimilitaristes (Wargames, Man Enough to Cry, Walking in the Shadow, Stand Tight)[24]. À ce sujet, le magazine Enfer Magazine, en 1986, prend la défense du groupe face aux accusations : « Certains esprits chagrins ont cru déceler sous le heavy d'Accept, les oripeaux hideux d'un renouveau nazi. Désolé de les contrarier, mais tout ce qui précède le montre avec suffisamment d'éloquence : ils se fourrent le doigt dans l'œil [le magazine citait en détail le contenu et la thématique antimilitaristes et humanistes des chansons de l'album Russian Roulette]. Il serait temps d'évacuer une bonne fois pour toute, les relents pestilentiels d'une germanophobie rétrograde[70]. »

Dans le contexte de certains faits divers liés à des groupuscules néonazis dans les années 1990, Hoffmann remarquait également :

« Il y a ce problème de skinheads en Allemagne : ces gens qui agressent les étrangers et nous font une bien mauvaise réputation dans les autres pays. Cette réputation déteint sur les groupes allemands, y compris ceux de heavy metal, car certaines personnes font l'amalgame entre ces mouvements fascistes et ce genre de musique. Les gens se sentent très concernés par ce phénomène et nous aussi, par la même occasion. Je me souviens de cette controverse avec l'intro de Fast as a Shark pour laquelle nous avons été mal compris. Nous ne la jouons plus et gardons les yeux grand ouvert afin de ne pas répéter une erreur similaire et éviter que notre démarche puisse être mal interprétée. Nous nous sentons concernés par la situation, mais elle ne nous effraie pas. Je pense qu'il est bénéfique que tout le monde soit alerté car cela permet de traiter le mal par la racine. […] Nous sommes prêts à mener campagne et user de notre influence, à faire une déclaration claire contre ces agressions envers les étrangers. Nous avons beaucoup voyagé, été dans la position d'« étrangers » dans les pays que nous visitions et nous avons toujours été bien reçus. Nous souhaitons qu'il en soit de même dans notre pays[42]. »

Mais malgré les nombreuses clarifications et la thématique antinazie et antimilitariste de certaines chansons du groupe, ces accusations les ont poursuivis jusque dans les années 1990 - Bon nombre de chroniqueurs français successifs ne tenant pas compte des clarifications antérieures du groupe, ni du contenu des paroles des chansons. Par exemple, le journal Hardforce dans un dossier sur les dérives du metal, cite à nouveau Accept parmi les groupes nazis et prend à titre de preuve à charge le 45 tours de Fast as A Shark[71].

En 1999, Wolf Hoffmann est revenu encore une fois sur la question, sur son site web personnel, exprimant son sentiment d'impuissance vis-à-vis de ces accusations qui reviennent sans cesse, et ce malgré les nombreuses clarifications du groupe :

« À propos de toute cette histoire de nazis qui auraient utilisé cette chanson en France et en Pologne. Qu'ils l'aient fait ou non, ou que cela ait été utilisé dans les films après, tout ce que je peux vous dire c'est que je n'en sais vraiment rien. Mais je sais que pour beaucoup de gens cela a été pris comme une chanson typiquement nazie. Ce qui nous a valu de nombreuses controverses à l'époque. De ce qui n'était à la base qu'une petite idée marrante, on en a fait une espèce de monstre. J'ai du l'expliquer des milliers de fois dans les interviews, mais un truc comme cela c'est comme se battre contre des moulins à vent, ça revient continuellement (et d'ailleurs je suis encore en train d'en parler !)[72],[Note 13]. »

Accusations de sympathies soviétiques[modifier | modifier le code]

Accept lors des festivals de 2005

L'album Russian Roulette a soulevé aussi certaines controverses. Kaufmann expliquait que quand l'album est sorti, le groupe a connu des problèmes de tournée aux États-Unis, parce que l'album était vu comme de la propagande pro-russe[73]. La pochette de Russian Roulette a d'ailleurs fait l'objet de censure aux États-Unis, avec un sticker insinuant que l'album faisait la promotion implicite du régime communiste de l'URSS, invitant les auditeurs à être prudents et à ne pas prendre leurs textes à la lettre[74]. Le documentaire Metal Blast From The Past évoquait à ce propos que le groupe avait été l'un des premiers dans l'histoire à faire l'objet d'une sticker Parental Advisory[74]. La chronique du Metal Observer en fait également écho : « Russian Roulette fut l'un des tout premiers LP à être bénie des premiers stickers « Warning » aux États-Unis, grâce aux troupes de Tipper Gore[75]. »Les textes de l'album n'abordent pourtant aucunement de sujets traitant du communisme ou du régime soviétique. Ils sont principalement centrés sur le thème de la guerre, et de l'insignifiance des individus engagés, pris comme des pions, au regard des pouvoirs. Le titre Russian Roulette en est une métaphore, comme l'expliquait le guitariste: « C'est un peu le résumé de tout ce que nous voulons exprimer sur l'album. Si tu envoies tes enfants à la guerre, cela revient à les soumettre à la roulette russe. C'est un jeu, mais un jeu mortel[24]. »

L'album a connu les mêmes problèmes dans les pays de l'est, où il était, au contraire, vu comme de la propagande anti-russe[73]. La pochette montre les membres du groupes habillés en anciens militaires russes se prêtant au jeu de la roulette russe - Kaufmann tendant le pistolet à Dirskchneider. Eu égard aux controverses et aux malentendus qu'avait connus le groupe par le passé, le journal Enfer Magazine s'interrogeait justement sur la portée de leur pochette : « Ne pensez vous pas que la pochette de Russian Roulette soit un peu trop provocante ? » Hoffmann confirmera l'attitude : « C'est vrai, c'est une provocation. Mais il faut provoquer les gens pour qu'ils réalisent la gravité de certains problèmes[24]. »

Controverses autour de thématiques homosexuelles[modifier | modifier le code]

Le groupe a été également attaqué pour la thématique de l'album Balls to the Wall que certains jugeaient centré sur l'homosexualité[73]. Ces attaques sont dues notamment à la chanson Love child qui traite des problèmes d'identification d'un homosexuel dans la société[73], mais aussi à cause de l'imagerie provocatrice et ambiguë de la couverture et des photos de session. Par effet de boule de neige, cela a favorisé l'interprétation d'autres chansons de l'album (comme London Leather Boys, Head Over Heels et Turn Me On) sous l'angle d'une thématique homo-érotique. Ces chansons n'auraient pourtant rien à voir avec le sujet, d'après les dires de Deaffy, la parolière. London Leather Boys, au niveau le plus littéral, parle du mode de vie de bikers marginaux et Turn Me On ferait référence à une anecdote concernant l'un de leurs Roadies[73]. Hoffmann dément, pour sa part, que les textes de London Leather Boys aient un rapport avec la thématique gay[76]. Toutefois Stefan Kaufmann, dans une interview à Enfer Magazine (1983), confirmait, au contraire, que la chanson traitait bien du thème[77]. En revanche dans d'autres interviews, Kaufmann décrit lui-aussi le morceau comme une chanson sur les bikers. Il commente d'ailleurs la controverse à propos de cet album en ces termes : « J'ai été surpris par beaucoup de choses. […] D'abord, Balls to The Wall fut qualifié de premier album de gay metal, puis il fut dit que cela parlait du mur de Berlin, et personne n'a pris la peine de lire les paroles. Cela parlait des minorités, c'est tout. Par exemple, London Leather Boys parlait de punks ou de bikers ou quelque chose du genre (Udo parle de bikers), profitant de la vie. Ce sont des gens normaux, c'est juste qu'ils ont l'air différents et qu'ils se comportent de façon différente. Mais ce sont des gens normaux, juste une autre minorité. Et Love Child est centré sur les gays, c'est vrai, mais c'était principalement pour parler de la façon dont les gens sont opprimés[73]. »Wolf Hoffmann a également commenté l'affaire, en rétorquant aux interviewers qui lui posaient la question :

« Vous, les Américains, êtes tellement coincés à ce sujet. En Europe, ça n'a jamais eu d'importance… On voulait juste être un peu polémiques et différents en touchant à ces sujets sensibles, parce que ça nous faisait de la pub, et en vérité ça a fabuleusement bien marché, vous savez. Et puis, on souhaitait avoir des textes qui aillent un peu au-delà des niaiseries habituelles du type "Cherry Pie". [Hoffmann fait ici allusion au hit du groupe de glam metal Warrant intitulé "Cherry Pie"][76]. »

Il a expliqué que le concept était une idée de sa femme Deaffy (alias Gaby Hoffmann) qui visait principalement à une légère provocation en tapant dans les tabous. La parolière a elle aussi démenti les allégations concernant les soi-disantes orientations homosexuelles du groupe. En revanche, elle a toujours clamé se positionner contre toute discrimination des minorités, y compris l'homophobie.

« J'ai toujours été très rebelle et en aucun cas je n'aurais écrit quelque chose de « normal » ! Jamais ! La question de l'orientation sexuelle à propos du contexte de certains textes n'est que spéculation et pure interprétation de gens extérieurs. Ce groupe en tant qu'individus a si peu à voir avec les controverses et absolument rien en particulier avec quoi que ce soit d'autre que d'être vraiment hétéro. Tout ce que je peux dire, c’est que les paroles ont un sens plus profond et cela me surprend que le public ait si peu cherché à aller au-delà d’une seule interprétation. Cependant, cela aura valu au groupe d’être le tout premier à s’engager dans de telles controverses. Bon nombre de groupes célèbres précisent qu’Accept a été très innovant et fut une source d’inspiration de par leur hardiesse à aborder ces problèmes de la vie quotidienne ; des questions de justice à celles de l’euthanasie, etc.)[78]. »

Stefan Kaufmann va dans le même sens que Deaffy au niveau de son positionnement contre l'homophobie. Dans une interview à Enfer Magazine en 83, il remarquait à propos de cette thématique de l'homosexualité qu'ils avaient abordée : « C'est un phénomène qu'il faut prendre en considération car il existe à une grande échelle et il faut démystifier. En fait c'est un phénomène de société qu'il est nécessaire de prendre comme tel. Pendant longtemps les homosexuels ont été considérés comme des fous et des malades. Or il est temps de respecter ces gens là, d'ouvrir nos esprits qui sont souvent obtus[63]. »

Pour Martin Popoff, ce positionnement gay-friendly avait de quoi surprendre dans le contexte du metal de l'époque encore fortement dominé par une ambiance ultra-masculiniste[73].

Évolution du line-up[modifier | modifier le code]

Date Guitare Basse Chant Batterie Guitare
1975 Wolf Hoffmann Dieter Rubach Udo Dirkschneider Frank Friedrich Gerhard Wahl
1976 Peter Baltes
1977
1978 Jörg Fischer
1979 Stefan Kaufmann
1980
1981
1982 Herman Frank
1983
1984 Jörg Fischer
1985
1986
1987 Rob Armitage
1988 David Reece
1989 Jim Stacey
1990 Ken Mary
1991
1992 Wolf Hoffmann Peter Baltes Udo Dirkschneider Stefan Kaufmann
1993
1994 Stefan Schwarzmann
1995 Michael Cartellone
1996
1997
Split
2004 Wolf Hoffmann Peter Baltes Udo Dirkschneider Stefan Schwarzmann Herman Frank
2005
Split
2009 Wolf Hoffmann Peter Baltes Mark Tornillo Stefan Schwarzmann Herman Frank
2010
2011
2012
2013
2014

Troisième reformation (actuelle) : depuis 2009[modifier | modifier le code]

Deuxième reformation : 2005[modifier | modifier le code]

Première reformation : de 1992 à 1996[modifier | modifier le code]

Formation originelle : de 1979 à 1987[modifier | modifier le code]

Ancien membres[modifier | modifier le code]

Accept dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

La chanson Fast as a Shark fait partie de :

La chanson Balls to the Wall fait partie de :

De plus, la chanson fait partie du classement des 40 meilleures chansons de Metal selon VH1[81] (à la trente-huitième place).

Discographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Discographie d'Accept.

Albums studio[modifier | modifier le code]

Singles[modifier | modifier le code]

Live[modifier | modifier le code]

Compilations et florilèges[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Hervé Picart, Jean-Yves Legras et Bertrand Alary, Hard & heavy- Les dieux du rock lourd, Jacques Grancher,‎ 1985, 127 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Garry Sharpe-Young, Metal: The Definitive Guide, Jawbone Press,‎ 2007, 495 p. (ISBN 978-1-906002-01-5) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Daniel Bukszpan, The Encyclopedia of Heavy Metal, Barnes & Noble,‎ 2003 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (de) Dietmar Elflein, Schwermetallanalysen: Die musikalische Sprache des Heavy Metal, Transcript Verlag,‎ 2010, 359 p. (ISBN 3-8376-1576-6)
  • (en) Robert Walser, Running with the Devil: Power, Gender, and Madness in Heavy Metal Music, Wesleyan University Press,‎ 1993 (ISBN 0-8195-6260-2) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Essi Berelian, The Rough Guide to Heavy Metal, Rough Guides,‎ 2005 (ISBN 1843534150) Document utilisé pour la rédaction de l’article (Entrée consacrée au groupe, p. 2-3)
  • (en) Martin Popoff, The Top 500 Heavy Metal Songs of all Time, ECW Press,‎ 2002 (ISBN 1843534150) Document utilisé pour la rédaction de l’article (Entrée consacrée à la chanson Balls To the Wall, p. 28-29)

Articles[modifier | modifier le code]

  • (en) Howard Johnson, « "Teutonik Attak - Accept : No substitue" (article et interview avec Stefan Kauffmann et Wolf Hoffmann) », Kerrang, no 32,‎ 30 décembre 1982, p. 29-30 Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  • Jean-Claude Weitzmann, « Accept, acceptés par tous », Enfer magazine, no 1,‎ avril 1983, p. 10 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Philippe Touchard, « Interview avec Wolf Hoffmann et Herman Franck », Enfer magazine, no 2,‎ mai 1983, p. 17-22 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean-François Bouquet, « Matraque au poing: Accept parle de son nouvel album », Metal Attack, no 2,‎ octobre 1983, p. 14 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Philippe Touchard, « Interview avec Stefan Kaufman », Enfer magazine, no 7,‎ 1983, p. 9 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Mad Scott, « Accept, le sceptre, pas les spectres », Enfer magazine, no 35,‎ avril 1986, p. 7-14 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Durieux Arnaud, « Accept », Hardforce, no 27,‎ mai-juin 1989, p. 25-26 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Dumatray Henry, « Accept », Hardforce, no 9,‎ mars 1993, p. 30-31 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • François Blanc, « Toute première fois... (interview avec Wolf Hoffmann) », Rockhard, no 107,‎ février 2011, p. 14 Document utilisé pour la rédaction de l’article.
  • François Blanc, « Toute première fois... (interview avec Udo Dirkschneider)" », Rockhard, no 111,‎ juin 2011, p. 43 Document utilisé pour la rédaction de l’article.

Travaux universitaires[modifier | modifier le code]

Références et brèves analyses de la chanson Fast as a Shark :

  • (en) Aaron VanValkenburg, Musical Process and the Structuring of Riffs in Metallica - Mémoire de Master, soutenance sous la présidence de Timothy R. McKinney, Waco, Texas, Baylor University,‎ 2010
  • (en) Dietmar Elflein, « Slaying The Pulse », actes du colloque interdisciplinaire « Heavy Fundamentalism » du 4 novembre 2008, à Salzburg, Autriche,‎ 2008 (lire en ligne) [PDF]

Références et brèves analyses de la chanson Metal Heart :

  • (en) Esa Lilja, Characteristics of Heavy Metal Chord Structures - Their Acoustic and Modal Construction, and Relation to Modal and Tonal Context - Licentiate thesis en musicologie (équivalent finlandais du Master 2 ou du DEA en France) à l'université de Helsinki, Finlande,‎ 2004

Nombreuses références au groupe et brèves analyses des chansons Metal Heart et Princess Of the Dawn :

  • (en) Esa Lilja, Theory and Analysis of Classic Heavy Metal Harmony - Thèse de doctorat en musicologie sous la direction de Eero Tarasti et Alfonso Padilla, à l'université de Helsinki, Finlande,‎ 2009, 229 p. (ISBN 17983754[à vérifier : isbn invalide]) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Documents vidéos et télévisuels[modifier | modifier le code]

  • (en) « Headbangers Balls, On tour in Germany », MTV, décembre 1992 : reportage consacré à Accept à l'occasion de la soirée au Hard Rock Café de Berlin en 1992, célébrant en avant-première la sortie de l'album Objection Overruled. L'émission est présentée par Vanessa Warwick (diffusée en janvier 1993) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) « Metal Blast From The Past », 2003 : DVD officiel du groupe reprenant la vidéo de Staying A Life en y ajoutant plusieurs suppléments. Le DVD retraçe l'historique du groupe dans les années 1980 et propose quelques reportages concernant la période des années 1990. Document utilisé pour la rédaction de l’article

Sources Internet[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Version originale des passages d'interviews cités et traduits :

  1. « “It all started with a guitar, a guitar that I had bought with the first self-earned money in 1962. I was 13 yeas old, and I made my first musical steps, together with UDO DIRKSCHNEIDER in a band that later turned into Accept. The name was taken from the 1970 release by the British blues band Chicken Shack.” - Michaek Wagener. »
  2. « We had heard about the track through our publisher in Hamburg. It was written by Alex Young, a brother of Malcolm and Angus of AC/DC. They never released the song but we had a demo cassette with Bon Scott on vocals. I wish I still had that tape but I am afraid it got lost in the shuffle over the years. »
  3. « Lucy Forbes had an agency in L. A. and she knew Dieter Dirks the producer and I had made some demos with Mitch Perry so he listened and asked me to audition for Accept and well the rest is history! »
  4. « It was super difficult and that's when I really felt like, "Geez, it's only Peter (Baltes) and I left and it's really not the band we once had."; and then Dave Reece and Peter got into some sort of major fight about whatever it was, and we just said, "Man, let's just quit this. »
  5. « We tried to go with the times a little bit. More raunchy, repetitive riffs. We'd grown tired of doing the same thing over and over again. You know, the big, massive backing vocals, the Teutonic German melodies. We were tired of that — at least Peter and I were. So we wanted to try and move along, but we didn't really find our way through it all. In retrospect, I still don't know what we could have done or should have done. I personally felt like I'd played every solo I could think of. I wasn't inspired, sort of running out of ideas maybe. It felt like we'd done it all already. I'd play a riff, and immediately I'd think: shit, I've done that a million times. And that was bad. So that's why we were trying to expand stylistically and try things we hadn't done, and we were very excited about it. But I guess the audience wasn't quite as excited about it. »
  6. « I don't know that there's one... I haven't really thought about it in a while actually. I try not to think about those last couple of years. Well... it all started with... we were really having success with this reunion thing, and then Stefan pulled out of the band overnight because of his back problem — officially. And to this day it's sort of a mystery to me what really happened. And that was like the cornerstone of the band was suddenly gone. And then more and more we had sort of a split in the band; with one group being Udo, and the other being me and Peter — Stefan was no longer there. It became us two vs. Udo, and he didn't want to do what we wanted, and we didn't want what he wanted. In the end, we couldn't agree on anything. […] But in those days, it was also getting tougher and tougher to stay on the road. And nobody was into that music anymore — that certainly didn't help. I mean, the mid 90s was kind of terrible for metal music. A lot of our audience just wasn't there anymore. And we were struggling to keep our identity. We could just keep doing the same shit again, and again. You need to kind of progress a little bit. »
  7. « They asked me and also Stefan [Kaufmann] [to rejoin the band first]. [But] I [already] did the reunion with Accept. It doesn't work in the end. I did, in 2005, festivals with them.[…] "They have been out of the business for 15 years and they didn't make any new songs, nothing really new, and for me, to take this risk to do a reunion... I know definitely that it's not possible to make music together — like composing new songs together; I know it doesn't work — and this risk, for me, is too high. I mean, I'm really satisfied with U.D.O., and I think with U.D.O., we continue, in a way, Accept. I'm longer now with U.D.O. — I've released more albums with U.D.O. than with Accept — and I said, 'No, I feel more comfortable with what I have now.' I mean, I do exactly the kind of music that I love to do. »
  8. « Honestly, on the first few records, we wrote crappy lyrics just like everybody else; a) because we were German and sitting down with a dictionary didn't really make for good lyrics, and b) we were just dumb kids, you know. Then when Gaby joined us that was one of the first things to change. She said, "You guys need better lyrics and if you can't do it, I'll write some with you." »
  9. « With lyricist DEAFFY, they created a concept album that dared to discuss the most delicate and controversial themes previously unheard of in Heavy Metal. Topics included: politics, love, sexuality, church, consciousness, responsibility, and anti-addiction of any kind. Themes that had never been explored before were presented in a way that inspired many to discuss different viewpoints. ACCEPT's own personal beliefs became an issue that has divided people's opinions about ACCEPT until this very day because of the controversial context. Nevertheless, ACCEPT received undisputed respect for their responsibility in music. That is what they have stood for in the past and that's what they will represent forever. »
  10. « We've always been interested in politics and in human rights and things like that, so a lot of the lyrics that we had in those days, and to the end actually, were dealing with human rights, for instance, and that's really what "Balls To The Wall" is all about. "One day the tortured will stand up and kick some ass! »
  11. « This whole story came up, was when I was wearing this army outfit. And they started writing some bullshit!!! And then when we did the intro on the "Restless And Wild", before "Fast As A Shark", that part, Heidi, Heido, Heida, was a normal German folk song. We found out later that French or Polish TV, showed stuff from WW2, they always played that song... Heidi, Heido, Heida. So we got a lot of problems with that. But we didn’t know, so we had to do a lot of interviews and talk shows on that. »
  12. « It's only a problem here in France. Everyone is asking us why we are doing the "hi-dee-di-do" it should be a Nazi song or something like that. But we didn't know that. Nobody in Germany is knowing that. It's not known as Nazi song. It's an old folk ong, and meant to be a total contrast to the following heavy metal song. We took it because it's got no lyrics in it. […]Nobody in Germany does know it and not in England and America. We've never heard that, especially... only here in France. We couldn't know that, and it's not meant to be a military or Nazi song. »
  13. « [A]bout that whole Nazi thing and them using that song when they invaded France or Poland, let me just say this, whether they actually did or not or whether it was just used in later movies, I really don't know. But I know to a lot of people it apparently sounds like it, like a typical Nazi song and it caused a lot of controversy for us at the time. So out of a funny little idea we created somewhat of a monster. I must have talked about that in interviews a thousand times, but something like that is like fighting against a windmill, it just keeps coming back (and here I am again talking about it!). »

Références[modifier | modifier le code]

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  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r et s Hard & heavy. Les dieux rock lourd, p. 6-9.
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  9. We like to keep a lot of melody within the structure of everything we do. We want songs that people can follow, not just three minutes of pure white noise!
  10. a, b et c Esa Lilja, Theory and Analysis of Classic Heavy Metal Harmony, p. 42.
  11. voir aussi Ian Christe, Sounds of the Beast, Itbook, 2004, p. 95.
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  21. a et b Enfer Magazine no 2, 1983, p.21
  22. Following our experiences with I'm A Rebel we made it our goal not to be influenced musically by anyone outside of the band this time.
  23. « pages.sbcglobal.net » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  24. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n Enfer Magazine no 35, p. 10-12
  25. « We were dirt poor and literally hungry most of the time. It was a self financed tour, without any label support. So on occasion we tried to sneak into Judas Priest's dressing room and steal something from their deli tray. One day we got caught by their tour manager and thrown out of the room, ha! The tour was a great and eye–opening experience though, our first tour with a 'real' band. Of course we wanted to be just like them and subsequently there were quite a few Judas Priest influences in our next records. »
  26. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Howard Johnson, "Teutonik Attak - Accept : No substitue" in Kerrang, no 32, semaine du 31 décembre 1982 au 12 janvier 1983, p. 29-30
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  29. Deena Weinstein, Heavy Metal: The Music And Its Culture, Revised Edition, Da Capo Press, 2001, p. 295
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  44. « That was great! I mean, making up and having reunions are always great in a way because you feel that sort of spirit or fresh wind again. It was great! We had a ball back then » - METALEATER.COM - Interviews - Accept - Wolf Hoffmann
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  65. « Because he felt, and we all agreed, that it’s time to give this new member a chance to express himself. Because A) a singer would probably sing better if he can express his own thoughts, in his own words. And B) he’s a native speaker. It’s his own language. It’s only fair to give him a chance. With Udo, we almost had to, because he didn’t really speak English and couldn’t write lyrics. »
  66. a, b, c et d CONSPIRACY MAG 1996
  67. interview avec Udo Dirkschneider conspiration magazine
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  72. "Things You've Always Wanted to Know" sur l'ancien site de Wolf Hoffmann (archivé)
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  74. a et b Documentaire Accept- Metal Blast From The Past, 2002
  75. « "Russian Roulette" had been one of the first LPs to be blessed with one of the first "Warning" stickers in the States, courtesy of the troop around Tipper Gore. » Review - ACCEPT - Russian Roulette - The Metal Observer
  76. a et b Interview
  77. - Bouquet : « Alors justement, parle-nous de London Leather Boys »
    - Kauffmann : « C'est une chanson qui traite de l'homosexualité. » — Philippe Touchard, "Interview avec Stefan kaufmann", Enfer magazine, no 7, 1983, p. 9
  78. « I have been very rebellious and by no means I would have written anything "normal"! Never! The sexual question about the context of certain lyrics are mind games and pure interpretation from outsiders. This is a band who has as individuals -so little to do with controversy and absolutely nothing in particular with anything but being VERY straight. I can only say, all the lyrics have much deeper meaning than that and it surprised me, how little the public tried to find something else, than only one interpretation. However, it made the band one of the very, very first who have been in such a controversy - many famous bands mentioned that ACCEPT have been very innovative and inspiring, because of their boldness to mention everyday life problems - from justice to mercy killing and so on... »Interview avec Gaby Hoffman
  79. imdb: Soundtracks for Dèmoni
  80. Brütal Legend : la tracklist !
  81. listology.com:40 greatest metal songs
  82. http://www.acceptworldwide.com/2014/04/accept-release-new-album-blind-rage-on-july-18th-worldwide/

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]