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Zouhri

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Un Zouhri est, dans le folklore arabo-berbère d'Afrique du Nord au Maghreb, un individu possédant des caractéristiques physiques et spirituelles définies. Selon la chiromancie, la plupart des humains possèdent deux lignes parallèles dans la paume de leur main, la ligne de tête (raison) et la ligne de cœur (sentiments), mais dans la paume des Zouhris, ces deux lignes se rejoignent, de sorte qu'on ne puisse plus distinguer s'il s'agit de la ligne de tête ou de la ligne de cœur, ce qui en fait autant une ligne de cœur, qu'une ligne de tête.

Cela signifierait que ces personnes ont une nature qui les pousse à suivre tous leurs désirs, sans limite. Aimant mieux pécher que ne pas suivre ce qu'elles aiment, elles seraient aimées des djinns, qui se serviraient d'elles pour tenter les gens, et les amener à pecher, qu'elles en soient conscientes ou non.
Au Maroc et en Algérie, de nombreux enfants possédants ces caractéristiques ont été enlevés et tués par des soi-disant sorciers à cause de ces croyances folkloriques[1],[2].

En arabe maghrébin, le mot "Zouhri" (زهري) vient de "Zhar (زهر)" et qui signifie "Chance" en arabe, ce qui ne seraient pas vraiment de la chance, mais une faveur des djinns, attribuée à tort à la chance. Ces croyances ne sont pas reconnues par la plupart des Berbères et des Arabes d'Afrique du nord, et restent des croyances légendaires, issues du folklore arabo-berbère.

Caractéristiques[3]

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Les personnes considérées comme Zouhri peuvent présenter certains ou tous les traits physiques suivants :

■ La ligne simienne : une ou les deux mains présentent une ligne horizontale traversant toute la paume (pli palmaire transversal unique) au lieu de deux. Dans des croyances comme la chiromancie, ces deux lignes sont appelées ligne de tête et ligne de cœur. Lorsque ces deux lignes se rejoignent pour former une seule ligne, on parle de pli palmaire transversal unique, anciennement appelé « ligne simienne » (terme tombé en désuétude en raison de sa connotation péjorative, le terme "Simien" vient de "Simia" qui signifie "Singe" en latin). Il existe une version alternative de cette ligne, qui est une ligne continue traversant la paume de la main, venant autant de la ligne de tête simple que de la ligne de coeur simple, et qui forme un éclair. Cette ligne simienne est qualifiée de ligne du Zouhri angélique, à la différence de la ligne simienne sans eclair, qui est le Zouhri démoniaque. Cette ligne est à la fois une ligne de cœur et une ligne de tête. Elle peut aussi être qualifiée de ligne du Zouhri des Ifrit, car les Ifrit sont des esprits créés à la fois de feu et d'électricité, très rapide, se déplaçant à la vitesse de la pensée, et à la vitesse de la lumière, et ayant un caractère de fer. Selon la chiromancie, les Zouhris seraient dotés d'une grande intelligence et d'une grande capacité d'amour et de mépris. Ils penseraient avec le cœur et la raison de manière égale[3].

■ Un trait vertical sur la langue

■ Une tache au bas de l'iris.

■ Une hétérochromie (deux yeux de couleurs différentes).

■ Une ligne verticale traversant la langue.

■ Cheveux blonds ou roux[4].

■ Yeux bleus ou verts, présentant une certaine dissymétrie.

■ Une marque distinctive sur les cheveux ou l'iris.

Une seule de ces caractéristiques suffit à définir un individu de Zouhri.

Selon Ahmed Amlik, professeur d'histoire à l'Université Cadi Ayyad de Marrakech, les gens avaient autrefois tendance à enterrer leurs objets de valeur personnels ou familiaux dans des endroits cachés dans les forêts ou dans des puits profonds, généralement en période de troubles et de guerre civile. On pense que les enfants Zuhri possèdent des capacités psychiques ou une connexion avec le monde des djinns, qui peuvent aider à trouver les trésors cachés enfouis à ces endroits, et sont donc utilisés comme des « détecteurs de trésors magiques ». Le rituel de recherche du trésor peut impliquer la récitation de versets du Coran, ainsi que verser le sang de l'enfant zuhri. Le zuhri peut également aider à transporter le trésor, car on pense qu'il est moins susceptible d'être puni par les djins pour avoir volé ce qu'il possède. Le rituel peut se terminer par le sacrifice de l'enfant et le versement de son sang sur le trésor, pour apaiser la colère des djins. Dans certains cas, l'enfant est simplement abandonné entre la vie et la mort[4],[5],[6],[7],[8],[9],[10].

Notes et références

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  1. « Au Maroc, le kidnapping des «enfants zouhris» et le mythe d’«extraction des trésors» », sur yabiladi.com (consulté le ).
  2. « Enlèvements et disparitions mystérieuses d'enfants, autopsie d'un phénomène qui hante la société », sur algerie360.com, (consulté le ).
  3. a et b (en) « zouhri children and witchcraft » (consulté le )
  4. a et b « Enquête : disparitions mystérieuses d'enfants dans la région de Rabat »,
  5. مصطفى واعراب, المعتقدات السحرية في المغرب [« Croyances magiques au Maroc »],‎ (ISBN 9789954426043, lire en ligne), p. 238
  6. « De la chasse au trésor à la folie », sur Le Matin (Maroc),
  7. « Le trésor maudit »,
  8. (ar) « 9 months since the disappearance of a "zuhri" child in Zagora »,
  9. « Zouhri Children and Witchcraft: Morocco's Darkest Beliefs »,
  10. « Cour administrative - Arrêt n° 45106C du 19 janvier 2021 - Protection internationale, GRAND-DUCHE DE LUXEMBOURG »,