Ventouse (médecine)

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Ventouse perse des premiers siècles de l'Iran équipée d'un système d'aspiration, peut-être utilisée pour la saignée « sous vide relatif » (musée du Louvre).
Coffre pour ventouses, Londres (1860–1875).
Ventouses en bambou.
Exemple de pose d'une ventouse.
Ventouses posées sur le dos.
Après le retrait de ventouses posées dans la rue à Haikou (Chine).

Description[modifier | modifier le code]

En médecine traditionnelle, la ventouse est un récipient, habituellement en verre et en forme de cloche destiné à soigner en induisant une « révulsion » par effet de succion sur la peau.

Pour chauffer l'air et induire un vide relatif lors de son refroidissement, on y insère une compresse, du coton, de la filasse ou un morceau de papier imbibée d'alcool à brûler et enflammée dans le récipient. La flamme s'éteint spontanément quand l'air est consommé. La ventouse est alors appliquée sur le dos de la personne à traiter, de manière à ce qu'en refroidissant, par sa contraction il produise un puissant effet de succion.

Efficacité[modifier | modifier le code]

Dans leur livre Trick or Treatment (Ruse ou traitement) , Simon Singh et Edzard Ernst écrivent qu'il n'existe aucune preuve des effets bénéfiques des ventouses pour toute condition médicale[1].

Les ventouses sont largement utilisées comme un traitement alternatif pour le cancer. Cependant, les American Cancer Society (La société américaine du cancer) note que « les preuves scientifiques disponibles ne supportent pas les affirmations selon lesquelles ce traitement a des avantages pour la santé » et aussi que le traitement comporte un faible risque de brûlures[2].

Histoire du nom et du concept[modifier | modifier le code]

Le dictionnaire de l'Académie française dans sa première édition (1694) décrit (p. 628) la ventouse médicale comme un « vaisseau de verre qu'on applique sur la peau avec des bougies ou de la filasse allumée pour attirer le mauvais sang ». Il précise qu'on appelle « ventouses sèches, les ventouses qu'on applique sans faire de scarification ». L'édition de 1751 définit la ventouse comme un « instrument de chirurgie » et précise qu'elle peut être métallique (de cuivre, d'argent...) et que son objet est d' « attirer avec violence les humeurs du dedans au-dehors ». L'édition de 1798 précise encore qu'elle a pour objet de « soulever la peau et de produire une irritation locale ». Enfin, l'édition de 1832 ajoute qu'on y « fait le vide par le moyen du feu, ou d'une pompe aspirante, afin de soulever la peau et de produire une irritation locale ».

Les Égyptiens anciens ont été les premiers à utiliser les ventouses en verre de manière systématique, aux alentours de 1550 av. J.C. [3].

Principe[modifier | modifier le code]

Le vide relatif créé dans la ventouse dilate les pores et les vaisseaux sanguins superficiels (capillaires). Ceci produit une congestion cutanée localisée sur le site de l'application du vide, traduite par un changement d'aspect de la peau qui rougit et se couvre de points rougeâtres à violacés. Cette congestion provoquée localement, au-dessus de l'organe supposé malade était réputée attirer les humeurs ou le « mauvais sang » ou l'excès de sang qui congestionne un organe sous-jacent.

La ventouse appliquée successivement en plusieurs endroits du dos, de la poitrine ou du ventre (selon l'organe supposé malade), ou au moyen de plusieurs ventouses posées simultanément était en tous cas réputée accélérer la guérison du malade. On peut supposer qu'un certain effet psychologique puisse également être produit, notamment chez les enfants. [réf. souhaitée]

Ce moyen médical encore utilisé en Europe et aux États-Unis au début du XXe siècle n'est plus enseigné par la médecine contemporaine dite « moderne ». On le classe donc dans les médecines dites « traditionnelles ».

Dans la médecine chinoise traditionnelle, les ventouses sont appliquées à des endroits précis correspondant à des points d'acupuncture choisis en fonction du trouble à soigner. Dans ce cas, le thérapeute griffe légèrement la peau à l'endroit du point réflexe avant d'y apposer la ventouse. Elles sont utilisées pour soigner, non seulement les affections respiratoires et les maux de dos, mais aussi pour les problèmes de peau, les migraines, les maux de têtes, les tendinites, les entorses, les crampes et la constipation.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Simon Singh et Edzard Ernst, Trick or Treatment, Transworld Publishers, (ISBN 978-0-552-15762-9, lire en ligne), p. 368
  2. American Cancer Society Guide complet de complémentaire et alternative Cancer Therapies, American Cancer Society, , 189- 191 p. (ISBN 9780944235713), « Cupping »
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel Henry, La médecine des ventouses, Paris, Editions Guy trédaniel, (ISBN 2-7011-3083-2 et 2-8444-5270-1)
  • Les Ventouses en médecine chinoise traditionnelle, Patrice Lakhdari, Joël Fournier et préface d'Alain Tardy, éd. Robert Jauze, janvier, 143 p., (ISBN 2862140821)

Articles connexes[modifier | modifier le code]