Center for Humane Technology

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Center for Humane Technology (anciennement connu sous Time Well Spent) est une organisation à but non lucratif qui cherche à renverser ce qu'ils appellent la « crise de l'attention numérique », causée par les entreprises technologiques qui conçoivent des appareils mobiles et des fonctionnalités de médias sociaux afin d'attirer le plus d'attention possible, indépendamment de leur impact sur la qualité de vie des utilisateurs.

Contexte général[modifier | modifier le code]

L'ancien employé de Google, Tristan Harris, Roger McNamee, Aza Raskin, Jane Chen et d'autres partenaires ont cofondé le projet dans le but de sensibiliser les gens à la conception intentionnelle visant à rendre les consommateurs addicts à la technologie[1]. James Williams a cofondé le mouvement et consacre également son temps à l'éthique du design des technologies. Les deux hommes ont fondé l'organisation pour sensibiliser et évoquer des aspects des technologies qui sont souvent ignorés, comme l'attention et la distraction ainsi que leurs effets sur l'utilisateur. Après avoir commencé à diffuser ses idées sur l'éthique du design des technologies au sein de Google, Harris a adopté le titre de « philosophe des produits », où il a étudié comment l'entreprise pourrait intégrer le design éthique. Harris a quitté son poste chez Google en décembre 2015 pour se concentrer sur son organisation[2].

Activités[modifier | modifier le code]

L'organisation encourage les concepteurs et les entreprises à respecter le temps des utilisateurs et à créer des produits dont l'objectif final n'est pas de maximiser l'utilisation des produits pour vendre de la publicité[3]. Il existe de multiples façons pour les entreprises technologiques de maximiser l'utilisation de leurs produits :

  • en utilisant un système de récompense variable intermittente (ludification) ;
  • en faisant craindre aux gens de manquer un élément important[4] ;
  • en renforçant le désir de recevoir une approbation sociale ;
  • en renforçant la nécessité d'envoyer des retours à chacun (comme les J'aime) ;
  • en arrêtant les activités quotidiennes des autres pour les alerter d'une notification.

Harris prétend que la technologie est similaire à celle des machines à sous, dans le sens où les deux utilisent des récompenses variables intermittentes pour accroître la dépendance. Selon Harris, les entreprises ont la responsabilité de réduire cet effet, par des techniques telles que l'augmentation de la prévisibilité de leurs interfaces et l'élimination du système de récompenses variables intermittentes.

Impact[modifier | modifier le code]

Dans un post publié en 2018, Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, a décrit le sentiment d'une « responsabilité de s'assurer que nos services ne sont pas seulement amusants à utiliser, mais aussi bons pour le bien-être des personnes », annonçant « un changement majeur dans notre façon de construire Facebook », afin que le temps passé sur ce site soit « bien utilisé » (Time Well Spent). Il a été suggéré que c'était une allusion à l'organisation.

L'un des efforts du Center for Humane Technology sera une campagne médiatique sur les dangers de la technologie, avec Common Sense Media. Common Sense s'est engagé à verser 50 millions de dollars en dons de médias et de temps d'antenne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Tristan Harris, l’homme qui veut empêcher la tech de « dégrader l’humain » », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 24 avril 2019)
  2. « Ne bradons pas notre temps d’attention aux géants du web », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 24 avril 2019)
  3. « Tristan Harris : « Des millions d’heures sont juste volées à la vie des gens » », sur L'Obs (consulté le 24 avril 2019)
  4. « Comment répondre au design de nos vulnérabilités ? », sur InternetActu (consulté le 24 avril 2019)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]