Stéphan Barron

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Stéphan Barron
Image dans Infobox.
Stéphan Barron et l'œuvre d'art Contact.
Naissance
Nationalité
Activité
Artiste
Mouvement
Œuvres principales
  • Thaon/New York
  • Orient Express
  • Le Bleu du ciel
  • Traits
  • Ozone

Stéphan Barron, né le à Caen, est un artiste français spécialisé dans l'art contemporain.

Il a créé depuis 1984 des œuvres théorisées sous les termes et notions d’« art planétaire » et de « technoromantisme ». Il se définit comme l'un des pionniers de l'art numérique et de l'art écologique[1]. Selon Pierre Restany, il « occupe, en Europe, une place éminente dans une définition spatio-temporelle de l'image vidéo » [2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Stéphan Barron naît le à Caen[à vérifier][3].

Il a créé depuis 1984 de nombreuses œuvres qu'il théorise sous les deux termes « d'art planétaire » et de « technoromantisme (en) »[4].

Actif en France et à l'étranger, il reçoit une bourse de la Villa Médicis en 1996 pour Ozone, une « installation planétaire sonore » exposée à la Biennale d'Adelaïde. Ozone est une des premières œuvres d'art se manifestant conjointement en temps réel sur deux continents situés de part et d'autre du monde, et utilisant Internet.

Étudiant à l'université de Paris VIII, il est docteur en esthétique et nouvelles technologies en 1997[3].

Artiste-théoricien, il a écrit des essais sur les nouveaux développements dans l'art contemporain.

Son travail se base sur une recherche perceptive et sur l'imaginaire de la distance. Dans cette recherche, il a réalisé depuis 1985 une vingtaine d'œuvres d'art utilisant les technologies de télécommunication (fax, vidéo, Modem internet).

En il lance « Com_post »[5].

Stéphan Barron est également maître de conférence à l'Université Paul Valéry. Ses compétences en tant que professeur lui valent une impopularité certaine auprès de ses étudiants.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Art planétaire[modifier | modifier le code]

Les œuvres jusqu'en 2005 sont décrites et commentées dans son « habilitation à diriger des recherches », et pour les plus récentes sur le site du Technoromantisme[6].

  • Thaon/New York : œuvre d'art planétaire, 1987.
Transmission par satellite audio et télévision lente entre l’église médiévale de Thaon (Normandie) et les Cloisters de New York. [7]. Seule transmission satellite réalisée par un artiste européen, elle s'insère dans un art des télécommunications qui anticipe l'art global et planétaire qui va se développer après l'apparition d'Internet.
  • Berlin/Pékin : sept téléviseurs montrant des images du mur de Berlin et des berlinois et sept téléviseurs montrant des images de la Chine et de la Grande Muraille se font face[8].
  • Orient Express : œuvre d'art planétaire, .
Stéphan Barron dans l’Orient Express, de Paris à Budapest, prend toutes les heures précises une photographie (avec un polaroid).
À Budapest les 25 polaroids de l’aller sont numérisés sur ordinateur et renvoyés par modem à Paris. Le même « processus » est réalisé de Budapest à Paris et les 25 polaroids numérisés du retour sont renvoyés de Paris à Budapest[9].
  • Traits : art planétaire, .
Stéphan Barron et Sylvia Hansmann suivent en voiture le méridien de Greenwich, entre deux mers, de la Manche à la Méditerranée, et plus précisément de Villers-sur-Mer (Manche) à Castillon de la Plana (Méditerranée).
À l’aide d’un télécopieur de voiture, ils envoient régulièrement des images et des textes sur leur voyage, à d'autres télécopieurs situés dans huit lieux en Europe (en 13 jours 850 téléfax). C'est l'une des principales œuvres d'art réalisée avec un télécopieur, citée par les textes de Pierre Restany, Mario Costa, Markus Müller[10],[11],[12].
  • Autoportrait : art planétaire, 1990/1991.
Dans le lieu d’exposition une flèche robotisée indique la direction où Stéphan Barron se trouve[13].
  • Les Plantes de mon jardin : art planétaire, .
Stéphan Barron envoie chaque jour à Prague, pendant trois semaines, des télécopies sur sa relation quotidienne à son minuscule jardin situé à Hérouville (Normandie). Galerie Spala, Prague[14].
  • À perte d'entendre : performance, galerie Sakschewski, Berlin, .
S. Barron quitte la Porte de Brandebourg à laquelle il est relié par talkie-walkie et se dirige successivement dans les 8 directions cardinales.
Quand il perd le contact sonore, il prend une photo[15].
  • Eurotunnel : art planétaire, 1992 — projet.
Stéphan Barron et Sylvia Hansmann suivent le tracé du tunnel sous la Manche (creusé par Eurotunnel) en bateau.
Ils jettent au fur et à mesure à la mer des bouées munies de balises satellites. La « ligne du Tunnel » est dispersée par les courants marins et le vent[16].
  • Le Bleu du ciel : art planétaire, 1994.
Deux ordinateurs situés à Tourcoing et Toulon et reliés par minitel, calculent en temps réel la moyenne des couleurs des ciels du nord et du sud de la France[17].
Le même projet est réalisé en 1995 entre Paris et Munich (prix Unesco)[2].
  • Le Jour et la Nuit : installation planétaire, 1995.
Un ordinateur au Brésil et un ordinateur en Australie reliés par Internet font la moyenne des images des ciels des deux pays.
Adelaïde, Sao-Paulo / Arte no seculo, [18],[19].
  • Ozone : installation planétaire, 1996. Ozone est une des premières œuvres d’art réalisées avec Internet.
Installation sonore réalisée à partir des mesures de la pollution de l'air par l'ozone troposphérique produite par la circulation automobile à Lille et des mesures des ultraviolets traversant la couche d'ozone en Australie. Ces mesures sont transformées en sons diffusés en Australie dans un jardin d’Adelaïde et en France dans les rues de Roubaix.
L'installation Ozone a été rendue possible par une bourse de la villa Médicis Hors-les-Murs et a été exposée à la Biennale internationale d’Adelaïde[20].
  • Com_post : art sur Internet, 2000.
Com_post est un « compost planétaire sur Internet ».
Tous et chacun peuvent envoyer un texte à ce compost, il leur sera renvoyé chaque semaine pendant trois mois de plus en plus décomposé, « composté ».
  • Fusil : art sur Internet, 2003.
Fusil est une œuvre d’art en ligne.
Exposition d'un grand format (4 x 3 m) dans la rue, à Montpellier, pendant un an.
  • Corps@corps : art planétaire, 2004.
Envoie-moi une « image » de ton corps, et je t’enverrai une « image » du mien.
L'« image » est une photo ou un texte.
L'envoi est fait par MMS ou par email si c’est une photo, ou par SMS ou email si c’est un texte.
  • WYFY : performance et vidéo, 2007.
Le WYFY® est une technique thérapeutique très simple, efficace et gratuite : installez-vous, allongé sur un divan spécial WYFY® élaboré scientifiquement par Stéphan Barron, à proximité d’un cabinet de psychanalyste ou d’un autre thérapeute. Détendez-vous, et commencez votre WYFANALYSE®.
Stéphan Barron s'est installé pendant la Biennale de Lyon près d'un cabinet de thérapeute de la ville. Il entame sa thérapie par WYFANALYSE®, en testant les connexions et les capacités du thérapeute[21].
  • o_o_o : installation planétaire, 2008.
Installation sonore ou version concert de l’installation avec les voix chantées de Balthazar et Stéphan Barron.
o-o-o transforme en voix chantées les mesures récoltées en temps réel :
- de l’ozone (venant du satellite GOME[22] qui tourne autour de la terre) ;
- de la pollution de l'air par l'ozone captées dans le lieu d’exposition.
Description de l'avant-projet au colloque Artmedia[23],[24].
  • Contact : installation planétaire, 2008.
Deux plaques de cuivre, situées dans deux lieux différents, sont reliées entre elles.
En posant sa main sur la plaque de cuivre du lieu, le spectateur perçoit le contact éventuel d'une autre personne qui dans le lieu distant touche la plaque.
Cette œuvre invite à une interrogation sur le dérèglement climatique en cours.
  • Le Nouveau Voyage : art planétaire, 2009.
Performance-installation utilisant Google Earth
Stéphan Barron suit les traces d'un voyage effectué par son arrière-grand-père, Louis, relatés dans son livre Le Nouveau Voyage de France de 1899[25]. 110 ans après les voyages de son aïeul, empruntant les mêmes chemins, S. Barron actualise, revit, revisite, réinvente avec émotion ce parcours[26],[27].
  • Dvdremix : art vidéo, 2010.
Remix des bandes sons des principales œuvres d'art vidéo ou documentaire de Stéphan Barron par des musiciens de musique électroaccoustique ou électronique[28].
  • Monochromes : art et méditation, 2012.
art méditatif, immerge les spectateurs dans la perception pure de la couleur sans l’interface d’une œuvre matérielle.Chacun fait l’expérience profonde de la couleur pure, la couleur intérieure.
  • Thermochromes : art et méditation, 2012.
Les thermochromes sont des empreintes de mains réalisées avec une peinture qui disparaît à la température du corps humain. Elles font suite à l’installation Contact de Stéphan Barron.
  • 3Dedalus : art numérique, 2014.
Labyrinthe impression 3D, exposition photos numériques, installation sonore spatialisée. Variations, Digital Week, Paris.
  • Dust : art numérique, 2017.
«Choisir une poussière. Se déplacer avec elle. La remettre en place.» Performance, planétaire participative. Parcours d’art de la Ste Baume 2017 - Galerie Satellite, Paris, 2018.
  • OO-iii : street art, 2019.
Pictogramme éphémère pour les pistes cyclables en forme de clitoris. Street art éco- féministe.
  • SITES : art numérique, 2021.
Installation dans un bâtiment historique d’œuvres reliant des sites spirituels et le google street view de ces sites - Institut Français - Lalit Kala Academi, New Delhi 2021 Texte d'Anne Cauquelin [29]

Art et écologie[modifier | modifier le code]

Les œuvres d'art technoromantiques de Stéphan Barron expriment et intègrent une dimension planétaire, un art associant le local et le global dans une interaction où l'écologie est sous-jacente. Citées dans cet article par exemple Traits, Les plantes de mon jardin, Le bleu du ciel, Ozone, Com-post, o-o-o, etc.
D'autres œuvres dans la production de Stéphan Barron expriment cette dimension écologique de façon locale et sociale.

  • Le pouvoir des fleurs Intervention urbaine. 1996

[30].

  • Greenwatching : Performance, art vidéo. 2015/2018
Série d’œuvres plastiques fluorescente et performances utilisant les fumigènes sur le thème du greenwashing[31].
  • Résolu-ment : Performance, art vidéo. 2019
Installation de plusieurs centaines de cabas de supermarchés récupérés dans les poubelles peints dans plusieurs nuances de vert. MOCO off. Montpellier - Vidéo.
  • Transition : Performance, art vidéo. 2019
Installation performance ligne de pigments verts devant la Biennale de Venise. Les piétons dispersent la ligne. Biennale de Venise - Vidéo.
  • ON/green : Installation. 2020
Installation de 240 m x 5 m. Gare de Montpellier - Vidéo.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Cédérom Art planétaire, Éditions Rien de Spécial, 2000, réed. 2010.
  • Technoromantisme, Éditions L'Harmattan, 2002
  • Toucher l'espace, poétique de l'art planétaire, Éditions L'Harmattan, 2006

Références[modifier | modifier le code]

  1. Stéphan Barron est un des premiers artistes français à avoir associé Arts Technologiques et un engagement écologique radical http://www.projetcoal.org/coal/2012/04/04/st%C3%A9phan-barron/
  2. a et b Pierre Restany, in Le monde de l'art en 1995, Prix Unesco pour la promotion des arts, Ed. UNESCO 1996.
  3. a et b (en) Contemporary artists, , 1400 p. (lire en ligne), p. 116
  4. Art et Biotechnologies, , 379 p. (lire en ligne)
  5. (en) Contemporary Artists : A-K, , 1906 p. (ISBN 978-1-55862-488-7, lire en ligne), p. 118
  6. (fr) « L'Art planétaire, genèse d'un technoromantisme dans l'art contemporain au tournant du millénaire. Recherche, expérimentation, création. », sur www.technoromanticism.com (consulté le )
  7. (fr) « Transmission par satellite audio et télévision lente entre l'église médiévale de Thaon en Normandie et les Cloisters de New York », sur www.technoromanticism.com (consulté le )
  8. (fr) « 7 téléviseurs montrant des images du mur de Berlin et des berlinois et 7 téléviseurs montrant des images de la Chine et de la Grande Muraille se font face. », sur www.technoromanticism.com (consulté le )
  9. (fr) « Exposition 2010 à Dresde Exposition Internationale OSTRALE », sur www.technoromanticism.com
  10. (fr) « Stéphan Barron et Sylvia Hansmann suivent en voiture le méridien de Greenwich de la Manche à la Méditerranée, de Villers-sur-Mer à Castillon de la Plana. », sur www.technoromanticism.com.
  11. Frank Popper, Art at the electronic age, Thames and Hudson, London, , 192 p., p. 133.
  12. Karen O'Rourke, Walking and mapping, Artists as cartographers, The MIT Press, Cambridge, , 328 p., p. 250.
  13. (fr) « Dans le lieu d'exposition une flèche robotisée indique la direction où Stéphan Barron se trouve. », sur www.technoromanticism.com (consulté le )
  14. (fr) « Les plantes de mon jardin 1991 Stéphan Barron envoie chaque jour par télécopie de Hérouville (France), à Prague des images sur les Plantes de son minuscule jardin. », sur www.technoromanticism.com (consulté le )
  15. (fr) « Stéphan Barron quitte la Porte de Brandebourg à laquelle il est relié par talkie-walkie et se dirige successivement dans les 8 directions cardinales. À chaque perte de contact, il prend une photo. », sur www.technoromanticism.com (consulté le )
  16. (fr) « Stéphan Barron et Sylvia Hansmann suivent le tracé du tunnel en bateau. », sur www.technoromanticism.com (consulté le )
  17. Florence de Meredieu, Arts et nouvelles technologies, Larousse, Paris, , 239 p., p. 145.
  18. (fr) « Un ordinateur en France et un ordinateur en Australie reliés par Internet font la moyenne des images des ciels des deux pays. », sur www.technoromanticism.com (consulté le )
  19. (en) Stephen Wilson, Information Arts : Intersections of Art, Science, and Technology, MIT Press, , 945 p. (lire en ligne), p. 250
  20. (fr) « Les mesures de l'ozone produite par la circulation automobile à Lille et les mesures des ultraviolets traversant la couche d'Ozone en Australie », sur www.technoromanticism.com (consulté le )
  21. (fr) « site www.wyfy.info » (consulté le )
  22. À propos du Satellite GOME, spécialisé dans la mesure de l'ozone ; earth.esa
  23. (fr) « Des œuvres technoromantiques entre présence et absence », sur www.olats.org (consulté le )
  24. (fr) « Version concert par Stéphan et Balthazar Barron », sur www.o-o-o.info (consulté le )
  25. Le Nouveau Voyage de France de 1899, consultable sur Gallica
  26. Exposition-performance-installation de Stéphan & Balthazar Barron les 18 et 21 juillet 2009, PDF, 8 pages, consulté 2010/12/11
  27. « Site officiel du projet Le Nouveau Voyage ».
  28. « Site officiel du projet DVDREMIX ».
  29. (fr) « ...Oiseau qui nidifie en l’air », sur www.technoromanticism.com (consulté le )
  30. (fr) « Le pouvoir des fleurs », sur www.technoromanticism.com (consulté le )
  31. Paul Ardenne, Un art écologique, La muette, Bruxelles, , 304 p..

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]