Siddhartha (roman)

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Siddhartha
Auteur Hermann Hesse
Préface Jacques Brenner
Genre Roman
Version originale
Langue originale Allemand
Pays d'origine Allemagne
Date de parution originale 1922
Version française
Traducteur Joseph Delage
Éditeur Librairie Générale Française (LGF)
Collection Le Livre de Poche
Date de parution 1975
Nombre de pages 217
ISBN 2253008486

Siddhartha est un roman philosophique d'Hermann Hesse (1877-1962) paru en 1922 en langue allemande. Le roman s'inspire de la vie de Siddhartha Gautama, dit le Bouddha.

L'écrivain exprime dans ce livre son amour et sa sensibilité pour la culture, les croyances, les religions et les philosophies orientales auquel il est familiarisé dès son plus jeune âge grâce à sa mère, Marie Gundert, née en Inde, mais également aux multiples voyages qu'il accomplit en ces terres dans les années 1910[1]. Une fois publié aux États-Unis, en 1951, le livre connait une renommée mondiale, en particulier au cours de l'exploration des spiritualités orientales dans les années 1960.

Le Siddhartha historique[modifier | modifier le code]

Le livre est inspiré de la vie de Siddhartha Gautama, qui vécut au cours du VIe siècle av. J.-C., le fondateur du bouddhisme, et le Bouddha historique.

Résumé[modifier | modifier le code]

Situé en Inde, ce roman philosophique raconte le cheminement spirituel de Siddhartha, personnage proche en de nombreux points du Siddharta Gautama, le Bouddha mais dont l'histoire est romancée.

C'est en parcourant des chemins différents et parfois contradictoires qu'il parvient à la conclusion que la sagesse ne peut se transmettre, comme la connaissance, de maître à élève, mais qu'elle doit être trouvée par soi-même. Il finit par atteindre son objectif. « Quand le moi sous toutes ses formes sera vaincu et mort, se disait-il, quand toutes les passions et toutes les tentations qui viennent du cœur se seront tues, alors se produira le grand prodige, le réveil de l'Être intérieur et mystérieux qui vit en moi et qui ne sera plus moi »[2].

Chez les brahmanes

Siddhartha, fils de brahmane, de bonne famille, aisé, heureux, destiné à emprunter le même chemin respectable de son père, est beau garçon, intelligent et aimé de tous.

L'adolescent sent pourtant qu'il lui faut autre chose... que son être demande plus... qu'il doit quitter ses parents, sa famille, ses amis, sa vie actuelle, pour atteindre ce à quoi son âme aspire.

Alors que passent, près de leur village paisible, des samanas, Siddhartha, après avoir prouvé à son père qu'il était à présent un homme et qu'il était en droit de choisir sa voie, s'en va avec son ami Govinda commencer une nouvelle vie avec les pèlerins.

Avec les samanas

Le principe du samana est de se détacher de tout ce qui peut constituer une attache matérielle ou sentimentale, qu'il s'agisse de biens, de souvenirs ou d'amours, et de faire le vide en soi pour parvenir à se détacher également de la lourdeur de l'enveloppe charnelle.

Vivant sans chaussures ni vêtements dans les bois, dormant dans le froid, marchant sans fin sous la pluie, le vent ou le soleil brûlant, passant de longues heures à méditer et des jours entiers à jeûner, Siddhartha et Govinda vivent trois années durant dans la souffrance physique afin de réussir à oublier leur corps, mais se rendent compte que chacune des douleurs qu'ils s'infligent les ramène vers la conscience de ce corps qui souffre.

Siddhartha et Govinda, qui ont entendu parler de Gotama, grand homme qui a atteint l'illumination, décident de quitter les samanas pour écouter ses enseignements.

Auprès de Gotama

Siddhartha écoute la doctrine de Gotama et il est ébloui par sa sagesse. Mais l'ancien samana, contrairement à Govinda qui souhaite intégrer le groupe de disciples de Gotama, décide de poursuivre son chemin car il refuse l'idée d'apprendre la sagesse d'un autre. Siddhartha sent qu'il doit trouver cette sagesse par lui-même et cette illumination en lui-même, persuadé que l'illumination doit être vécue, et non apprise. Il poursuit donc son chemin, laissant son ami Govinda auprès de Gotama.

Sous l'emprise du samsara

Siddhartha, tombé amoureux de la belle courtisane Kamala, met ses compétences (il sait lire) au service d'un riche marchand et connaît alors une période de plaisirs, sous l'emprise du samsara, parmi la vanité, la cupidité, l'agitation, les plaisirs et les désirs de la vie humaine. Pour l'amour avec la belle Kamala, il s'enrichit, devient matérialiste, boit de l'alcool, et goûte aux plaisirs de l'existence en perdant de vue quelque temps sa quête initiale.

Au fil des années, le désir de celle-ci revient pourtant, avec les valeurs qui lui étaient chères. Soucieux de reprendre le chemin de l'illumination intérieure, il part en laissant derrière lui sa situation et ses biens, ainsi que Kamala, enceinte.

Au bord du fleuve

Siddhartha vit paisiblement au bord du fleuve avec le passeur Vasudeva qui l'a accepté auprès de lui et qui l'aide à entendre le monde autour de lui en l'initiant à l'écoute. Ensemble, ils parlent peu et se concentrent sur le silence ainsi que les histoires et les enseignements du fleuve. Siddhartha apprend que les vents, les nuages, les oiseaux, les insectes, sont des professeurs à part entière, au même titre que les sages ayant atteint l'illumination.

Un jour, Kamala et son fils, dont le père est Siddhartha, se retrouvent par hasard au bord du fleuve. Kamala se fait mordre par un serpent et meurt. Siddhartha élève donc son fils avec Vasudeva, au bord du fleuve. Malgré l'amour que lui apporte son père, le jeune homme souhaite, tout comme Siddhartha au début du livre, faire son chemin de son côté.

Un jour, le garçon s'enfuit. Au départ, Siddhartha part à sa recherche, mais finit par accepter la décision de son fils, se souvenant que lui aussi, un jour, alla à l'encontre du souhait de son père Brahmane en suivant les samanas. Siddhartha redevient donc serein.

Vasudeva, qui n'a plus rien à montrer à son apprenti, le laisse seul au bord du fleuve, faire passer les randonneurs de l'autre côté de la rive.

Les gens viennent régulièrement rendre visite à Siddhartha, qui a trouvé la paix intérieure tant recherchée, la sagesse suprême. Govinda, qui ne sait pas encore qu'il s'agit de son ami, vient le voir pour entendre sa parole et Siddhartha lui dit qu'il ne suit aucune doctrine, que le temps est illusoire, et que, bien que le savoir peut être enseigné, la sagesse ne peut venir que de l'intérieur.

Siddhartha continue en expliquant que la souffrance est nécessaire pour apprendre et que les mots sont insignifiants. Siddhartha demande à Govinda de l'embrasser sur le front et Govinda, qui a ressenti une sagesse incroyable en l'embrassant et qui a reconnu son ami à ce moment, se prosterne devant lui. Govinda a compris que Siddhartha a atteint son objectif : il est devenu Siddhartha Gautama le Bouddha, et a atteint la plénitude.

Adaptation cinématographique[modifier | modifier le code]

Une adaptation filmée de Siddhartha a été réalisée par Conrad Rooks en 1972, avec Shashi Kapoor.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. cf. Sharon Fuller, 'Les écrivains en voyage: nouveaux mondes, nouvelles idées ?, éd. L'Harmattan, 2005, p. 18 extrait en ligne en ligne
  2. Hermann Hesse, Siddhartha, Bernard Grasset,‎ 2010, 158 p., p. 32

Voir aussi[modifier | modifier le code]