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Repenomamus

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Repenomamus
Description de cette image, également commentée ci-après
Vue d'artiste de Repenomamus giganticus par Nobu Tamura
125.77–119.57 Ma
1 collection
Classification
Règne Animalia
Embr. Chordata
Clade Mammaliaformes
Classe Mammalia
Clade Theriimorpha
Ordre  Eutriconodonta
Famille  Gobiconodontidae

Genre

 Repenomamus
Li et al. 2000

Repenomamus est un genre fossile de mammifères thérimorphes (en) de l'ordre des Eutriconodonta et de la famille des Gobiconodontidae (en), ayant vécu dans le nord de la Chine au Crétacé inférieur, il y a environ 125 millions d'années. Ces espèces semblent avoir été carnivores, ce qui est assez rare chez les mammifères du Mésozoïque, généralement insectivores ou omnivores.

Les fossiles de Repenomamus ont été trouvés dans la formation géologique de Yixian, qui fait partie du biote de Jehol, dans la province du Liaoning, en Chine. Ces couches sont datées du Barrémien du Crétacé inférieur, plus précisément de 125 à 123,2 millions d'années[1].

Le genre Repenomamus et l'espèce Repenomamus robustus ont été décrits en 2000 par les paléontologues chinois J. Li et al.[2],[1],[3].

En 2023 a été publiée la découverte en Chine, dans les mêmes couches géologiques, de deux fossiles entremêlés et assez complets d'un Repenomamus et d'un petit dinosaure qui en aurait été la proie, accréditant ainsi le statut de carnivore de Repenomamus[4].

Dessin du squelette de R. robustus.

Liste des espèces

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Le genre Repenomamus compte deux espèces :

  • Repenomamus robustus Li et al., 2000 ;
  • Repenomamus giganticus Hu et al., 2005[5].

Description

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L'espèce Repenomamus giganticus est considérée comme l'un des plus grands mammifères connus du Mésozoïque, après Patagomaia, avec pour taille approximative celle du Blaireau européen. La longueur du corps avoisinait un mètre, y compris la longue queue, et son crâne mesurait 16 cm. Il pesait entre 12 et 14 kg[5].

Repenomamus robustus, environ deux fois plus petit, était un animal carnivore (la plupart des multituberculés étaient omnivores). Ses incisives puissantes et ses canines et prémolaires aiguisées correspondent à un animal capable d'attaquer ses proies vivantes. La formule dentaire[6] serait :

 v · d · m  Formule dentaire
mâchoire supérieure
5 1 1 3 3 1 1 5
5 2 1 2 2 1 2 5
mâchoire inférieure
Total : 40

Cependant, ses pattes courtes et son corps massif ne faisaient probablement pas de lui un bon coureur. L'anatomie des membres et des ceintures de Repenomamus est celle d'un animal terrestre, mais sa démarche reste difficile à imaginer dans la mesure où sa ceinture scapulaire et ses membres antérieurs sont dotés de nombreux caractères dérivés alors que la ceinture pelvienne est ancestrale. Ce mammifère se déplaçait peut-être à la manière des varans actuels, en ondulant.

Moulage des squelettes enchevêtrés de Repenomamus robustus et de Psittacosaurus lujiatunensis, au Musée canadien de la nature à Ottawa.
Dessin d'interprétation des fossiles ci-dessus

Paléobiologie

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L'un des fossiles de Repenomamus a livré le contenu stomacal de l'animal avec des ossements de petits mammifères et de dinosaures juvéniles, en particulier ceux d'un jeune Psittacosaurus. Les os entiers, non broyés, voire en quasi-connexion, indiquent que Repenomamus a avalé sa proie par gros morceaux[7].

Paléoécologie

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Repenomamus vivait avec de nombreux dinosaures, comme Psittacosaurus ou le théropode à plumes Sinosauropteryx, et avec d'autres mammifères, comme l'euthérien Eomaia.

Le gisement fossilifère de Liujitun, dans la province chinoise de Liaoning, a livré en 2012 deux spécimens enchevêtrés d'un Repenomamus robustus et d'un Psittacosaurus lujiatunensis trois fois plus grand, pris dans une coulée pyroclastique de cendres volcaniques. Il est probable que les deux animaux ont été ensevelis et ont convulsé ensemble dans la coulée en mourant. Un récit plus médiatique et plus largement relayé en a fait un « combat mortel » dans lequel Repenomamus aurait « pris le dessus, montant sur le dos de son adversaire et l’épuisant en se saisissant de sa mâchoire inférieure avec une patte avant, tout en bloquant son train arrière avec un membre postérieur et en mordant ses côtes »[4].

Classification

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L'analyse phylogénétique réalisée par Thomas Martin et al. en 2015 place Repenomamus en taxon frère de Gobiconodon dans la famille des Gobiconodontidae (en). Cette famille est rattachée directement à l'ordre des Eutriconodonta[8] :

Eutriconodonta
Amphilestidae

Phascolotherium



Amphilestes





Amphidontidae

Hakusanodon



Juchilestes




Gobiconodontidae

Spinolestes




Gobiconodon



Repenomamus






Jeholodens




Yanoconodon




Liaoconodon



Volaticotherini

Volaticotherium



Argentoconodon



Triconodontidae

Trioracodon




Triconodon




Priacodon




Arundelconodon




Meiconodon




Astroconodon




Alticonodon



Corviconodon

















Publication originale

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Références

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  1. a et b (en) Paleobiology Database : Repenomamus Li et al., 2000 (consulté le ).
  2. J.-L. Li et al. 2000, p. 2545-2549.
  3. (en) Paleobiology Database : Repenomamus robustus Li et al., 2000 (consulté le ).
  4. a et b Hervé Morin, « En Chine, un mammifère chassait des dinosaures herbivores, il y a 125 millions d’années », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  5. a et b (en) Hu et al., « Large Mesozoic mammals fed on young dinosaurs », Nature, vol. 433, no 7022,‎ , p. 149–152 (PMID 15650737, DOI 10.1038/nature03102, Bibcode 2005Natur.433..149H, S2CID 2306428, lire en ligne)
  6. (en) Alexey Lopatin, Alexander Averianov, Gobiconodon (Mammalia) from the Early Cretaceous of Mongolia and Revision of Gobiconodontidae, 12 juillet 2014
  7. (fr) Quand les mammifères chassaient les dinosaures, sur DinoNews, 6 avril 2005
  8. (en) Thomas Martin, Jesús Marugán-Lobón, Romain Vullo, Hugo Martín-Abad, Zhe-Xi Luo et Angela D. Buscalioni, « A Cretaceous eutriconodont and integument evolution in early mammals », Nature, vol. 526, no 7573,‎ , p. 380–384 (PMID 26469049, DOI 10.1038/nature14905, Bibcode 2015Natur.526..380M, hdl 10486/710730, S2CID 205245235)

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Articles connexes

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Liens externes

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