Remue

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Au sens premier, la remue est le mouvement du bétail allant à l'estive (pâturage d'été) dans les Alpes[1]. Au sens dérivé et par métonymie, une remue est en Savoie un petit bâtiment entièrement en bois et démontable, situé vers une altitude de 800 à 1 400 m et servant d'étape vers l'alpage.

Description[modifier | modifier le code]

Les remues pouvaient aussi avoir leur base en pierres montées à cru avec seulement le toit en solides planches de bois. Elles étaient construites et utilisées par les bergers comme habitations nomades, démontées et remontées à chacun de leur déplacement d'alpage en alpage ou de transhumance, d'où leur nom de remue, du verbe remuer. Les remues en exercice étaient généralement signalées par une croix.

À côté de chaque remue on pouvait aussi trouver une cabane plus petite et du même modèle. Ces petites remues, qui servaient de caveau à lait, étaient appelées « gardet ». Les bergers y déposaient le lait après la traite en attendant de l'utiliser. Les gardets étaient construits à proximité d'une source dont l'eau captée baignait les récipients en fer, appelés « gerles ». Si ces derniers étaient en bois, ils étaient placés sur des banquettes à claire-voie.

À proximité des remues on pouvait aussi trouver une auge rustique creusée dans un tronc d'arbre dans laquelle était déversé le petit-lait issu de la fabrication des fromages d'alpages. Ce petit-lait était utilisé pour nourrir des porcs.

La remue, dénuée de porte, avait une pièce unique. Dans un coin était construit un foyer au-dessus duquel une poulie maintenait un grand chaudron : deux ou trois fois par jour les bergers y faisaient chauffer le lait pour la fabrication des fromages. Dans un autre coin on trouvait un bat-flanc où ils couchaient sur la paille.

La remue n'avait usuellement ni plancher, ni dallage et le sol était de terre battue; de fait, lors d'épisodes de fortes pluies, la boue finissait par envahir l'habitation. Sur les murs, quelques rayonnages portaient les fromages en train de sécher dans leur formes, appelés sérac, et sur lesquels pesaient de lourdes pierres. Sur ces étagères étaient aussi entreposées les écuelles, les jarres de terre, les seaux et les bidons de bois. Au sol se trouvaient les tonnelets de bois qui contiennent le petit-lait. Les plus anciens tonnelets étaient conservés pour y laver le linge et la vaisselle.

Habitat permanent[modifier | modifier le code]

Dans les Pyrénées, ces étapes ont permis le développement d'un habitat permanent pour les cadets des familles (les aînés gardant la ferme familiale).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Arbos, La vie pastorale dans les Alpes françaises. Étude de géographie humaine », Armand Colin, Paris, 1922, 716 p., 16 pl.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]