Rabezandrina Rainandriamampandry
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Rabezandrina Rainandriamampandry est un homme politique malgache né le 4 mai 1836 et mort le 15 octobre 1896.
Pasteur de l’église protestante, général de l’armée royale malgache et gouverneur de Toamasina. Il est nommé en 1895 Ministre de l’intérieur du gouvernement malgache qui venait tout juste de passer de force sous protectorat français.

À la suite du soulèvement insurrectionnel Menalamba, il est arrêté en même temps que le Prince Ratsimamanga sur ordre du Résident Général français Joseph Gallieni le , tout juste au lendemain du départ de l’ancien Résident Général Laroche. Il est traduit devant le Conseil de guerre pour rébellion et « fahavalisme ». Le 15 octobre, à l’issue d’une parodie de procès[Note 1],[1], tous deux sont condamnés à mort et exécutés à titre d’exemple, souhaitant faire « forte impression sur les indigènes ». Un des membres du Conseil de guerre devait confirmer par la suite que les deux accusés avaient été « condamnés sur ordre » de Gallieni. Ce dernier détruit le procès-verbal de l’audience plutôt que de le transmettre aux archives militaires[2].

Le Petit Journal du 22 novembre 1896 a écrit: « Comme il fallait une leçon aux révoltés, on s'est emparé de deux grands personnages qui avaient pactisé avec eux, ce sont le prince Ratsimamanga et le ministre de l'intérieur Rainandriamampandry; tous deux ont été jugés, condamnés et fusillés, le tout avec une rapidité qui inspirera des réflexions salutaires à leurs complices. »
Biographie
[modifier | modifier le code]Rabezandrina Rainandriamampandry (né le 4 mai 1836 à Antananarivo, Madagascar, et mort le 15 octobre 1896) était un pasteur, homme d’État, général et auteur malgache actif à la fin du règne du royaume d’Imerina[3],[4]. Issu de la caste hova des Tsimiamboholahy, il naquit dans une famille influente : son père, Ratsimiziva, était officier du palais, et son grand père, Ramahery, fut gouverneur de Mananjary. Très jeune, Rainandriamampandry entra au service royal comme officier du palais et fut envoyé en mission diplomatique à l’étranger. Il poursuivit également une formation au Collège pastoral de la London Missionary Society, ce qui l’amena à occuper des fonctions religieuses et éducatives au sein de l’Église protestante à Madagascar.
Au cours de sa carrière, il fut nommé gouverneur de Tamatave ( Toamasina) et servit comme haut fonctionnaire du gouvernement royal. Parallèlement à ses responsabilités administratives, il s’illustra comme enseignant, historien et auteur, laissant notamment plusieurs ouvrages, parmi lesquels un vocabulaire anglais malgache et un recueil de traditions et coutumes malgaches (Tantara sy fomban drazana)[3]. En 1895, dans un contexte de pressions croissantes de la puissance coloniale française, il fut nommé ministre de l’Intérieur du gouvernement malgache. L’année suivante, lors du soulèvement des Menalamba, une révolte populaire contre l’emprise française et l’influence étrangère, Rainandriamampandry fut arrêté sur ordre du résident général français Joseph Gallieni, avec le prince Ratsimamanga, membre de la famille royale. Traduit devant un conseil de guerre pour rébellion et fahavalisme , il fut condamné à mort [5]. Le 15 octobre 1896, Rainandriamampandry et Ratsimamanga furent exécutés publiquement à Antaninarenina, en ce qui fut perçu comme un acte symbolique visant à dissuader la résistance à la colonisation. Son action a été évoquée par des historiens comme une figure représentative des élites malgaches confrontées à la fin du royaume souverain face à l’expansion française à la fin du XIXᵉ siècle[6].
Héritage et infuence
[modifier | modifier le code]Avant son engagement politique, Rainandriamampandry Rabezandrina s’était distingué comme pasteur, enseignant, historien et auteur, contribuant au développement de l’éducation et à la transmission du savoir à Madagascar, au-delà du domaine religieux. Après son exécution, la politique du gouverneur général français Victor Augagneur, basée sur l’application stricte de la loi sur la laïcité, a entraîné une réduction significative de la scolarisation dans certaines régions du pays [7]. Certains historiens et auteurs soulignent que la vision de foi et de culture de Rainandriamampandry, résumée par l’expression « Aza miala amin’ny Andriamanitsika » ( ne pas s’éloigner de Dieu ), a inspiré des réflexions sur le rôle de la religion et de l’éducation à Madagascar. Sa figure est parfois évoquée dans des discussions contemporaines sur la laïcité et l’éducation dans le pays, notamment dans le contexte des relations avec le monde francophone[8].
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Sources et liens externes
[modifier | modifier le code]- Commémoration de l'exécution de Rainandriamampandry avec le Prince Ratsimamanga, madagascar-tribune.com, Randria Maeva, 11 octobre 2016
- 15 octobre 1896: Exécution sur ordre de Galliéni du ministre Rainandriamampandry (Madagascar), synthèse sur le site de Jacques Morel, 3 mai 2003
- Stephen Ellis, L'insurrection des menalamba, Karthala, 1998, page 157
- Janine Harovelo, La SFIO et Madagascar - 1947, l'Harmattan, 1995, page 115.
Notes et références
[modifier | modifier le code]Références
[modifier | modifier le code]- ↑ Stephen Ellis, Un complot colonial à Madagascar : L'affaire Rainandriamampandry, Karthala, 1990, p. 61.
- ↑ Ellis, p. 63.
- « Rabezandrina Rainandriamampandry (1836-1896) », sur data.bnf.fr (consulté le )
- ↑ midi madagascar, « midi madagascar »
- ↑ (mg) mot malgache, « mots Malgache »
- ↑ Randria Maeva, « Rainandriamampandry, commémoration de son exécution avec le Prince Ratsimamanga », sur Madagascar-Tribune.com, (consulté le )
- ↑ « Une belle leçon à tirer de Rainandriamampandry », sur L'Express de Madagascar, (consulté le )
- ↑ « l'affaire de Rainandriamampandry - résultats de recherche », sur search.worldcat.org (consulté le )
Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ La femme de Ratsimamanga ayant essayé d'engager un agent d'affaire, Louveau, pour défendre son mari, Gallieni envoya aussitôt à ce dernier un message lui intimant qu'il préférait qu'il ne prenne pas la défense des accusés. Louveau s'étant incliné, l'état-major nomma alors d'office le chef du renseignement militaire pour défendre les accusés. L'état-major fait préparer un avis destiné à être publié au journal officiel le 16 octobre et qui annonçait, avant même la fin du procès, le rejet du pourvoi en appel des accusés et leur exécution.