Poro (rituel)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Masque zoomorphe kouranko utilisé pour l'initiation (Liberia)

Le Poro est un système initiatique pratiqué par la majorité des populations établies dans les forêts guinéennes d'Afrique de l'Ouest, au Liberia, en Guinée et au Nord de la Côte d'Ivoire[1], également en Sierra Leone[2] et dans le Sud du Mali[3].

Chez les Sénoufos du nord de la Côte d'Ivoire, il nécessite beaucoup de temps voire toute une vie. L'initiation au Poro se déroule en trois étapes de 7 ans. Tous les jeunes garçons prennent part à l'initiation dès l'âge de 7 ans jusqu'à l'âge de 28 ans. Toute l'étape de l'initiation se déroule à l’extérieur du village dans le Bois sacré. Les jeunes y effectuent ainsi périodiquement des retraites d’un mois environ[4]. Les femmes quant à elles peuvent être initiées à la première étape après quoi elles ont l'obligation de se marier et sont capables de continuer l'initiation après la ménopause.

Philosophie[modifier | modifier le code]

Selon la conception sénoufo l'être humain à sa naissance est dans un état d'animalité et le Poro lui est dispensé afin de le faire passer de l'état d'animalité à celui d'homme[5].
Tous les cultes senoufo vénèrent Katyeleo une divinité féminine. Le créateur, Kolotyolo (Dieu), s'est retiré loin des hommes et a confié à Katyeleo la gestion du monde[6].

Initiation[modifier | modifier le code]

Il existe 3 cycles d'initiation, d'une période de 7 ans chacun.

  • Le Kouord a lieu pendant la période d'adolescence. L'initié a alors à charge certaines corvées et apprend certains mots essentiels. Il apprend également les rudiments de la vie communautaire et est amené à faire des sacrifices personnels. Il se doit aussi d'exercer de l'artisanat en confectionnant des costumes.
  • Le Tcholo amène l'initié à philosopher sur le sens de la vie. Durant cette étape, l'on lui révèle bon nombre de secrets qu'il n'aurait pas pu cerner auparavant notamment des secrets sur la théologie, la philosophie et la vie en communauté.
  • Le Kaffono mène à la connaissance suprême et l'accession au cercle fermé des initiés masqués[5].

Le Poro comprend également une phase d'enseignement plus matérielle. Les initiés sont enseignés sur le calendrier des travaux agricoles, les diverses techniques artisanales etc[7]...

Après la formation les futurs initiés sont soumis à un test pour déterminer le meilleur d'entre eux. Celui-ci se verra être le chef de la génération. Cet examen est un ensemble de questions sur les connaissances acquises durant le temps passé dans la forêt[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bois sacré. Initiation dans les forêts guinéennes, Musée du quai Branly [1]
  2. (it) Gello Giorgi, La società segreta del Poro (Sierra Leone), EMI, Bologna, 1977, 155 p.
  3. N'do Cisse, Maladie et poro en pays senoufo du Sud-Mali, Ministère de la Santé Publique et des Affaires Sociales, Mali, 1988
  4. (fr) « La société du Poro chez les Sénoufo », sur http://detoursdesmondes.typepad.com (consulté le 4 janvier 2006)
  5. a et b (fr) « Le poro : société secrète chez les Sénoufo », sur http://www.rezoivoire.net
  6. (fr) « l'initiation au poro chez les senoufo(Cote d'Ivoire) », sur http://myafrikart.over-blog.com
  7. (fr) « Le Pays Sénoufo: Poro et Bois Sacré », sur http://sfk.free.fr/html/senoufo/senoufoethno/payssenoufo.html (consulté le 30 novembre 2013)
  8. (fr) Abraham Laboriel, « CULTURE : Le « Poro » ou l’initié(e) chez les Sénoufo », sur www.avenue225.com,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Beryl L. Bellman, The language of secrecy : symbols & metaphors in Poro ritual, Rutgers University Press, New Brunswick, N.J., 1984, 164 p. (ISBN 0813509696)
  • (en) Neil Carey, Masks of the Koranko Poro: form, function and comparison to the Toma, Ethnos, Amherst, MA, 2007, 64 p. (ISBN 978-0-9793290-1-2)
  • Maurice Delafosse, Le peuple Siéna ou Sénoufo, Paris, P. Geuthner, , 107 p.
  • (en) Christian Kordt Hojbjerg, « Beyond the sacred and the profane: the Poro initiation ritual », dans Folk, 1990, vol. 32, p. 161-176
  • Burkhard Gottschalk (et al.), Sénoufo : Massa et les statues du poro, U. Gottschalk, Düsseldorf, 2002, 244 p.
  • J.M. Keletigui, Le sénoufo face au cosmos, Nouvelles éditions africaines,
  • B. Holas, Les Sénoufos (y compris les Miniankas), Presses universitaires de France,

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :